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MICROCOPY RESOlUTION TEST CHART
NBS IOIOo
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
A
AD RE S S E
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
^jSxJê^^fque totalité des Officiers de Royale
L'Aflemblée Nationale ayant déclaré dans la féance du ai
Septembre 1790, qu'elle entendolt comprendre, au nombre des
Compagnies favantes t l'Académie Royale de Peinture & de
ayant mis ces mêmes Compagnies;, comme elles
l'ont toujours £té, fous la prote&ion immédiate du Roi, après
âvoir décrété des encouragemens pour elles} lès QrEciers de l'Aca»^
demie de Peinture auxquels le font joints plufieurs Académi-
votre auguûe Aflemblce Meflieurs, un fincère
tribut de reconnoiffance, pour les encouragement
que votre fageffe veillante à tout, a décrétés en faveur des Artifles,
aïnfi que: pour les avoir tailles dans les bras de leur Père,
G'eft en effet à l'abri du Trône & par fon influence faîutaire
& vivirlante, qu'on a vu, par degré notre Académie naîcre,
poître, s'élever, briller, & devenir pour l'Europe entière, la Mé-
tropole des Arcs,'où des Elèves de prévue tous les pays du monde,
viennent: puifer les élémens des talens qu'elle enfeigne Se qu'elle
profejfe C'ett à l'ombre des couronnes,.que dans tous les tenas,
I^qs. Arts qui demandent une culture particulière & fuivie,,
Jettent un plus grand éctat tels on les a vu fous Péridès
£éqn X, Médicis, & enfin fous» tes derniers règnes. Mais il étoit
,|;ffcrvc ju J|oj d'un de rendre la liberté aux Arts,
• :il
C'eft en 1776, qu'il a brifé toutes les entraves fous Iefquelïeî les
Arts gémiftbfoit. Sa bonté s'eft étendue encore plus loin. L'hiC-
toire en Peinture & en Sculpture ce grand genre, le pere des
autres, & celui qui les renferme tous alloit expirant fous les goûts
mesquins & frivoles de la mode ce Monarque a ranimé le grand
genre, par une fuite de travaux importans, A fa voix, les hommes
illuftres de la France fè relèvent de leur tombeau & refp|rent âan*
le marbre les traits mémorables de notre Hiftoire 8e ds^ l'anti-
quité revivent fur la toile. Enfin, lorfque Sa Majefté ctiç venue
embellir la Capitale, par fa préfence & fa réfidence habituelle;,
malgré la néceffité de fon fervice fcin premier fort pre-
mier mot a été pour conferver Ces Artiftes dans les afyles, qu'Efle
leur avoit accordés dans fon Palais. Pouvons-nous', après tant de bien-
faits, ne pas épancher, devant l'AfTemblée Nationale qui connoît
toutes fes vertus, le fentiment délicieux de la reconnoiflance
Après cette effufîon de nos coeurs, nous allons avec calme, mais
avec zèle, Mcffieurs, remplir le devoir que vous nous avez impofé;
L'Aflèmblée Nationale a demandé, fous un mois, à toutes les Aca-
démies, dont nous foifons partie, un plan de ftatuts rédigés d'après
les principes de la nouvelle Constitution,' Nous le préfentons à
vôtre augufte Affemblée en lui aflurant que nous y avons tra-
vaillé avec l'impartialité de vieillards, qui déjà avancés dans leur
carrière, fans crainte & fans derir, ont l'expérience du pa1fé
pèfent mûrement le préfent, & prévoyent l'avenir. Mais il a été
heureux pour nous de n'avoir qu'à propofer des réformes qu'a-
mènent les circonftances, & qu'à tempérer quelque rigidité, qui
dérive d'un amour exceflîf de l'ordre, de la difeipline Se de l'ému-
lation. Le fond nous a paru appuyé fur les principes de la nou-
velle organisation du Royaume, puîfquè radmiflioà dans le Corps;
fie les grades qu'on y obtient, ne font jamais obtenus que par la
voie du fcrutin. Nous n'avons donc eu rien à changer à ce mode
parfaitement conftitutïonneî.
Mais comme nombre de nos confrercs modernes diffèrent d'avis
(} 3-)
A
avec tam& fur des points fondamentaux <fc l'édifice nous nous
fommes impofé la néceflké de vous déployer, Meneurs, les r.ii-
fons qui nous ont déterminés, afin que, par la comparaifon des
môtife <§e part & d'autre, votre religion foit pleinement éclairée.
Avant, nous vous rendrons compte dés changemens auxquels nous
nous fommesportés de notre premiermouvement, avec d'autant plus
dé zèle qu'ils nous ont paru agréables à nos confreres les Acadé-
miciens, & qu'ils font fans inconvénient pour le bien des Arts.
Afin-d'établir un régime plus fraternel nous avons uns héri-
ter, délié la langue aux fimples Académiciens qui ne pouvoient
( aux termes de la loi, que fon ne fuivoit pourtant pas) donner
leur avis qu'en le faifant paflèr par la bouche d'un Officier: cette
contrainte â laquelle avoit donné lieu jadis la turbulence de jeunes
Artiftes dont les paffions font ordinairement vives, nous ayoît
paru toujours à nous-mêmes, dure & humiliante.
Des Artiftes à qui l'Académie par Con adoption a déjà
imprimé le cachet d'hommes de mérite, étoient obligés de con-
courir, en apportant de leurs ouvrages, pour obtenir une place de
Profeflèuri ils feront déformais, fi notre plan çft agréé, appellés
par ferutin mais fur lafommt connue de leura. takns. Nous avons
remarqné que les plus beaux génies, ennemis de toute contrainte,
fc trouvent à la gêne quand il faut concourir ils fe montrent
alors au-deflbus d'eiyc-ménws, tandis que des talens inférieurs fai-
fant des efforts, Remportent un moment fur ceux qui valent mieux
qu'eux. Qu'arrive-t-ilf Que c'eft toujours l'Artîile j^jfont la fomme
de-talent eft reconnue la' plus forte, qui eft élu on devient in-
jufte envers celui qui a mieux fait, pour rendre Juilice au plus
habile, A qu oi fert donc le concours? A fomenter des haines, &t
à causer des humiliations. D'un autre côté, il peut fc fairre que de
très-grands Artiftes, par une fingularité & une fierté, dont ils
font quelquefois fufeeptibJes dédaignent de concourir. Malgré le
defir de les nommer peut-on les élire uns concours & doit-on
faire une exception fi oifcnlànte pour les aùtrei?Jl nous paraît donc
Article IV du
Titre 1ÿ du nnu-
veau plan de Sia-
ttus.
Article XV et
Titre Il.
U5
Ànkle XVII
du même Titre.
AwicleXXyiI
du mûmc Titre.
mieux que le choix porte fitr le mérite connu d'un Arrive qui d'aU-
leurs ïèmbleconcoiirir toujours, en produifàntdenouveauïi; ouvrages.
Voilà une rigueur que nous avons cru devoir adoucir..
Nous avons auïïï défendu toutes vultes d'ancien
folliciter dts grades. L'infcrïption de Con 'nom chez let%Ç#W''»
pour marquer le defîr d'être chôiu, nous a paru fuffire.
Les fimples Académiciens n'ont jufqu'à préfent donné leur voix»
que pour le jugement des grandi prix Royaux, & prix fondés par
des particuliers c'eit fans doute les réduire à trop peu;; ils n'ont
jamais voté pour aucune élection* felon notre nouvfjpt plan fis
voteront pour les aipirans & les récipiendaires; qui exerceront dans
l'Art le même genre qu'eux. Conjointement avec les Officiers, ils
nommeront à pluCeurs places; enfin ils auront des CommiiTaircs de
leur clafle dans tous les Comicés; mais nous croyonsfermement,
nous répéterons fans ceffê qu'on nepeut fans abattre 1'édifice.entier
de l'émulation leur accorder la voix délibérative dans tous ;Ies
cas. Ceue voix abfolue a toujours été parmi nous la palme der-
nière pour laquelle on fait des voeux & des efforts. L'accorder
dès l'abord, fans diftin&ion à toutes les efpèces de talent, c'eft
enlever le paUa^um confervateur de l'émulation^ S'il n'eft plus
d'émulation, fA n'eu: plus de grades, il faut fermer les porter de
l'Académie, qui eft un vrai Gymnafe, un. vrai Collège en pleine
activité, où l'on instruit la jeuneue, que l'on voit croître enâge & en
talent, & où il eft eflèatîel de confervtr toujours le bon ordre, la
discipline & le^eipecVdes modernes envers la anciens.
Comme l'homme eft d'ordinaire allez imprudent pour & dérober
à lui-même les jouiuances de l'avenir, rans doute la majorité des
Académiciens ibttiçitera avec importunité cette, voix qu'ils ne
doivent obtenir qu'après pluûeurs épreuves Il faut avant, paner,
pour ainG dire leur mérite au tamis comme on ¡pain: la pro-
bité & la capacité des Citoyens,, pour les faire, monter à la Mu-
nicipalité. Nous avons la conlolation de rencontrera chaque pas,
fur notre route, des établiiïemens
pour autorifcr notre régime.
L'émulation et de la nature du feu, elle a une- tendance invin-*
cible à s'élever 1 mais fi elle n'a plus de but où atteindre, elle s'a-
mortit & s'éteint tout-Mait. Mais auffiramour-propre dans l'Artiftc,
cft-de l'espèce de la fenfrive.il faut fe garder de le flétrir. Autant
il faut faire acheter cher à l'Artifte, la couronne qu'on lui dé-
cerne, autant il faut fè garder de la lui arracher fi l'on ne veut le
jeter dans le découragement & le défefpoir voilà ce qui arrive-
roit, fi on adoptoit pour nos grades Académiques, le fyftême
de mouvance que -feulent introduire les modernes. On feroit peu
curieux de les acquérir, fi l'on éto*t dans la crainte de les perdre;
on finirait par les dédaigner.
La charge la plus enviée & la plus honorable, eft le Profef-
forât on n'y parvient à peine à quarante ans. Quoi l'Acadé-
mie, après avoir élevé au pofte, pour lequel on fait tant de fa-
crifices, fè réferveroit le droit cruel d'en faire dcfcendre volonté!
Elle ulcérerait le cœur d'un galant homme; le bleffèroit dans ce
qu'il a de plus cher, fa gloire &; fa fortune! Nous difons fa £or-
tune, parce qu'en le déclarant tacitement incapable de continuer
des leçons de fon Art, clle diferéditeroit fon talent & l'expoferoit
mêmé à la.rifée des Elèves. Après uh tel affront, il difparoîrroit
des écoles & des aflfemblées. Si un tel ufage pouvoir s'établir, un
grand Artifte ne voulant pas s'exposer la bourafque de la cabale des
jeunes, fuiroit autant cette place qu'il la defire à prélat; & nos
écoles publiques feroient livrées aux talens les moins recomnandables.
Les partifans de cette mouvance dans les places, » fe vantent
bien hautement de fe conformer aux principes de l'Aflèmblée Na-
tionale; mais il», ne les appliquent pas, ces principes, à l'efpèce
qui leur convient. Sans contredit, çcit avec raifon, que connoif-
faut le cœur humain enclin à la domination votre fagefle,
Mdfieurs, n'a pas voulu que l'Adminiflration publique féjournk
çrop long-tems dans la nnain des mêmes hommes; mais vous
n'avez pas penfé de ïfoême quand il a, été queftion des Inftttu-
teurs pubjics s or nos
Articte XVIII
du Titre III.
Vous avez voulu quand par un mérite reconnu on parvenolt X
ces places qu'on y relUf; à demeure pouvant même de jour. en
jour fe perfectionner dans l'Art de l'enfeignement. Les Miniftret
du culte fpnt des Précepteurs des Peuples; i aufli, vous n'avez
pas decrété, que pafle tel' teins, un Evéque defcendroit de fon
Siège Epifcopal un Curé de fa chaire, pour prendre la place
de fimple Vicaire. Voilà comme par une fauflTe application de prin*
cipes mal connus, on prend un chemin oppofé à celui que l'on
croyoit fuivre. Cette mouvance d'ailleurs, ferait une fource de
cabale & de ^guerre éternelle.
Quant à l'admifilon des femmes à l'Académie nous avons iuivi
les confeils de la fagefle & les données de l'expérience. Le Roi
en a précédemment fixé le nombre à quatre, & ce nombre Semble
fuffifant. En effet les foins de la maternité & mille caufes fer
condes, empêchent les femmes de porter leurs talens jusqu'à la
hauteur de l'Académie, & il eft rare qu'il y ait quatre femmes
célèbres dans un fiècle. Elles ne font proprement qu'atiociées
au Corps Académique elles ne prêtent point ferment d'obferver
les Statuts on n'exige point d'elles de morceaux de réception;
quand elles en donnent, on les reçoit avec rteomeiflanec. Tel eft
l'énoncé de leur réception. Elles n'ont que rarement pris féance,
c'eft plutôt par condescendance que par droit, qu'elles ont fiégé
à l'Académie; & d'ailleurs les décences de leur fexc, & l'embarras
de fe trouver feules au milieu d'un grand nombre d'hommes, les
ont prefque toujours éloignées de nos aflcmblécs. Ce mélange,
tn outre, nous paroît inconftitutionnel dans un Etat comme le
nôtre, où les femmes n'ont point de part àl'AdminuTration. D'un
autre côté cette aflociation a des inconvéniens aifés â prévoir.
On connoît fur les hommes le pouvoir de la beauté accompagnée
des talens. Sapho, qui n'avoir que des talens (îégeoit dit-on
parmi les Sages de la Grèce, & Sapho y cabaloir, On fait com-
bien les femtnes pèfexzt dans la balance pour les Jugemens, & que
les Juges les plus intègres courent les
Article X?I
du Titre 111.
elles, tes fiècles de l'antiquité 'comme le notre, fournirent mille
exemples de féduaion de ce genre. Paufanias dit en parlant de
Corinne, qui avait plufieurs fois, aux jeux Olympiques», remporté
le prix de l'Ode fur Pindare quand je lis les Ouvrages de Corinne;
je ne fais comment elle a pu une feule fois triompher de Pindarej
mais quand j'admire fa beauté dans fon portrait, je ne Iàis pas
comment elle n'en a pas triomphé toujours.
Nous fommes -d'avis de fupprimer la daffe des agréés parce
qu'elle a produit du relâchement dans nombre d'Artiftes mais
nous croyons jufte d'accorder un délai de furabondance de trois
ans, en faveur de ceux qui font en retard, pour l'exécution de
leurs morceaux de réception. Les agréés ne font point de V Acadé-
mie, pu¡¡qu'ils den fontpas reçus & qu'ils peuvent en lue refufû.
Nous adhérons à tout ce que contient à ce fujet un écrit imprimé
fous le titre d'E/prit des Statuts & Règlement de f Académie, pour
fervirde réponjèaux détraâeurs defon régime, par M. Renou "Seeré*
taire, ainfi qu'à tout ce que renferme ledit écrit.
Les épreuves rigoureufes que nous avons impofées pour l'ad-1
mi/lion dans le Corps, ont pour but l'illuftration du Corps même.
Enfin, voulant donner des raifons qui nous ont déterminés dans
tout. nous dirons pourquoi nous infîftons ce que notre Académie
foit intitulée, comme par le paflé, Académie de Peinture & de
Sculpture, & non pas de Peinture, Sculpture & Gravure.
Les Arts, qui conftituent réellement un Corps, doivent .Cents
lui donner fon nom. Ce qui eft conftitutionnel tient al la bafe*
quelle eft la bafe de notre Académie ? L'Ecole publique. Qu'y
cnfèigne-t-on ? La Peinture & la Sculpture.
Y enfeigne-t-on ta Gravure? Non Se on ne l'y enfeignera
jamais. Notre Académie feroit donc improprement appeilée Aca-
démie de Gravure.
Ces Arts ne font point tous trois fur la même ligne. Quel eft
l'office de la Peinture Se de la Sculpture? D'imiter, le vrai. Quel
eftl'office de la Gravure? D'imiter par un défila fait au burin*
ce que la Peinture 8c la Sculpture ont produit.
(8)
Article I«r4u
Titre le,.
Si on féparoit la Peinture d'avec la Sculpture, l'Académie pcr-
droit une de fes colonnes fondamentales; fi la Gravure en écoic
féparée l'édifice reflétait toujours entier, Se l'Ecole ne s'apper-
cevrok.pas de fon abfence. La Gravure n'eft donc point un Art
conftitucfonriel de notre Académie, mais additionnel. Le Roi a per-
mis qu'i p fiat admis en comme un moyen de multiplier
les ouvra es des habiles Peintres & Sculpteurs, & il mérite d'être
encouragé cornme nous le témoignons dans nos obfervations.
D'après ces\éflexions, nous n'avons pas cru devoir rien changer
au titre ancien de l'Académie, mais nous avons parlé de la
Gravure dès le premier article des Statuts.
Notre profond refpeét pour l'Aflemblée Nationale & pour le
Roi, nous impofe iîlence fur le mode avec lequel les ordres nous
feront donnés. C'eft k la Nation & au Roi de régler notre fort
& c'eft à nous d'attendre les Decrets qui en émaneront avec une
fomniffion parfaite & de coeur & d'efprit.
Et ont figné,
OFFICIERS, Messiecr.5.
Vien Directeur & Recleur.
Alleorain Rêveur.
Dp LA Grekée, l'aine, Rêveur,
Belle Rêveur.
Van Loo Reélcur- Adjoint.
Bachelier Profeffeur.
Dot en, Frofeffeur.
Brenet Profefleùr.
Bkioan, Profefleùr.
Du Rameau, Profcffeur.
Oois, Profeiïeaf.
DE LA Gkenée jeune, Profefleùr.
Moucny, Profefleur.
Berruer, Profeffeur.
Julixn Prufeffeur.
Suvéb, Profeffeur- Adjoint.
LE Comte, Profeffeur- Adjoint.
Sue, Profeffeur d'Anatomie.
De MâCHt, Profeffeur de Perfpeélirc.
Roslin Confeiiter.
DUPLLSSIS, Confcîlkr»
Robert Confetlkr.
OFFICIERS Messieurs.
Voiriot, Confciller.
Van Spaewdonck Confeifler.
Rknou, Secrétaire 'Perpétuel.
Sue, fils, Profeffeur -Adjoint pour
l'Anatomie.
ACADÉMICIENS.
GILLET.
MADAMI: View.
Roland de LA Porte.
Bellenoé.
MADAME Vallayer-Costér.
Du Vivier.
DB Joux.
Sadvaoe.
Stouf.
Pevron.
Perriit.
PUMOIIT.
.Corneille Van-Spaendoncc.
LA Vallée -Poussin.
A
PROJET
DE STATUTS
ET RÉGLEMENSV-
Pour t Académie Royale de Peinture (¡ de Sculpture»
propofé par les Officiers (¡ plufeurs Académiciens de
ladite Académie.
TITRE PREMIER.
De Vlnftitution & de l'organifation du Corps:
ARTICLE PREMIER.
L'ACADÉMIE Royale de Peinture & dé*|culpture établie à Paris,
fous la protection immédiate du Roi, étant deftiriée à faire fleurir
avec éclat ces beaux Arts dans le Royaume, & à vivifier les diverfes
branches d'induftrie & de commerce, que le deffin perfeaionne, ne
renfermera dans fon fein, que ceux qui fe distinguent le plus dans
la Peinture & la Sculpture, & dans les talens qui en émanent immé-
diatement, tels que la Gravure au burin & autres.
ARTICLE IL
te nombre des Sujets qui ©wnpoferont l'A illimité
& leur adoption dépendra du voeu libre de l'Académie, voeu tou-
jours exprimé par la voie du fernrin, fur les Sujets qui fe préfen-
teront. A R T ï C L E III.
Le Corps pouvant être nombreux, puisqu'il eft illimité, fera
T*ï
partagé en deux clafles l'une adminiftrative & délibérative,
compofée de ceux qui par la pluralité des fuffrasges auront
été appelles à des grades & à des fondions & l'autre confulca-
tive, formée des fimpks Académiciens lesquels, partageront ce-
pendant avec tes Officiers la voix délibérative.. le droit de nomi-
nation, & l'adminiftration du Corps, daris les cas ci-après énon-
cés, & anrcrtnt tous droit de mon ter par ékftion dans la claffe
des Officiers. Enfin c'eft de la claflc des Académiciens, que feront
tirés tous les Officiers Artiftes. Le nombre des Officiers fera fixé
celui des fimples Académiciens ne le fera point.
T'I T RE 1 IL
Des de Içur nomination
ARTICLE PREMIER.
L'adminiftration du Corps fera repréfentée par la clafle des
Officiers, lefquels feront un Dire&etir un Chancelier douze
Redeurs, dôme Profeffeurs 8c àtvsx Adjoint» pour la Peinture &
la Sculpture-, un Profeffeur de Pcrfpeftive, un Profelîeur d'Ana-
tornie, douze Affocïés amateurs douze Confeillers, un Tré.
forier & un Secrétaire Hiftoriographe. Tous ces différents grades
& titres ne pourront être conférés que par voie d'éleâàon à des
Sujets déjà Membres de l'Académie à l'exception du Profeffeur
de perfpedive & de, çelui d'Anatomie, qui pourront être choifis
hors de fon rein, aiuii que les douze Aflbciés-amateurs qui ne
dévastt pas exercer les Arts, comïne les Académiciens proprement
dits, peuvent être élus parmi les Membres des Compagnies fa-
vantes & parmi des perfonnfis diftinguées dans la théorie des
Arts & de leurs parties acceffoire» ou par un amour connu &
prouve pot:r ces mêmes Arts.
A 2
Article II,
Il fera libre à l'Académie, quand elle le jugera néceflaire, de
nommer, toujours par éleââon >un Adjoint auProfeflèur d'Atta-
tomie, à celui de peripe&ive, & au Secrétaire. Ces trois Adjoints
auront rang Se féance d'Officiers, & feront défignés fuccefleurt
de leurs titulaires.
Article III.
L'Académie formera auffi, s'il ya lieu Tune datte de vétérans
compofée de ceux des Officiers employés à l'enièignement public,
qui, pour caufes valables, auront demandé & obtenu leur re-
traite. Ces Officiers une fois retirés dans cette chue de repos, ne
pourront plus en fortir étant préfumés avoir renoncé à toutes
fondons; mais ils y conserveront leur yoix délibérative dans tous
les cas, laquelle voix une' fois acquifê, on ne pourra perdre
en aucune circonstance.
Article IV.
Les Officiers Ce fooâionnaires dénommées dans les articles pré-
cédens, formant le Corps administratif, auront voix délibérative
dans tous les cas, exceptés les fîx Aflbciés-amateurs modernes,
dont la théorie n'eft pas fuppofée aflè« formée pour juger les
ouvrages d'Art; exceptés' aùffi lè>Adjoints du Profeflèur d'Anato-
noie de celui de Perfpe&ive & du Secrétaire » qui n'auront voix
pour les mêmes objets que lorfqu'ils exerceront pour leurs titu-
/tiftes obtenu la voix délibérative par
AtllCLE V<
de
(4)
rétrograder, on montera, par ancienneté, fans nouvelle életkion
& l'on ne pourra jamais en être retiré, l'Académie ne pouvant
deux fois prononcer fur la même choie, ni arracher une couronne-
qu'elle a décernée à un Artifte, ans le blelFer dans, û gloire &
dans fa fortune.
Article VI.
Le Dîreâieur devant être recommandable par de longs fervices;
& par fon ancienneté dans le Corps fera toujours choir parmi
les Rêveurs. Il fera changé tous les trois ans, à moins que l'Aca-
démie ne trouve convenable de l'e continuer trois autres années
feulement. Mais elle pourra renommer Direâ&ur celui qui auroic
occupé cette place fix années confécutives pourvu qu'il y ait
l'intervalle de trois ans entre fa fortié & fa, rentrée dans le Di-
reétorat. Cette place étant amovible celui qui l'aura poifédé
reprendra le rang qu'il occupoit auparavant..
Article VIL
Le Direfteur préfidefa l'Aifemblée, & c'eft lui que s'adrefle*
ront ceux qui n'ont que la voix conltiltative, pour demander la
parole. Il aura le droit de ramener aux Statuts, quiconque s'en
écarteroit; enfin il pourra convoquer des affcmblées ou des co-,
mités pour des circonftances imprévues & preffantes.
A R T t e L E VIIL
La place de Chancelier de l'Académie étant purement honora
fique fera toujours conférée au plus ancien des Rêveurs en adi-
vicé. Sa place fera â vie, & ne fera point incompatible avec le
"Dirc&orat. Le Chancelier aura la garde des fceaux pour en fceller
les a&es & mettre le wifa fur les expéditions délivrées au nom
de l'Académie. Le fceau aura d'un côcé l'image du Roi, comme
Proteâeur immédiat, avec ces mots, Artium parens; & de l'autre
une Minerve, Ce pour exergue, Ubcrtas Artibus
Cï)
Article IX
Pour l'inftruaion des Elèves aux Ecoles du modèle, on ne
pourra choifîr, parmi les Ardues Académiciens, que ceux qui pro-
feffent l'Hiftoirc en Peinture & en Sculpture, l'Hiftoirç étant le
grand genre & celui qui les renferme tous.
Article X,
L'enfeignement public étant la bafe fondamentale de l'Acit-
démie, & fobjet de la follicitude de la Nation & du Roi, qui de-
firent voir la France aufli célèbre par les Arts que par les lumières
en tout genre les Ecoles feront furveillées chaque mois par un
Re&eur & un Profcflcur, & ainfi .l'expérience calme des an-
ciens, & la chaleur aâive des modernes, concourront à y diri-
ger les études de la jeuneffe (i).
AktjcleXL
Le Re&orat étant le plus haut grade Académique que l'on pûïflê
acquérir par fes talens, les Re&eurs feront à demeure. Le itecïeur
en mois prcgjkfera l'Aflémblée en Tabfence du Direôeur, & fera»
comme le Sïré&eur, obferver l'ordre dans les féances: mais le
Rêveur fera particulièrement tenu de fe trouver deux fois la fe,
maine à l'Académie pour, conjointement avec les Pïofeflèurs
du mois, vaquer à la corredion des Ouvrages des Etudians aux
deux Ecoles & pourvoir à toutes les affaires courantes du fer-
vice public; & il rendra compte à la dernière aflèmbléc du mois,
.des affaires furvenues & de la conduite des Elèves.
Les Reâeursfe fuppléeront les uns les autres à tour de rôle, en
(t) Céft cette confidération, qui
,Il dedfluse difpcDdieuxr
Article XIII,
les Profefîèurs* ferviront chacun un mois de l'année, le ïx&
terreur en mois fe trouvera tous les jours à l'heure prefcrite pour
faire l'ouverture de l'Ecole Se pofer le modèle, inftruire les Elèves,
corriger leurs ouvrages, les maintenir dans l'ordre & l'attention
qurexigt l'étude pendant les heures' d'exercice enfin, il veillera à
tousses befoins de l'Ecole, & fignera les billets de convocation des
a0èmWées tenues pendant fôn mois lefquels billets feront envoyés
à tous les Membres. Mais tant que l'affluence des Etudians, fdit
de la France, foit des pays étrangers fe foutiendra chaque Pro-
feffeur, outre fon mois en titre en exercera un en fuppliment
pour faire le fervice des deux Ecoles que l'Académie a été obligée
d'ouvrir depuis quelques années.
ARTICLE: XIV.
Un Profetfèur ne pourra pas charger un autre Profeffèur d'exer-
cer pour lui £on mois. Il fera obligé en cas d'empêchement, d'en
informer l'AOèmblée, qui nommera à cour de rôle, pour le fup-
pléer, un ProCeffeur- Adjoint la même chofe aura lieu en cas
d'abfence ou de maladie d'un Profeflèur & l'Adjoint exerçant
jouira des droits, & touchera les émolumens attachés aux fonc-
tions de celui qu'il fupplée. Cette loi fera générale pour tous les
Adjoints qui fuppléeront leurs Titulaires. >
Ariicxe XV,
Quand il y aura une place de Profeffeur-Adjoint à remplir, place
qui eft une introduâion nécetfaire au Profefïbrat
du Corps y nommera le plus méritant fur la fomme connue de
fondaient parraâ les Académiciens, Peintres
teurs. En cas d'égalité dé voix encre
cément reçu obtiendra la place; mais fi de ces deux Sujets, l'un
eft un Peintre & l'autre un Sculpteur, on fe déterminera d'après
la qualité de celui dernièrement nommé Adjoint. Ceft-à-ïdire, que,.
fi le dernier des Profeffeurs-Adjoinu eft un Peintre on nommera
le Sculpteur fi au contraire il eft Sculpteur on choifira le Peintre,
afin d'alterner dans la .Peinte & dans la Sculpture, toutes les
fois que les circonstances. le permettront.
Art i cl e X V I.
S'il fe trouve dans les Confeillers des places vacantes à remplis
par des Académiciens, l'Adminiftration choifira dans les Artifles
de tout genre excepté dans les Peintres d'Hiftoire & dans les
Sculpteurs.
Article XVII,
En général, lorfqu'il s'agira de nomination d'Officiers quel-
conques/toutes vifites 8c fcllicitations ne feront pas permifes; il
fùffira de fe fairç inferire chez le Direâeur, pour témoigner fou
defir, & le Dire&ctti! en fera part à l'Aflcmbléc avant les élevions.
A- R Tic le X V ï IL
Celui des Membres de l'Académie qui aura été choifî pour être
à la tête de l'Ecole Académique de Rome envoyé par le Roi
& travaillant pour la gloire df§ Arts dans fa Patrie, pourra,
pendant fon abfence, être élevé à tous les grades que l'Académie
jugera à propos de lui accordeur, comme s'il étoit préiènt.
T i CLE XIX,
€eùx des Officier* ou feront
pay^éçrangers & qui s'y fixeront pendanc"nombre d'années,

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