//img.uscri.be/pth/693e948fcf11aca92467eed059449c866e9bf692
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Adresse à l'Assemblée nationale, pour l'abolition de la traite des Noirs ([Reprod.]) / par la Société des amis de Noirs de Paris ; [signé Brissot de Warville, président]

De
23 pages
de l'impr. de L. Potier de Lille (Paris). 1790. Mouvements antiesclavagistes -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVESDELA
REVOLUTIONFRANÇAISE
15 BRIDGE STREET MOL BRIDGE STREET
WITNEY OXFORDSHDtE 0X8 6VH
Téléphones (0993) 776396 Hue (0993) 779043
ADRESSE
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
Pour
L'ABOLITION DE LA TRAITE DES NOIRS.
Par la Société des Amis des Noirs de Paris.
FÉVRIER 179O.
A PARIS. De llmp.de L. POTIER DE Liijub
Rue Favart N?. 5.
605803
A
A DR ES S E
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
Pour l'abolition de la Traitc de Noirs.
Par la Société des Amis des Noirs, de Paris.
L'HUMANITÉ, la juftice & la magnanimité
qui vous ont dirigés dans la réforme des abus
les plus profondément enracinés, font eipérer .1
la Société des Amis des Noirs, que vous accueil-
lerez avec bienveillance fa réclamation en faveur
de cette nombreufe portion du genre humain, fi
cruellement opprimée depuis deux fiècles.
Cette Société, fi lâchement, fi injuftement
calomniée (l) ne tient fa miffion que de l'hu-
manité qui l'a portée à défendre les Noirs
même fous le defpotifme paffé ? Eh peut-il être
( t ) La réponfe à ces calomnies fe trouvera dans
VAdreffc au Peuple François, qui va fuivre celle-ci.
décrets les ^droits de l'homme ?
avez
les
hommes naiffent & demeurent libres & égaux ell
droits vous les avez rendus ces droits au peuple
François que le defpotifme en avoit fi. long-
temps dépouillés vous venez de les rendre à
ces braves infulaires aux Corfes, jettes dans
Tefclavage fous le voile de la bienfaisance vous
avezbrifé les liens de la. féodalité qui dégradoient
encore une partie dé nos concitoyens; vous avez
annoncé la deftru&ion de toutes les diminuions
flétriflantes que les préjugés religieux ou poli-
tiques avoient introduites dans la grande famille
du genre 'humain.
Les hommes dont nous défendons la caufe
n'«^U pas des prétentions auffi élevées, quoique
citoyens du même Empire 8tfiommescomme nous,
ifs ayent les mêmes droits que nous. Nous ne
demandons point que vous restituiez aux Noirs
François ces droits politiques, qui feuls cependant,
attestent & maintiennent la dignité de l'homme;
nous ne demandons pas même leur liberté. Non;
la calomnie par la cupi-
dité des Armateurs, nous en a prêté le defiein
A 2
tous
planteurs,
larme de l'afFranchiflement même gradué. Elle
vouloit allarmer tous les François, aux yeux def-
quels on peint la profpérité des Colonies comme
inféparable de la Traite des Noirs & de la perpé-
Non jamais une pareille idée n'eft entrée dans
nos efprits;nous l'avons dit, imprimé t&s l'on-
gine de notreSo'ciété (l), & nous le répétons,
/afin d'anéatrtîr cette bafe, aveuglément adoptée
par tantales villes maritimes, bafe fur laquelle
Irepdfent prWquc toutes letars adreffes (2). L'af-
( 1 ) Voyez le difeourt prononcé de cetfe
Société la lettre aux Bailliages, le préambule des rcglf-
mens de la Société, &c. & cependant on a imprimé que
nous avions varié.
(2) Prefque toutes les adrets des villes de commerce
portent fur ce fait faux. Elies réclament toutes contre
l'arFranchuTement des Noirs, .que perfonne ne demande
elles injurient les amis des Noirs qui ne le demandent.
point. Voyez entr' autres Vadrejfe de la ville de Rouen ),
Ce fait prouve avec quelle légèreté ces adrefils ont été
faites, ou plutôt avec quelle coupable perfidie ces villes
ont été trompées; car on rie peut fe diffimuîer que le
concert entre toutes ces adrèfles n'ait été préparé par les
Noirs
dans l'état d'abjeâion & de nullité où la cupidité
& fans fecouwHdes enfans au berceau, ou des
Il n'eft donc pas temps encore de la demander,
cette liberté nous demandons feulement qu'on
cefle d'égorger régulièrement tous les ans des'mil-
Hers de Noirs, pour faire des centaines de captifs
nous demandons .que déformais on ceflè de prof-
tituer, de profaner le nom François, pour auto-
rîferces vols, ces affaffinats atroces; nous deman-
dons en un mot l'abolition de la Traite, & nous
vous fitpplions de prendre promptement en con-
sidération ce fujet important.
Faut-il, pour vous y déterminer, vous mettre
tous les yeux le tableau de cet horrible commerce ?
Vous peindrons-nous les manœuvres infâmes
employées par les Armateurs, les Capitaines ou
leurs tapeurs pourfe procurée des Noirs? Vous
Armateurs, qui, fachant combien la Traite eft odieufe,
ont cherché à donner le change, & infinué, pour la fau-
ver, qu'on vouloit rendre tout-à-coup les Noirs libres
projet dont l'abfurdité faute aux yeux.
A3
citerons-nous ces marchés de chair humaine, faits
au milieu d'une orgie préméditée OH pour quel-
ques flacons d'une liqueur enivrante; ou de mifé-
rables hochets on force un Prince à chafl7er fes
Sujets, comme des bêtes fauves à les voler à
les vendre ? Vous citerons-nous ces procès com-
mandés par les Européens ou l'injuftice du
Prince condamne tant d'innocens à un efclavage
dont fôn avarice doit retirer le fruit ? Vous cite-
rons-nous ces guerres Sanglâmes, oit pour payer
des dettes artificieufement impofées, on force
encore ces Princes à Surprendre & à enchaîner
leurs paifibles voifins? Vous feriez révoltés, fi
nous expofions à vos regards toutes les circonf-
tances de ce brigandage atroce fi nous vous
racontions, par exemple, qu'en fitrlsrenant les
Noirs dans leurs cabanes, leurs chafleurs inhu-
mains arrachent fouvent de leur bras leurs petits
encans, qu'ils abandonnent enfuite à la faim, à la
mort parce que leurs bras trop foibles feroient
inutiles & coûteux à, leurs bourreaux Et les
hommes qui fpéculent Sur ce brigandage, qui
le commandent-, qui en vivent fe difent en-
core humains
Eh fi vous vous vtranfportiez enfuite dans
ces prifons flotantes dans ces cloaques dont
l'efpace efl mefitré pai l'avarice, oit ron entafie
à. leurs
croyant
la
boucherie, amoncelés dans des entre-ponts étroits,
cet entaf-
fement au fupplice affreux d'une immobilité
̃immobilité qui n'eft intecrompue que dans les
tempêtes par.les tourmens plus cruels encore de
roulis violens. Repréfentcz-vous ces captifs vio-
lemment froiffés les uns contre les autres dé-
chirés par Je frottement de leurs chaînes, ftiffo-
«jués dans les temps pluvieux par l'interruption
totale de l'air afpirant au lieu d'air des exha-
laifons putrides rongés par des maladies infedes
appelisnt la mort qui frappe à leurs côtés, & ne
la trouvant fouvent que dans un poifon bienfai-
fant adîtfiniftré par les calculs de la cupidité (i).
Ah qui peut contempler cefpe&acle, fans
frifïbnner d'horreur, fans être révolté de voir
(i). Voyez la deferipttou d'un vaiflèau negrier par le
Capitaine d'un de ces vaiiTeaux nous la publierons
Inceffamment.