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Adresse à la convention nationale par la société populaire et montagnarde de Dôle, département du Jura, en date du 12 prairial an II de la république française... en réponse à un libelle intitulé : "Adresse à la convention nationale, à tous les amis de la république, par les citoyens Gouvernet, juge de paix à Dôle, et Genisset, secrétaire général du département du Jura, au nom des patriotes de 89...

46 pages
Impr. de Briot ((S. l.,)). 1794. Paris (France) (1789-1799, Révolution). In-8 °. Pièce.
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ADRESSE
A LA
'CONVENTION NATIONALE,
PAR
LA SOCIÉTÉ POPULAIRE ET
MONTAGNARDE DE DOLE,
DÉP A II T E M EST D U J U R A
1
À I) R E S S E
A LA
1%",~ , ( 1 L >,-
CONVENTION NATIONALE,
PAR
LA SOCIÉTÉ POPULAIRE ET MONTAGNARDE DE
DOLE, département du Jura , en date
du 12 prairial, l'an 2e. de la République
française, une et indivisible ;
EN RÉPONSE
A un libelle intitulé : Adresse à la Convention
nationale, à tous les A mis de la République,
par les citoyens GOUVERNFT, jiige de paix à Dole,
et GENISSET. secrétaire général du département
dit Jura, au nom des patriotes de 80, restés fidèles
au peuple et à la représentation nationale.
( On dit que la vérité n'est que trop souvent
, opprimée, mais qu'elle ne meurt jamais. )
CITOYENS REPRÉSENTANS DU PEUPLE,
LE titre seul du mémoire auquel nous
répondons , suffit pour caractériser l'impur
( 2 )
dence de ses auteurs, et prévenir de quelle
confiance ils sont dignes.
Gouveniet et Genisset, hommes astu-
cieux et rampans , dévorés d'ambition, à
la tête d'une bande aristocratique qui ne
cessoit d'entourer le représentant du peuple
Prost, pour attendre de lui des faveurs ,
et en éloigner les sans-culottes , excitait
des querelles , réveillant les haines , met-
tant en jeu toutes les passions pour mieux
nouer et couvrir leur intrigue , trahissant la
cause du peuple, égarant son représentant,
nous prêtent leurs desseins perfides et s'at-
tribuent nos vertus.
Ils s'annoncent effrontément au nom des
patriotes de 89 restésfidèles à la patrie 7
et s'établissent leurs dé fenseurs officieux.
C'est ainsi-que d'un seul trait de plume, in-
sultant d'une part à toute la société , qui
n'est presque totalement composée que de
patriotes de 89 , de l'autre, ils ridiculisent
ceux qu'ils présentent pour tels , dont l'ad-
mission ne date pas de plus de deux ans ,
qui s'en sont fait un titre pour être plus sû-
rement portés par le peuple à quelque place
importante, et qui se sont exclus de cette
( 3 )
société meme, depuis qu'ils ont désespéfé
de l'abuser plus long-temps.
Lesméchans!.. ils pailent de feu secret j
de malveillance , de désordres d.-- convul-
sions furieuses, de fanatisme, d'orgueil,
de parti ,dambition , de vengeance per-
sonnelle , d'attentat à la représentation
nationale, d'avilissement des autorités
constituées ; comme si nous avions opéré
la subversion, la combustion toLale de là
commune de Dole.
Cependant - eux-mêmes , reconnus les
auteurs principaux de nos divisions, de nos
malheurs , ils s'enveloppent impunément
du manteau de l'homme vertueux , pour
continuer avec plus d'avantage et de sûreté
leurs menées sourdes , ravir aux patriotes
Dolois qu'ils outragent, la réputation qu'ils
se sont acquise, les agiter, les diviser encore
s'ils le pouvoient, les déchirer et les perdre,
en les couvrant de leurs propres torts.
Ce n'est pas tout ; ils promettent de
détruire la calomnie et de démasquer des
personnages nouveaux qui figurent aujour4
d'hui sur la scène, etc. ; mais que
font-ils? ils s'efforcent au contraire, par de
( 4 )
nouvelles calomnies, de travestir en mal-
veillans , en intrigans , en fanatiques ,
des hommes purs, amis de la vérité, mais
énergiques , qui n'ont pas craint et ne crai-
gnent pas de la publier. Pour tout dire en
un mot, ils se peignent eux-mêmes sous les
couleurs, sous le nom qu'il nous donnent.
C'est à nous , c'est aux républicains à
rendre hommage à la vérité ; notre plan
sera simple comme son langage ; le voici :
Exposer au grand jour la conduite de la
société populaire de Dole injustement in-
culpée ; arracher le masque à ses calom-
niateurs , esquisser leurs traits les plus frap-
pans ; rétablir la vérité des faits qu'on nous
impute à crime ; présenter le précis de la
vie morale et politique depuis l'époque de
la révolution , des citoyens Corneille, Gau-
vain , Cantenot aîné, Cantenot cadet ,
Lémare, Fontaine , etc. compris dans la
procédure intentée par le représentant
du peuple Prost ; détruire enfin les reproches
faits aux citoyens dénommés dans le libelle ,
qui défendent, sans injurier leur pays , la
cause de leurs concitoyens persécutés ; tels
sont les moyens que nous emploierons pour
confondre nos détracteurs.
( 5 )
Nos adversaires reconnoissent eux-mêmes
que la marche de la société populaire de
Dole fut invariable dans les bons principes
jusqu'au 3i mai. Ils en font un éloge pom-
peux.
Comment depuis , auroit-elle dévié ? par
foiblesse ou par égarement.
Mais elle qui , sans les entraves de la
malveillance et de l'intrigue qui rendirent
ses efforts vains, faisoit éclater sa sollicitude
et ses douleurs au sein de la convention
nationale ; de voir un de ses premiers
membres , le citoyen Prost, représentant
du peuple , circonvenu , fêté, traité dans
leurs maisons de campagne par des mus-
cadins , des aristocrates , des ci-devant
no bles , des parens d'émigrés , par des
Pézard , des Baland, des Amyot, des Lapa-
lière, des Michalet , des Bougaud etautres,
qui tenoient à Paris des jeux défendus , le
biribi etc. se faisoient appeler alors, ba-
rons, ducs, comtes et marquis ; cette société,
disons-nous, qui par cette louable conduite,
a mérité l'inimitié , la haine , les clameurs
indécentes, les calomnies de ses détracteurs,
peut-elle être accusée de lâcheté ouderelâ-
( 6 )
chement dans sa morale ?. Mais elle qui
s'opposa constamment de front aux traîtres
qui s'efforçoient de la décourager, de l'avi-
lir, de la désorganiser, puNdlle être égarée?
Egarée! par qui? par des hommes nouveaux,
répondez-vous. Quels sont-ils ? nommez-les.
Ce ne seroit point de ces hommes simples
qui viennent s'instruire, et qui n'ont sans
culture d'esprit, que le gros bon sens en
partage? Seroit-ce des hommes de lettres ?
les plus connus sont tous vos amis, et vos
omis ne trompent personne. Ici ^Gouver-
net et Genisset, votre patriotisme de 89 va
se trouver en défaut. Ces hommes nouveaux
n'étoient point non plus de ces génies supé-
rieurs, de ces esprits transcendans capables
de faire éclore subitement une contre -
révolution ? Eh bien ! vous pouviez facile-
ment faire entendre raison à d'énelgu.
mènes vociférateurs, pourquoi gardiez-
vous le silence s'il falloit éclairer le peuple
au milieu des orages que vous prétendiez
qui slélevoient? Pourquoi votre plume repo-
soit-elle inutile ? Et ce comité qui se tenoit
chaque jour dans la boutique Gouvernet
restoit oisif' sans préparer des armes dé-
( 7 )
fensives ! Pourquoi ne sortoit-il pas de ce
foyer de lumières quelques rayons bien-
faisans pour nous dessiller les yeux ?. La
présence du représentant du peuple, votre
influence marquée dans la société, auroient
bien su/fi pour la préserver de ce mal ima-
ginaire et supposé. Mais , soyez vrais ,
avouez-le : votre marche rétrograde , votre
fréquentation suspecte , vos liaisons avec
des êtres vils , ces ennemis de la révolution
dont nous avons parlé , votre éloignement
de la société , déplurent à la masse pure de
vos concitoyens , et la bonne opinion qu'ils
s'étoient formée de vous s'évanouissant
bientôt, leur amitié vous fut retirée.
De là l'origine de notre désunion. La
société pressentit dans l'abandon de plu-
sieurs de ses instituteurs , une tendance à
sa destruction Alors le représentant du
peuple se laissoit entourer de flatteurs,
d'aristocrates qui l'avoient mis dans leurs
intérêts ; il protégeoit ouvertement les
Pézard , les Ducham ps, l'officier d'artillerie
- Mallet et autres à qui les comités révolu-
tionnaires devoient faire subir la loi rela-
tive à de pareils individus. Ces comités
( 8 )
qu'on dit avoir voulu rivaliser de pouvoirs
avec le représentant du peuple , et cassés
par Jui, le consultoient cependant tous les
jours ayant d'entreprendre leurs opérations,
sur les moyens à employer dans l'application
de la loi.. Alors on voyoit aussi des socié-
taires , le président même du tribunal du
district de Dole, tenir un langa ge affreux qui
souleva d'indignation toute la société. Il
entreprit de prouver, (idée despotique et
monstrueuse ! ) que le représentant du
peuple pou voit être effectivement au-dessus
de la loi. On frémit d'horreur ; on trembla
de retomber dans l'esclavage,
Douloureu sementaffec tés de ceconcours
de circonstances , les vrais patriotes mur-
murent, ils s'échappent en plaintes ; ils
sont aussitôt menacés de chaînes et du tri-,
bunal révolutionnaire. Cependant la terreur
est à l'ordre du jour , et le représentant du
peuple continue d'affliger les sans-culottes
qu'il repousse sans pitié. Ils ne peuvent
plus enfin se contenir ; on décline des faits
vrais ; il est arrêté d'en donner connois-
sance àjaconvention nationale. Nos plain-
tes , nos sollicitudes sont confirmées par le
( 9 )
cripublic. Dans une assemblée générale,un
seul ne vota pas ; ce fut le petit intrigant
Genisset, un des protégés du citoyen Prost,
représentant du peuple. Voilà ces grands
crimes de la société auxquels les lâches dé-
serteurs de la cause du peuple ne voulurent
prendre aucune part ; voilà d'où dérive leur
courroux , les haines, et ce qu'ils appellent
nos convulsions politiques , la première
cause de la ruine de l'esprit publie ; voilà.
çe prétendu dessein d'avilir la représenta-
tion nationale, les autorités constituéeset
les patriotes les plus purs ; voilà la source
des calomnies, et ce qui nous vaut toutes les
qualifications dont ils nous chargent.
Alors un vaste champ est ouvert aux
passions. La malveillance , la vengeance ,
l'intrigue saisissent l'instant propice. Le re-
présentant du peuple est sollicité de toute
part par la croassante ligue. Elle n'est que
trop écoutée : elle avoit tant d'ascendant
sur son esprit ! Elle prévaut, ses vœux sont
accomplis. Bientôt, en effet, le citoyen
Prost, quoique rappelé dans le sein delà'
convention par le comité de salut public ,
ses pouvoirs cessant par l'arrivée du repré-
( 10 )
sentant du peuple Lejeune, lance des man-t-
dats d'arrêt, incarcère , met en état d'ar-
restation, fait informer, dissout la société
populaire , et crée un noyau composé de
ses flatteurs , de ses amis, de ses protégés ;
Gouvernet en est, par son arrêté, nommé
président perpétuel : on ne tarde pas d'élire
Genisset secrétaire. Le scrutin épuratoire
a lieu. Quel en est le résultat ? Beaucoup
de membres sont rappelés , entre autres ,
Agnus et Bourges, ci-devant nobles ; Vuillot,
Badois, Titon, parens d'émigrés. l'im-
moral Ferjeux , ci-devant prêtre , qui pré-
choit publiquement l'athéisme , et nombre
d'autres individus que les sociétés popu-
laires de la république ont l'usage de rejeter
de leur sein ; et les patriotes les plus intré-
pides sont rejetés : mais tout - à - coup le
grand œuvre de la régénération est dis-
continué , sans en savoir les motifs.
Dans ces circonstances, arrive dans nos
murs le citoyen Lejeune, représentant du
peuple. Les sans-culottes lui exposent leur
triste situation : il les entend et les console.
Le 27 ventôse, il se présente à la société ,
avec son collégue Prost, devant un peuple
( II )
immense. On avoit demander élargissement
de nos frères détenus : il prononce à ce
sujet un discours pathétique ; il espère,
dit-il, que cette commune ne dégénérera
pas de son ancienne réputation ; il observe
que depuis la naissance de la révolution ,
elle a donné des preuves éclatantes de pa-
triotisme, et queles principes etles maximes
qu'il y avoit entendu proclamer , annon-
çoient que l'amour de la patrie y régnoit
encore dans toute sa vigueur ; mais qu'il
avoit apperçu que des divisions y avoient
éclaté, et qu'en même temps il avoit vu
que de petites intrigues et de petites ambi-
tions étoient la source de ces divisions mal-
heureuses ; qu'on trouveroit en lui justice,
impartialité , sév'rité ; que s'il existoit des
coupables , il seroit le premier à les faire
frapper du glaive de laloi; de même qu'aussi,
s'ils étoient innocens , il feroit tous ses ef-
forts pour qu'ils triomphassent des intrigans
qui cherchoient a les opprimer. il exhorte
ensuite tous les citoyens à la paix , à la
réunion , à la concorde , à la fraternité
en les enflammant du saint amour de la
patrie , er invite son collégue Biost à pro-
( 12 )
noncer lui - même sur l'objet de cette
désunion.
A cette harangue pleine de vérité-, le
citoyen Prost témoigne qu'on n'a commis
aucun crime envers la majesté du peuple
etla représentation nationale ; et avouant,
devant trois mille personnes au moins, que
la détention de nos membres, motivée et
déterminée par les circonstances malheu-
reuses où ils s'étoient trouvés, étoit plutôt
lé fruit de l'intrigue qu'un véritable délit,
consent à leur élargissement et'à mettre au
néant toute la procédure. Alors tous les
cœurs se dilatent, les fronts s'épanouissent;
des larmes d'attendrissement coulent de
tous les yeux; mille cris de bénédictions se
répètent ; on s'embrasse , on fraternise ; la
réunion est promise et la paix est jurée.
Nos frères sont élargis. Quel jour de gloire
et de triomphe !. Le citoyen Prost tou-
ché de cette scène, en témoigne sa satis-
faction. Son grand cœur, son cœur bon et
paternel pouvoit-il y être insensible ?
Cependant, qui le croiroit ? ce beau jour
étoitsouillé par des sermens, pardes baisers
hypocrites Que vous êtes coupables,
( 13 )
à vous qui, malgré des invitations multi-
pliées , n'avez point voulu revenir , dès le
lendemain même, dans le sein de vos frères,
de vos amis ! Depuis ce jour , jusqu'au 14
germinal, vous avez retenu à la société son
sceau , sa correspondance , ses archives et
ses registres ; ainsi vous vengiez-vous basse-
ment du triomphe de l'innocence !
Jouissance éphémère ! Le représentant du
peuple Lejeune revient dans nos murs :
nous épanchons nos douleurs dans son sein.
U JI arrêté (*) vous ordonne de vous dessaisir
(*) Le voici. « Vu la pétition de la société po-
« pulaire de Dole ; vu encore les avis du district
« et de la municipalité ; -
« Nous représentant du peuple , envoyé dans les
« départemens du Doubs , du Jura , etc.
« Considérant que depuis long-temps le noyau
« de la société populaire de Dole, instituée par
« Prost , représentant du peuple, ne se livre pas
« au travail de l'épuration ; considérant qae les
« président et secretaires nommés par le même
cc arrêté , se sont emparés des registres, ainsi que
« du sceau de la société , et affectent de ne pas
? se rendre aux. séances de la société , malgré les
« sollicitations réitérées du peuple ;
« Considérant que cette conduite annonce un
« système formé de jeter l'opinion publique dans
« l'incertitude , d'empêcher Ils répubrcains de se
« forwiçff eu société populaire ; d'éclairer le peuple
( ]4 )
de tout. Votre travail de la réorganisation
delasociété est bientôt repris, puis achevé.
Le temple de la fraternité reçoit tous les
sans-culottes ; vous seuls et vos semblables
« et lui enseigner les saintes maximes de la justice
«. et de la vertu , qui sont les plus solides fbndemens
« d'un gouvernement libre, et, par-là, parvenir à
<< dominer cette commune ;
-« Considérant qu'il est temps de mettre un terme
« a de pareilles intrigues , qui pourroient avoir de
« funestes suites et produire des événemens fâcheux.;
- « Autorisons le noyau de la société populaire
« instituée par Prost, représentant du peuple , À
« se nommer de nouveaux président et sécrétaizes ,
a puisque ceu-x qu'il avoit nommés affectent de ne
« pas se rend re aux séances.
« Enjoignons au noyau de ladite société de se
<c livrer au travail de l'épuration, après avoir pro-
cc cédé â l'élection des président et secrétaires, et
« ce ..dans ce jour.
« Ordonnons aux anciens président et secrétaires
cc de remettre les registres , ainsi que le sceat de
« la société qu'ils ont entre les mains] sous peine
« d'être poursuivis comme perturbateurs du repos
« public, cherchant à exciter des troubles dans
« cette commune, et rebelles à la loi.
« Chargeons l'agent national du district de faire,
« sous sa responsabilité personnelle , toutes les dili-
« gences nécessaires pour que notre présent arrêté
« soit mis à exécution sans délai, et de nous en
« rendre compte , ainsi que de le faire inscrire sur
« les registres de la société populaire. 14 germinal 1
« À Dole , etc. Signé LEJEUHI.
( 15 )
vous en êtes interdit l'entrée : il est beau
de se rendre justice.
Dès cette époque , nos assemblées sont
calmes et majestueuses , nos discussions
intéressantes : plus de questions frivoles,
de personnalités scandaleuses ; plus de
choc de passions, etc. Pourquoi ? C'est
que là où s'assemblent les amis du peuple ,
les amans de la patrie , on ne verra jamais
aucun conflit de haines, d'orgueil, d'am-
bition et de fureurs.
S'il ne régne plus de mésintelligence
entre nous, quels étoient donc les auteurs
des troubles ? Vous, impudens détracteurs,
qui , n'osant plus venir agiter dans nos
séances les brandons de la discorde , dé-
chirez dans votre diatribe ceux mêmes qui
maintiennent l'union, la paix et l'harmonie ;
vous qui, forcés dans votre libelle de rendre
hommage aux rapides travaux du représen-
tant du peuple Lejeune , auquel vous avez
applaudi, et qui a reçu les bénédictions de
toute la commune de Dole, avez eu pour-
tant la folle et ridicule prétention de tenter
d'en affoiblir la gloire ; vous enfin que nous
allons mieux faire connoître.
( 16 )
Qu'il est odieux, qu'il est vil, le carac-
tère du calomniateur ! quelle honteuse ré*
putation il s'acquiert!. Vous qui vomissez
sans pudeur mille injures contre vos frères*
répandez par-tout le venin des calomnies
èt vous nourrissez d'opprobres, Gouvernet
et Genisset, nous n'aurions jamais imaginé
que vous tendissiez à cette célébrité, si
vous n'eussiez fait imprimer vos noms en
tête et à la fin du libelle que nous réfutons.
Nous allons vous peindre d'un seul trait.
Comment se fait-il qu'ennemis déclarés de
Lauchet et Gaurin, que vous avez dénon-
cés tant que vous estimiez utile pour vous
l'appui du peuple que vous flagorniez alors,
vous êtes à présent liéb de correspondance
et d'intérêts avec ces mêmes hommes dont
vous révéliez la turpitude ?
Comment se fait-il qu'également enne-
mis , lors de la formation de la société po-
pulaire , des Agnus , des Bourges , des
Pézard , des Amyot, des Lapalière et
de vingt autres, vous êtes - vous ensuite
ligués tous ensemble pour opprimer les
patriotes, et en détacher ou aigrir contre
eux le représentant du peuple Prost ? C'est
( )
un mystère pour des sans-culottes bons et
simples dont vous vous jouez maintenant
avec éclat, et contre qui vous êtes déchaî-
nés avec fureur.
Mais quel est le motif de tes insultes ,
Gouvernet ? toi qui fis deux fois banque-
route, il y a nombre d'années ami ,
conseiller et flatteur des Bourges, des Agnus,
des Lauchet. de Courtot même , pour
qui tu fis nommer dans la société popu-
laire les appuis, les défenseurs que tu
veux inculper ; toi qui as sapé jusques
dans ses fondemens cette société même à
qui tu es redevable de ta place de juge de
paix. ; respecte-la, respecte les citoyens
d'une commune où tu ne reçus pas le jour.
Courtisan assidu du repiésentant du peuple
Prost, ton protecteur , dis-en tout le bien
que tu voudras , -mais n'en im pose point.
'L'or de Pitt ne nous fut jamais offert comme
à toi. DémentiraS-tu l'aveu que nous ne te
demandions pas, et que tu nous fis de cette-
offre, dans une des séances de la société
populaire que tu présidois (i)?. Politique
(]) Gouvernet dit- un joji à la bociéié , uu un lui
avoIcT^mnme de 800 liv. comtitant, et uns
2

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