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Adresse aux citoyens ou Réponse à différentes calomnies, publiées dans les libelles contre l'Assemblée nationale ; suivie de Quelques observations sur la protestation du ci-devant chapitre de Lyon ([Reprod.])

De
22 pages
[s.n.] (Lyon). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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A
ADRESSE
Aux C I T O Y E N Si
R É PON SE
À
Publias dans des Libelles centre ^AJfembtcé
la proûflalion du u-deyant Chapitre de Lyon.
fi'A mefure que nous approchons dû ferme heufeux
de
& s'élève les ennemis du bien public redoublent
̃(̃̃*̃•)̃̃-̃
d'efforts & il n'eft aucun moyen qu'ils n'emploient
pour nous égarer ils efperent y parvenir en nous
inondant de libelles tous plus menteurs, tous
plus incendiaires les uns que les autres. D'un autre
côté, quelques bons citoyens luttent contre ce
torrent d'impostures & de calomnies. Nous' nous
trouvons donc accablés d'écrits mutuellement op-
pofés, & qui tous néanmoins annoncent un grand
zèle pour l'intérêt du peuple. Citoyens laborieux
f mcprift's fi avilis fous le régime précédent
& reconnus fi eftimables fous celui qui l'a rem-
place, gardez-vous bien de vous rapporter aveu-
glément à dès dénronftrations dont tous les écri-
vains fe parent, qui par conféquent, font équi-
voques, & peuvent être wri appât fous lequel
l'hameçon eft caché. D'après la contrariété des
fentimens expofés dans .les brochures qui circulent
il eft bien vifible que d'un côté ou de l'aucre
on vous en impofe & vous fentez combien fur
des matières fi importantes il eft eflentiel pour
fous de ne pas vous laitier abufer. Mais vous
n'êtes pas formés aux difcuffions vous n'avez pas
le tems de vous y livrer comment ferez-vous
donc pour difcerner l'apparence, de la réalité; la
droiture & la vérité de l'impofture & du men-
fonge ceux qui cherchent à vous éclairer de
ceux qui s'étudient vous faire illufion & à vous
égarer pour vous ramener fous le joug ?
Vous y parviendrez facilement en obiervant deux
règles bien fimples & rarement en défaut. La
premiere eft de méprifer tout écrit que perfonne
n'avoue qui eft fans nom d'auteur ou fans le
fceau de quelque fociété connue. Sous le règne
de J'autorité arbitraire, on étoit fouvent excu-
fable de garder l'anonyme,, Il étoit impoffible de
A 3.
dévoiler quelque vérité. utile aux tommes, £tq*
courir, le Mfqtfe d'être viftime de fon* zèle. Le
à1 la vue de la vérité comme les enragés à la vue
de l'eau
des vérit 's pi>lirù]ues en libre écrire dans les ténè-
bres eH: un caractère nôn de prudence, mais
de perverfirc c'eft un motif le'girime de foup?
çonner qre l'écrivain eft un ennemi public, qui
fe dérobe à la lumicre pour retirer le fruit qu'il
fe promet d'un écrit eropoifonné fans avoir à
encourir la honte & lé châtiment qu'il a mérités.
Et en effet,, qu'auroient à craindre les faifeurs dé
libelles s'ils défvn.toient la caufe de la raifbn &
de !a juftice ? loin de fe cacher, ils fe feroient un
honrïeur de fe inoritrer j mais il faut bien fe ca-
cher quand on n'a que l'opprobre & le mépris
recueillir. Vos déYenfeurs vos véritables amis ont
une conduite plus franche ils ne rayent pas le
grand joar parce que la vérité, aniTi pure quajui
n'a rien à redouter de fa lumiere. Quels que foient
les dangers auxquels i!& s'expofent, ils les bravent
pour ♦érvir la- caufe du 'patriotifme. Rejetez donc
avec un profond mépris tous les libelles tilffez-les
dans l'oofeurité oiî tls^ onr ëïe conçus, & où ils
font fi dignes de refter..
La féconde règle regarde les ouvrages avoués.
Ne vous laiffez point prévenir en leur faveur par
le titre fous lequel ils paroiffent mais paflez d'abord
à la coriclufion c'eft- là que bon gré mal gré s
l'auteur découvre fon véritable but. En confron-
tant la canehrfion au titre on voie tout A<&
fuite, ;fi l^uïetir eft un homme droit qui n'a
6n vue que te bien général
fi le titre 4ui décote fort livre > n'efl; qu'un ma%te
(4)
qu'il emprunte pour établir traitreufementles pré-
tentions de l'intérêt particulier car l'intérêt com-
mun & l'intérêt particulier, font la pierre de [ouche)
qui fert à faire ditlinguer le bon citoyen du
mauvais le patriote de Pégoïfte. N'oubliez donc
jamais que les amis de la révolution ne prêchent
que la paix & l'ufîîon que les ennemis de
cette même révoluti ne cherchent ne veulent--
exciter que le [rouble la difcorde; les premiers
nous exhortent à la foumiffion aux loix les féconds
nous portent à la révolte les uns ne refpirent que
l'ordre les autres crient à l'anarchie après que
leurs manoeuvres nous y ont conduits; les uns,
admirateurs des travaux de l'Afl'emblée nationale,
fe foumettent avec refpeâ à fes décrets les autres
non contents de défobéir ne marchandent pas
les menfonges & les calomnies, pour décréditer
la premiere autorité légitime qui ait gouverné la
France.
L'égoïfme l'anti-patriodfme trop hideux
pour fe montrer tels qu'ils font s'enveloppent
le plus qu'ils peuvent de l'apparence des vertus
oppofées. Les ci-devant privilégiés trop adroits
pour défendre directement les ufurpàtions qui leur
étoient fi chères cherchent à fè venger par des
voies détournées de l'anéantifhement de leurs ini-
ques & abfurdes privileges. Ils font parade d'atta-
chement à la monarchie qu'ils fuppofent renverfée,
au trône qu'ils repréfentent comme dégradé au
roi qu'ils prétendent n'être pas libre; à la patrie
qu'ils plaignent de courir après des fantômes d'éga-
lité & de liberté. Pour décrier le nouvel ordre
de chofes ils fe gardent bien d'en combattre les
principes ils Tentent que ces principes font au-deffus
de leurs atteintes. En fe taifant fur les horreurs de
T-YÎ

l'ancien régime ils oppofent
fortunés qui en font les viàimes. Lnfin ils du.
mitent leurs cris â ceux des eccléfiaftiques décorés
& rentes pour ne rien faire qui, pour fe maintenir,
-pii- Poflîble» dans la pofleflîon de gruger
1 eglife en pref-
voudraient faire entendre que le coup qai
frappe ce fcandale en dirigé & tombe fur fa religion.
Citoyens confidérez de près ces objections, Se
vous les verrez s'évanouir. Le gouvernementmo-
narchique loin d'être détruit par ta conftitution
en fait une partie efTentielle ce qu'elle a détruit
c'eft le pouvoir arbitraire dans le monarque pou-
voir totalement étranger à ce gouvernement
privé de ce pouvoir, le gouvernement monarchi-
que eft le meilleur, parce que c'eft celui où l'exé-
curion, des loix eft plus aftiye & plus irrcffiftible
réuni à ce pouvoir il eft bon ou mauvais
felon les qualités du monarque. ^11 feroit le meil-
leur fi le monarque étoit éclairé & vertueux,
& il eft le plus mauvais quand le monarque eft
ignorant ou vicieux car que peut-il y avoir de
pire pour une nation que d'être gouvernée par le
bon plaifir d'un méchant ou d'un ;imbe'cille (i) ?
Voilà cependant à quoi elle eft expose quand !e
monarque réunit le pouvoir dé faire les loix 1
celui de les faire exécuter. Mais la nation pouvoit-
elle féparer ces pouvoirs? Qui peut en douter?
fource de tous les pouvoirs, la nation les diftri-
bue, fèbn que elle garde ceux
quelle peut exercer^ elle délègue les autres. Avant
(1) Contrat focial.
(Je concevoir un gouvernetnent quelconque j on efl
forcé.. dé concevoir un peuple & qu'eft-ce qu'un
peuple dans .fon origine finon une mulritude
d'hommes qui fe réunifient pour former du pou-
voir de chacun une puifTance commune laquelle
ils confenrent de s'alîujertir par conséquent tout
pouvoir public a fa fource dans la volonté dé tous,
& ne peut avoir de forme & d'étendue légitimes
que celles qu'elle détermine. Pour n'être plus, le
fege du defpotifme le trône n'en 'efr que plus
refpeâable & n'en a acquis que plus de confif-
rance. Ce n'efr qu'aux yeuîi des tyrans & de leurs
fiatteurs qu'il peut paroirre dégradé.
Si nos ennemis mentent en parlant de la dé-
gradation du trône' ils ne font pas plus vrais,
Forfqu'ils patdiffent douter de la liberté du Roi.
Comment fe pourroit-il qu'un Roi qui gouverne
un peuple libre ne fîjt.pa< libre lui-rneme ? qu'eft-
ce donc que la liberté d'un roi ? feroit-ce la fa-
culté de plier les loix éternelles de la juftice aux
caprices de fa volonté ? Malhe'ur. aux peuples dont
les rois jouiient d'une femblable liberté. Le Roi
peut-il vouloir autre chofe que le bonheur de3
Prançois ? & vouloir leur bonheur n'eu-ce pas
vouloir la conftitution qui le leur allure ? Oui
citoyens le Roi eft libre il eft même plus
libre que jamais car auparavant, c'étoient les
courtifansj les miniftres & fou vent les valets de
ceux-ci qui regnoient à fa place. Il n'eu pas libre,
il eft vrai d'abandonner leur infatiable avidité'
les deniers de la nation de mettre leurs vexa-
tions & leurs brigandages à l'abri de fon autorité;
mais la liberté d'un monarque ne confifte pas à
pouvoir engraifrer quelques individus des fueurs &
du fang du peuple à retenir dans l'efclavage la
A 4
hypocrites des prétendus amis dû vous ypyez
afFoiblie ils pleurent l'iinpuifTance où ils fe voient de
lui ravir cette autorité & de ? la pajtagef
autrefois ils pleurent de' voir toutes les routes de la
Quoi des ennemis de la patrie des faifeurs de
libelles des vCOnfpkateurs feroient tes amis' du
Roi ? Ah que ce prince feroit à plaindre,- s'il
n'avoit que de femblables amis Qu'iî^ fe rappelle
fozaent les belles paroles de ce vertueux pix'lat (i)
qui connoifïbit fi bien là cour On fait fcmblant
l'aimer le Roi mais on n'aitile que les richejfes
qu'il donné on i 'aime fi peu que pour les obtenir
on le flatte on,le trahit..
Citoyens vous ne donnerez donc pas dans le
piege groflier que vous tendent les foi-difants amis
du Roi maisi! en efl un autre que vous éviterez
plus difficilement peut-étre ce font les erreurs où
peuvent vous entraîner de fûneftes notions de la
liberté & de l'égalité il n'y a rien de plus eflen-
tiel pour vous que d'en avoir des idées luttes. La
liberté ne peut pas être l'indépendance abfolue;
car ahrs elle feroit incompatible avec l'état focial
la liberté du citoyen eft fondée fur L'affujettifle-
ment même le citoyen libre â'eiï pas celui qui ne
dépend d'aucune autre volonté que de la fienne
un tel homme s'il pouvoit exiger dans la fociété.,
n'en feroit pas membre mais en feroit le plus
(i j Fénélon,

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