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Adresse aux François sur la vente des biens ecclésiastiques ([Reprod.])

110 pages
impr. d'un royaliste. 1790. France -- 1789-1799 (Révolution) -- Confiscations et contributions -- Ouvrages avant 1800. 3 microfiches ; 105*148 mm.
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A DR f S S E: ̃̃̃
.AUX FRANCO I S',
SUR LA VENTE DES '<
Pour- servir de réponse aux Opinions de
MM. Martin ot Treillard, LB Camus
Fk^tsau et autres, sur leur projet d'orga-
nisation nouvelle du Clergé de France, et
peut-être du dogme de 1 Eglise.
Les Lois Canoniques et Morales, tes Lois
Civiles et Politiques de l'Etat, doivent s'y
opposer cette usurpation blesse essen-
tiellement les droits imprescriptibles de
la Monarchie ceux delà Couronne et ceux
des Peuples réunis.
Citoyens de toutes Jes Classes, croyez
que le gaspillages et la dilapidation de ces
mêmes Biens, amènera dans peu deux
s- ;Jg«Hïdés calamités dans le Royaume.
Banqueroute certaine et prochaine.
p) absolue de la Religion de vos Pères,
malheurs pour les Peuples et
^lg*Monarchie.
""M'^mçois qui aimez le paix, votre
Patrie 'votre Religion' eu <votrq ROI,
prenez, lisez et /'usez.
'DE L'IMPRIMERIE D'UN ROYALISTE.
G
La des biens-fonds de l'Eglise
rie France, de quelgiïe nature qu'on les, sup-,
pose, est une propriété plus sacrée
qu'elfe a été_ cimentée par un contrat synql-
la<*matique entfeDieu et les hommes: nulle
puissance sur la terre, canonique ou civile-,
n'a le droit de (e dissoudre^: toute vente oit,
aliénation qu'on se proposerait d'en faire
pour eri son et
niais encore nuisible aux- Lois caiiofiigues
et morales aux Lois civiles et pôlipfjues
de l'Etat eu drôit iles
imprescriptibles dé la Monarchie aux
droits augustes de lcz Cotîrronne et aux
droits essentiels ft réuni:, des Peuples tous
faire leurs récla-
mationi pour s'opposer à 'cette destruction,
absolue et projettes qui provoqué à la fois
Dieu son Église et /at-flommes ses
1. Ta n'exista jamais, chez aucun Peuple, de
autels, sans culte extérieur
ni par conséquent rsîuns ministres pour lesser-
%ir •: notre* Religion 'Sainte, '.à' peine fut-elle
établie, par droit mente de conquête, annon-
cée par les Apôtres de la Foi, devenus Mar-
tyrs, c'est-à-dire reçue dans les Gaules, qu'on
y vit s'élever de toute part des temples et des
autels, enrichis et décorés par les dons géné-
reux des Fidèles, qui se choisirent parmi-eux
des Ministres promus successivement au Sa-
cerdoce !e culte alors, ou plutôt les céréma-
nies religieuses dans les églises devinrent
pompeuses et dignes de la majesté du Dieu
Sauveur des Croyans à la Foi, auquel on offrit
des holocaustes des sacrifices d'expiation,
et où l'on .distribuoit aux Peuples les offrandes
salutaires qui régénéroient les Fidèles à la
Foi et à la Grâce des miséricordes de Jésus-
Christ mort pour eux.
Envain nous écrierions-riCïî^ aujourd'hui
que nous adorons toujours te même Dieu,
que quant à notre Religion Sainte nous ob-
servons le même culte, le mênijç dogme sans
altération, ni sans en avoir jama is voulu ad-
mettre aucun autre parmi nous, auquel Dieu
suprême nos Pères ont élevé une immensité
de temples majestueux, qui font le plus bel
ornement de nos Villes et Je notre Empire
temples taçrés où les Roi* et les Pâtres ««
(99)
G q
réunissent sans distinction de rang,/ pour f~
trouver des consolations à leurs pennés intéi,
'rieures et la force de résister aux; passions
désordonnées qui sans cesse tourmentent et
agitent leurs consciences temples enfin dont
la magnificence nous énorguellit eri quelque
sorte pu plutôt nous élevé l'âme pa rce qu'ils
çnt été, où deviennent même chaque jour, ou-
vrage de nos mains, et que nous avons cher-
ché à rendre dignes de l'Eternel en y ajoutant
un cultepompeux qui rapproche en quelque
sorte les Ministres des autels et les Peuples,
des attributs divins du Mâttre que l'on y
adore.
A Villes en France
réunirent dans l'enceinte de leurs murs (une
quantité considérable de Villes et de'^ourgs;
ne se sont formés et devenus considérables,
que parce que de grands Monastères s'y sont
établis et attirèrent autour de leurs cloîtrer
une grande population ) un Peuple nombreiix,
les édifices ,sacrés' y devinrent plus vastes eç
plus majestueux ,le nombre de leurs Religieux
s'augmentant en proportion de l'étendue dq
ministère public, ils furent pour vus nécessai-
rement de plus grands biens, mais toujours,
parles riciies Seigneurs-,du voisinage et jamais
i 100 y
par le. Corps delà Nation, ne i ibrniflit qu'un
corps moral toujours divisé et dispersé au Loin,
et jamais assemblé pour y délibérer sur les af-
faires même qy Gouvernement les Rois, tes
Grands et leurs armées, constituoient seuls
les Assemblées au Champ de Mars et de Mai;
encore une fois le Peuple ne quittait jamais
'ses habitations trop éloignées.de ces camps,
et n'y paroissoit, jamais,, du moins pour y déli-
bérer; moins encore y envoyoit-il des Com-r
mettans desa part; cependant aujourd'hui l'on
forme des doutes sur ces anciennes Assem-
blées et l'on prétend que le Peuple seul y.
avoit la prépondérance dtms les délibérations
prenez et lisez,)'Histoire, leur disons-nous et
ne cherchez plus nous en imposer, où plu-, j
tôt le Peuple malheureux par des fables ridï-
cules et absurdes qui ne font qu'échauffer les
têtes et le, porter à des excès vioiens, capables
d'amener à toute dissolution cette Empire
que la sagesse et la Providence avoient si bjen
maintenue jusqu'à nous.
Il tst encore certain qu'une infinité de
Monastères s'élevèrent en même-tema dans
les campagnes désertes et couvertes de forêts
que des Fidèles lil/rei^àe leurs actions, de leur
volonté, de leurs personnes et de leurs biens,
"X
.G S
se consacrèrent volontairement à la vie con-
templative, et firent à cet effet le sacrifice de
leurs fortunes en faveur de ces mêmes établis-
semens religieux', où ils passèrent ainsi le
reste dé leur vie dans la paix et le repos uni-
quement occupés de leur salut..
Ces pieux édifices furent toujours utiles à
l'humanité pauvre, et bien loin d'être con-
traires au bien général et public coritri-
buèrent infiniment à rendre le Royaume flo-
rissant par. les défrichemens immenses que
ces nombreux Cénobites firent dans les dé-
s'erts et contrées sauvages qu'on leur avoir
abandonnées c'étoit particulièrement dans
les tems de guerre et de calamités publiques.,
qu'ils secouroient. de tout leur pouvoir et les
Rois, et leurs Armées, et les Peuples soumis
à l'autorité souveraine; encçre une fois, Qui-
conque douteroit de ces grandes vérités peut
ouvrir et consulter l'Histoire de tous les
Peuples et de tous les Empires Chrétiens, elles
y sont consignées.
Nous vous l'ayons déjà dit iï'fa-ut aux
Peuples et même aux philosophes insoucians
sur tous les principes de morale de grande
représentations, de grandes fêtes, de grands
spectacles et des exercices pompeux sur-tout
Sans le culte religieux des autels, et même cfô
mpralé politique ,les spectacles en général,
font la nourriture des sens de l'homme
comme le pain est celle de son corps.
Panerh et circenses s'écrioit là Soldait Ro-
main en. tems de paix, aux Tribuns Pères du
Peuples donnez-nous du pain et des fêtes
publiques oui, sans doute, il faut des spec*
tacles aux Peuples eh-bien quel speçtaclei
donnerez-vous désormais aux Chrétiens fidels
iiabitans nos Villes et nos Campagnes, quand t
ils n'auront plus de culte religieux qui chaque
jour les réunisssoient dans les temples sacrés?
que diront-ils quand ils entreront dans leur!;
temples et qu'ils les trouveront dépouillés deà
saints attributs qui caractérisoient la Majesté
divine qu'ils y adoroient, quand il n'enten-
dront plus les chants divins des Ministres des
autels ? à qui s'en prendront-ils quand il sauront:
qu'on les en a chassés, qu'on s'est emparé
de leurs biens de leurs églises, après les avoir
livrées au pillage et que des étrangers s'en
sont saisis avec violence sous le prétexte
impolitique et odieux de sauverl'Etat: sauver
l'Etat mais qu'entendez-vous donc nous an-
noncer par cette exclamation prétendue pa-
triotique ? à nous François généreux qui cité-
f«6>
lissons notre Beligion Là jio&s qui somme»
tranquiles dans rîos foyers 7 à nous qtti payons
sans murmurer nos tributs à KEtaEt est-ce
donc que nous nesommes ,plus membres-
essentiels de l'Etat? estlce que nous en serions
devenus tout-à-coop les ennemis, puisque l'on
nous déclare, à toute outrance /la guerre 'la.
plus cruelle en venant à main armée ab.
batre, incendier nos habitations, renverser
nos temples, envahir leurs biens et les nôtres
et menacer de massacrer notre génération
pour incessamment porter secours à une
peuplade étrangère, accourue de tius les Em-
pires pour habiter le nôtre, et se fixer dans la
Capitale à dessein de grossir son numéraire et
nous appauvrir.
Déclarez, si vous le voulez ô réformateur»
impitoyables la guerre à ces vautours affamés-
de nos richesses mais ne nous inquiétés plus
et laissez; nous du. moins nos. jouissances mo-
rales et physiques, telles que Dieu la Na-
ture et nos Pères nous les ont transmises.
Nous cultivons tranquillement nos champs
nous en sacrifions volontairement, et toujours
avec joie, une grande portion pour conserves
l'autre ? Que voulez-vous de nous et qjief
pourriez-vous exiger de plus ? Répondez ?*'
,ôi
C,i<4
De quel droit encore -té,
patrimoine respectable dé nos Églises, celui;
par conséquent de leurs ministres qui sont
nos frères celui de nos familles pauvres.
!N'existe-t-"il donc plus de droit naturel chez
les homme sprofecteurs du tien et du mien car
notre Religion, ainsi que notre cbàmp qui
nous fait vivre, est également à nous, nos
Pères l'ont fondée et nous l'ont laissé en héri-
tage, nous avons été régénérés par' elle
nous vivons dans elle et avec elle, et nous
lui appartenons toujours spirituellement et
corporellement l'en ne peut donc nous
reprendre ce qui nous a été donné en
qualité d'Administrateurs et à notreEglise ,»
que nous considérons comme notre habi-
tation la plus chère par des contrats sy-
nallagmatiques passés* entre Dieu,. les bien-
faiteurs et nous les rompre les dissoudre, ce
seroit le comble de l'injustice et de l'horreur.
Quand des hordes barbares vainquirent et
subjuguèrent des Peuples policés, elles res-
pectèrent toujours leurs propriétés sacrées
attachées à leurs Temples; car il n'est aucun
Peuple sur la terre qui n'ait eu s* Religion et
son culte même dispendieux parcourez les
siècles, parcourez tout l'Univers, parcourez
'( ,Il .1'65,)
les traditions des Empires entrez dans -les,
contrées de l'Egypte dans la Grèce an-
cienne, dans les Indes, chez les Br aminés/
chez les Perses, dans Jérusalem dans Baby-
lone la superbe, dans^Ronoe antique voyagez,
dans ks pays immenses du Nord, revenez
dans nos, Gaules, vous y trouverez par -tout
d'anciens vestiges de Temples, de Pyramides,
de Pagodes, des Mosquées des tombeaux et,
des armées, pour ainsi dire de Ministres pour
les servir, des Prêtres d'Ysis de Lettrés, de
Brames, de Mages, deDevins, d'Augures, de.
Druides, en un mot de Sacrificateurs et tous
ces bataillons Ministres de leurs Dieux,, ne
furent jamais salariés par leur Nation, l'His-
toire nous dit au contraire. que les cultes des.
Autels ou sacrés, ou profanes exigeoient
de grands frais pour leur entretien et celui des
Sacrificateurs qui furent toujours en grande
vénération chez les Peuples; ainsi la pau-
vreté quoique vous en disiez, n'attira jamais
le respect et la vénération des Peuples les'
Pagodes des Indes y sont encore d'une richesse
immense ( M, de Lailly en expollia urne à
..quatre lieues de Pondichery qui contenoit.
une prodigieuse quantité de petites figures
d'argent et d'or qu'il en enleva par la force.^
( io6 )
Rome, leurs Augures, lènri
Prêtres leurs Vestales et autres, n'étoient Ger*
tainement point salariés par la République
nos anciens Druides, dont il existe encore
un Temple cerclé de fer, en Suède, étoient
propriétaires de plus d'un tiers du territoire
des Gaulés, couvertes alors d'immenses forêts,
et ce sont précisément les mêmes possessions
qui furent données à l'Eglise naissante de
J. C. lors de l'établissement de la Foi dans
les Gaules par le martyre des Saints Apôtre$'
cet Disciples qui vinrent l'y prêcher, par con-
séquent malgré le concours national ainsi
que nous l'avons déjà observé.
Encore une, fois toutes les Religions di*
monde. et des Peuples ont eu leurs cérémo-
mies, leur culte particulier, et toujours public,;
les cérémonies faites dans les Temples d'une
construction imposante par leurs masses est
leur beauté exigeoient de grandes richesses r
qui, par conséquent, y étoiens 'attachées, ainsi
qu'aux Ministres des Autels sur lesquels l'on;
Notre Religion,' sainte a encore ceci de re-
marquable sur toutes les autres du monde^
que son patrimoine ou plutôt celui atçacné à
nos Eglises pour l'entretien de se^-Â^Htels et;
( iO7
tïe ses Ministres- .est consacre particulière!^
ment au besoin des pau.vres familles fidèles
la Foi., que les mêmes Ministres sont charge
de droit, d'en faire la distribution à ces mêmes
pauvres, que seuls ils ont toujours joui de
cette belle prérogative dont ils sont en pos-
session depuis plus dP quinze siècles droit
fondé sur le premier principe de notre Reli-
gion, et du droit inaliénable de propriété.
Cependant aujourd'hui nos modernes Lé-
gislateurs prétendent leur enlever cette belle
prérogative en frondant la Loi la pins au-
guste, et qui a été scellée du sceau. divin et
du contrat civil tÇést-ce donc pas briser tous
les lienà qui unissent l'homme à Dieu même,
n'est-ce pas vouloir dépouiller dé toute cou"
Citoyen qui s'est librement voué
à. cette/fonction si honorable et si îmmalflu,
d'é^eéome des pauvres ? Or prétendre en-
iwdiir ou seulement toucher à l'existence pô-^
iitique et civile de nos Églises, c'est àbsoîûi
ment travaillera détruire toute considération,
toute préséance accordées à cette classe de
Citoyens Ministres de la Religion sur toutes
les autres qui ne sont qu'humaines car, que
l'on ne s'y méprenne pas, cette considération
Ne fut j amais préciseniment attachée au pe*-
,( îo8 j
sonnel de l'homme, comme nos Législateurs
voudraient le faire entendre, mais seulement
à son caractère, comme Ministre des Autels
Les. premiers Apôtres disent nos Philo-
sophes régénérateurs, marchoient à pied
vivoient dans la pauvreté donnoient aux
Peuples l'exemple de toutes les vertus, et ils
n'avoient cependant ni palais, ni équipages.,
ni ne vivoient dans le faste et le luxe ces
objections si misérables si fastidieusement
exaltées si souvent répétées ne méritent
plus qu'on s'y arrête pour les combattre ce-
pendant pour les confondre davantage rap-
pellons-leur un trait historique de notre siècle
fait pour leur faire sentir combien ils sont
impolitiques sur ce point. Le Czar Pierre 1er
parcourant les empires de l'Europe pour y
aller recueillir des Lois sages et les porter à
ses Peuples grossiers et esclaves, arrivé en
France, à la cour de nos Rois èt dans notre
Capitale, il en parcourut, avec l'ardeur de
s'instruire, les nagnifiques monumens ^in-
troduit qu'il fut dans notre première école
de la Chrétienté la Sorbonne il s'arrêta
d'étonnement auprès du tombeau de notre
grand Ministre Richelieu, fixa quelque temps
en silence son image, et tout-à-coup il s'écria:
? log )
Ogrand homme que ne viS'tu encore, je t'o/4
Jrirois 'volontiers mon lca moitié
pire pour m; apprendre ià gouverner l'autre.
De ce Temple sacré élevé par la muni-
licence de ce grand homme Ministre et
Pontife, Prince de l'Eglise ce Souverain du
Nord fut dans un grand jour de solemnité, à
notre Métropole de Paris pour y voir officier
pontinçalement M. l'Archevêque, et' s'y
rendre témoin de la pompe et majesté des
cérémonies de notre culte. Le nombreux
cortège des otficiers environnant le Pontife
célébrant le Saint Mystère, la richesse des
ornemens sacerdotaux, le recueillement du
Clergé nombreux; le chant, harmonieux, et
cette magnificence même imposante de l'Autel
sacré et du chœur, tout frappa d'étonnement
le Prince observateur philosophe tellement
qu'il sembloit, en quelque sorte, s'unir d'in-
tention au sentiment religieux qu'inspire à
tous les hommes la divinité qu'on adore, par
un culte de grande représentation; et que,
fixant sans cesse le Pontife et la majesté de la
cérémonie sainte qui l'environnoit à l'Autel,-
il ne put s'empêcher de dire au grand Maitre
des cérémonies de France, qui lui rendoit
ks honneurs et Faccompagnoit dans ses
( ïoo )
courses Je trouve que le premier Pontife de
j, votre Capitale est plus grand l'Autel de
j, eaCour et peut-être sur son Trône.: vos
cérémonies, religieuses me donnent une
grande idée de votre Religion. Paroles
mémorables qu'il n'eut certainement jamais
prononcées s'il fut entre dans une église de Ca-
pucins ou une Paroisse de campagne, ou dans'
une prêche, moins encore dans une Syna-
gogue parce qu'il n'y éjjlt apperçu aucune
majesté dans les cérémonies du culte et n'en
«lût point été frappé..
Mais ne pouvons-nous pas encore observer
à nos futurs Economes du
puuvrcs) q iiè si -les Ministres eussent, été sa-?
îariés depuis son établissement jusqu'à nous,
nous n'aurions certainement jamais eu .des
Pontifes tels que les Cardinaux d'Aniboise,
Richelieu, Mazarin et autres qai nous eussent
lalsssé à leur exemple, des monumens autant
utiles que ma gai fi qi? es tels que ceux de la
Sorbcnne, le tollège Mazarin, et une infinité
d'autres de même genre en effet nous at-
tendrions encore long-temps, si la Nation
devoit contribuer à la formation de pareil
établissemens nos soit-disant Représenians
( MO)
tfhnohfiênt cependant aujourd'hui de grandes
choses, dans de grands discours sans cesse
ils nous font espérer un
sous les mots imposans de Constitiftiôn ? de
Régénération, de grandes promesses de
bonheur de grande liberté d'égalité de
grandes jouissances de tous les droits, d'un
'grand bien être, dune grande tranquillité et
Union dane les familles, d'une grande pros-
périté dans *nos fortunés d'un grand ordre
sur-tout dans no,s finances etc. etc. etc. Nous
pouvons donc conclure sans rien craindre
que leurs grands travaux ne sont qu'un très-
grand et volumineux traité de leurs .grands
rêves politiques, dont, malheureusement, le
récit, nous effraie et nous tourmente grarir
dément. ̃
Concluons donc malgré l'opinion eôn-
traire qu'urne majes-
tueuse représentation dans l'exercice et céré.-
monies du culte religieux desAutels est morale;
politique et absolument nécessaire que le
Peuple de toutes les classes, même le philo-
sophe i?"H"édule- aime les cérémonies qui
captivent son imagination, fixent et attirent
son attention et lui élèvent son aine vers soji
Oîeu' que le grand ̃ ooncoUïs dç Peuple,
("lia )
anime, encourage le Soldat et l'Officier quand
le Général passe ses bataillions entrevue et
que ce sont autant de spectacles qui inté^
ressent l'homme qui en jouit.
Dans ces jours de calamités et de désastres
qui nous annoncent ur. bouleversement uni-
versel dans le physique et le moral de notre
Empire il. ne fallait pas moins qu'une révo-
lution préméditée de longue main par le délire
phylosophique et l'athéisme soutenus de la
violente passions de tout renverser, pour oser
attaquer jusques dans ses fondemens l'antique
et respectable domaine sacré de l'Eglise, dé-
truire la croyance religieuse de ses dogmes,
porter les Peuples à se révolter contre les
Ministres du Dieu de paix, les traiter comme
des oppresseurs qui se nourrissent du bien
des pauvres, comme des ennemis outrés de
l'Etat craindre toute corporation de leur
part car voilà le grand prétexte imaginé par
nos Régénérateurs les corps, disent-ils, dans
un Etat, sont redoutables la Nation, ils
peuvent s'assembler, former des conjurations,
changer, dissoudre les formes de la Com.sti-
tution subjuguer les Peuples les rendre
esclaves soumis à leur despotisme, etc. et
telles sont les Rêves politiques dont on berce
aujourd'hui
< n3)
H
aujourd'hui le Peuple crédule en jvaîn Iras
demanderions-nous de fixer une seule époque
où le Clergé et la Noblesse se soient jamais
assemblés ou en particulier ou réunis pour
cabaler contre l'Etat, contre leur Souverain,
contre les droits. de leur Nation oui sans
doute, ils se sont assemblés et réunis mais
seulement dans toutes les occasions où il
fallut sauver l'Etat et arracher leurs Rois de
',la captivité en fournissant de leurs bien»
pour payer leur rançon; et voilà les seules
occasions où ils se sont assemblés mais
toujours en présence des Peuples. Votre pré-
texte, leur dirons-nous est plus qu'impoli-
tique, il est destructeur et-attroc'e. Eh! que
n'annoncez vous plutôt hautement aux
Peuples qu'il ne faut plus en France ni
Religion, ni Roi, ni Noblesse, ni Magistra-
ture, sans vous occuper sourdement dans vos
Assemblées nocturnes et iliégales à miner
les fondemens sacrés de notre antique Mo-
narchie, pour la rendre une démocratie répu-
blicaine; car toutes vos opérations de Cons.;
titution n'ont point d'autre but.
Mais vous portez encore plus loin vos
^fureurs de destruction, en frondant notre
quoique existants
tii4>
depuis seize siècles et plus, et eniin en vous,
emparant, et sans le consentement libre du
Souverain ni de ses Sujets avec violence et
cruauté, mais toujours sous des prétexte
barbares et révoltons, des propriétés con-
sacrées à l'entretien des Autels, à celui de
leurs Ministres, à la nourriture des pauvres
et à l'impôt du Prince. La Nation les a donnés
à l'Eglise, s'écrient hardiment ces Régéné-
rateurs injustes la Nation peut donc les
reprendre à volonté et en disposer arbitrai-
rement en faveur de la Nation elle-même,
qui, alors prendra, soin de l'exercice du
Cultedés"Âutels et de tout ce qui y a rapport;
à l'égard du soulagement des pauvres, elle
s'en charger. également; mais grand Dieu!
d'où part donc un tel langage, et quelle est
la bouche pestiférée qui le prononce? Vous,
les entendez chaque jour, ô mes Concitoyens,
oui restez toujours soumis et fidèles à votre
Dieu et à votre Roi vous les entendez dis-
je, ces énergumènf»s annoncer auPeuple cré<-
dule et grossier des paradoxes autant impo-
litiques qu'impies et destructeurs de notre
Monarchie déjà même appercevez vous
l'abîme profond de nos maux qu'ils creusent
a;.1 tour de vous vous jugez encore jusqu'où
tïi5)
Ha
sont portés les excès de leur délire, de leur.
fureur enfin vous a ppercevezle trône ébranlé,
notre Roi humilié et captif, notre Eglise en
deuil et dépouillée de ses propriétés, par;
conséquent son Culte anéanti, notre croyance
alarmée nos Ministres des Autels avilais et
lapidés, nos nobles soutiens du Trône, vie*'
times de la. Patrie, écrasés et fugitifs, enfin
les pauvres sans appui sans secours, et af-
faissés sous le poids de lu misère qui les
conduit à la mort.
Incessamment ces Régénérateurs infidèles,
porteront leurs audacieuses ex sacrilèges
mains, sur ces restes mutilés et déplorables
de nos Temples 1es plus augustes édifices
qui ajoutoient à la splendeur, à la gloire de
notre Empira. tout va donc incessamment
être livré au pillage. Les ressorts puissans qui
faîsoieiït mouvoir cette sublime et divine
machine, et dont le jeu correspondoit si,
essentiellement à toutes les actions humaines
et à la politique du Gouvernement, seront
bientôt brisés; déjà 'l'harmonie qui les unis-
soit entre elles ne se fait plus sentir tout
paroit tendre il l'anéantissement et à la disso.
luiion absolue. Pleurons, jusqu'à notre mort,
sur notre -sainte Jérusalem détruite mais
( n6 )
détournons les yeux de dessus ces Babylone$
orgueilleuses et criminelles, qui déjà s'élèvent
sur les fondemens de notre antique Monar-
chie; espérons^ dis-je, que bientôt elles-
mêmes deviendront autant de Républiques
séparées d'intérêts que bientôt alors, les
guerres, les dissensions, les cabales, les
fureurs de dominer entre elles, les dissou-
dront et amèneront leur entière destruction
car tel fut toujours le sort des Empires qui
eurent le malheur de voir naître dans leur
sein des monstres, que vingt siècles et plus
n'avoient jamais connus et qui semblables à
ces Comètes errantes, enflamées inconnues
aux observateurs, ne reparoissent heureu-
sement que^tous lès mille ans, pour jetter
l'eFFroi sur l'hémisphère de notre Planète,
et font craindre que leur queue brûlante et
pestiférée n'approche tellement nos contrées,
qu'elle ne les réduisent en cendre, et ne
fasse à jamais disparaître de la surface de la
terre, et les Peuples et les Trônes et les
empires.
Voilà cependant, ô mes Concitoyens, le
tableau fidèle des désastres que nous préparent
depuis trop longtemps ces Législateurs ty-
rans, ou plutôt ces Athées Philosophes en
( 117 )
H 5
vain chercherions nous à combattre et A
renverser leurs systèmes impolitiques. Non
leurs coups meurtriers et impolitques sont
portés sur notre Monarchie; la plaie est pro-
.fonde et dangereuse cependant, encore une
fois, espérons tout du tems lui seul pourra
calmer la nature effrayée et frappée de l'orage
le génie destructeur se lasse enfin de combattre
le génie de la vertu, et du cahos sort tou-
jours, par une puissance inconnue a. l'homme,
l'ordre et l'harmonie. Mais pourquoi crain-,
drions-nous toujours les menaces de ces
ennemis de la Patrie, quoique habiles à se
couvrir des vêtemens modestes du Citoyen
ami de l'humanité, qu'ils supposent tyrannisé
qui travaillent briser ses fers; et qui en -un
mot, cherchent à la régénérer dans le bon-
heur le plus durable; car voilà les bases en-
core une fois sur lesquelles reposent leur
grand et perfide système politique régéné-
rateur.
Examinons actuellement qu'elles peuvent
être leurs espérances patriotiques sur l'ap-
propriation qu'ils se sont permis des bien
de l'Eglise de France pour en disposer à
volonté; établissons leurs principes et dé-
montrons en la fausseté par des calculs algé-
( ?i8 )
briques laits pour frapper d'avantage le
Public, qui n'a point été à portée de juger ni
d'apprécier les solides discussions qui viennent
d'être développées dans la Tribune sur cette
Importante question; mais qui n'ont même
point été appréciées, comme elles eussent dû.
î'être par nos Régénérateurs.
Nous venons de dévoiler les principales
causes qui ont porté nos Législateurs à s'em-
parer des biens de l'Eglise Gallicane pour en
disposer arbitrairement au nom même de la
Nation mais encore une fois sous le faux
prétexte d'en poser et d'en rendre incesjam-
Jnent par une imposition assurée générale et
territoriale sur tout le Royaume, le rempla-
cement réversible à l'entretien du Culte reli-
gieux des Autels, à salarier tous les Ministres
Prêtres séculiers et réguliers, à fournir à
l.'éducation publique du jeune Citoyen à
satisfaire aux charges en dotation des hôpi-
taux et à pourvoir généralement au soin des
pauvres enfin le surplus qui, selon leurs es-
pérances, deviendra tellement considérable
qu'il suffira à revivifier l'état obéré et Prêt à
succomber sous le poids de la dette, et telles
sont les vues de cette nouvelle adminis-
tration. Contihuons em. ore nos réilexioas sur
\< «9)".
H 4
fee point important qui, malheureusement
nous annonce la dissolution totale et pro-
chaine de notre. Monarchie.
Ce décret solemne' est donc enfin lancé,
malgré les efforts généreux de la plupart de
nos Ministres des Autels et des Citoyens gé*
1 néreux tous animés du même esprit pour la
défense de la cause commune de la Religion
Sainte et celle de notre Monarchie. Car
l'une et l'autre de ces deux Puissances sont
tellement identifiées entre elles qu'elles de*
viennent inséparables d'intérêts tous ont
combattu, dis-je, avec autant de courage
d'énergie que de profondeur et de lumières
les. principes destructeurs impoîitiqtte» et
irreligieux de ces nova.teurs, dont ils eussent
certainement triomphé pour peu que ce siècle
eût encore été celui de la bonne foi, de la.
raison de l'humanité même mais l'esprit
pervers (.1: une Philosophie d'innovation quant
aux mœurs publiques, a malheureusement
anéanti et étouffé en eux tout sentiment da
Religion et de patriotisme monarchique.
Mais ce. qui doit, en quelque sorte, nous
rassurer nous et nos desc^endans dans nos mal-
heurs, et à jamais nous servir de motif de
consolation c'est, du moins d'avoir eonsigu^
( i«6 ).
dans nos familles, ( et qui le sera également
dans notre Histoire) le dépôt précieux de ces
mêmes travaux de nos- défenseurs qui seryi-
ront, à l'avenir; à leurs descendans d'armes
pour combattre de nouveau ces ennemis de
la Religion Sainte et du Trône de nos Rois,
qui probablement deviendront alors moins
redoutables par leur nombre, qu'ils ne le sont
aujourd'hui.
En. effet que diront nos descendrais quand
ils n'appercevront dans l'histoire de notre
siècle, aucune trace des causes et des motifs
dont l'apparence, au moins pût .justifier le
système de nos Régénérateurs. Que diront-ils
quand ils sauront que le plus grand nombre
de leurs Représentans auront franchi les lui-
mites qui leur avoient été prescrites, méprisé
les pouvoirs qui leur avoient été donnés
pouvoirs qu'ils ont outrepassé,-sans respect
pour leurs Commettans et dont le premier et
le plus sacré, sans doute, étoit,de maintenir de
toute leur force la Religion Sainte dé nos
Pères; l'exercice majestueux et solemnel de
son culte dans toute son antique pureté en
un mot la considérer comme la seule domi-
nante dans l'Etat ( tous les cahiers de tous
les Bailliages et Sénéchaussées du Royaume
eontenoient cet article important. ) de con-
server les propriétés immunités droits et
privilèges rle l'Eglise de France, encore de
reconnaître et de réclamer dans tous lès tems
sur-tout dans ces jours de' persécution, l'au-
torité du Souverain, comme étant le protec-
teur-né de l'Eglise le conservateur de ses
droits inaliénables aue lui donne son titre
de premier Pontife et rle Fils aine de cette
même EgUse Gallicane; et tel est l'esprit
général de tous les cahiers..
Mais que diront les Peuples quand ils ne
trouveront même pas le nom sacré de notre
Dieu Rédempteur, une seule fois exprimé
dans leur ouvrage de la ^Constitution qu'ils
n'y verront aucuns des caractères distinctifs
de notre auguste et Sainte Religion devenue
à leurs yeux l'objet de tout mépris et d<# dé-
rision en un mot qu'ils n'y appercevront
que des détails sur les rlroits dont l'homme
doit jouir en société sur la terre que
diront-ils quand ils liront dans notre His-
toire ( car elle conservera religieusement tous
les événemens malheureux qui dans ce
siècle, ont frappé notre Religion Sainte, et la
Couronne de nos Souverains ) quand ils
liront, dis- je la relation fidèle de tout ce
( 122 )
qui s'est fait dans ces jours de désastres et
telle est cependant la perspective douloureuse
que présente dans l'avenir, et même de nos
jours, l'exécution des Décrets qui frappent
maintenant l'Eglise de France et toutes nos
familles enfin que diront nos descendant
quand ils apprendront que ces Décrets n'ont
eu de force que parce qu'ils ont été pro-
clamés par un Peuple avili et gagné par la
séduction, environnant nuit et jour le Temple
de nos Législateurs dont ils étoient les fidèles
satellites Peuple devenu tout-à-coup féroce
sanguinaire et impie, Peuple qui s'est.porté
à tous les excès les plus abominables en pour-
suivant à toute outrance, les défenseurs de la
Religion et ceux de eos Rois; oui, François
généreux Sujets, restez fidèles à votre Sainte
croyance et à vos Rois l'Histoire rappellera
i vos descendans ces jours d'abomination, de
douleur et de désordre et toi Peuple aban-
donné à tes passions de fureur, bientôt. sans
doute, tes mains sanguinaires se lasseront-
elles de frapper les Citoyens généreux qui te
secouroient dans tes peines et dans la dé-
tresse bientôt seras-tu désabusé de tes er-
reurs mais peut-être ne sera-t-il plus temps,
et tu périras alors de tes propres mairis la
Religion Sainte ne sera plus un, frein redou~
table à tes passions désordonnées livré à toi-
même, tu seras donc à jamais privé de tous
les avantages dont tu jouissois, lorsque la
Providence avoit pris soin de te placer entre:
ton Pasteur charitable et ton Seigneur bien-,
faisant ce premier ne te donnera 'plus de
consolations spirituelles qui fortifioient toit
anie et la rappelloit sans cesse de tes égare-
mens tu ne le verras plus si fréquemment
dans ta maison, y porter à ta famille des
petits secours si souvent répttés, qui la nour-^
rissolent'et l' rudoient à supporter les fatigues
du travail d'autre part ton Seigneur n'ayant
plus sur ta personne des droits légitimes
comme étant son vassal tu n'intéresseras
donc plus sa sensibilité sa générosité et si
la récolte manque par l'intempérie des sai-
sons, si tu est frappé par la disette, alors ses
greniers resteront fermés pour toi à l'avenir
quand tu seras gêné dans les imposition
forcés qui vont incessamment s'accumuler
sur ta propriété et qui t'accableront, ce même
Seigneur ne sera plus ton protecteur, ton
soutien ton ami même et ne t'occupera
plus à des travaux d'agrément ou de luxe qui
te procuraient de l'aisance Voilà le sort qui
( iâ4 ):
t'attend incessamment, sort malheureux qiae
tu n'as tant chéri que parce qu'ils t'ont flatté
levâmes, de stériles et de fausses promesses,
d'un bonheur imaginaire fondé sur ta liberté,
d'agir et de penser, et d'être affranchi, te
,disoient-ils encore, d'une multiplicité d'im-
positions qui te dévoroient peu peu et qui
te laissoient toujours dans la plus profonde
des misères.
Mais ne perdons pas encore de vue ce
système destructeur de Régénérai/on que
nous préparent nos impolitiques Législateurs
pour les combattre osons emprunter les mêmes
armes dont on fait usage nos intrépides dé-
fenseurs que si elles n'ont pu terrasser ces
ennemis outrés de notre Religion et de notre.
Monarchie, qui ne sont redoutables que par
leur grand nombre et totit-à-coup grossi par
le dèlire et le fanatisme de leurs partisans;
que si elles n'ont pu en triompher, dis-je
par la conviction de la justice et de la raison,
croyons qu'eues n'en conserveront pas moins
toute leur~ force et qu'incessamment les
Peuples dissuadés par l'expérience de tout
prestige, et honteux d'avoir été trompés,
ouvriront enfin les yeux à la lumière, récla-
meront leur Sainte croyance dont on a voulu
les priver, 'redemanderont la jouissance des
propriétés des Eglises qu'ils avoient dotées^
replaceront leur Souverain sur le Trône, en-
vironné de toute sa puissance et de sa ma-
jesté, sentiront alors toùt le prix de la perte
qu'ils avoiént faite et enfin répareront, de
tout leur pouvoir, les désastres qui les auront
accablés mais fasse le ciel qu'ils les réparent
sans violence.
Combattons, dis-je, le grand système poli-
tique -de Constitution qu'ils nous préparent
démontrons-en l'absurdité et les malheurs
effroyables qui la suivront, si jamais elle est-'
sanctionnée par le Souverain devenu libre,
etlés Peuples abusés et trop crfdules d'abord
pour arriver, ù vos fins et captiver en.votre
faveur les esprits, vous n'avez cessé leur
dirons-nous, avec courage jusqu'à ce jour
d'annoncer à la Nation et à toute l'Europe
avec le plus grand fracas, que vous ne vouiez
point de banqueroute, et que celui qui jamais
ôseroit. prononcer ce mot scroit au même
instant regardé comme infâme et coupable
delbze-Nation que pour rassurer les Peuples
sur des craintes trop malheureusement fon-
dées, vous avez employé et mis en jnouve-
ment tous les ressorts les plus mystérieux de
îâ politique, et n'avez cessé, en vous trompant
Vous-mêmes de tromper vos Concitoyens;
après avoir ainsi employé les moyens à la
vérité les plus'impolitiques et les plus in-
justes, de prévenir les désastres qu'amènent
toujours leur suite une banqueroute géné-
rale et forcée, quoique d'abord partiellement
faite, vous n'appercevez plus aujourd'hui,
dites-vous que celui de sacrifierles domaines
de l'Eglise et ceux31 même, de la Couronne;
biens que vous avez cependant déclarés devoir
être désormais'à la disposition de la Nation
comme ayant été, selon vos fausses et injustes
prétentions,
par
tez vos prétentions plus loin encore, puisque
vous décrétez solemnellement qu'il est essen-
tiel et très-urgent pour sauver l'Etat, d'a-
liéner ces mêmes biens et de les vendre,
mais à qui? à cette même Nation qui, dites-
vous encore, les avoit ou donnés ou vendus
à l'Eglise même; qu'alors cette grande opé-
ration une fois consommée tout dans
l'Empire, rentrera dans l'Ordre, dans le
repos le Peuple reprendra sa force ses
droits, sa liberté, et jouira, sans crainte de
ses propriétés; il la vérité', lès Ministres des
v( 127 )
Autels seront désormais. salariés le CultQ
entretenu et les pauvres secourus par la
Nation même et tout en ira infiniment
mieux pour le bonheur, l'aisance et la pros*.
périté publique. Quant à la banqueroute gé-
nérale qu'éprouvera incessamment la Nation
elle deviendra toujours votre ouvrage, par
le résultat de vos opérations fausses en friance;
-s^r-tout en administration publique. Vos refus
opiniâtres d'accepter des secours abondais-
que, vous offrit et vous offre encore le pre-
mier corps de l'Etat, celui des Ministres des
Autels, dévoilent et mettent au grand jour vos
mystères ténébreux en politique vos desseins
sont enfin découverts p.'us de lieî/gipn.domi-
nante en France avez-vous arrêté^ dans votre
laboratoire nocturne, ( appelle des Jacobites )
plus de Ministres des Autels par conséquent
ce parti violent étant pris, vous avez aussi-
tôt refusé repoussé même avec indignations
et dureté les propositions avantageuses et
patriotiques qui vous ont été renouvelléea
par les honorable membres Députés dit
Clergé, et avoués de leur Ordre pour alder
promptemeinent au secours de l'Etat:
Votre silence insultant sur* la défense ds
leur cause, qui est ù la fois celle de- la Ileli-
C i*8 )
gion celle de la Monarchie et celle des
Peuples malheureux tvous condamnera à
jamais aux yeux de la raison, de la postérité
future, et déjà même le Corps entier poli-
tique de la .Nation,,semble frémir de l'exécu-
tion de vos opérations; et croyez que déjà
votre système impolitique de finance est cal-
culé sous tous ses rapports sachez donc que
la science des combinaisons, quant à la cir-
culation du numéraire, seul représentant nos
richesse de production, a maintenant fixé
les résultats de votre système dé finance dans
cette partie d'administration publique que
nos Banquiers, nos Manufacturiers, nos Né-
gociants, nos Marchands, nos Créanciers
légitimes et rentiers de l'Etat, semblables à
ces sravans astronomes qui annoncent, sans
jamais se tromper, à époques fixes, le retour
et Ic passage des comètes et celui des éclipses
de l'astre qui nous donne la lumière ont éga-
lement calculé votre dernière opération des
assignats-monnnoie hypotéqués sur les biens-
fonds du Clèrgé, et annoncé que très-incessa-
ment sera-t-elle éclipsée par l'erreur même
de votre imagination, ou plutôt par celle de
vos principes impolitiques; en un mot, que
bientôt dis-je ira-t-elle se perdre dans. le
vaste
( i»9
vaste, océan de vos précédentes et fausse.
opérations de finance,
En effet, je vois d'abord qu'il existe sept
huit sortes d'bypothéques sur les biens du.
Clergé et qu'il est essentiel de libérer avant
de faire droit aux assignats-monrioie, et leux
donner la valètir que l'Assemblée Nationale
prétend leur assurer.
i°. Le Clergé a immensément de créanciers
privilégiés et avoués de l'Etat même à
payer; cette première hypothèque est la plus
sacrée il faut donc que les biens de ce même
Clergé restent intacts jusqu'à Fappurement
absolu et définitif de ces créanciers.
Les Propriétaires usufruitiers de ces
!tiens, tant séculiers quel réguliers jouissent
de droit nature, constant et sous la. protec-
tion des Loix de ces mêmes propriétés ils ne
peuvent donc en être dépouillés et telle est
la deuxième hypothèque également sacrée
que la première.
30,. Les dépenses légitimes et sacrées, qu'en.,
traînent journellement le culte religieux des
autels, présentent une troisième hypothèque.
La nécessité, absolue de pourvoir la
subsistance des pauvres familles du Royaume,
présente une quatrième hypothèque contre
laqueUe rien ne peut résister. i
( ï3o )
̃: 50. Chaque Diocèse a des dettes particu-
lières reconnues et autorisées par le Gouver-
nement cinquième hypothèque.
• Grand nombre de Maisons Religieuses,
cloîtrées ou non cloîtrées, ont des dettes éga-
lement connues et autorisées parle Gouverne-
ment sixième hypothèque.
Une infinité de Titulaires ont été forcés
de contracter des dettes, soit pour les recons-
tructions de leurs Cathédrales, leurs Palais,
leurs Hôtels-Dieu, leurs établissemens parti-
culiers de bienfaisance et souvent pour se-
courir les Habitans des Campagnes au teins
de calamités publiques septième hypothèqu e.
Il en est quelques autres qui quoique
moins légitimes, ne laissent pas que de méri-
ter considération.
Or, n'est-il donc pas de nécessité absolue,
avant de tenter aucune incursion sur des pro-
priétés., aussi respectables de délivrer du
moins les biens de l'Eglise de toutes ces hypo-
thèques, en évaluer la quotité, et s'asurer
ensuite si l'on pouvoit espérer un excédent,
auquel cas ce même excédent pourvoit être
employé porter secours aux créanciers de
l'Etat, qui ne doivent être considérés qu®
comme les derniers hypothéquâmes car
<-i3O
I 2
encore une les créanciers privilégies
.sont d'abord i°, les Titulaires jouissant des
drois de leurs bénéFces en usufruit; 5. le culte
public desAutels; 3°. les pauvres qui ont droit
àl'aumone générale de ses biens; 4°« enfin les
différentes classes de créanciers également
privilégiés et ayant hypothèque sur ces mêmes
biens et tel est la marche invariable que la
Loi divine et humaine a pris soin de tracer à
toute autorité dans les Empires Chrétiens
mais qu'une autorité armée, illégitime, cri-
minelle et passagère, paroisse tout-à-coup pour
renverser l'Edifice le plus respectable, qui a
fait 1 honneur et la gloire de cet Empire pen-
dant 15 siécles, et plus c'est un de ces phé-
nomènes destructeurs en politique d'autant
plus rare que l'espritr de sagesse ne pourra
jamais le concevoir sans en être effrayé.
Quatre principaux articles du décret sur la
Religion de l'Etat, son culte, et les propriétés
de l'Eglise Gallicane, ont nécessairement dû
jetter le trouble la confusion, le désordre et
1 allarme par-tout le Royaume, et dans toutes
les familles fidèles à la foi de leur pères malgré
donc que ce décret soit généralement connu
et que nous l'ayions déjà combattu avec les
armes de la raison, celles de la Justice; de
X fol
îîotre croyance et opinion religieuse, et sur*
tout celles des droits de l'homme nous
croyons cependant devoir encore les rappor-
ter fidèlement dans cet ouvrage, et de suite
continuer notre discussion en l'éteyant
même des principes de nos meilleurs défen-
seurs sur qette matière importante, qui in-
téresse généralement toutes les classes de
Citoyens mais plus particulièrement celle
des familles pauvres et chrétiennes, ainsi que
les droits de la Couronne et ceux de la Mo-
narchie*
Les articles du projet de décret présenté
par le Comité des dîmes sont 'ainsi conçus
Premier article. A compter du jour de
la publication du présent Décret,, l'adminis-
tration des biens de l'Eglise, déclarés par le
Décret du 2 Novembre dernier sera et de-
meurera confiée aux Assemblées de Départe-
ment et de Districts ou à leur directoire ainsi
qu'aux Municipalités sous les ij^ies et les
modifications qui seront expliquées
Deuxième article. Il Dorénavant et à par-
tir du premier Janvier de la présente année
le traitement de tous les Ecclésiastiques sera
payé en argent, aux termes et sur le pied qui
seront fixés ,v
J i53
IS
Troisième article. "Les dîmes de toutes
espèces abolies par l'article V du Décret du 4
Août dernier, et jours suivans ensemble les
droits et redevances qui en tiennent lieu, mein
tionnées au dernier Décret, comme aussi les
dîmes inféodées appartenantes aux Laïcs, dé-;
clarées rachetables par le même Décret, ces-:
seront toutes d'être perçues à jamais, à comp-
ter du premier Novembre et Cependant
les redevables seront tenus de les payer, à qui
de droit, exactement, durant la présente an-j
née, comme par le passé, à défauv de quoi ils
y seront contraints en la manière accoutumée.'
Quatrième et dernier Article. Dans l'état des
dépenses publiques de chaque année, il sera
porté une somme suffisante pour fournir aux
frais du Culte, à l'entretien des Ministre* des
autels, au soulagement des Pauvres, et aux
pensions des Ecclésiastiques, tant Séculiers
4que réguliers, de l'un et de l'autre sexe, de
panière que les biens qui sont à la disposi-
tion de la Nation puissent être dégagés de
toutes charges, et employés,, par le Corps Lé-i
gislatif aux* plus grands et aux plus paressant
besoins de l'Etat.
Ce dernier Article nous dit M. l'Evêque
de dans son «pi-
( i34.1
ttion et réclamation, demande une discussion
approfondie c'est évidemment le but où ten*
doient les trois articles qui ont précédé. C'est
l'abîme que l'on prépare ou à la Nation, ou à
la Religion.
Après avoir ainsi discuté, avec autant de
profondeur que de clarté le système égale-
ment impolitique, qu'injuste ,et irréligieux
M. l'Evêque de Nanei demande si l'avan-
tage que la Nation retireroit de son opération
seroit équivalent la charge accablante qui
en résulteroit? Personne ne le croira pas
même le Comité des dîmes, qui n'estime pas
-ce me semble à plus de cent soixante millions
le revenu net et ci-devant possible, du
'•'̃ L'abolition de la dime ôtera, suivant l'o-
pinion commune, (et très-certaine ) soixante
et dix millions.
La suppression des droits féodaux, sans
aucune indemnité, doit faire perdre à l'E-,
glise au moins douze millions de revenus.
Il La dette générale de l'ancien Clergé de
France, accumulée avec les dettes particu-
lières de ses différents Diocèses doivent en-
lever f^i moins huit millions de rentes.
La dette des Diocèses du Clergé étranger*,
environ'quatre millions.
̃( x35 1
14
Il Les dettes de tous les Etablissement
ecclésiastiques et religieux du Royaume, que
les premiers renseigneméns, pris déjà par
les Municipalités, annoncent former un objet 'j
très-considérable, absorberont infailliblement
cinq à six millions de rentes.
Dans la vente des Biens Ecclésiastiques,
pour 400 millions i il entrera des valeurs re-
productives pour 200 millions au moins ce
qui fait, vula certitude delà mauvaise vente,;
peu prés dix millions à retrancher..
Les rentes ou contrats sur l'Etat, ou sur
Particulier, la plupart anciennement cons-
titués, et, à un très-foibla denier, doivent
être un, objet d'environ quinze millions.
La récapitulation de toutes ces sommes
donne cent vingt-cinq millions.
1- D'après ce calcul ajoute M. l'Evêque da
Nanci, et l'estimation même du Comité des
dîmes, il ne devroit rester à l'Eglise, en rêve-.
nus fonciers ou territoriaux qu'environ
trente-cinq millions n. (Ce calcul détaillé
Ïdoit je l'espère fixer les incertitudes de
quelques personnes, \et redresser les erreurs
dt; celles qui se sont cri* permises d'attaquer 1@;
résultat que j'ai présenté).
On ne doit pas être. étonné de la perte que
< »w )
Attise à l'Eglise la suppression des droits féo-
daux sans indemnité, que j'ai estime dieux
millions. Il suffit donc de considérer que les
terres et seigneuries ecclésiastiques, étant en
général les plus anciennes du Royaume te-.
noient de plus près aux tems du régime
féodal et avoient, par cette`raison, une très-
grande partie de leurs revenus en droits
féodaux.
u C'est donc pour l'appât de trente-cinq
:millions de revenus fonciers et territor iaux
dont, vu les circonstances, la vente nés' éieve-
ïoit pas au-dessus de huit cens millions que la
Nation contracteroit à perpétuité une charge
énorme et accablante
Ces, importantes observations auxquelles
il n'est pas possible de répondre ni par un
espèce de raisonnement fondé sur la logique
est la probité ni sur des calculs d'arithrné-
tique, nous annoncent nécessairement, dans
la supposition que le système de nos Régéné-
rateurs eût pu avoir son exécution une
impossibilité physique d'acquitter toutes les
charges et dépenses qu'exige journellement
le Culte divin des Autels, la subsistance de
ses Ministres celui des Pauvres ect.
Conséquemment, toutes nos familles honr
.(i37)
faites se raseront-elles absolument adonner,1
par la 'suite, à l'Eglise leurs enfans, faute par
elles de pouvoir fournir à leur éducation
ecclésiastique, qui, comme on le sait, est très-
longue, très-pénible, trés-assujétissante et
très-dispendieuse, ( quoique nos salarieurs
disent hautement le contraire mais ne le
pensent cependant pas, ) ainsi donc croyons
que la jeunesse Ne se tournera plus du côté de
l'instruction de la morale scholastique et théo-
logique, celle des sciences, des belles-lettres,
de l'étude des connoissances humaines, utiles,
de goût, de solidité et d'agrément alors en-
core, les arts et les talens en tout genre qui
toujours élèvent rame et donnent de l'énergie
à l'esprit, et l'honneur des sentimens, en
souffriront tellement qu'avant très-peu d'an-
nées il ne se trouvera non-seulement plus
de sujets propres au Sacerdoce pour servir les
Autels moins encore se formera-t-il des Ora-
teurs sacrés pour annoncer avec éclat et di-
gnité, la morale sainte aux Peuples d'autres
part, les familles ne trouveront plus de con-
solateurs, d'amis fidèles et sûrs, même dans
leurs Pasteurs, parce que ces derniers seront
nécessairement sans instruction et sans édu-
cation civile; car, que peut-on raisonnable-
c i38 y
ment espérer d'un homme rages'comme sa
iaquâis d'nn homme à qui le dernier des
ananans, pauvre, grossier et insolent, pourra
ordonner de faire, à son égard son état,
ainsi qu'on commande à un ouvrier salarié de
faire son état, parce qu'on le paye.
Ces détails humilient trop celui qui vient
de les discuter pour qu'il ne se dispense pas
d'ea dire davantage sur cet objet néanmoins
̃les a-t-il crus nécessaires dans ces circons-
tances où l'on ne cherche qu'à avilir le plus
saint des états et la plus respectable des
fonctions également pour du moins prévenir
ses Lecteurs jusqu'à quel excès de délire, de
fanatisme d'impiété et d'impolitique mêmes,
dont quelques-uns de nos Législateurs sont
,animés, tel que le sieur Martinet dont
production nouvelle autant romanesque
«ju' extravagante sur une nouvelle organisa-
aion politique Et morale du Clergé de France,
.ne présente à ses Lecteurs qu'un rêve absurde
par conséquent qu'un chaos d'immoralités
-grossières qu'on ne pourroit même jamais-
offrir, du moins sans craindre d'offenser sa
raison, aù Peuple le plus stvipide-et le moins
clairvoyant. ̃
Ajoutons encore qu'Incessamment l'éduca<-