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Adresse de l'assemblée des représentants de la commune de Paris à l'assemblée nationale, sur l'admission des juifs à l'état civil ; suivie d'un arrêté des représentants de la commune sur le même objet, et de la réponse de M. le président de l'assemblée nationale à la députation de la commune. (24 février 1790.)

15 pages
Impr. de Lottin l'aîné et Lottin de Saint-Germain ((Paris,)). 1790. Paris (France) (1789-1799, Révolution). In-8 °. Pièce.
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ADRESSE
De l'Assemblée des Représentans dt
la Commune de Paris, à l'Assem-
blée Nationale, sur l'admission des
JUIFS à l'Etat Civil.
SUIVIE
D'un Arrêté des Représentans de la
Commune sur le même objet.
Et de la Rèponse de M. le Président de
t Assemblée Nationale à la Députation
Àe la Commun !L~ I/
Le 10 Février 1790 M. Godard ayant
annoncé que la grande majorité des Dif-
triéts avoient émfs un vœu favorable à'
radmiffion des JUIFS à l'état Civil; &
que tous , paroifloient avoir les mêmes
intentions , a observé que PAflemblée
des Représentans de la Commune avoit
le droit d'agir auprès de PAUemblée
Nationale, & qu'elle ne devoit pas tar-
der à faire une démarche aussi honora-
ble pour elle , si elle vouloit agir à tems
& efficacement. - -
Il a , en conséquence , proposé un
Projet d'Adresse à l'Assemblée Nationale ,
& en a fournis l'examen à l'Assemblée des
Représentans de la Commune.
Trois Commissaires, savoir, M. Y Abbé
Fauchet, M. l'Abbé Bertolio, & M. Du-
veyrier ont été choisis -pour revoir cette
Adresse, conjointement avec M. Godard,
& la rapporter inçessamment à l'A.Ífem-
blée. - -e
Le 24 Février, M. Godard à lu Y Adresse
suivante } qui a été unanimement adoptée.
A z
ADRESSE
De l' Assemblée des Représentans de
la Commune de Paris 3 à r A.f!eln-
blée Nationale, sur l'adlniffion des
JUIFS à l'Etat Civil.
MESSIEURS,
1
LA destinée de la plupart des JUIFS
du Royaume est encore indécise 3 ou plu-
tôt, il n'est que trop certain qu'ils restent
encore chargés de leurs fers ; & que leurs
chaines semblent tous les jours s'appe-
santir davanrage , à mesure que les jouis-
sances de la Liberté se multiplient autour
d'eux.
Peut-être attendiez-vous qu'une opi-
4
mon fortement prononcée vînt fortifier
vos généreuses intentions, & accélérer le
moment de votre Justice. Nous nous féli-
citons d'être les premiers à vous l'apporter
cette opinion ; elle n'est pas la notre seu-
lement ; elle est celle des nombreux Di-
stricts de cette Capitale) & c'est Paris
tout entier qui vous parle en ce moment
par notre organe.
Il existe, dans cette Ville, un assez
grand nombre de Juifs.
Les uns font répandus dans les diffé..
rens quartiers de Paris.
Les autres, & en plus grande quan-
tité) afin de rendre leur réunion entr'eux
plus facile , & se dédommager ainsi de
l'isolement où ils étoient des autres hom-
mes , se font affectionnés à des quartiers
particuliers, où il leur a été impossible
d'échapper à la surveillance publique.
Tous, & par tout, ont éré irréprochables
dans leur cond uite. Nulle plainte ne s'est
élevée contr'eux. Jamais ils n'ont troublé
l'ordre général ; & s'ils étoient les plus
malheureux, peut être aussi, ce qui est:
'l
A3
Ir
aisez extraordinaire, étoient-ils les plus
paisibles de tous les Citoyens.
A l'instant de la Révolution, leur
courage, leur zéle & leur Patriotisme leur
ont acquis des droits à la reconnoidance
publique.
Nous les avons vus au milieu de nous,
décorés du figne National, nous aider à
conquérir la Liberté ; & tous les jours
ils nous aident à conserver notre Patri-
moine commun.
Ah! Meilleurs, s'ils ont contribué à la
conquête de la Liberté, pourroient-ils
ctre condamnés à ne pas jouir de leur
propre ouvrage ? S'ils font de vrais Ci-
toyens , fous quel prétexte le titre leur en
seroit-il refusé ? Nous oserons dire qu'ils
le mériteroient comme une récompense,
s'il ne leur étoit pas dû comme un Gléte
de Justice.
Leur Religion n'est point incompati-
ble avec ce titre & avec les droits qui en
émanent i puisque les Juifs Portugais,
Espagnols & Avignonois qui ont reçu de
vous la qualité de Citoyens actifs, ont la