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A. fi R ESSE'
PI
L'UNIVERSITÉ PROTESTANTE
DE
COMITÉ DESTRUCTION PUBLIQUE
L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
LA
AVANT -PROPOS*
Ij'Univérsité de Strasbourg, en présentant .au
Comité d'instruction publique ce cahier d'bh^er-
vations, l'a fait,. non seulement en vertu du dro
de pétition que la Constitution accorde 4 tous les
choses elle a ahe encore à une invitation di.
recte adVsste a\ix Corps administratifs, touchant
tous les jets, qui concernent l'instruction elle
s'est en outre conformée au voeu généreux de
l'Assemblée nationale qui a invité tous les gens
de lettres, tous les citoyens et Meme les étran-
gers, à lui présenter leurs vues sur le grand ou-
vrage de l'organisation de l'instruction publique.
Si le résultat de nos observations diffère en
quelques points du plan général, sur lequel on se
propose de former les nouveaux étabHssttnens lit-
téraires, c'est que le nôtre a toujonrs différé des
Corps enseignans, portent le met. nom d'Univer&ité
dans l'intérieur du royaume c"est qu'encore nos
rapports locaux différent bien visiblement des ré-
̃^Talions et des besoins du reste tie l'empire.
En rendant publiques ces ^flexions-, et en les
soumettant à l'Assemblée nationale et à tous nos
coNàtoyens, nous espérons, qu'a lVcemple de
plusieurs membres célèbres et respectables du
Corps législatif, on rendra justice a Impureté de
nos vues et que les moyens, que nous develop^
pons, ne seront pas trouve indignes d être mé-
dités et pesées. S il pouvoit un seul instant être
question de nos personnes, la juste confrance en
l"équité des Législateurs, l'analogie des mesures
adoptées en des cas pareils, et même des assurance
>v.
de la chose même. considérée ses rapports
confié à »>n^e^ilP:!cée1,teÇ°p^nce son..
M^^ de Strasbourg .est accréditée chez
que étrangers et qu'elle a conc.loyen^
une circulation « qU?leJâ peu Ptés un milIiA..
Ce résultat -elcve. ;"rUllemetU conforme
«courir ici
a ussi les éuangers et reporter ta prospérité P"
et nous «^^fa-'i.n.ï™» P-UW-*
il
LETTRE •DHCCOMPAGNEN&Nt'
premier décembre 0«/Vo^ *7"co"{ f/
Comme cependant
nos
nous
voulu,
res. Parmi celles que nous avons à faire, il y
C1 a, qui font générales 'el absolument indépen-
dantes de fétat même de nos possessions, Elles
tiennent sur tout à nos localités et aux principes
Je Protestantisme dont nous faisons profession.
Nous nous empressons d'autant plus vous les
faire parvenir que nous venons d'apprendre que
le rapport sur l'organisation de f instruction pùbli-
\aue vient d'être présenté ci l'Assemblée nationale.
Pleins de confiance en [équité et la justice de
nos législateurs convaincus qu'ils ne prendront
aucunes mesures qui deviendraient immanquable-
ment funesfes ci notre existence religieuse nous
espérons que vous voudrez fixer voire attention
sur les considérations, que nous dvons r honneur
de vous soumettre.
Les Professeurs de l'Université
de Strasbourg.
AU
COMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE
DE
L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
Messieurs!
Pleins de confiance dans la sagesse et l'étendue
des viles qui président au plan général de l'édu-
cation nationale, les professeurs de l'université
protestante de Strasbourg s'empressent à recueil-
lir les rense.gnemen, lés plus exacts pour satis-
faire aux Tr1" demandes, énoncées dans la
espèrent, que sous peu ils seront eu état, de
.pouvoir présenter leur travail aux corps admi-
nistratifs, pour le faire passer-à sa destination,
En attendant cet état de situation détaillé,
il$ soumettent à l'examen du Comité q uel ques
4
_observatïons. générales, qui leur paroissent tenir
essentiellement aux opinions religieuses d'un très-
grand nombre de leurs concitoyens, à leur po-
sition sur la frontière de l'empire et peut-être
autant à la gloire et f intérêt commun de là
France entière, A
ils osent espérer, qu'à ces différens égards, la
conservation de l'université de Strasbourg, lcin
d'être retardée comme un vœu indiscret, pré-
sentera des points de rapport et avec les bases
de la constitution, et avec les vues d'utilité gé-
nérale ta,nt pour les lettres, que pour les finances.
I*re aux opinions
dun très grands nombre des habitans tant de
la ville de Strasbourg que des deux départe-
ment du Rhin.
Par une de ces grandes opérations, qui font
époque dans les annales de l'humanité et qui
préparent enfin le code du bonheur l'Assem-
blée nationale a proclamé la liberté entière des
opinions religieuses. Celle des nôtt-es, reposant
sur la foi des grands traités de l'Europe, puisque
jusqu'ici il falloit stipuler par des traités, ce que
la raison accordoit àtous– la liberté de nos opi-
nions et de tous les instituts, qui y ont rapport,
a été si bien respectée depuis notre réunion à la
France, que même sous les Louvois et le. fiar-
.bezieux elle est demeurée exempte de là triste
et humiliante tutèlë de la tolérance*
Ville übre d'Allemagne et ville libre pro-
testante, ce n'est qu'en nous réservant 1\ pro-
priété de nosfpensées, que nous nous sommes
incorporés à l'empiré françqis: et à cet égard,
nous n'avons jamais cessé de jouir des avantages
je la liberté. Il étoit donc impossible, que sou;
le règne de la plus libre des constitution, on ne
continuât a notre' égard, ce qu'aux applaudis-
semens de l'Europe, on se préparoit à revendi-
quer pour tous les citoyens de l'Empire.
Dès lors nos établissemeiis ecclésiastiques, et
par conséquent les fondations' par lesquelles ils
'ont alimentés, se trou voient, par ce principe
même, et indépendamment de la sanction d'une
loi expresse, sous l'égide sacrée de la constitution.
Mais l'Assemblée nationale constitumte,*en fixant
par des décrets solemneh,ie« droits et les frais
du culte de la religion catholique, assura en
même tems et d'une manière formelle, par les
décrets du 17 août et du 1 décembre 1790 aux
prorèstam de Il confession d'Augsbourg du Bas- et
duH.iut-Rhin la conservation la libre Jouissance
et l'administration de lerrrs biens et de leurs éla-
.blissemeni ecclésiastiques, elle les maintient dans
la possession cle leurs Jondations fabriques paye.
ment des ministres et des maîtres d'écoles; elle ex-
6
cepfe de la vente des biens nationaux Cé<. -x ëesiites
fondations .et veut, qu'on continue/ à les. admini-
strer f comme par le passé.
Ces décrets étoient une conséquence naturelle
des principe-, adoptés par l'Assemblée mtionale,
et consacrés dans l'acte corfstitutionerr~La Nation
le charge exclusivement du culte catholique;
c'est donc à nous, à faire les* lirai* du nôtre,;
c'est à nous à répartir avec une économie sévère,
non seulement pour les frais, du culte, mais,
encore pour% 1 instruction -eligieuse et pour la
formation des ministres et des instituteurs, la
portion.des biens, que depuis des siècles nos
.communes ont destinés à cet effet, ou qui paz
différentes transactions leur ont été assignée.
Par la série de ces décrets l'Assemblée natio-
nale a fixé, de la manière la. plus positive, nos
obligations, no; droits et nos limite*.
Elle a énoncé et classé elle-même les différent
étabjissemtns protestant, qu'elle met sous sa
sauve-garde immédiate: Écoles, Collèges, Univer-
sité-, c est-à-dire, instruction élémentaire., mo-
yenne et icienti/ique. Nous .allons suivre ce nl,
qui nous est présenté par la main respectable
**de nos législateurs."
1°. Il est dans notre conviction, et dans nos
usages, que l'instiuction élement>ir« de la reli-
7
gion qui le donne dans nos écoles paroissiales,
$3i% iàtimément liée aux autres connaissante»
instrumentales détachée d'eues, cette instruc-
tion nous a toujours paru, de tous lés enfreigne-
mens possibles, non seulement !e. plus stérile,
mais encore le plus exposé à des effet» sinistres,
par la raiso'n, qu'alors on n'apprend qu'à croire,
sans apprendre juger, sans connoître les prin-
cipes, qui doiven: servir de ba$e ou de correctif
cette instruction. Nous craignons que
iufii du monde- sensible, la foible conception de
l'enfant auquel on n'inspire que de vagues émo-
tions religieuses, s'ennuie ou se perde dans
des régions absti dites, ou dans des illusions. Pour
éviter cette nos écoles paroissiales
oflrent au jeune âge un assez bon ndmbre d'au-
tres connoissances, jropresà préparer les elèvev
devenïr un jour des membres utiles à la société
d'ailleurs s'il faut de la variété aux hommes les
plus mûrs, les sens toujours éveillés de l'enfant
n'auroient-ils pas également le droit de réclamer
ce priviléçeV ou plutôt ce'besoin commun? ï'.t
l'ensemble àe ces com\oissinçe> élémentaires,
res notions directrice14 et fécondes -p. ':qui
-.ïouroient-elles mieux être présentées, que par
•/homme même, qui ouvre l'ame des en fans aux
sentimens consolateurs, qu'inspire l'idée d'nn
L'instituteur de :3jeunesse, chargé
9
de renseignement de la M,orale, mêlera toujourt,
sans même qu'il s'en doute/ sa conviction reli-
gieuse aux préceptes Its plus universels. Il p
donc importer aux père» de famille, que Ùf
premières bases des connoissances de tout ordre,
que 1'on offre ieurs enfans soit posées par la
main d'un homme qui, à ces d.flérens égards,
possède toute leur conhance.
Malheureusement il n'est que trop vrai, que
souvent sous le nom de religion on ne présente
aux hommes de tous les âges, que des dogmes
stérilcs oiseux des notions illusoires bien
plus capables, de remplir l'imagination de ter-,
reurs, que de porter la lumière dans l'esprit» ej
de f.iire germer dans le cœur les affections'
douces de la bicuvcuillance et de la fraternité.
Alors sans doute, la religion non seulement °tran-
gère; mais très-souvent opposée aux besoins et
aux vertus de ia vie sociale, ait lieu d'en être le
principe vivifiant, en dévient ujràcccsaoire très-
suspect, ou même son fléau le/plus redoutable.
Alors aussi l'oeil vigilant du législateur ne peut
voir qu'avec peine que l'instruction élémen-
taire des connoissances générales, soit alliée dans
la même école, un dogme obscur ou une morale
astucieuse.
Nous gémissons sur ces tgaremens, et nous
osons dire, que nous y avons remédie. Les
9
principes religieux se trouvent chez les protes-
tans dans la plus intime liaison avec les princi-
pes du bien public. Nous ne croyons pas, que
la religion n'ait de portée, que dans le lointain;
qu'elle ne. fasse effet, que dans une vie à venir.
Dans chaque moment de notre existence, elle
doit rendre l'homme plus cher et plus précieux
aux yeux de ses semblables elle doit élever son
ame à la hauteur de la liberté et l'encourager à
ses devoirs de citoyen et de défenseur de la pa-
trie, par les motifs les plus puissans et les plus
respectables. Pour atteindre ce but, il est
reçu chez nous que les écoles paroissiales, soit
dans les villes, soit à la campagne, se trouvent
sous l'inspection et la surveillance non seulement
des ministres du culte, mais encore des anciens
de chaque commune, qui concourrent en même
tems à la nomination, des instituteurs.
q°. C'est sur cette même base, que sont éta-
blies nos Écoles moyennes, les Collèges ou Gym-
ndses de Strasbourg, de Colmar etc. Les notions
religieuses, telles que nous venons de les présen-
ter, s'y nourrissent par degré du suc des autres con-
1 naissances; elles s'élèvent les unes par les autres.
'Cette méthode qui trace aux adolescens, dans
un ordre progressif de classes, un ensemble d'in-
struction et pour les langues et pour les choses,
a rendu dès le seizième sciècle, le Gymnase de
1O
Strasbourg un des plus marquant et des, ,plus
fréquentés de l'Allemagne et nous tachons
chaque jour d'en épurer et d'en féconder l'en-
seignement. Les leçons de religion y sont pré-
cédées, suivies, combinées avec le reste des
connoissances utiles et ces mêmes leçons s'y
donnent aujourd'hui avec plus de fruit, que par
le passé, d'après un livre élémentaire, qui après
quelques pages de dogmes ,>- développe d'une
manière populaire, les devoirs bien détaillés de
l'homme et du citoyen. C'est ainsi, que tous
nos livres d'instruction changent de tems à au-
tre, parce que c'est en effet une bien douce
obligation d'aller constamment du bien ait
Reste (instruction scientifique de la reli-
gion ou la théologie. Ce mot, nous le sentons
parfaitement bien, ce mot est bien fait, pour
effrayer ceux, qui ouvrent, les fastes du monde,
ou qui voyent autour d'eux dans ce moment.
C'est par humanité, que l'on est teuté de pro-
noncer ici le jugement le plus sévère mais cette
sévérité, mise au-creuset de la justice, porte sur
des abus, et les'abus peuvent être élagues. Pour y
parvenu et pour forcer la théologie u se revétir
d'un caractère véritablement grands et ittile, les
réformateurs protestans ont établi un principe,
qui est bita simple et bien court. Le voici;