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Adresse de la société des amis de la constitution, séant à Laon, aux citoyens français, à l'occasion des prochaines assemblées primaires et électorales

8 pages
Ve Melleville et fils (Laon). 1791. Paris (France) (1789-1799, Révolution). In-8 °. Pièce.
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A
ADRESSE
De la Société des Amis dé la Consti-
ua ion, séant a Laon, aux Citoyens
'fêfajiçois-, a Voccasion des prochaines
^$&s £ înblées primaires et électorales"
I „
C ERS CONCITOYENS,
Voici le moment qui doit décider du bonheur ou
du malheur de la France. La patrie, en vous rassem-
blant, remet son sort dans vos mainsi
L'universalité des citoyens réunis en communes
pour nommer leurs représentans, est la nation usant
de ses droits; c'est le pouvoir souverain en exercice,
C'est de nous tous que nos mandataires vont recevoir
leur mission; c'est en notre nom qu'ils doivent agir;
la sagesse de leurs opérations fera notre gloire : s'ils
ne remplissoient pas le vœu de la patrie, nous ne
pourrions l'imputer qu'à-nous-mêmes.
Enfin, chers freres -et amis, nous avons une cons-
.titution. Les différentes parties de ce grand tout sont
sur le point d'être organisées; et déjà nous pouvons
prononcer sur le mérite ou les vices de son exécution.
Dans les élections précédentes, l'importance de l'ob-
jet n'a peut-être pas éti assez senLe, nous avons pu être
induits en erreur sur les qualités des administrateurs
de la chose publique : jamais notre inexpérience n'avoit
été appellée à des fonctions d'un aussi grand intérêt.
Ah! s'il étoit possible que nous eussions encore l'in-
( 2 )
trigue a déjouer, la cabale à combattre , l'ambition à
confondre ; si nos ennemis prétendoient nous faire il*
lusion en se couvrant du manteau du patriotisme; s'ils
tentoient de nouveaux moyens pour nous séduire et
nous tromper, citoyens, quelle doit être notre pru-
dence pour empêcher que l'Etat ne soit la victime
de leurs perfides manœuvres !
Les précautions doivent se multiplier à raison du
danger. C'est aujourd'hui que. nous jouissons pour la
premiere fois de toute la plénitude de nos forces avec
une parfaite connoissance. Le peuple françois a été
si redoutable aux mauvais citoyens, par-tout où ils
ont fait quelques tentatives contre la liberté ! Que sera
ce de notre réunion?
Dans l'établissement de la premiere législature, les
élections ont été faites par ordres. Nous savons quels
choix ont fait alors les privilégiés. Presque tous ceux
dû peuple ont été bons.
Aujourd'hui c'est le peuple seul qui choisit, le
peuple seul constitue la nation. Voilà enfin une
élection populaire! -
Un seul citoyen actif voudroit-il se priver par -sa
faute du droit le pius précieux et le plus honorable?
Mettroit-il inieret particulier, des craintes, du
respect humain 'en comparaison avec le grand intérêt
'de la patrie? Ne seroit-ce pas une honte pour un
François de dire, je suis appellé à traiter des-intérêts
de la nation, je suis membre de la souveraineté dans
les assemblées primaires, et je refuse d'y prendre ma
-place! Le soldat obéit à l'appel, et le citoyen man-
querait à son poste !
Non, freres et amis, aucun de nous ne se deshono-
Tera par cette criminelle indifférence -pour la chose
publique. Èlle a besoin de nous tous, puisqu'elle ap-
partient à nous tous. Que disons-nous ! la chose pu-
blique, c'est nous-mêmes.