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Adresse des bons prêtres du département du Calvados à la Convention juste et sage ([Reprod.]) / [Blondel,...]

De
25 pages
chez Manoury l'aîné (Caen). 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DELA
REVOLUTION FRANÇAISE
PRRGAMON PRESS'
llcadington ttill llaU. Oxford OXMtBW.lJK
DES BONS PRÊTRES.
DU DÉPARTElVtESa!^
JUSTE ET SAGE.
Se trouve
A CAKN chez MANOURY l'aîné pri« la
halle à Bled.
&. d. c. t. x c r.
A.y e< r ri s s à m: tu t.
Cette pièce étoit trop mal adressée pour arriver 1 il
destination. Voilà pourquoi, sans doute etle e»t restée
m sans effet. Nous la publions néanmoins pour plusieurs
m raisons. i°. Pour prouver aux patriotes exagérés que les
prêtres Catholiques ont tout fait pour cette paix La
m Cfiamttj qu'on ne leur offroit qu'à des conditions iost-
» dieuf«s et qac pour eux la mefure des sacri6ces esi ioo>
le jours le possible. a°. Pour prouver aux Catholiques ocri»
Il bngoix que leurs prôtres n'ont pas franchi la Kgne des
vrais prlncipç» sur lesquels one seconde pcrsécuiioii ne
n les feroit pas fléchir. Poufprou'ver que là liberté des
n cultes, n'étolt qu'une dérision léonine de la part do la
Convention, 4°. Enfin pour prouver a.uxhomoiespurs;
» que l'auteur ifyît parler aux «yrao* de comme il
n parloit a ccus de 91,
A
ADRESSE
DES BONS PRÊTRES
DU DÉPARTEMENT
DU CALVADOS
A LA CONVENTION
JUSTE ET S AGE.
Plaignons le fort de ctux qui fe font égarés voiontâi-
renient, en perdant le fil qui le; devoir guider.
CITOYENS Représentans;
LE fang ne coule plus. Le Sceptre de la ter*
reur eft brifë. Il n'eft plus défendu da dire
dans le féhat Français foyons. juftes. telles
font les nouvelles confiantes que les cent voix
de la renommée proclament dans toutes les par.
tiejs de la République en montrant par-tout
l'Olivier-de la paix.
Mais la France pâ!e & timide, n'ofe encore
lever fa main tremblante, pour détacher le crê-
pe ^mébre dont elle fe couvrit, lorfqu'u'ne fac-
tion d'hommes féroces décréta le maffacre ju-
ridique de fes enfans. La foudre qui en partant
de cent foyers divers terraûa des milliers de
4
Vi&imcs dont les cadavres fument encore ré-
pandit par-tout un, effroi fi durable qu'à la
moindre étincelle l'Hvmanité tremble & re-
doute encore de nouveaux éclats. Non non
s'écrie-t-on du haut de la terrible tribune, non
encore une fois, f Humanité & la Ju/llcc Jont i
l'ordre du jour. La Jultice mais eft-ce le mot
ou la Juftice elle même ? eh bien citoyens re-
préfentans, je viens aujourd'hui parmi vous
égayer de refondre ce dangereux problême.
Arbitres fouverains des deftinées d'un grand
peuple, vous écouterez en filence, celui qui vous
parle de fes plus chers intérêts, ou ce peuple
atiroit que cette lusftice n'eft que dans les phra-
fes & ne fut jameis une Juftice pratique.
S'agit- il direz-vous de protéger les pro*
prie tés ? de fauver la vie des Français non.
Mais je viens vous parle,r d'un intérêt plus grand
encore c'eft de la religion de ce peuple ca.
tholique religion plus chère à {on cœur que
fon Or & fa vie. U Mt qu'on n'égorge plus (es
rniniftrcs; que les vierges chrétiennes ne font
plus traînées dans les rues & foumifes à ces fia.
gellat'ons hontcufes dont l'hiftoire cxccrftblc
fera roubir la poftérité la plus reculée. Il fait que
l'édifice abfurce d'une religion conflitutionnelle
a a croulé dans l'abîme au bord duquel tous les
bras du crime eefforçoient de le foutcnir.
lÎ fait que des minières cruels des tigres
hypocrites des prêtres amphibie» refpirant T'air
& le fang ne viennent plus avec l'appareit
redoutable de la guerre, armés de kurs piques &
ï
AJ
mander aux confinées, & fouiller les jours
d'une faufle tolérance & d'une prétendue liberté,
parlesfcènes hontcufes du delpotifme religieux
& du fanatifme politique. 11 fait enfin que vous
avez décrété le libre exercice des cultes.
Mais ce décret bienfailant qui a fait treffaiUir
de joie tous les coeurs vertueux eft encore fans
exccutiondans plufieurs parties de notre immen-
te République. On doute encore dans le dépar-
tement du Calvados & beaucoup d'autres, 9 Il ce
décret eft un prertige ou une loi véritable. L'ac-
te'defoumiffidnqinl exige étant vague & indéfi-
ni, ne permettant fur-tout aucunes rélerves ni
explications effarouche & allarme les conlcien-
ces timides des prêtres infçrmentés & le culte-
public a difparu dans ce département.
Quelle eft donc la main couple d'oïl part
lepoifon caché, mais toujours sûr qui paralyfe
la loi & neutralife le bien Seroient-ce ceux
qui ne connoinant aucun devoir, & s'irritant
contre toute efpèce de frein, ne veulent d'autre
religion dans le peuple quuriefoumifliond'ef»
clave à leur fière indépendance & a leurs partions
dominatrices ? Seroient-ce ces prêtres nés de
là révolution qui craignant de perdre le rôle
éphémère & ufurpé qu'ils touoient dans une
conftitution détruite par une féconde voit-
droient encore efcalader exclufivement l'édifice
d'une troificme conftitution qui s'élève fur les.
débris desdeuxpremières& s'crtbrceroientdere*
tarder le retour des minières vertueux & per*
fecutés dont l'approche eft pour eux un fup-
lice & un opprobre ? ?Seroiént;ce ceux qui af-

octant impmiotîfrne exagéré* cachent fous urf
enthoufiafme feint, fous une exaltation étudiée
leurs vues ultérieures & leurs calculs fecrets
<jui agitant le peuple par d'éternelles fuppofi-
lion de complots, cherchent à fe rendre nécet-
faires en perpétuant la défiance le trouble &
l'anarchie ? Seroien'.ce enfin les prêtres Catho-
liqués iofermentés eux-mêmes qui, par une hy*
pocrifie infidieufe, cachant fous le mafque lé-
duEteur d'un Tèle religieux le regret toujours
rcnaifànt de leurs jouifl'rincespaffées, s'attachent
avec un efpoir fecret aux débr s épars d'une mo-
narchie brifee & repounent des deux mains
tout ce que la Providence voudroit mettre à la
place du thrbnc qui montrent au peuple pour
doubler fa confiance les plaies encore récen-
tes & fanglantes d'une petfécution rruelle, s'ef
forcent de l'alarmer à chaque loi nouvelle, en
lui difar.t tout bas la religion eft encore outra-
Î;ée ? Certes le mal eft ici, ou il eft là ou la
oi le porte avec elle-même.
il m'importe cfroyeiis repreYentans il vous
importe à vous mêmes, il importe à la France
entière, de fixer irrévocablement les efprits
fur un objet qui agite les confcicnces d'un peu-
ple religieux, inquiet & turbulent & qui peut
devenir un foyer nouveau de troubles de oivi-
bons & de persécutions toujours fertiles en danW
gereux éclats. •
J'ignore quels font les fils qui peuvent fe»vïr
à ourdir la trame d'une fanion, àorganifer un
part. je ne viens donc pas en .dénonciateur
effréné, vous annoncer la découverte d'uacom-
1
A4
plot & vous montrer des coupables mais } fans
indiquer lecôté ôu fe trouve le chancre, je veux
montrer, jufqu'à l'évidence, le côté ou il n'eft
pas.
'Je connoîs citôyens repréfentans je (on.
noîs très- parfaitement 1'efprit' le caraélère
les principes religieux motaux & politiques des
Prêtres Catholiques infermemés. Je connoisleur
conduite publique & privée je connoisjuf»
qu'aux voeux les plus fecrets de leurs coeurs
je fuis. prêtre infeimenté moi-même je dirai
tout, je dévoilerai tout car il eft temps enfin
que le gouvernement nous connoiffe que le-
peuple nous juge que les patriotes les plus exa-
gérés nous entendent.
Quelle a été d'abord notre conduite depuis la
révolution ? Un attachement inviolablepour une
religion dont nous nous tommes montrés les fi-
dèles miniOres eft le feul attentat dont nous
nous honorons d'étre coupables. Un ferment
impie & facrilège fut exigé de nous par la tyran.
nie du tems; 6c nous repouOîme» prenez nos
biens nos vies mais nos confciences font à
nous. Notre première peine fut la privation de
nos fondions, on y ajouta bientôt celle de no-
tre éloigneroent de nos ouailles puis celle de
notre déportation en terre étrangère puis en.
tore la peine de mort enfin on accumula fur nos.
lêjes décrets fur décrets, bumiliations fur hu-
mil iations calomnies fur calomnies tortures
fur tortures, mort fur mort.
L'humanité même oui jufqu'à l'humanité
de ceux qui nous fburTroient pattager l'azile &
la litière de leurt beftiaux, fut un foifait pu2
niflable par le fang & la morr,, Onpayoîl ioo
livres par chaque tête de prêtres, comme pour
les loups de4 forêts d'Ecole. Lorique nous
étions réduits à la plus affreufe mi(ère', on eu.
blioit par-totft que nous foldions à grands frats;
les phalanges ennemies qui i'avançoieht pour
éteindre un incendie qui menàçoit l'Etirope en-
tière. Survenoit-il une cmeute, un pillage, un
affaflinat un brigandage ? une maifon étoit-elle
incendiée? un orage, une grêle, un torrent dé-
vartoit-il les champs ? par-tout on crioit au
peuple vengeance fur les prêtres. Euflions-nous
été fur un point du globe diamétralement oppo.
fé au point du crime; nous agi trions par-tout,
on nous aceufoit de tout nous étions coupables
de tout. Impuiiïans pour nous mêmes pâlif*
fans au bruit d'une feu'iile à l'approche d'un
enfant, nous commandions tocs les fléaux &
la fureur indocile &
lecroyois, ô peuple de-là ccs s Noyades ces
maffacres c«» horrîbki bovtcherics des prêtres
vénérables qui s'indinoient en filence fous la
hache des hommes -tigres de-là cette fureur phi.
lofophique qui, comme Néron le difoit du genre,
humain eut déliré, que les prêtres n'eurent eu
qu'une feule tête pour les, exterminer d'un
Jeul coup.
Qu'avons nous oppofé à ce déluge de maux
qui pleuvoient fur nous de toute part ? Le filen-
ce la foumiflîon la patience le courage le
ardon. S'it eft un feul homme fur la furface dela
République qui nous ayons dit dans les lotit

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