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Ambulance des archives nationales organisée et dirigée par le Docteur J. B. Moreau. Description de l'ambulance suivie du compte rendu des recettes et des dépenses

9 pages
F. Malteste et Cie (Paris). 1872. In-8°. Pièce.
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AMBULANCE DES ARCHIVES NATIONALES
ORGANISÉE ET DIRIGÉE
Par le Docteur J.-B. MOREAU
Membre de la Société médico-pratique de Paris
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SUIVIE
DU COMPTE RENDU DES KECETTES ET DES DÉPENSES
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1872
1 AMBULANCE DES ARCHIVES NATIONALES
ORGANISÉE ET DIRIGÉE
Par le Docteur J.-B. MOREAU
Membre de la Société médico-pratique de Paris
Président de la Société médicale du Ille arrondissement
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SUIVIE
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OMPTE RENDU DES RECETTES ET DES DEPENSES
Mon intention en faisant cet exposé n'avait été d'abord que de donner aux personnes
qui m'avaient aidé dans cette charitable entreprise une preuve non-seulement de la bonne
gestion des dons reçus et de l'emploi des fonds qui m'avaient été confiés, mais encore de leur
montrer combien, avec d'aussi faibles ressources, on peut faire de bien quand, par une entente
commune, tous les efforts concourent au même but; mais en raison des succès obtenus, et en
quelque sorte exceptionnels, j'ai été prié de donner plus de développement à mes idées : il
importait, en effet, de connaître pourquoi notre ambulance comptait parmi les plus favorisées,
puisque, sur 56 malades et blessés qui avaient reçu nos soins, 1 seulement avait succombé,
et encore ce malade était-il entré mourant à l'ambulance?
Pour rechercher la cause de ces succès, il suffit, suivant moi, de faire la description de
l'ambulance, de la représenter dans ses conditions physiques, de rappeler les précautions
prises, les soins hygiéniques scrupuleusement suivis et toutes les attentions dont les malades
ont été entourés.
Aperçu général et analytique de l'Ambulance des Archives nationales.
Avant de parler de l'ambulance, je dois tout d'abord témoigner les plus grands remer-
HBhenls à M. Maury, directeur général des Archives nationales, qui a bien voulu mettre à ma
disposition un local si convenable pour une organisation hospitalière, et je me plais à ajouter
qu'il s'est prêté avec autant de générosité que de patriotisme à cette œuvre d'humanité.
Dès le début de la guerre, tout le monde, à Paris, s'est beaucoup préoccupé d'établir des ambu-
2
lances; on en a créé dans de grandes localités, sans trop s'inquiéter des conditions locales et
hygiéniques acceptables : nous en avons vu dans des églises, des séminaires, et une infinité
de maisons bourgeoises ont offert à l'administration un ou plusieurs lits. Ce noble élan de la popu-
lation parisienne est une preuve, non-seulement de son esprit de charité et de sa grande
sensibilité pour les blessés, mais encore de son désir de les associer à la famille : amis et
ennemis tombés sur le champ de bataille, tous avaient le même droit à nos soins empres-
sés; mais en dehors de notre bon vouloir, de notre cœur généreux et hospitalier qui nous
faisait ouvrir notre porte à la seule vue d'un blessé, n'y avait-il pas une règle à suivre, une
mesure à garder pour accueillir, sans contrôle, n'importe où, ces pauvres souffrants? ils
avaient, en effet, besoin de nos soins affectueux et promptement administrés, mais encore, et
par-dessus tout, il leur fallait une localité bien disposée, salubre, aérée, où les soins pussent
avoir tout le succès possible. Sous ce double point de vue de la localité et de l'hygiène, l'am-
bulance des Archives réunissait tous les avantages désirables. Je vais tâcher d'en exposer les
détails :
Les salles affectées à l'ambulance dans l'ancien hôtel Soubise, se composaient de trois
pièces contiguës, deux grandes séparées entre elles par une porte à deux battants ; elles con-
tenaient 25 lits, convenablement espacés, une troisième plus petite, destinée aux opérations,
servait aussi de salle à manger. Ces salles hautes de cinq à six mètres, exposées au midi,
étaient éclairées par de grandes croisées à vasistas, donnant sur une cour spacieuse, loin du
bruit de la rue : toutes ces conditions médicalement reconnues indispensables, ont fait de
cette ambulance l'une des mieux disposées pour les soins à donner aux blessés et aux malades.
Considérées d'après leur forme, nos deux salles de malades représentaient, l'une, un qua-
drilatère, l'autre, une rotonde. La première contenait 10 lits, l'autre 15; ceux-ci principale-
ment destinés aux blessés, étaient placés circulairement, les pieds tournés vers le centre de la
pièce; plus d'espace et partant plus d'air, était réservé aux malades du côte de la tête.
Si, pour les salles de malades, la forme en galerie est généralement admise, les formes
carrées et en rotondes surtout (1) sont, suivant moi, infiniment plus salubres. D'abord, dans
cette disposition, l'aération s'établit sans choc, sans courant, condition éminemment avanta-
geuse. Ici les couches d'air successivement raréfiées, n'éprouvant aucune impulsion latérale,
se soulèvent de bas en haut par l'effet des calorifères, montent directement d'une manière
uniforme vers les ouvertures des vasistas, par où elles s'échappent au dehors. En outre, par
ce mouvement ascensionnel direct, le malade, restant constamment dans la sphère d'air qui
lui est propre et auquel son organisme s'est habitué, ne subit aucune influence fâcheuse que
le mélange de l'air de son voisin doit lui faire éprouver, et encore plus de cet air qui, battu
par le courant, circule dans toutes les salles des malades.
Cette raison que j'émets non sans motif et que je donne à plus compétent que moi comme
un problème à résoudre, si elle est confirmée par l'expérience, servirait à expliquer ces
(1) La prééminence des salles en rotonde sur les salles carrées s'expliquerait facilement par cette
raison que, dans les premières, l'air n'éprouvant aucun obstacle, aucun point d'arrêt, circule librement
partout; dans les secondes, au contraire, il reste en stagnation dans les angles de la pièce, qui servent
aussi de refuges aux insectes de toutes espèces, de même qu'à la poussière chargée des détritus des
salles.