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Analyse de l'ouvrage de M. de Mirabeau, sur la constitution monétaire ([Reprod.]) / présentée à l'Assemblée nationale par son Comité des monnoies ; [N. F. M. Angot des Rotours]

De
42 pages
de l'Impr. nationale (Paris). 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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OUVRAGE
MONÉTAIRE,
Présentée à l' 'Assemblée Nationale par son
Comité des JMonnoieSj,
A P A R
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
j Janvier A
rA N A L
DE M. DE MIRABEAU,
SUR LA CONSTITUTION MONÉTAIRE;'
Présentée à l'Assemblée Natipûale par son
Comité des Monnoies.
Messieurs*
L'objet principal de l'ouvrage dont nous vous pré*
Tentons l'analyfe peut être divifé en trois parties.
La première contient les principes de la doÔrine
monétaire on vous propofe dans la feconde un nou-
veau fyftème, dont le développement & les moyens.
d'exécution font le fujet de la troifième partie.
Cette dernière partie étant celle fur laquelle il vous
importe plus particulièrement d'être éclairés, parce que
(O
l'!aii
M. a tracé le plan d'une nouvelle or- •
gahifdtion de.* monnoios votre comité a cru devoir
fixer d'abord votre attention fur les obfervatioris que
1V:mpoiï de ce plan lui a fugç;énk's il vous foumettra
eniuiie les rt'lexionsdont la cjociiinc & le fyftcme mû-
nJuircs lui ont paru fulceptil>les.
SiM, ce
plan à un directeur des monnoies cet ofiîcier n'auroit
vuMfemblablcment pas ofc y inférer des difpofitions
aufïi pnjdijO.lemcnr favorables à fes intérêts que celles
des, principaux articles du projet de Décret que l'on
vous propofe d'adopter.
Vous avez vu, Mëflieurs, par le réfumé des rapports
de votre comité que nonobftant toutes les mefures
que les anciens^ légiflateurs a voient prifes pour établir
dans !cs hôtels des monnoies.une iurvelllance aftive
ou'i Krna intînt l'obfervation des réglemens, les direfteurs
Cvuient parvenus à fe rendre maîtres abfolus dans leurs
aueliers & qu'il en étoit réfulté les plus grands abus.
Dans. 'le nouvel ürdre de chofes que Ton voudrait
vous faire adopter, non-feulement on lève tous les
cbilacles que ces officiers avaient à vaincre pouf fe dé-
barraller-de leurs furveillans, on leur offre encore- les
r:ovens d'exercer fur tout ce qui les entoure un def-
P'i.ime dont l'effet feroit de leur afl'urer des bénéfices
îmi'r.eiîies aux dépens de la chofe. publique,
Dans un directeur des monnoies eft
tenu de recevoir tant des changeur5 que de tous les
autres citoyens les efpèces & matières aux titres et
prix fixés par le tarif il les fond & les allie au titre
prefent par la loi pour la fabrication des monnoie.
Cette loi lui a biffé une marge fur le titre & le
pe;us des efpèces qu'il fabrique connue fous le nom
ne rar.Me qu'il ne peut excéder fans s'expofer à être
condamné à des reitîtutions & amendes..
A -x
Pour éviter que l'appât
de cette marge, les législateurs ont ordonne que le
tréfor public profireroic' foui
de l'emploi des remèdes.
Ces fages pour objet de ne biffer
aux,dire8eursdes de bénéfice
fur le titre, ni fur le poids des monnoies,, afin de ne
leur fournir aucun prétexte pour affaiblir l'un ou
l'autre.
Ces mêmes législateurs ont prévu que les premier
juges du titre & du poids des cfpèces pourroient
être féduits ou trompés; ils ont en conféquenec établi
des juges d'appel qu'ils ont chargés de les vérifier,
& auxquels ils -ont donné le pouvoir de réformer les
premiers jugeniens, lorfque les réfultats de leur véri-
fication y don'neroient lieu.
Vous avez vu Meilleurs, par le 1 'f-r- <J"~ rnp-
ports de votre comité, comment les directeurs lies mon-
noies font parvenus à déjouer toutes ces lajres m dures j
& les réfultats des ellais des efpèces d'o>- & d'argent
faits, tant à Paris que dans l'étranger, en T786 &
1788 'attellent leur infuffifancei Comr- •;
vous celles que l'on vous propofe de leur fublliiuer,
lorfque votre comité vous aura démontré que Lurprin-
cipal objet eft d'affurer aux dircSeurs le bci Jfice de
remploi de ces remèdes, qui ont été la fo, rce de tous
les abus & de les diffjenfer du jugement de revi/ion ?
le feptième paragraphe du premier anicte du titre
premier, ports « que les remèdes d'alliage & de poids
feront répartis moitié dans moitié
& que foit que le directeur ait employé trop ou trop
̃>̃> peu de fin trop ou trop peu de poids, pourvu qu'il
•>•> n'excède pas les remèdes il ne pourra ni obtenir
dcmn.it é ni être condamne à reflituiwn. »
Ces remèdes font fixés par le paragraphe 7 de ce
& ceux de
On abandonne conféquemment aux directeurs de*
mbnnoies le bénéfice de l'emploi des remùles &
pour donner cette dangereufe prodigalité un vernis
de juftice, on vous dit que fi cet emploi le fait hors*
oeuvre', il ne pourra pas fervirde prétexte à cet officier
pour demander des indemnités. A qui perfuadera-t-on
qu'il fe mettra dans '.le cas- d'en folliciter ?
Des officiers qui employoient la totalité 'de cette
marge & l'excédoient fouvent lorfque la loi' le leur
défendoit lorfque le bénéfice que cet emploi pou-
voir produire ne leur étoit point alloué -en uferont-
ils avec plus de circonfpeftion loffque la loi les auto»
xifera à l'employer en totalité, & leur en abandon-
nera le produit?
On n'ofe pas vous confeiller de procéder la refonte
générale des efpèces, parce que «l'opinion publique
s'eft déclarée contre cette mefure mais les change-
mens de poids & de titre que l'on detire vous faire
adopter, finiraient tùt ou tard par la rendre indifpen-,
fable, parce que la préférence que le public accor-
deroit aux nouvelles monnaie, eu égard. à la boni-
fication de leurs valeurs intrinsèques, & à la perfec-
tion de leurs empreintes, feroit bientôt defirer la fup-
prefiion des anciennes.
Voici quel feroit, par exemple, le fupplément de
bénéfice que l'abandon des remèdes d'alliage & de poids
produiroit, dans l'hypothcfe de la refonte au directeur
de la monnoie de Paris qui feront la plus forte partie
de ce travail.
On peut fuppofer qu'il fabriqueroit comme dans la
dernicre refonte des monnoies d'or, 4OD mille marcs
de ces efpèces, & au moins millions de marcs d'ef-
pèces d'argent.
5 )
A
Le remède d'alliage d'un grain &
vaudroit à quatre trente-deuxièmes. Le directeur pourroit
donc employer deux trente-deuxièmes à fon profit,
valant au moins 40 fols.
Le remède de poids étant fixé à 8 grains, il pourrait'
quatre grains vaudroient au moins f. 9 den.
L'emploi de ces deux remèdes lui produirait confié»
quemment 2 liv. 11 f. 9 d. par marc, iaiiant un million
cinquante-cinq mille livres.'
Le remède d'alliage fur l'argent étant fixé à un grain
et demi, dont la moitié tourneroitau profit du dure-
teur» ces trois quarts de grain lui rendroient au moins
fi fi 9 d. par marc. Le remède de poids étant fixé
comme fur l'or, à 8 grains, la moitié qu'il pourroit
également employer à [on. profit, lui rendroit au moins
10 den. par marc.
L'emploi de ces deux remèdes lui produiroit confé-
quemment d. par marc, faifant, fur 10 millions
de marcs, 1,791,666 liv. 13 f. 4 d.
RÉCAPITULATION
Il eft donc inconteftablcment prouve que les difpo-
fiuoiii'qiu vous font propofées ailuieroicnt au directeur
(i)Dans une fabrication annuelle de ;o millions, dont un tiert
en or 8c les deux tiers eu argent, ce fur>|>léaient produiroit plus
4ç lO^oco liv,
(6)
de Paris un fupplément
neiale qui s'clcveroii
mitions huit
jix livres tiet^e foh quatre deniers fupplémenr. pris évi-
demment fur la matière quoique l'on ait ofé vous
dire i Ùla p.o 7.)
tème
rvncd-s qui
la
Une perte aulîî confidérablc pour la Nation ferait-
elle cornnonice par quelques avantages? Nuit,
Jvleil.juis, LsineiLiivs dont elle feroit le refultat [croient
auili uncreufes au commerce, que difpendieufci pour
le trclor public.
Perfoniie n'ignore/ que l'étranger ne reçoit nos ef
pe:ces ..qu'au poids, & qu'en évaluant leur titre, il fup-
pofc toujours. l'emploi- -total du remède nous en ufons
de même il ion égard, pirifque nos tarifs ne portent,
par exemple, les' Ruinées qu'à karats, 30 trente-
deuxièmes, ce qui fuppofe l'emploi de deux trente-
deuxièmes de remède en dedans leur titre étant fixé
à il karats le négociant qui feroit force de folder en
efpèces ios échanges avec l'étranger ne parviendrait
à les faire admettre qu'au poids, & en raifon de leur
plus bas titre préfumé, parce que comme M. de J\/i-
rabeai en convient, avec raifon, par ion leizième prin-
cipe corollaire (page <, 7 ) on r:e par pas forcer cet
à rccsvoir vuur ce çui ne vaut que 0 ce
négociant ferait donc iur les efpèces une perte égale
au bénéfice qu'elles auroient produit au directeur, par
l'emploi des remèdes.
On vous dira peut-être que les loix angloifes- laiflent
pareillement au fab;icateur de-la monnoie une marge
qu'il peut employer, foit en dehors, foit en dedans;
mais ce que l'on ne vous diroit vraifemblablemeat pas,
Ci )
A 4
¡parce que ce feroit faire ih critique des menues qui
vous font propofées, c'eft que ce» loi-c
abus que Toi pounoit fane de & y ont
pourvu, en ordonnant que drns k cas ou elle fu oit
employée â la bonification
bricHLeuren feioit indemnife, & que lî
fur ce titre, il en [croit comptable elle*, le p.ovojMvnt
conféquemment il'élever ,tandis que celles que Ton
Voudro.it vous voir décréter tendent évidemment à f<t
détérioration.
Ce n'efl; pas le fcul rapport fous lequel M. de MÎ'J-
heau fe .foit exclusivement occupe des intérêts du di-
refteur. On avoit crée, en deux on\i.^ èc ie-
ceveur u change de la monno>e,kde Paiis *x il icu't f_to
ordonné que le-) fonds neceiTaircs pour payer les m iti^iet,
leur fero:ent fournis par le diicùciu duqi cl ils en ^'i"
droient compt:e.
Ces receveurs furent fuppiimJi, co-nvc in 1 ihs par
l'édit de fjvuei i 71, o. leurs otî'cos réuni; à celui du
directeur, dont il" n'etoient en quelque forte que les
commis.
On vous propofe aujourd'hui d; les remplacer non-
feuleinenc Fans, mais encore dans tous les h: T.e!s ;ics
monnoies', par un <nt on débai-
rafie le directeur du foin de lui f.v.ù pour
ta recetvj, en ilutunnt qu'ils lui \v.v;
comnuiiairc du roi; Se tandis que fera
tenu de recevoir des changeurs,
les matières, d'âpres les tarifs publics, 'on
laifle au diricleur ia liberté de ne s'en charger qu'après la
Dans l"e':at aé-ai'jl les tarifs biffent aux une
quelconque fur le titre des espèces qiw «ompenle
les petites variations qu'il peut éprouver ;.r.i moyen dg
1
quoi ces variations ne donnent lieu à aucune indemnité
ni reftitution.
Dans le nouvel ordre de chofes que l'on vous pro?
pofe, le directeur feroitje^ maître d'adapter les fixations
déterminées par le tarif, pour les espèces dont le titre
lui offrirait quelque 'bénéfice & d'exiger la fonte &
Teflai de çelles qu'il ju eroit moins favorables à f.:s in-
térets es forte que la chance ferait totalement en fa fa-
veur, & tréfor public feroit néceffairement obligé de
fe le des
en moins'qui pourraient fe rencontrer, ainfi que des dé:
chets de fpnte & d'égal, auxquels l'ombrageufe cupidité
du dneft|ur pourrait donner lieu.
Vous avez fans doute été frappés-de la contradic-
tion qui e xifte entre ces partiales dtfpofitions & celles du
premier articule du chapitre 9 du titre 3 par laquelle la
rnanis d'étendre le dcfpotifme du directeur fur tous les
individus qui peuvent avoir quelques relations avec la
monnoie a porté le rédafteur' à vous propofer de fou-
mettre à l'infpeâion & à la direction de cet officier, les
changeurs, qui cependant n'auroient à l'avenir aucun
rapport avec lui, puifqu'il ne recevroitles efpèces & ma-
tières que des mains du t<éfo,ner-commis.
L'article 6 du chapitre 5 de ce même titre contient
une que votre prudence vous feroit fans doute
rejeter, fi vous pouviez d'ailleurs admettre la création
de cet officier. On vous propofe de l'autorifer à recevoir
des matières à crédit, & à délivrer des billets à ordre
payables terme. Si, lorfque le directeur de la monnoie
de Rouen prit la fuite, en 1756, le gouvernement fe
crut obligé d'indemnifer les changeurs qui lui avoient
livré leurs matières fur fes fimples récépîffés croyez-
vous qu'il feroit moins jufte aujourd'hui de faire payer
par le tréfor public des billets délivrés par un ofHcier,
<$n exécution d'un de vos décrets fi cet officier prenoit
ta fuite, emportant avec
Une pareille autorifaiion un homme dont on n'exige
pas même une caution qui puiffe garantir da foi vabiiké ?
Vous avez
de votre comité que 1 iriamo-vibihté
monnoies avojt été une de(s principales fources des
ici on vous propofede créer des places
de quoi la nouvelle organifation réuni roi t ton;- les vices
de celle à laquelle on veut la fuhiYîtuer à ceux qui vien-
nent de vous'être indiques. Le comniifiaire de l'hôtel
feroit le foui fonctionnaire amovible; mais cck<5 mobi-
lité pourrait faire de ces commilïaî'res des efpèces ed
hou fards, qui iroient
les officiers de chaque monnoief car on peut croi re que
leur intérêt les porterait plutôt .à protéger les abus qu'à
les dénoncer. Quel zyîc en cficî pour-'
roit-on cfpérer cl'uiy'individu qui paltant coriiihuclle-
ment d'un hôtel des monnoî'es a l'autre, ne s'attaçheroit
néce{Tairem£nt à, aucun, & corine lequel il ne feroit
çonféquemmen/pas polhblé dVxerCcr la rc'fponfabilité?
On vous propofe 'au! H- chaque moniîoie
un fecrétaire garde d'j-j
ciereft utile à Parix, où [on réunies toute? Içs archives
de l'adminiilration mais' ce feroit tmcplace fans fonc-
nons dans les autres- hôtels des monrioies, -5c dont les/
appointemens fans néceirnales cliargeï
du trefor public. Les archives des monnoies
officiers ils prendront !a peine da
ils l'ont fa't jufques à ce jour; les autres appartiennent
a l'adminiftration. Ils lui feront envoyés, cfm\.mc ils
Tétoient ci-devant, au greffe de l^cour des ménçoies. ̃
Les formes que l'on vous propofe de décréter pour la
( io)
rapports mais
pefée des efpèces, pourroit contenir' les officiers qui
icroicnt tentés de fe livrer «quelques fraudes fur le poids;
mais- elle n'en garantirait que
titre.
-Vous n'exigerez pas fans doute que les admihiflrateuis
des directoires fanent preuve de connoinances dansJV.t
des ëffais; & comme la nouvelle ôrganifation offrirait
< au direâeùr autant, & peut-être plus de moyens que
par le paffé, pour mettre tous fes furveMlans dans fa
dépendance il ieroit très-poïïible que. le députe du di-
s refloire fut leur dupe & celle des eflayeurs, & qu'il coh-
façrât par fa iignature beaucoup de taux rapports.
Peut-être vous dira-t-on que quand le vol eft auto-
iifé, il eft inutile de multiplier les précautions pour s'en
garantir mais l'exemple du pane dirigera votre fageffe
& vous foumcttrez un jugement .annuel de réviflon,
ainfi que votre comité vous l'a propofé le travail de tous
les direfleurs des monnoies.
La fuppreiïion de cette falutaire mefure, qui vous^ft,
confeillée jar M.deêîinibeaiij vous auroit fans doute
paru -infiniment étrange, fi elle n'étoit le complément
d'un plan par lequel il fembie que l'on fe toit propofé
de facrifier, fous tous les rapports, l'intérêt de lâcheté
publique celui des direfteurs des monn jies.
Leurs intérêts n'ont pas été plus
des frais & déchets de fabrication; on n'a pas même
oublié de leur conferver cet utile trébuchant avec le-
quel pluiieurs d'entre eux paient le traitement de leurs
commis.
On vous a propofé, enfin, de continuer d'attribuer
aux autres officiers des droits fur la fabrication quoi-
qu'il vous ait été démontre par le réfumé de votre comité
(II.)
que cettir-ffiefurre a été une des principales caufes des
défordres, par les facilités
teurs pour mettre leurs furverllans dans leur dépendance.
Vous approuverez fans doute que votre comité s'en
tienne à la démonftration qu'il vient de vous faire des
vices principaux de ce plan & qu'il fe difpcnfc d'en
difcuter particulièrement tous les articles. Il
tera donc rajouter* aux détails dont il vous a. rendu
compte, quelques réflexions fur le rétaWiilbmcnt de la
place de directeur général des monnoies, qui vous cil
propofé.
Le parti que votre comité a cru devoir prendre, de
s'interdire toute efpèce de perfonnalité, ne lui permet
pas de vous,dévoiler les motifs fecrets de cette propofi-
tion. De pareils détails ne méritent pas de fixer votre
attention. Le rétabliffement de la place, dont il s'agit fe-
roit-il utile ou contraire a'ux intérêts de la chofe publique?
Voltage vrai point de la queition.
Elle femble réfolue par votre décret du 6 feptembre,
lequel purte, Il qu'il fera pourvu par une commiijion
» d'ofliciers nommes par le roi tant à la furveillahce
» de la fabrication des efpèces dans les hôtels des mon-
» noies, qu'a la décharge définitive des. directeurs des
» monnaies)): Votre comice penfe qu'il fe'oitinnni-
ment dangereux de confier, dans l'état actuel fur-tout,
à un feul officier, le foin de diriger les opérations qu'e-
xige le jugement des fabrications faites & à faire, &
la liquidation des comptes arriérés de la régie des mon-
noies. Les réfultats des entais des anciens louis faits
en 1738 & la maiTe énorme de décharges
qui s'étaient accumulées fur la comptabilité des mon-
noies, dépuis 1720 jufques en prouvent d'ailleurs
que jamais cette importante partie de 'l'économie poli-
tique n'a été plus mal adminiitrée & furveillée que fous
le régime des "direSeurs généraux des monnoies.
de ces
décret du 6 feptembre dernier votre comité croit eh
conféquence pouvoir fe difpenfer de difcuter plus am-
Comme il ne peut pas être queftion dune refonte
générale des monnoies votre comité fe difpenfera pa-
reillement de vous expofer les inconvéniens que pour-
roient avoir les nottvelles divifions & dénominations
qui vous font propofées mais vous aurez furement
trouvé très-extraordinaire que M. de Mirabeau qui Cth
tique, à La page 47, remploi des fleurs de Us dans
les empreintes de nos efpèces vous invite à donner
le nom de lis à unede leurs divifions 5 qu'il veuille
que nous ayons à la fois deux monnoies qui portent
le nom de livre qu'il vous engage enfin a faire fervir
la monnoie conftitutionnelle confacrer la repréfenta-
tion des évènemens mémorables delà Nation, fans
confidérer que cette difpoinion auroit l'inconvénient,
1". de faciliter la contrefaçon, parce qu'il eft beau-»
coup plus difficile de la reconnaître, lorfque lesem.
.preintes varient fréquemment de multiplier pro»
digieufement les dépenfes par la .néceffité de renou-
veler continuellement les poinçons.
L'expofé de la doftnne monétaire de M. de Mirabeau
eu préc°dé de quelques traits d'érudition fur l'origine
des monnoies,.dont il feroit inutile de vous entretenir;
ce n'eft qu'une répétitign de ce qu'ont écrit à ce fujet
plulieurs auteurs qui vous font très-connus. Nous dou-
tons feulement qu'il foit vrai que les anciens Gaulois
aient fait ufage de monnaie de cuir, & ce doute eft
permis lorfque l'auteur que M. de Mirabeau a copié à
cet égard, Bçuteroue-t nous @Hure, que les
dîJ
qiiî ont parlé
pies, n'ont fait
mologiè du mot pecunia t fur laquelle cette opinion
paroît fondée eft d'ailleurs expliquée différemment par
quelques auteurs, dont l'autorité peut balancer celle de
M. de a divifé l'expofé de fa doârine mo-
corollaires, que nous allons
examiner rapidement, votre comité ne ks ayant pas
jugés fufceptibles d'une longue difeuffion il ne peut
pas penfer, comme M. de Mirabeau, « que la monnoie
s» ne foit un moyen quelconque que parce qu'elle cil
un :ligne de confiance- >*
II eft très-vrai que les lettres.de change, les billets
à ordre & les effets au porteur ne font des moyens
Rechange que parce qu'ils. font des lignes de confiance
mais ne .feroit-il pas abfurde de prétendre que les ef-
pèces d'or & d'argent, & même celles de cuivre, ne
font un moyen d'échange que parce qu'elles- font un.
figne de confiance? Le coin du fouverain dont elles
portent l'empreinte,' et!: fans doute le figne fur lequel
l'epofe la confiance publique parce le
titre ce le poids de la matière mais cette matière
eil elle-même un moyen d'échange indépendamment
de ce ligne de confiance.
Le premier principe corollaire de M. de JSTirabcau^
porte que la monnoie eft une mefure, & -qu'une mefurc.
doit avoir les mêmes rapports dans toutes fes parties: Ce
principe eft conforme à ceux de votre comité; mais
il ne peut adopter la conféquence que l'on en tire, parce
qu'il lui parôît très-poffiblé de trouver dans l'or & datis-
le cuivre les mêmes rapports que dans l'argent.'
Une. livre de cuivre peut être comparée à quelque
grains d'argent, pfuiiei;rs livres de ce dernier' métal
peuvent être
peut donc établir des rapports entre tous ces métaux'.
bhr cntiti l'argent &
a faciliter les échanges un rapport confiant, invariable,
toujours le même, le comité eft parfaitement de fon
avis & c'cfl parce qu'il efl convaincu de cette vérité
qu'il a cru devoir. vous "propofer de laifïcr la valeur des
elpèces ondulation* du change, & des
befoins du commerce mais fi M. de Mirabeau va jui-
fju'à croire qu'il foit impoffible d'établir entre l'argent
& ces autre, métaux, un rapport d'approximation
d'après lequel on puiffe leur aiïigner pour valeur lé-
gale, un minimum-, au-deffous duquel on foit affuré que
le commerce'ne puiffe les faire tomber & les fouténir
pendant un long efpace de temps alors il n'eU plus
d'accord avec votre comité; il ne l'eft pas
avec lui-même. Il'convient en effèt, dans un autre en*.
droit, qu'il feroit néceflaire d'aiTigner d'abord aux ef-
pecesd'or, dont il propofe la fabrication, une valeur
qui ne pourroitétre déterminée que d'après un rapport
quelconque entre l'argent & l'or, entre un marc de ce
dernier m(^l &~pluiïeurs marcs d'argent.
Serait il poffible, d'ailleurs, que l'or & le cuivre
fuTent fonctions de monnoie fi les efpèces fabriquées
avec ces métaux n'avoient pas une valeur légale &
fonce, pour laquelle on ne pùt.fe difpenfer de les re-
cevuir ? L'or ne feroit pas un moyen d'échange plus
certain que toute autre denrée, qui, fous un petit vo-
lume, pourroit, comme le diamant j, repréfenter une
grande valeur.
Second principe corollaire.
On peut choifir l'argent pour mejure monétaire parce
que
d'or mais matières pour
la facilité du
de cet avis & fes rapports en font foi.
elle cft en-
core un gage, une fureté. Ici
évidemment, comme il la fait ci-devant en définiftant
fon principe fondamental les lettres de change, les-
billets à ordre & les effets au porteur, avec la niûnrioje.
métallique; les premiers font réellement des gages Se
des furetés mais toute la puiffance de l'éloquence ne
parviendrait pas à perfuader, par exemple, au fermier
qui vous vend un fetier de bled pour quatre écus, que
ces écus ne feront entre fes mains qu'un gage, une
fureté il n'échange fa denrée contre vos efpèces que
dans l'intention d'échanger enfuite ces efpèces contre
d'autres denrées qui lui font néceflaires. Les monnoies
d'or, d'argent & de cuivre font des propriétés t'ràrif-
monnoies n'etoient que des gages ou de^txù,
Quatrième & cinquième principes corollaires.
<̃<̃ Six carafleres effentiels condiment la monnoie
j' il faut, i°. qu'elle foit fabriquée cV mife en circu-
lation par la fouverainetc 2". qu'elle. -ports l'em-
» preinte déterminée par la fouveraineté 3", qu'elle.
̃>̃> ait une valeur déterminée par la fouveraineté'; 40. qu'elle
a ait un gage pour fureté de cette valeur; qu'elle
» foit garantie par la fouveraineté 6'. que perfonne
» dans l'empire ne puiffe la refufer M. de
ajoute, que de ces fix caractères dépendis confiance

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