Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Analyses et critiques des ouvrages de M. de Voltaire : avec plusieurs anecdotes intéressantes et peu connues qui le concernent depuis 1762 jusqu'à sa mort... ([Reprod.])

De
232 pages
[s.n.] (Kell). 1789. Voltaire (1694-1778) -- Critique et interprétation -- Ouvrages avant 1800. 3 microfiches acétate de 49 images, diazoïques ; 105 * 148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

ANALYSES
ET CRITIQUES
DES OUVRAGES
DE M. DE VOLTAIRE,
ANALYSES
ET CRITIQUES
DES OUVRAGES
DE M. DE VOLTAIRE;
Avec plufieurs Anecdotes intêrejjantes
& peu connues qui le concernent de-
puis iy6z jufquà fa mort arrivée
in 1.7.78-
( Ce Recueil eft indifpenfable a tous ceux qui ont acquis
la nouvelle éd.ition des OEuvres de M, 4t Voltaire ),
A KELL
i y $ 9*
Aj
'A VERTES SE ME HT
PRÉLIMINAIRE.
LE jugement prononcé dans les ex-^
traits fuivans, fur les ouvrages de M. de
Voltaire, doit paroître d'autant plus im-
partial que l'Auteur des Mémoires Secrets
que l'on a ¡miré en partie, ne le ménage
point à quoi l'on croit pouvoir ajouter
fans prétendre préjudicier à fon mérite
littéraire, qu'il femble lui même, d?ns
le cours de fon ouvrage, affez favorifer
les principes & les prétentions de la phi-
lofophie moderne, & par conséquent fe
donner pour le difçipîe de fon patriarche
dont il s*inftitue ici le censeur.
A dater de l'année Voltaire
fembîe avoir redoublé de ferveur pour
amufer, ou, fi l'on veut, inonder le pu-
blic de fes produ&ions,
Celles qui parurent dans le cours des
années précédentes fetrouvent affez
judicieufement appréciées dans deux vo-
lumes in-ïif connus fous les titres l'un,
< ? )
<àe M. de Voltaire peint par lui-même Qci
à laufane, ij6g .& l'autre du Tableau
P kilofophiqiie de fEfprit de M. de Yoh
taire, &c, à Genève ijji 3 &
par confëquenî Ie§ .extraits fuiyans peut
yent fervir comme
Peut-être reprocher
des redites dont on n'çft déjà que trop
fatigue l'imputation .en
bien plus jufte • titre fur les écrits; dans. Jç
même genre, & qui
Les écrits qui parurent, 3 avec tant de pro-^
fufîon pour ou contre le Poète Philo.
fophe fur-tout depuis fon décès 3 ne fç
montrèrent qu'à force de contribution fur
ceux qui les ont précédés. On trouve
,dans quelques-uns de ces Ecrivains, popé-
rieurs à ceux, des Mémoire? l'aveu
ingénu qu'Us ont fait d'y avoir puift?.,çe
qu'ils ont dit de M. de Voltaire. •
Quelques anecdotesconcernantM.de
Voltaire répandues dans ce nouveau
Recueil, ont donné lieu d'y en ajoute^
d'autres, ain6 que pîufieur? pièces, uk$-:
(7)
A4
piquantes inconnues de la plupart des
îeëeurs. ,L'un & l'autre font tirés des
fources les plus fûres. On les trçuverq
dèjignèes entre deux crochets [ ] pour
annoncer que ces articles ne font point
des Mémoires Secrets &, par leur rareté,
juftifier ceux-ci du reproche des redjtes
importunes. ""̃̃ t
Ce Recueil, qu'on doit regretter dévoil
ne commencer qu'en fervîra comme
de diftiohnaire auquel on pourra recourir
pour les pieces contenues dans les diffé-
rentes collerions des ouvrages de M. de
Voltaire.
Il en a paru une édition en quarante
volumes in- 11 dans le courant de l'an-
née On l'appeloit affez vulgaire-
ment le Voltaire des honnêtes gens parce
que cette collection paffe pour être purgée
de ce qui pourroit trop fronder le Chrif-
tianif,me & les bonnes mœurs. On y trouve
cependant encore beaucoup de morceaux,
foit en profe foit en vers qu'un fcrupule
plus rigoureux en auroit. éliminés. Quel.
qiies-unS de fes Contes Philofophiqïïes
par exemple fes Quêtions Encyclopé-
diques j &c, que l'on trouve dans cette
édition ne feront jamais exempts de la-
centre des partons de la rèligion &
des'b'ôrines moeurs.,
'-Là- table qui fe trouvera la un de ce
recueil indique les articles répandus 'dâns
lés différentes colleâiôns des oûvrages'de
de Voltaire*
ANALYSES
ET CRITIQUES
DES 0 U V R A G.E S
DE M. DE VOLTAIRE,'
Les Chevaux & les Ânes oû Éerennes aux
Sots Efpece d'Épître de deux cents vers en-
viron. C'eft une fatyre dnre Se peinte contre
quelques 'Auteurs dont M. de Voltaire croyoit
.'avoir à fe plaindre & contre M. Crevier par-
ticulièrement. Celui-ci avoit inféré, dans fon Hif«
"toiré de l'Univerfité des perfonnalités odieufes
contre M. de Voltaire', Cette, réplique ou fatyre
n'eft pas affez piquante pour faire plaiiïr au
commun des Lecteurs,
̃ Sermon du Rabin Akib Plainte contre l'atro-
cité d'un Auto-da-Fé de Lisbonne. M. de Voî-
taîre: invoque l'Éternel pour déflîller les yeux des
barbares qui font un a4te de religion d'une
conduite auffi conctairè 1 l'hamànité êc Ci peu
digue deDieiï, s'y trouvent
( IO)
au fujet de Malagrida. Le tout eft &(ta\tonnè dt
traits mordans & d'autant plus forts que la
plupart ne feroient pas faciles à réfuter. Ils font
rendus avec cette liberté pfcilofophique qui n'efl
pas faite pour enlever tous les fufTrages.
Zulime Tragédie que M. de Voltaire avoit
<3éjà retirée du Théâtre ,vu la foibleflè. jaloux
de fes productions d'en occuper la Scène, il
la repréfenta en ijéi. Malgré les corrections
que l'Auteur y avoit faites ? les Acteurs re (e
prêtèrent la mettre au Théâtre que d'après le,s
vives follicitations de Mademoifelle Clairon;
& c'eft ¡\ la magie du jeu de cette célèbre Actrice
que M, de Voltaire a du la fufpenfion de la
.chûte de fon Drame. Indépendamment de tour
ce qu'il a de monftrueux dans toutes fes fitua-
tions on, n'y reconnoït pas la touche hatmor
îiieufe le cçlpris brillant qu'on admirç dans les
Plus mauvais ouvrages de M. de- Voltaire.
JIEcueîl du Sage.- Comédie philofophique &
en vers de dix fyllabes. Cette pièce eft aufli
mauvaife dans fon genre que Zu/inje l'eft dans
le fien. C'eft une efpece de farcie ou de parade
digne des boulevards on y trouve cependant
Quelque! fçenes qui décelenï U gr«m4 maître.
<>o
Epitaphe de M, ? Abbé de La Çojle attti-
feuée à NI, de Voltaire.
La Cofle eft mort 1 Il vaque dans Toulon
Par cette mort, un emploi d'importance
Ce bénéfice exige réfidence,
Et tout Parls. y nomme Jean Fréron.
[ C'étoit une fuite de la guerre déclarée dé.
puis long-temps entre ces deux Écrivains. On
trouve, dans la première lettre du tome fixieme
du Journal de M. Fréron, en le portrait
qu'il fit de M. de Voltaire & qu'il crut le plus
reffemblant. Les traits à ce qu'il croyoit & il
avoit raifon, é.toieaat f frappans qu'il ne douta
point que l'original n'ait dû s'y reconnoître
le voici
(1) La Code hou un Moine apoftac transfuge pendant
plufieurs années, dans le pays écranger. De retour en France,
il y vîvcit, Paris, d'induftrie fous le coftume d'Abbé mon-
dain. Il imagina une loterie établie chez l'étranger par un Fiince
fouvetaïn dont il fe donnoù pour le coftcfpondanr. Ses dupes
achewient des billets, II feignit même une lifte dç tirage, doitc
les lots les plus forts 6[oient, foi-difanr, échus dans les provinces
les plus éloignées de la capicale. Le nûnifter'e inflruû de Ces
mana uvres (..le fit appréhender au corps. On in (Uni lit foa proctj
& il fur, en ijCq condamné aux g-Jçr«s comme eA.'TO« h'
brkateur de faune loterie. Il n'arriva pas à fa deltimtion étant
fnçt\ en chemin peu k prç« Ton départi
(il)
S'il y avoir parmi nous un Auteur qui aimas
paflionnément la gloire Se qui fe trompât fou-
vent fur les moyens de l'acquérir fublime dard
quelques-uns de fes écrits, rampant dans toutes
fes démarches, quelquefois heureux à peindre
les grandes paffions, toujours occupé des petites,
qui fans cène recommandât l'union & l'égalité
entre les gens de lettres & qâi, ambitionnant
la fouveraineté du Parnaffe, ne foufrriroit pas
plus que le grand Turc qu'aucun de. fes freres
partageât fon trône dont la plume ne refpirâç
eue la candeur & la probité, Se qui fans cefïg
tendit des pièges la bonne foi, .qui changea
de dogme fuivant le temps & les lieux, ia-
dépenda-.ic à Londres. cathoaique Pans
dévot en Auftrafie tolérant en Allemagne u,
'dis-je, la philofophie avoit produit un écrivain
de ce caractère, je fuis perfuadé qu'en faveur
de fes talens on feroit grace aux travers de
fon efprït & aux vices de foh cœur,
M. de Voltaire n'eft ici nommé ni perfonnaiifé
en rien & la méchanceté étoit d'autant plus
adroite qu'on ne pouvoit fuppbfer que le peintre
ne l'eût en vue, fans convenir de la vérité des
traits. M. de Voltaire aima mieux en quelque
(Qrte avouer cette telTernbla.iicç & fatisfaire. fon:
(effentiment. N'étant point à Paris il mit «**
Xn)
mouvement madame Pénis, fa «îece èc obtins
une partie de la vengeance qu'il defiroit j i il
auroic bien Souhaité qu'une lettre de cachet eût
fait enfermer Fréron dont le journal fut fîtn-
plement fufpendu pendant fis mois. On vit
paroitre à cette occafion une épigramme plut
fauglante que le paragraphe.
Il.a larme à l'œil la nièce d'Arouet
Se complaignoit au furveillant Maîesherbe Ci)
Que l'Ecrivain neveu du grand Malherbe (i)a
Sur notre épique ofât lever le fouet.
Souffrirez-vous, difoit-elle à l'édile,
Que chaque mois, ce critique enragé
Sur mon pauvre oncle, à tous propos diftili
Le fiel piquant dont (OR coeur eft gorgé.
Alats dit le chef de notre libraire,
Notre Ariftarque a peint de fantaifie
Ce monftre en.l'air que vous réalifez.
Ce montre en l'air 1 votre erreur eft extrême
Reprend la nièce; eh 1 monfeigneur, lifez:
Ce montre là, c'eft mon oncle lui-m,me.
Un pamphlet d'alors voulut que Fréron dût
£. M, de Voltaire fon rçtabliffement. Le jour--
(r) Mioiftre^!or« chargé par le gouvernement, de la librairie.
{•-) Où dit que, pac fa mets,
Cm)
nalifte n'en fut pas la dupe & dès la premier©
feuille il lança de nouveaux brocards contre ce
perfide ou prétendu bienfaiteur. ]
̃ lettre de M, de Foliaire àPAbbl fOEpet: où
il lui mande que c'eft mal à propos qu'on faifoit.
courir le bruit de fon retour Paris; qu'il étciç,
content comme un Roi fur fon lac. Il fe défend
suffi d'être l'Auteur de l'Ecueil du Sage il
J'attribue à M. Picardin, Académicien de Dijon.
Il trouve pourtant de l'intérêt dans cette pièce,
& c'étoit encore un des perfifflages ordinaires
de M. de Voltaire.
Epigrammefur Zulime attribuée à M. le Comte
de Turpin.
Du temps qui détruit tout, Voltaire eft la vi&ime}
Souvenez-vous de lui, mais oubliez Zulime.
La Balance égale Plaifanterie à l'occafion de
l'expuîfion des Jéfuites dont il étoit queftion
en M. de Voltaire y expofe le pour 5c
le' contre le tout y eft aMaifonné de farcafraes
qu'il favoit fi bien manieur,
Rlponjeau'x Epures du Viable M, de Voltaire
'1 } traite tr^s mal le rieur Palifîbt & tout le)
(iÇ)
monde applaudit à ce que l'écrivain dit de cet
anîi-Philoibphe.
La Souris Epigramme fur M. Fréron; on l'at-
tribue à on homme de la Cour 5 peut-être le
fetok-elîe plus juftement M. de Voltaire, qui
fe mafqueit fi fouvent fous des noms empruntés
pour répandre fes produirions fugitives.
Souris de trop bon goût, Souris trop téméraire*
Un trébuchet fubtil de vous m'a fait raifon;
Vous déchiriez, cruelle un tome de Voltaire
Tandis que vous aviez les feuilles de Fréron.
Extraie de la Galette de
iyG% Plaifanterie de M. de Voltaire que l'on
reconncîc toujours à fon ton (àtyrique.
Nous apprenons que nos voifins les François
font animés autant que nous, au moins dè
l'efprit patriotique. Plufîeurs corps de ce royaume
fignalent leur zeîe pour le Roi & pour la Pâme}
ils donnent leur néceflaire pour fournir des
vaiffeaux, & l'on nous apprend que les moines,
qui doivent auflî aimer le Roï, donneront de
ijêur fuperflu.
On affiue que les Bénédiûins qui poflçdenc
environ neuf jmîUions de livres sournois de
(
tente dans le royaume de, France, fournironc
au moins neuf vaifleaux de haut bord; que
l'Abbé de Ciceaux, homme très-important dans
l'état, puisqu'il pofféde fans contredit, les ineiK
Íeures vignes.de Bourgogne, & la plus grofle
tonne augmentera la marine d'une partie de
îcs futailles. Il fait bâtir actuellement un palais
dont lè devis eft d'un million fept cent mille
livres tournois, & il a déjà dépenîé quatre cent
mille francs cette maison pour la gloire de
pieu; il va faire conftruire des vaifleaùx pour
la gloire du Roi.
On affure que Clairvaux cuivra cet exempter
quoique les vignes de Clairvaux foient peu de;
jehofe mais pofl'édant quarante mille arpens de
bois il eft bien en état de faire conftruire de
bons navires.
Il fera ïanité par les Chartreux, qui le vou-
Idem même prévenir attendu qu'ils mangent
la meilleure marée & qu'il eft de leur intérêt
que la mer foit libre. Ils ont trois millions
de rente en France pour faire venir des tur->
bots & des foies j l'on dit qu'ils donneront
trois beaux vaiffeaux de ligne.
Les Prémontrés & les Carmes qui font au/fi
anéceflaires dams un état que les Chartreux 9c
qui font auffi iches qu'eux, fe propofenc de
fournir
li
fournir le même contingent. Les autres Moines
donneront a proportion. On eft fi afiuré de cette
oblation volontaire de tous les Moines qu'il
eft évident qu'il faudroit les rcgarder comme
ennemis de la patrie, s'ils ne s'acquittoient pas
de ce devoir.
Les Juifs de Bordeaux fe font coctife's j les
moines, qui valent bien les Juifs feront ja-
loux, fans doute, de maintenir lv fupériorité
de la nouvelle loi fur l'ancit-nne.
Pour les frères Jcfuites, on n'cflime pas qu'ils
doivent fe faigner, en cetre occafion atrendu
que la France va cire inceflamment purgée def«
dits Frères.
P. S. Comme la France manque un peu de
gens de mer, le Prieur des Céleftins a propofé
aux Abbfs réguliers Prieurs Sous Prieurs
Rç&eurs, Supérieurs, qui fourniront des vaif-
féaux, d'envoyer leurs Novices pour fervir de
Moufles, & leurs Profts peur fe'vir de Ma-
telors. Ledit Céleftin h démortré dans un beau
difeours combien il eîl contraire à l'efprit de
charité de ne forger qu'à faire fon faîut quand
on doit s'occuper de celui de l'État, Ce difcours
a produit un grand effet & rousles chapitres
dclibéroiçut encore ;ni d>'p;>rt de la pofte.
( 18 )
Le Balai Poëme h<5roï-comîque en dix-huit
chants que bien des gens fenféj attribuent â
M. de Voltaire. Cet ouvrage eft calqué fur la
Pucelle. Il y a de la facilite dans la verfification,
& même quelques images voluptueufes; mai9
on fent cembien d'inutilités» de longueurs, de
pillages il doit y avoir dans un poëme de dix-
huit chants fur un manche à ballaî, L'Auteur
a contact un chant entier i paflTer en revue,
fur les boulevards beaucoup d'Auteurs qu'il
traite de la façon la plus infame cat la plus
indécente.
Les Pourquoi ou Quefiions fur arne grande
affaire pour ceux qui n'ont que trois minutes à y
donner Plaifanterie attribuée à M. de Voltaire.
Elle roule fur la diflbluiion de la. fociété des
Jéfuites elle porte un caractère d'aifance Se do
gaîcé digne de fon Auteur.
Èpiorammtjur M, Fréron par M. de Voltaire»
Un jour, loin du facré vallon,
Une Variante dit;
On dit qu'au pied de 1 Hélicon
Un ferpent mordit Jean Fréron^
Savez-VOUS ce qu'il arriva?
Ce fin le ferpent qui creva.
(
B
On dit que cette Épigramme, originairement
en grec enfuite traduite en latin fe trouve
dans le dictionnaire de la Martiniere.
Cette Épigramme écoit encore un coup de
dent que M. de Voltaire cherchoit toujours à
fon critique, dont il fentcic avec dépit que la
dent ne ceflbit de le déchirer impitoyablement.
Le Journalifte, il dl vrai, poiufuivoit M. de
Vicaire avec beaucoup de févéritd, & même
fouvent avec méchanceté' il faut en conve-
nir; mais au moins y rnettoic- il toujours de
la fineffe Ôc de la gaîté. M. de Voltaire, an
contraire ne fe vengeoit qu'avec une fureuc
que fa haine lui infpiroit & qu'il portoit juf
qu'à la baffelTe & la lâcheté. On n'oubliera
jamais le portrait qu'il en a fait dès dans
la pièce de vers intitulée le pauvre Diable, On
diroit que ce font les furies qui l'ont tracée, C'sft
le pauvre diable qui parle.
Je ni'acoftai d'un homme à lourde mine,
Qui fur fa plume a fondé fa cuifine,
Grand écumeur des bourbiers d'Hélicon,
De Loyola chaffé par fes fredaines
Vermifieau né du eu de Desfontainçs
Digne en tout fens (le fou extrailion
Ldchc zoïie, autrefois laid giron.
Cet animal fe nommoit Jean Fréron.
(
Un Écrivain dont les talens pouvoient rendre
la gloire des lettres & du genre humain pou-
voit-il fans honte' les proftituer à un aafli
affreux ufage.
La vengeance de M. de Voltaire contre Fré-
ron ne s'en tint pas a ces traits, qui, félon lui,
fans doute a'avoient pas aflfez de publicité
elle alla jufqu'au point de le pourfuivre jufques
fur le théâtre, dans fa piece de l'Écoffoife, qui
parut en 1760. Il fy fait paroître fous le nom
de Frelon dont il fait un coquin un im-
pudent, tel qu'il n'en exiile certainement pas
parmi nos littérateurs, j
Saül: Tragédie de M. de Voltaire. Ce n'eft
point une piece ordina.ire c'eft une horreur
dans le goût de la Pucelle, mais beaucoup plus
impie, plus abominable on n'en peut entendre
la ledure fans frémir. Ce Drame embraie une
partie de la vie de Saüt & tout le rogne de
David. Les actions de ces Princes tournées en
ridicule & taxées de cruauté, y font rappro-
chées fous le jour le plus pittoresque. Si le buc
de l'Auteur a été de prouver que le dernier
» fi fott félon le coeur de Dieu le
le Prophète Roi le Saint Prophète étoit ce-
pendant coupable de toutes forces d'abc mina-
( »̃)̃
B3
il a réuffi. Au refte nul coloris étran-
ger, c'tft le fimple hiftorique de ces deux vies;
ce font le ftyle & les figures de l'Écriture Sainte.
de Pierre le- Grand tome 2., & qui
termine la vie de ce grand Empereur par
M. de Voltaire. On n'en eft pas plus content
que de l'autre. On trouve cet ouvrage extrê-
mement tronqué on y voit briller de temps
en temps les étincelles du génie de l'Hiftorien
de Charles XII mais ce n'eft que par inter-
valles; d'ailleurs il eft comme les prédicateurs,
le Saint du jour eft toujours le plus grand chez
lui. Il avoit, dans fa première hiftoire, fait fervir
le Czar de contralle à la gloire de Charles XII,
aujourd'hui Charles XII fprt de marche-pied atf
Czar.
Nouvelle Hijtoire générale trls-augmentée par
Af, de Voltaire Elle eft en 8 volumes. Quand
rage ri'auroit rien ôté à cet Auteur du brillant
du flyle Se de l'agrément des réflexions, il
n'etoit pas ïfoffibîe qu'il eût la profondeur, &
fur-tout l'exa<aitude fur laquelle eft fondée la
véracité, première qualité d'un Hiftorien.
Olymfiti 1 Tragédie de M. de Voltaire, trt*;
médiocre, d'un grand appareil de Spectacle.
Un M. Colini apprit an public qu'elle avoit été
jouée chez fon maître, l'Électeur Palatin, tk
qu'elle y avoit produit un grand effet. Il fe don-
non; pour avoir été attaché autrefois à M. de
Voltaire. En reconnoifîançe il fit imprimer cette
Tragédie.
Jdd'nîon à CEffai fur tHifloirc générale & les
moeurs des nations depuis tharlanagnt jnfqu'à
nos jours. Telle eft la fuite de l'Hiftoire Univer-
felle de .M. de Voltaire. C'efl: un croquis rrcs-
informe de tout ce qui s'eft paflV jusqu'à la
paix de Il veut tout embraffçr, n'appro-
fondit rien & traite tous les événerhens de
U maniere la plus vague, la moins circonftan-
ciée & fouvent la plus erronée.
lFcble fur fcxpulfon des Jéfuites pnr M, de
Foliaire,
Les Renards & les Loups un jour étoient en guerre
Les Moutons refpiroientj les Bergers imm-udens
ChaflVrent par arrêt les Renards de nos champs
Les Loups vont d^foler la terre
Les Bergers, foit dit entre nous 7
Ne pourronc-ils pas bien s'entendre avec l.es, loups.
(
B 4
Èpigramme de M. de Voltaire fur M. de Vompipian*
si Coccajion de fa Traduction de Jérêmie,
̃ Savez-vous pourquoi Jérémie
A tant pleuré durant fa vie ?
C'efl: qu'alors il prophvtifoit
Que Pompignan le tradukoit.
Vers de M, de Voltaire à ? Impératrice de Ruffie,
Dieux qui m'ôtez les yeux & les oreilles;
Rendez-les moi je pars au m.ême inflant.
Heureux qui voit vos augures merveilles,
O Catherine heureux qui vous entend.
Plaire & régner, c'eft là votre talent;
Mais le premier me touche d'avantage
Par voire efprit vous étonnez le Cage-,
Il cefTeroit de l'être en vous voyant.
Injitucl'ion paflorale de fhumbh Evêqm £AUto~
polis à foccajion de tinjlruclion pajlorali de Jean
George) humble Evêque du Pu)'. Pamphlet de
M. de Voltaire, touchant cette, inftruclion de
trois cenrs pages i/z-40. ? avec des notes Sz
dans laquelle M. de Voltaire efl attaque en
pUifieuis endroits &. très tnaltraité pour (on
«snîpte celui-ci a- voulu s'envenger par des îaï-
(M)
cafmes & il a accouplé au Prélat ton frère
l'Académicien. Cette plaifanterie n'eft pas des
Meilleures elle n'empêche pas que l'Ouvrage de
M. du Puy ne Toit très-eftirné. On p?ur confulter
fut cet écrit le livre intitulé Tableau phUofo-
phique de l'efprit de M. de Voltaire, page 177o
Lettre d'un Quaker à Jean George Lefranc de
Pompignan Evcque du Puy en Vêlai fî$né Frac
Sinon lefran,c de Pompignan, M. de Voltaire
cherche à erre plaifant dans cette épitte il re-
vient Air l'intrusion paftoraîe qui le bleffe fore,
& dont il auroit moins parlé fi elle n'avoit pas
rempli fon objet. Il fait de vains efforts pour
la rendre ridicule d!e triomphe de tous fes
farcafmes, dont la plupart tombe ¡\ faux abfo>
Jument. A ce titre de Quaker il Ce permet des
réflexions philosophiques trop connues pour avois
le mérite de la nouveauté ainfi que la plupart
de fes épigrammes
Ce qui pla it aux liâmes Conte de M. de
Voltaire dans le goût de la PuceUe, narré avec
une naïveté charmante orné de toutes le»
grâces de Con tlyle les amis de M. de Vol-
çaîre ne doutcnt pas que cet Ouvrage, d'environ
-?ci$ n"*iî été dans fon po«e» feuille plu»
(M )
de 3o ans avant qu'il le fît paroîcre, car il a
aoute la fraîcheur & la volonté de fa jeuneffe}
quant aux idées génératives) on voit que
l'Anode lui a été d'un grand fecours. C'eft une
fable allez puctile, très délicieufemenc rendue.
Chanfon de M. de Voltaire fur M, de Pcmpignan
fur l'air d'un inconnu
Simon Lefranc, qui toujours Ce rengorge,
Traduit en vers tout le vieux Tefiament
Simon les forge trés-durement
Mais pour la profe, écrite horriblement,
Simon le cede à fon puîné Jean-George.
Lettre de M, de Voltaire en ripoiife à M. de
Ea Harpe, à d'occafon d'une Tragédie de celui- d
critiquée par M, Fréron Cette lettre prodigue
les éloges en faveur de l'Auteur, s U finit ainfi
il y a eu de tous temps des Frérons dans la
littérature, mais on dit qu'il faut qu'il y aie
des chenilles, parce que les roffîgnols les mangent
pour mieux chanter.
Trahi de la tolérance on a prétendu que M. de
Voltaire l'avoir d'abord adreffé à M. le Duc de
Choifeul, avec une lettre cavaliete où il l'appelle
fou Colonel, il JTuppfe qu'un
i 16 )
apporté le livre pour le préfenter ci; Minière
il part delà pour dire des fadeurs au Duc Sf
lui donne des éloges qu'on eft toujours fâché
de voir proftituer battement par un homme de
lettres. Au refte on a annoncé le livre co:nme
très bien fait & plus conféquent que ne le font
ordinairement Ies ouvrages de M. de Voltaire.
Il eft fur-tout dirigé contre l'inftrudtion pafto-
rale de M. l'Evêque du Puy.
leure, du Secrétaire de NI. de Voltaire au Sécre!aire
de Ai; Le franc de Pompignan Ceft encore une
gaîté de M. de Voltaire contre cette famille
mais elle manque de fel & force de les
prodiguer, elles deviennent fades, pour ne rien
di plus.
Macare & Thilème: Allégorie M. deVoUsire,'
dans un mot de lettre à M. le Duc de la Val-
liere, lui apprend que Macare fignifie bonheur,
Se Tké/ème7 volonté, en grec. Si l'Auteur a voulu
contrarier avec les allégories de Rouffeau i1 a
le deffous. Cette pièce eft très médiocre & n'a
ni la couleur ni la légdreté nï le coloris dçs
pieces fugitives de M. de Voltaire.
les trois manières Açplan ¥ Origine des métiers)
(
l'Education d'un Prince Contes nouveaux de
M. de Voltaire où l'on trouve cette touché
délicate qui n'appartient qu'à lui; quoiqu'ils ne
foieiit pas également bons ils fe font lire avec
plaifir.
Corneille, en douze volumes in dédié à
MM. de l'Academie Françoife. On voit en gé-
néral que M. de Voltaire a vifé faire un
ouvrage volumineux il n'a rien omis de toutes
les picces qui avoient un rapport direct ou
éloigné de celles de Corneille c'eft en
qu'a paru cet ouvrage tant attendu. Il s'en: élevé
un cri général contre cette nouvelle édition de
Corneille par M. de Voltaire; il paroît s'être
attaché à déprimer ce grand homme Se fous
le prétexte d'inftruire de notre langue les jeunes
gens & les étrangers, il avance fur les plus belles
tragédies de ce père du théâtre des affections
qui en révoltent les partifans. Tout en: tronqué
dans ,cet ouvrage de difcuflîon il relevé des
fautes grammaticales que chacun découvre au
premier coup-d'oeil il fe répète fans ceffe &
par une adreffe qui n'en: point affez cachée
il paroîr adopter Racine, & le mettre en tête
de fora rival pour le mieux écrafer en un mot,
tien d'approfondi, point de vues générale$
( t8)
nulle analyte refléchie d'aucune de ces tragédies.
On fent facilement que ce travail lent & coû-
teux ne fympathifoit pas avec l'imagination
fougueufe de M. de Voltaire.
On a été indigna non-feulement de la cri-
tique amere & dure que M. de Voltaire fait
de Pierre Corneille, mais de ce que, fans nécef-
fité, il fuppofe qu'on a defiré voir joint a fon
commentaire les deux pieces de Thomas reftées
au théâtre, Ariaine & le Comte JEjftx. Il les
enveloppe dans fa critique, les dilfeque les
pulvérife & réduit prefqu'â rien. Plus on avance
dans la lecture de Corneille, par M. de Voltaire,
plus on découvre fon acharnement à rabaifTec
le grand homme. On lit à la fin de Senorius
une proteflation des plus adroites & des plus
cruelles où le commentateur en faifant fa
profeflîon de foi 1 l'égard du pere du théâtre,
ne s'humilia lui-même que pour le dégrader
davantage; il réfulce de la leéture de fon ou-
vrage qu'il a moins prétendu faire voir le%rand
que le vieux Corneille; pour comble de cruauté,
il a fait précéder fa Bérénice de celle de Racine.
Quelle étrange'difparate, quand on fort du ftylo
onctueux de Racine, & que l'on tombe dans
les barbarifmes les afpéritft, les fadeurs de fou
Lettre ou dialogue de rame avec le cocps M de
Voltaire appelle la première Lifette elle fe
révol:e contre le dernier, & lui reproche de
l'aflervir. On fent que c'eft un matérialifme dé-
guise, un detrein formé de faire voir combien
il eft ridicule de former un pareil afiemblage
M. de Voltaire, qui avoit moins que jamais
des idées neuves cherchoit à colorer de ion
ftyie & s'approprioit bien des chofes dont il
avoit le talent d'embellir les idées des autres.
Difcours aux Welches Satyre impertinente
coutre la Nation, On y voit la fureur d'écrire
dont étoit poffédé M. de Voltaire, que rien ne
pouvoit arrêter. Il en avoit d'abord paru une
première partie qui ne valoit pas grand'chofe
la fuite lui eft encore inférieure,
Dictionnaire phltofophique Ouvrage de M. de
Voltaire, où règne une liberté de penfer fur la re-
ligion, fur les dogmes & les faits qui l'intéreflent,
qui annonce le génie de l'écrivain; il n'eft point
de ltracapetne que l'Auteur n'ait employé poar
peifuader au public qu'il n'avoit aucune p.uc à
cet ouvrage. Outre les lettre; écriras à fes amis,
à fë)> co;mo:;r.wKCS â fes proteiienirs ixk-.kçs
il en écrivit encore à l'Académie Fratiçoife
comme fi il eût été poflîbîe de prendre le change
fur fa parole lorfque chaque ligne de cette
oeuvre philofophique porte le caractère de fon
ftyle & de fon efprit ce tivre fufceptible de
toutes les additions poffibles a eu une nou-
vellc édition en laquelle a été brûlée à
Genève, Se proscrite même en Hollande, enfin
brûlée â Paris par arrêt du Parlement du 19
mars
La Philofophie de Fhifloin par feu l'ABbè
Batfn Ce livre eft dédié à l'Impératrice de
Rufrie; c'eft une fuite au Dictionnaire philofo-
phique. On ne peut douter que cet Ouvrage
ne foit de M. de Voltaire'; tout y eft marqué
au coin de fon efprit de fa plaifanterie & de
fon incrédulité ce livre qui paroic reflaffer
beaucoup des chofes déjà répétées mille fois &
Qu'il a traitées lui-même ailleurs, eft embelli
de tout ce que peut y ajouter le farcafme du
bel efprit. Il y a à la fin une petite note par
laduelle on annonce que c'eft tout ce qu'on a
pu recueillir du tnanufctit de cet Abbé, au.
quel on n'a eu garde de toucher s fi l'on en
déçonvre la fuite on promet de la donner au
public c'eft ce qu'on appelle une pierre d'at-
( JI )
tente de cette, fuite que l'on pouvoit regarder
comme étant dans le porte -feuille de M. de
Voltaire, cet Auteur intariffafele.
Qtieflions fur les miracles Petite brochnre de
2.0 pages, par où M. de Voltaire commençoit
à paroître vouloir débiter en détail le poifon
qu'il avoit introduit en gros dans fon Diction-
naire philorophique & fa Philofophie de l'hif».
toire. On trouve la même ardeur pour renverfer
la. réligion & la norale; il y prend le ton d'un
fceptique modèle, & couvre les argumens qu'il
emprunte de côté & d'autre de toutes les grâces
de fon ftyle; il a pris la vraie tournure pour
tromper la crédulité & gliLfer fon venin par-
tout où il voudra, avec plus de fécurité & de
fuccèst
Autres que fiions d'un Propofant ci M. le. Profef.
feur en Théologie, fur les miracles Nouvelle
producHon de M. de Voltaire & fort analogue
à la précédente. Elle a 14 pages in- 1 a d'impref-
{¡on on y traite trois points commenr les,
Philofophs peuvent admtttn Us miracles: ïls bleffenc,1
Suivant l'Auteur, l'ordre immuable de la for.
mation du monde de l'évidence des miracles de
4'.Ancien Teftame/tt;$c enfin des miracle? du Nou-
veau Tejlamênt. L'écrivain a beau vouloir fe maf-
quer, on le reconnoîc toujours il la marche de
fes pensées, à la tournure de fcin ftyle.
Doutes nouveaux fur h teJfament du Cardinal de,
îiichdhu. Cet ouvrage avoit été fait ancienne-
ment, par M. de Voltaire pour répondre à M. de
Foncemagne qui foutenoit contre lui que Je
teilament da Cardinal étoit vraiment de ce
Minière. On ne peut qu'applaudir aux politefîes
& aux égards de M. de Voltaire dans cette, ré-.
plique à M. de Foncemagne. Uu Anonyme pu-
blia, au commencement de une brochure
intitulée Arbitrage entre M.
,41, de Voltaire au fujet du ieftamènt du Cardinal
Je Richelieu. Cet Auteur ne femb'e donner gain
de caufe à M. de Foncemagne fu: un point,
qu'afin de foutenit avec plus de vraifemblance
l'opinion du dernier dont il paroît engoué. Il
loue l'un & l'autre fur leur façon polie de s'at«
târuer & de fe défendre; il prétend que de
Foncemagne a raifon de regarder comme du
Cardinal, ou au moins comme avouée de lui,
H première partie de l'Ouvrage qui contient
une récapitulation des faftes du règne de
Louis XI II. C'eft là où fe trouvent les ratures
& les coue&ions des mains du Cardinal 5 mais
c
que le refte doit être regardé avec M. de Vol-
taire comme l'Ouvrage informe & mal digéré
de l'Abbé de Bourzeis, & ne porte en rien
l'empreinte du génie de ce grand homme.
Lettres fecreres de M» de Foliaire publiées en
1764, par M. L. B. elles font écrites depuis
1734 jufqu'à1 1744. Cette produ&ion femble
cetse fois-ci vraiment une infidélité; elle coin-
tient des chofes faites uniquement pour le fein
de l'amitié quoiqu'on annonçât ces lettres
comme curieufes, comme relatives aux querelles
de M. de Voltaire avec Desfontaines avec
RoufTeau avec Lefranc de Pompignan; comme
contenant des Anecdotes littéraires & de bons
jugemens fur ces Ouvrages du tems, on ne peut
qu'attribuer à l'avidité des éditeurs cette pu.
blicité. On y trouve peu de faits noyés dans
tous les détails ou dans tout le verbiage auquel
fe livre un Auteur qui écrit dans fon déshabillé.
Ces lettres fecretes ne font qu'une très petite
partie de ce qu'on avoit recueilli M, Robinet,
l'Auteur ex-Jéfuite du livre intitulé Dc la na.
ture en. eft l'éditeur il a mis pour lettres
initiales publiées par M, L. B, voulant faire
entendre La Beaumelle qui n'y avoit aucu*è
part, Il a fupprimé toute la correspondance avec
( 34)
le Roi de Pruffe, foit qu'il n'ait pas ofé la faite
paroitra, foit qu'il ait efpéré en retirer plus de
profit de ce Prince enfin il a tronqué une
infanité de lettres ce qui rend çe recueil très.
décharné & ttës-fec. On a vendu le manuferic
af louUi, Se c'eft par une fille, maîrrefle d'un
homme anciennement attaché à M. de Volraire,
qu'un homme-de lettres avide a fait enlever ce
jnanuferit.
Lettre de M. de Voltaire, du x^ février
M. Berger l'intime ami dans le fein duquel
l'Auteur dépofoit fes fecrets & à qui on a
enlevé les lettres fecretes dont on vient de
parler. M. de Voltaire, dans celle-ci après avoir
plaifanté M. Berger fur la pierre dont il étoit
tourmenté 6c avoir fait, quelques réflexions
burlefques fur la providence le gronde de
«'être laine prendre des copies de fes lettres
par un nommé Vaugé au refte' il prétend
qu'elles font fi défigurées qu'il ne s'y reconnoît
pas lui-même. Il tombe enfuite fur Fréron, &
finit par fe féliciter de la vie délicieufe & fimple
qu'il mené aux Délices. On voit quelque chofe
de contraint dans cette façon de penfer & cja
plaifanter qui déplaît ç'eft un vieillard feptua-
gcna'ue qui s'efforce de rire, la rage dans le
C»)
C 1
coeur. C'cil probablement à l'occafîon de cette
efcroqucrie littéraire que M. de Voltaire fit alors
retentir toute l'Europe de fes réclamations contre
la foule d'éditions de toute efpece qu'on donnoir
de Ces oeuvres ténébreuses, en tout ou en partie;
il en écrivoit par-tout, au Mercure, au Journaj
Etranger au Journal Encyclopédique j &c. il dé.
favouoit le livre intitulé Recueil complet des
Œuvres de M. de Voltaire, où font le Saiil &
le Sermon des cinquante, il défavouoit le Dic-
tionnaire phihfophique les Lettres furètes, &c.
&c., St malgré toutes ces protestations, M. de
Voltaire ne réuffiffoit pas à faire des dupes on
'toit trop au fait de ces manoeuvres en ce genre.
Dénonciation de Jtfus-Chrifi.y de d'ancien &du
nouveau Tefiament à toutes les Puijfances de
CEurope Ouvrage formidable de M. de Voltaire
Ce fingulier homme, toujours avide de renom.
mée, avoit la manie de vouloir faire tomber la
réligion c'étoit pour lui une forre de gloire
dont il avoit une foif inextinguible. Il n'eft
prefque pas un de fes écrits qui n'annonce com-
bien il en étoit dévoré.
Lettre toccajion d'une réponfe aae h Roi fit
il fin Parlement le mars 1766, Lés critiques
<3«->
tinrent y trouver les principes du
établis avec la plus grande hardiefie fur ceux
du droit naturel mais le ftyle en eft fort,
nerveux, noble £ quelques phrafes près très-
entortillées M. de en refpc&ant avec
toute la fourmilion d'un fujet les principes qui
y font établis, n'examine cette réponfe que
du côté littéraire; il la trouve fi bien écrite,
le ftyle en eft fi fort, fi concis Il rapide fi
noble, qu'il ajoute que Ci Sa Majefte n'étoic
pas protectrice de l'Académie il faudroit fur
le champ lui donner une place par acclamation,
Poétique de M. de Poltaire ou Obftrvadons rt«
cueillies defes Ouvrages concernant la vérification
fra nçoife & les différent genres de poéfùs fiyle poé-
tique &c. On fent bien qu'un pareil Ouvrage
n*a été fait que par M. de Voltaire lui-même,
ou par un de fes Suppôts.
Penfées plrilofophiques de M, de Voltaire ou
Tableau Encyclopédique des connoifiantes humaines
contenant tefpntt maximes principes carac?cres,
portraits &c. tirées des Ouvrages de ce célèbre
Auitur rangées fuivant tordre des matieres.
On attribueront volontiers cette compilation à
de fades adulateurs à des écrivains mer;e-
G*
naires; qui ne cefïbient d'élever des trophées à
la gloire de M. de Voltaire, comme fi fes
propres Ouvrages n'étoient pas un monument
Supérieur à tous ceux qu'on auroit pu lui con.
facrer mais on dit que M. Contant d'Orville
en eft l'Auteur prétendu, & on a foupçonné
M. de Voliaire lui-même d'aroir été de moitié
fuivant l'ufage.
Lettres fur t'affaire & l'exécution du Sieur de la
Barre, Gentilhomme brûlé à JbhevilU pour facri-
âge. Il y en a trois elles font dignes du celebre
Auteur par ce cri de l'humanité qu'il faifoic
entendre par-tour, & par ce farcafme un dont il
affaifonnoittout ce qu'il difoit; il cite ehtr'autres
chofes, dans ces lettres l'hiftoire d'un M. le
Camus qui étant jeune Prêtre, communie
un cochon avec une hoftie & ne fut qu'exilé»
Ce même Camus, parent de M. de la Barre*
fut depuis Cardinal. Ces lettres firent grand bruit
au Parlement; la premier Préiîdent en porta
fes plaintes au Roi: on y femble rendre compte
de tout ce qui s'eft pane à Abbeville ainfi
que de la fermeté avec laquelle M. de la Barre
a featfert fon fupplice»
Uttrt fur k jugement de M, de lalfy; M. de
(
volraire y fronde fuivant fon ufage, le juge-
ment du Parlement. Ses plaintes au Roi contre
l'Auteur contre fa licence à critiquer [es
arrêts, ainfi qu'à écrire fur des matieres dan-
gereufes & propres à répandre l'athéifme par-
tour firent craindre à fes amis qu'il n'en
éprouvât des fuites fâcheuses pour les éviter t
ils rengagèrent à folliciter une retraite auprès
du Roi de Pruffe, Voici ce qu'il en écrivit à
l'un d'eux Il eft vrai que j'ai été faifi
» de l'indignirion la plus vive Se en même-temps
la plus durable mais n'ai point pris le parti
que l'on fuppofej j'en feroïs très-capable fi
j'érois plus jeune & plus vigoureux, mais il
s> eft trop difficile de fe tranfporter à mon âge
» Si dans l'état de langueur où je fuis j'arten-
»» drai, fous les arbres que j'ai plantés, le mo-
w ment où je n'entendrai plus parler.des horreurs
o qui font préférer les ours de nos montagnes
des linges & i deb tigres déguifés en hommes,
w Ce qui a fait courir le bruit dont vous avez
» la bonté de me parler, c'eft que le Roi de
Prune m'ayant mandé qu'il <!onneroit aux
» Sirvens [ nom d'une famille promettante perfe-
cutée comme les Calas ] un afyle dans fes
états; je lui ai fait un petit compliment, je
p lui ai dit que je voudrais les y conduire moi-
( 3911
Ci
w même, $c il a pris apparemment mnon comi
» pliment pour une envie de voyager, &c. »
On voit par cette lettre, on il regne beaucoup
d'humeur que les bruits qui avoienc court?
n'étaient pas tou: à fait deititués de fon-j
demeHt.
Le Philofophe ignorant On reconnoît à chaque
page de cette production fAuteur de la Philo-
fophle de l'hifloire, &c. Il a divJfé fon livre en
doutes qu'il feroit bien difficile de réfoudre à
ne fuivre que les lumieres ordinaires de la
raifon, & qui fondent le pyrrhonifme fi dan-
gereux pour les vérités reçues; Se c'eft ce que
M. de Voltaire fembloh vouloir, par fes écrits,
nourrir & fortifier dans l'efptit de fes lecteurs.
Appel au Public Réclamation inférée dans
les Ouvrages périodiques par M. de Voltaire
contre fes Lettres A fes amis du Parnajpt, avec des
Notes hifioriques critiques cVc. Il joint 4 ccs ré-
clamations des certificats qu'il a mendiés pour
atteftet des interpolations, des infidélités: c'eft
q\nCi qu'en brochaht fur tout, & poffécié de la
manie d'écrire il imprimoil 5c 4«favpuoit ce
qu'il avoit fait. Il réitere ici fes plaintes tant
de fois répétées contre les éditions prétendue»
clandestines de fes Ouvrages; il infinité que la
Dictionnaire, philofophiquc n'cft pas tout entier de
lui & recommence par une nouvelle forcie
contre fes éditeurs, qu'il appelle calomnia-;
teurs écc. Il voudrait intéreffer les puiflances
à le venger; rien de plus plaifant que tous ces
défaveux & de plus propre à en impofer à
ceux qui ne connoiuent pas le deflbus des
cartes.
Lettre à l'A blé d'Olivet fur fa nouvelle édition
fy la ProJôdie elle eft datée du Château de
Ferney, le janvier M. de Voltaire y
televe différentes clocutions vicieufes devenues
à la mode en général, il y paroîc peu content
'de nos Auteurs modernes » Se fur-tout du nou-
veau genre. d'éloquence qu'on a introduit. Il
critique plafieurs mots ufités dans ce qu'on ap-
pelle la bonns compagnie. Dites- moi fi Racine a
per^e Coileaii &c? fi l'un,8:. l'aucre ont miflifît
la fontaine <kc. ? On lit cette phrafe ren?ar-
quable en parlant de ,M. de la Harpe un/euns
Jiomme d*un rare mérite déjà çêUbre parles prix qu'Il
a rtmponis notre. Académie & par une Tragédie
qui a mérité fort grand fucch, Il nous apprend
enfin qu'il reçoit quelquefois des lettres du Phî-
Kofophe le Sans Souci ( le Rgi de prune), qu'il
(
a l'honneur d'être encore dans fes bonnes grâces,'
que c'eft une des confolations de fa vieilîeffe.
'La Guêtre de Geneve Poëme en quatre chants;
Le premier répand grands flots le ridicule
fur Geneve Se fes habitans; il eft gai, mais
d'une gaieté grivoife qui fent l'homme fortanc
de la taverne il n'y a point de morceaux dé-
licats tels qu'on en trouve dans la Pucelle. Le
fécond cü une fatyre horrible contre J. J. Rouf-
feiu j il y eft peint fous les couleurs les plus
odisufes & les plus infâmes il eft fait pour
intéreffer en faveur de ce malheurem fes propres
ennemis 6c l'humanité feule réclame contre cet
abominable Ouvrage.;
Recueil nècefjaire c'eft une cfpece d'atCénal
infernal où M. de Voltaire non content de
dépofer toutes Ïes armes qu'a fabriquées fon
impiété, ramafle encore celles des plus cruels
ennemis de tout dogme & de toute morale.
Cet Ouvrage, qui parut en feroit dire
de l'Auteur qu'il étoit toujours poiédé du projet
d'enfevelir la religion avec lui oa avant lui.
Il contient
i°, Une Analyfe de la religion chrétienne,
par M. du Mariais Logicien au (II ratouuble
u*i
par fes raifonnemens cloquons que par, fa dia-,
le&!qtïe vigoureufe.
i<\ La confection dû Vicaire Savoyard, de
M, Rouffeau.
3°. Le Dialogue d'un honnête homme & d'un
C&toyer.
Le Sermon des cinquante.
se. L'Examen important, attribué 1 Milord
Bolinbroke, mais en effet de M. de Voltaire
c'eft un développement du Sermon des cin-
quante, où, avec autânt d'éloquence que d'éru-
dition, fAuteur a joint plus de tâtonnement.
6°. Lettre de Milord Bolinbroke, qui en peu
de chofe.
7°. Un Dialogue entre le Raifonneur & l'Ado-
ïateur Ouvrage trop frivole pour le fujet, trop
grave pour le titre.
8°. Un Dialogue d'Epitete & de fon fils$
Les Homélies prononcées à Londres en 176 c la
première roule fur le Théisme, que M. de Vol-
taire combat mal; la féconde, fur la fuperilition
qui n'eft autre chofe que les raifonnemens
& les'détails pathétiques vus déjà dans fon
Traité de la Tolérance les troifieme & qua·
trieme fur l'Ancien & le Nouveau Trament,
qu'il, examine qu'il difctite, & où il rappelle
( 43 )
tout ce qui te lit dans fon Sermon des ci.
quante, dans fon Dictionnaire philofophique &
ailleurs, &c.
.Le Zapata C'eft un Bachelier de Valladolid
que M. de Voltaire fuppofe propofer la junte
des Dormeurs de Salamanque un nombre de
queftions qui l'embarafTent dans l'Ancien & le
Nouveau Trament; ce font toutes les contra-
dictions, toutes les abfurdités, toutes les horreurs
qu'il avoit déjà revélées dans fon Dictionnaire
philofophique & dans les differens Ouvrages
qu*il avoit donnés depuis qu'il s'étpit livré.
la Théologie Se à la métaphysique en général,
il ramené ce qu'il a dit cent fois mais fou
farcafme eft toujours piquant & réyeille le goût
des lecteurs pour des matieres remâchées trop
fouvent. M. de Voltaire prétend que l'original de
ces doutes eft dans la bibliotheque de Brunfwik;
ils font au nombre de foixante-fept & l'on juge
bien que les fages maîtres relent fans répond.
La difenfe de mon oncle M. de Voltaire y
faix parler le neveu de fAbbé Bazin. On faiç
que la Philofophiede thiftoire a été publiée par ce
dernier, ou plutôt fous ton nom j que c'eft un
perfonnage chimérique qui n'a jamais exihé, &
cfeft le livre qu'on veut défendre. Cette plaifan^
terie eft particulièrement dirigée contre un M. Lar»
cher, Auteur obfcur d'un prétendu Supplément
la Philofophie de Vhiftoire> qui n'en eft que la
critique. M. de Voltaire dont l'amour-propre
s'égratigiiqit facilement, accommode de. toutes
pièces ce piteux adverfaire it enveloppe auflx
dans cette facétie Fréron & autres perfonnages»
plaftrons ordinaires de fes tailleries. On ne peut
fefufer à cet écrit beaucoup de gaieté & même
le feu de la jeuneflè mais malgré les prétentions
de M. de Voltaire à rire & à faire rire les
gens fenfés ne voient plus en lui qu'un ma-
laie attaqué d'une affë&ion métancolique, d'une
manie trifte qui le rappelloit toujours aux mêmes
idées fuivant la définition qu'on donne en mé-
decine de cet état vaporeux t Dtlïrium circà unum
& idem obfcBum.
V«ffton dt Jêfus-Chrîfi On nre peut s'empê-;
cher de l'attribuer à notre philofophe. On y re:
marque beaucoup d'art, & les vers en font très-
bien faits; la nobleffe, la décence qui regnent
dans ce Poëme ne permettent pas de croire que
c'eft une capucinade ou l'ouvrage d'un écolier.
Oncroiroit plutôt que M. de Voltaire, voulant
«enter tous tes genres de travaux, fe fera in1
pofé cette tâche difficile ,• ainfi Corneille, dan*
fa vieilleffe,mit envers limitation ainfi Newton
commenta PApocalypfe.
Zes honnêtetés littéraires elles font au nombre
de vingt-fix & forment une brochure d'environ
deux cents pages. M. de Voltaire pour n'avoâr
pas l'air d'égoïfer trop, commence d'abord par
venger quelques Auteurs illuftres de leurs en-
nemis j i il revient bientôt aux fiens, ente'autre=-
un ex-Jéfuite nommé Nonotte, lequel a compofê
un livre intitulé Erreurs de M, de Voltaire fur
les faits hifloriques & dogmatiques &c. M. de
Vo6taire donnant lui-même le modèle des grof-
fiéaetés qu'il reproche aux autres, emploie trente
pages à dire des injures à fon adverfaire; les
mots de gueux, de gredin, de canaille, &c., ne
fe reproduifent que trop couvent c'eft un charn-.
pion qui d'abord entre en lice en riant s'é-
chauffe enfuite, & enfin éprouve des fureurs
convulfivesj la profe eft de temps en temps
épicée de vers encore plus piquans, on y lit
entr'autres cliofes une fatyre intitulé Montre
guignard, qui n'elt fûrement pas une honnêteté
littéraire.
Fragment des Injlruclions pour le Prince Royal
de Prufe. Berlin, M. de Voltaire, qui
pafroit facilement d'un genre à l'autre après
avoir houfpillé cetre tourbe de petits Auteurs
qui s'étoient attirés Ion anîmadverfion, donne
ici des leçons aux Rois, & plaide la caufe de
l'humanité. Cet Ouvrage contient fept para-
graphes, termînés par un N. B. le cède
manque. A la fuite font deux petits morceaux
fur le divorce & fur la liberté de conscience.
Cette brochure eft un mêlange de la morale la
plus exquife avec les affermons les plus hardies
& les plus dangereufes, & toujours un vernis
de plaisanteries fur les rhofes les plus graves,
des farcafmes au lieu de logique; c'eft Arlequin
qui jette fon manteau philofophique & fe montre
à découvert.
Leirre de M. de Voltaire à M. C Atttbajfaâeut ît
Ruffie, alors rendent à Paris t
sc Je vois par les lettres dont Sa Majefté
a Impériale & Votre Excellence m'honorent',
si, combien votre nation s"élève, & je crains que
sa la nôtre ne commence à dégénérer à quelques
•1 égards. L'Impératrice daigne traduire elle-
même le chapitre de Bélizaire que quelques
hommes de collège calomnient à Paris nous
n ferions couverts d'opprobres, fi tous les hou*
'in nltes gens, dont le nombre en: très grand
en France ne s'élevoient pas hautement
contre ces turpitudes. Il y aura toujours de
l'ignorance, de la fottifè & de l'envie dans
ma, patrie, mais il y aura toujours de la
♦» fcience & du bon goût. J'ofe vous dire même
» qu'en général nos principaux militaires & ce
» qui regarde le confit, les conseillers d'état
» & les maîtres des requêtes font plus éclairés
qu'ils ne l'étoient dans le beau fiecle de
» Louis XIV. Les grands talens font rares,
mais la fcience & la raifon font plus com-
munes. Je vois avec plaifir qu'il fe forme
» dans l'Europe une république immenfe d'ef-
» prits cultivés; la lumière fe communique de
tous cotés il me vient fouvent du nord des
p chofes qui m'étonnent il s'eft fait depuis
o environ quinze ans une révolution dans les
w esprits, qui fera une grande époque) les cris
» des pédans annonçent ce grand changement
comme le croaflèment des corbeaux annonce
» le beau temps &c. Cette lettre eft du cou-
» rant de i y6j, »
Tableau philofophique de PHifloirc du genre hu*
main depuis la création du monde jufqifà Çonf-
tanùn Ouvrage prétendu traduit de l'Anglais,
<4*>
en trois parties avec cette épigraphe 'Alluâ
qu&riw quam corngaiur error ut mortalium» C'eft
encore une produ&ion de M. de Voltaire qui
a voulu lutter cette fois-ci contre Boffuet mais
c*eft un nain qui s'élève en vain fur la pointe
des pieds pour atteindre un faperbe géant.,
L'Auteur ne perd point de vue de fapper tou-
jours la révélation Ce tout ce qui fert de bafe
i. la religion; il ne le fait pas ici fi ouvertement:
que dans fes autres écrits il s'y prend plus
lourdement. C'eft un ton d'ironie perpétuelle
qui dépare tout-à-fait l'hiftoire & eft indigne
de Sa Majesté au refte l'Ouvrage eft rapide
& ferré embrafle en moins de volume beau-
coup, plds de faits que VHi/loir* univcrfclle de
l'Evêque de Meaux.
Chariot, ou la Comteffk de c'ett un Drame
tragi-comique, en trois actes 6c en vers, joué
au château de Ferney, au mois de feptembre
Il n'eft pas digne de M, de Voltaire; fa
touche comique n'a jamais été inerveilleufe on
la trouve du plus mauvais goût, Cet Ouvrage
très. froid, très-trifte, & dont aucun caractère n'eft
développé qu'aux noms des 4#eurs fait croire que
c'eft une production jettée au hafard & on le
voit fans peine. 11 dit, dans un bout de la pré-
face,
(49)
D
ïaee, qoe !e fond de la pièce en Henri TV', mais.
qu'il n'a ofé mettre ce Roi fur la fcehe aptes
M. Coilé. En effet il eft perpétuellement queftion
'de ce Prince qui ne patuit pas & qui opère pour-
tant le déuouement rien de j. lus bigarre que
cet embtion dramatique tout-à fait informe.
Doutes fur la Religion avec analvfe du Traité
Théologico-politique de Spinofa Quoique cet
Ouvrage foit attribué au Comte de Boulain-
villiers on reconnoît facilement dan$ le pre-
mier la tournure d'efpïit & le, ftyL d^ M. de
Voltaire^ A travers tes objectons fortes qui i'y
trouvent & qui ne font pas de lui ou y dé-
mêle ce ton d'ironie qui le caraftérife il y a
fpécialement dans le chapitre fur l'eglifç & les
conciles us Dialogue entre i'tglife & un Indien,
où il fe dilate la rate & s'en donne sUœur joie.
Il y prend le !uig".Uec pUUir de faire aire à la
première bien des? fottifis & des absurdités.1
Quant au fecond traité il eft moins fufveptible
de plaifanteries. C'en; une difeulhon afler fsche,
mais dangereafe de l'authenticité de l'Ecriture
fainte, & c'tft toujours un projet abomïnable,
que d'avoir mis à portée du commun des lecteurs,
& induit a peu de pages l'énorme differtation
de cet Athée, dont le poifon le trouvai.: noyé
.,dans tin fatras de verbiages qui fembloic én
«rrêtec l'activité j l'ennui gagnoic avant" l'erreur
Xià-folïo tomboié des mains.
de M. de Voltaire deux pièces de vers
"qui lui furent adrelécs en Celles- ci n'étoienc
pas trop religieufes la réponfe prouve que
.1-'Auteur., 3 fon âge avoit encore l'imagination
.bien libertine:
Ils ont borné mon capuchon
..Rien n'eft fi, gai. ni coupable..
Qui iTom dôn,c ces encans du diable?,,
mon patron,
J C'eft la Harpe,, c'eft Chabanon
frippon
£ Vertus voïa la ceinture,
< ta lyre au clivïn Apollon
• Et lés pincèa"ui à' la natüte.
1 je le crois, dit le pénaillon;
Cati plus d'une 'fille m'affurè
'̃ Qu'ils m'ont pris1 auffi mon cordon.
Lettré à jbn Attiffe Monfeigneur U Prirïcè de a'
fur Rabelais & fur d'autres Auteufs acciifés. d'avoir
mal parlé de la Religion chrétienne On ne pour-
foit. qu'applaudir au but de l'Auteur ri dans
le précis des Ouvrages qu'il préfente il s'écoir
(4t )
Da
occupé férïeufement à les combattre mais on
ne voit que trop que fon objet eft 'moins de
les réfuter que de. remettre fous lcs yeux du
lecteur les opinions dangereuf.es des Porphyres,
des Çelfes & des Juliens adoptées & rajeunies
par les Auteurs de la Ligue morne conjurée pour
fapper & renverfer le chriftiànifme jufques dans
fes fonde mens. Cette brochure de M. de Vol-
taire, ia*$& de cent rreiite-quatre pages, con-
tient des- faits curieux & intéreflfans. La partie
hiftorique en eft très-bien faite.
Epigramme fur les (Œuvres de M, Dorai on
l'attribue à M. de Voltaire elle eft bien de
fon %le, )
Bons Dieux? que cet auteur eft trifte & (ans gaieté
Bons Dieux qu'il eft pefant dans fa légèreté 1
Que fes petits, écrits ont de longues préfaces
Ses fleur? font,des pavôrs, fes ris font des grimaces;
Que l'encens qu'il prodigue eft fade & fans odeur
C'eft, fï je veux l'en croire, un heureux petit maître;
Mais, fi j'en crois Ces vers, ah qu'il eft trille d'être
Ou fa maîtrefle ou fon jeteur,
M. Dowt f jaloux de faire h cour M. de
Voltaire facrifia tout ce que pouvoit lui inf~
<sO
piter fon amour propre, lui fit la réponfe
fuivante
Grâce, grace, mon cher cenfeur,
Je m'exécute, Se livre à ta main vengerefle
Mes vers, ma profe & mon brevet d'auteur.
le puis bien vivre heureux fans teneur.
Mais, par paié laifle-moi ma maîtrefle >
Laifle en paix les amours, épargne au moins les miens.
le n'ai point, il eft vrai, le feu de ta faillie,
Tes agrémens; mais chacun a les fiens.
On peut s'arranger dans la vie;
Si de mes vers Églée s'ennuie
Pour l'amufer je lui lirai les tiens.
le Dîner Plaifanterie très-gaie & très-impie
'de M. de Voltaire. C'eft un Dialogue entre un
Grand Ficaire, C Abbi Couet y M & Me de
Boula'mvill'urs & Freretct fameux Athée de l'Aca-
démie des belles-lettres. Il eft en trois parties
tmbraflant l'avant dîner, le dîner, l'après-dîner.
On voit toujours que la religion eft la matiere
principale des pamphlets de l'Auteur de ce-
lui-ci.
Epigramme de M» de Yoltaire contre M, Piron.
Le vieil auteur du cantique à Pritpe
Humilié, s'en alloit à la Trape

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin