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ANNIVERSAIRE
DE LA MORT
m IL013ÎS IÎII1,
ET
APOTHÉOSE DE CE BON ROI,
POEME NATIONAL EN VERS LIBRES
ET EN DEUX CHANTS.
PAR M. F. I. COURTOIS.
Il nous donna sa CHARTE auguste et libérale,
Ce bieufait émané de son âme Royale,
Son VRAI TITRE DE GLOIRE A LA POSTÉRITÉ,
Et le Palladium de notre Liberté.
Chant 2, Page i i , Fers 25 et suiv.
PARIS,
BRIANCHON, Libraire', rue de la Harpe, n° 3o , au 1er;
PONTHIEU , DENTU, PETIT , DELAUNAY, Palais-Royal;
MARTINET, rue du Coq-St.-.Honoré , n° 13;
Et les Libraires , marchands de Nouveautës.
1825.
Imprimerie d'A. BÈRAUD, rue du Foin-St-Jacques, ?9.
jp
DE LOUIS XVIII,
ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE.
CHANT PREMIER.
L'AIRAIN sacré frémit, du peuple consterné,
Le temple du Très-Haut se trouve environné ;
J'approche , quelle est donc cette lugubre fête
Qu'avec solennité dans ce temple ou apprête ?
J'entre dans le lieu saint, je regarde , et je vois
Les crêpes de la mort sur le sceptre des Rois !
Muse, réveille-toi, sors de ta léthargie ,
Et viens sous des cyprès soupirer l'Élégie
Prends ta lyre d'ébène, unis ta faible voix
A celle des Français que ce moment rassemble
Pour adorer, gémir, prier, pleurer ensemble
Sur les nobles débris d'un monarque de paix,
( 4 )
Qui s'immortalisa par Je nombreux bienfaits.
Son règne court pour nous sera Long pour l'histoire;
Il voulait le bonheur de ses nombreux sujets ;
Ses mains l'ont préparé. C'est assez pour sa gloire.
Que l'Hymne des regrets consacre sa mémoire !
Pour la douzième fois l'astre au front argenté
Renouvelle à nos yeux sa funèbre clarté ,
Depuis le jour affreux, le jour épouvantable,
Où la cruelle mort, la mort inexorable
Vint ravir à nos vceux , sans espoir de retour,
LOUIS-LE-DÉSIRÉ si cher à notre amour ;
Sur l'autel étendu le voile funéraire.
Signale à nos regards le triste anniversaire
Du trépas de ce prince , et les justes regrets
Qu'en mourant il laissa dans le cœur des Franç:
De ce nouveau Numa la perte encor récente
A leurs yeux affligés sera toujours présente.
Comment peindre ce jour de douleur et d'effroi,
Et les derniers momens du règne d'un bon roi ?
Comment tracer surtout la fin édifiante
D'un fils de Saint-Louis , d'un Monarque pieux,
Qui sut sans fanatisme être religieux ?
Que ne puis-je, cédant au transport qui m'enflamme ,
Répandre dans mes chants tout le feu de mon àme J
Pour offrir à Louis le tribut mérité
Que lui doit et son siècle et la postérité !
Ami de la justice et de la tolérance,
( 5 )
Ce prinse , protecteur des arts et de la paix }
Cloué par la douleur au sein de son palais,
Travaillait avec zèle, avec persévérance,
A réparer les maux qu'avait soufferts la France;
Mais, insensible aux siens, il vivait pour souftrir
Et sur le trône assis, depuis dix ans, la vie
N'était pour ce bon roi qu'une longue agonie :
Telle une belle fleur que l'on voit se flétrir
Sur sa tige orgueilleuse, au Souffle de Foree ,
Devenir par degrés pâle , décolorée ;
Telle on vil de Louis la santé dépérir.
Il est dans le cercueil, ô ma triste patrie ! 'l'
Et tu dois le pleurer comme Rome attendrie fO
Pleura jadis Numa, Marc-Auréle et Titus,
Que lui-seul égalait en sagesse , en vertus.
AU ! pour tous les Français jour affreux, jour horrible,
Qui vint leur enlever le prince généreux,
Qui s'occupait du soin de rendre un peuple heureux ,
Dont l'existence noble , orageuse et pénible
Fut par lui consacrée à nous rendre un repos
Qu'il acheta sans cesse aux dépens du sien même;
Il sembla ne quitter son noble diadème
Que pour trouver la paix dans la nuit des tombeaux !
Deux fois sa main royale a préservé des flots
Le vaisseau de l'Etut battu par la tempête
Il l'a fait rentrer dans le port ;
Et nul n'a pu dérober à la mort,
Même en s'y dévouant, une si chère tête.
(6)
à
En payant a Louis les trop justes tributs
Qu'on doit à ses travaux, à sa sagesse austère,
Offrons-le pour modèle aux Princes de la terre
Qui reçurent de lui l'exemple des vertus.
D'Angoulême , d'Artois , sa fidèle Antigone
Entouraient à l'envi son auguste personne ;
Et près de succomber sous leurs propres douleurs,
Lui prodiguaient leurs soins et lui cachaient leurs pleurs.
A ses yeux presqu'éteints son auréole briBe,
Fils aîné de l'Eglise, il en fut le soutien ,
Et, comme ses aïeux, meurt en Roi très-Chrétien. (*)
Ce prince , environné de sa noble famille ,
Des ministres sacrés de la religion ,
Fait appeler Berry, des rois auguste fille,
Et donne à ses enfans sa bénédiction.
Puis, d'une voix mourante, en rouvrant la paupière,
Il dit avec ce ton si paternel, si doux ,
Qui d'un Bourbon nous peint le sacré caractère :
« Allez, mes chers enfans, que Dieu soit avec vous !»
Les enfans éloignés, on se prosterne, on prie:
Vers les murs du Palais une foule attendrie -
Se porte, et de rechef adresse à l'Eternel
L'hymne que pour ses rois fit entendre Israël ,
Le Domine salvum, inu tile prière !
Ce prince qui pour nous fut bien moins roi que père ,
(1) Les rois de France furent de tous temps traites par les Pontifes
romains de Fils aillés de l'Église et de Rois très-chrétiens.