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Apologie des femmes . Poëme

De
23 pages
Delaunay (Paris). 1806. 24 p. ; in-12.
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APOLOGIE
DES FEMMES.
POEME.
Le donne son venutein eccellenzi.
ARIOST. , Orl. fur. cant. 2omo.
A PARIS,
CHEZ DELÀUNIY, libraire, Palais du Tribunat,
seconde galerie de bois, n° 243.
1806.
PREFACE
DE L'ÉDITEUR.
JE n'abuserai pas du droit que me donne
le titre d'éditeur pour rendre très longue
cette préface , non plus que pour faire
l'éloge du, petit poème que je publie; son
sujet le recommande assez à l'empressement
des lecteurs. C'est ce sujet et le succès
qu'ont eu, depuis peu, deux charmants ou-
vrages sur le mérite des dames, qui m'en-
gagent à imprimer celui-ci. Je vais me hâter
de dire comment il m'est tombé entre les
mains.
J'ai cette année, suivant mon usage, passé
4 PRÉFACE.
l'été à la campagne. J'habitois une chau-
miere située dans une vallée riante et soli-
taire , et j'avois en perspective , sur la mon-
tagne voisine , un ancien château entouré de
vastes bois, et devenu par l'abandon de ses
maîtres et par les ravages du temps et de
la révolution, un superbe monceau de rui-
nes. Ma promenade m'ayant un jour conduit
tout près de cette noble masure, j'eus la
fantaisie d'y entrer. Une vieille paysanne
qui y demeuroit , et dont les enfans et les
petits-enfans travailloient aux champs , vou-
lut bien être mon guide. Après avoir visité
divers appartemens délabrés, nous pénétrâ-
mes dans une salle spacieuse qui avoit servi
de bibliothèque. H n'y restoit plus qu'un
très petit nombre de livres à moitié brûlés,
déchirés , ou rongés des rats : mais on y
voyoit, dans un coin, un tas de papiers ma-
nuscrits contenant , pour la plupart, des
dissertations remplies d'une érudition pro-
fonde , et des calculs algébriques d'une
grande élégance ; et comme tout cela étoit
analogue à mon goût et à mes occupations
ordinaires , je le parcourus avidement. Ce
fut parmi ces manuscrits que je trouvai
PRÉFACE. 5
I'APOLOGIE DES FEMMES. Je demandai la
permission de l'emporter. Ma conductrice
y consentit d'autant plus volontiers que ,
selon ce qu'elle m'avoua en même temps ,
elle prenoit chaque jour, dans ce tas de pa-
piers, de quoi allumer son feu. Que de pré-
cieuses choses incendiées ! Heureusement
I'APOLOGIEDES FEMMES n'a pas été du nom-
bre. Il est bien vrai que, quand je la dé-
couvris , les premiers feuillets du discours
préliminaire en avoient été arrachés; mais
il n'y manquoit pas un vers, et il y avoit,
de plus, des notes historiques que je ne né-
gligerai pas de mettre en lumiere, si l'ou-
vrage est goûté du public.
J'ignore dans quel temps I'APOLOGIE DES
FEMMES a été composée , et quel en est l'au-
teur. Tout ce que je puis dire , c'est que
ce qui reste du discours préliminaire an-
nonce que l'idée de quelques tableaux du
commencement de ce poëme a été prise dans
un ouvrage anglais, et que le portrait de la
romanciere et ceux des deux autres scriblo-
manes sont mot à mot tirés du grec , ainsi
qu'on peut s'en convaincre en lisant un
6 PREFACE.
dithyrambe de Bacchylide de Cée, non im-
primé, mais conservé dans la bibliothèque
du Vatican. Un aveu aussi authentique doit
sans doute suffire pour empêcher toute ma-
ligne application.
J 5 décembre 1805.
APOLOGIE
DES FEMMES.
Tsoi de savans , de poètes, de sages,
Gais dans leur haine et cruels dans leurs jeux,
Ont accablé des plus malins outrages
Un sexe aimant et digne de nos vœux.
Du vieil Homere au chantre de Joconde ,
,De Tliéophraste aux Laclos, aux Meilhans,
Tout bel esprit s'armant de traits brillans,
Contre ce sexe en mensonges abonde;
Et si leger , si pervers est le monde,
Qu'il applaudit sans cesse aux malveillans.
Moi, qui du ciel obtins , pour mon partage ,
Moins de talent, mais plus de loyauté,
Moi, qui long-temps défendis la beauté,
Je veux encor lui prouver mon courage;
Et d'une main écartant le nuage
Qui trop souvent cache la vérité,
Osant de l'autre, avec fidélité ,
En crayonner l'intéressante image,
Je vengerai, par ma sincérité ,
8 APOLO.GIÉ
Ces doux, objets^que notre vaiîité -—
Recherche et craint, loue et blâme avtexage.
Eh r \pourquoi donc les craindre, les blâmer ?
Souffrons plutôt qu'usant, avec finesse,
Des dons heureux qui nous les font aimer,
Leur tendre soin cherche, invente sans cesse
Quelque moyen de nous mieux enflammer.
Lorsque d'un corps délicat, souple, agile,
Leur ame ardente -et flexiible, et mobile
Sait varier l'attrait, les agrémens ,
N'en doutons point, ces contrastes charmant
Qu'on croit l'effort d'un art très difficile ,
Sont toujours dus aux plus vrais sentimens.
Oui, chaque belle est à jamais changeante :
Tel est son sort, tels sont aussi ses goûts.
Chere aux beaux-arts la nymphe séduisante
* Que Lebrun peint d'un crayon fier et doux,
Dans ses portraits est toujours différente ,
Et cependant ils lui ressemblent tous.
Tantôt superbe, elle marche eu déesse,
Sous le tissu d'un velours onduleux.
La pourpre et l'or, unis avec adresse,
Flottent pour elle en manteau somptueux; -
Des diamants couronnemt ses cheveux,
Et sur Son sein font jaillir mille feux :
Mais pour montrer sa fierté, sa noblesse,
De tant d'atours la pompeuse richesse
Lui sert bien moins qu'un rayon de ses yeuxL
Tantôt bergere ingénue et craintive >
DES FEMMES. 9
Errante au bord d'une onde fugitive,
Elle soupire et rêve avec douceur;
Un fin linon, éclatant de blancheur,
Par un seul nœud tient sa taille captive ;
Et cette belle au front porte une fleur,
Digne ornement de sa,graêe naïve.
Voyez ici Lise ,..épouse innocente ,
A son époux sourire avec candeur, j
Et sa tendresse heureuse, mais décente, -
De ses regards augmenter la pudeur. -
Mais plus loin Lise appelant notre vue,
'Vient tout-à-coup d'oublier qu'elle est nue.
Contemplez-la sortant du sein des eaux. -
Sur un tapis d'herbe molle et touffue, -
Elle s'assied à l'ombre des roseaux. -
0 volupté ! Lise , Léda nouvelle,
Presse sans crainte un cygne dans ses bras.
Et de baisers couvre le bec et l'aile
Du noble oiseau, vainqueur de ses appas.
D'abord Phrosine, aimable pécheresse, -
Les yMtx en pleurs et les cheveux epars, -
De Magdelaine imitant la tristesse,
Par sa douleur attendrit, intéresse,
Par ses attraits enchante les regards.
Phrosine après, -en vierge fortunée,
Au sein des airs, d'anges environnée,
Reçoit le prix de son amour divin :
La harpe sainte orne sa beUe main, - - -
Et de splendeur sa guimpe est couronnée.

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