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Apologie des prêtres mariés, ou Abus du célibat, prouvé aux prêtres catholiques, par l'Evangile, par la raison et par les faits ([Reprod.]) / par le citoyen J. ***

De
56 pages
[s.n.]. 1798. Célibat -- Aspect religieux -- Église catholique -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGÀMONPRES
Headington Hili fiail, Oxford OX30BW, UK
APOLOGIE
1 DES
PRÊTRES MARIES
OU
CÉLIBAT;
Prêtres Catholiques par
l'Evangile liaison et par lus
Faits.
PAR LE CITOYEN J.
L'AN VI ri LA république Française.
A
DES
ou
ABOSDU CÉLIBAT;
Prouve' aux Prêtres Catholiques par
l'Evangile., par la Raison et par les
Faits,
J E sais qa'en publiant cet écrit je vais exciter Ici
clameurs des personnes asservie» soùsle joug de leurs
anciennes habitudes, et courbées sous la chaîne de
leurs préventions; il (De semble même déjà leur
entendre dire que je ne suis pas catholique ou que
j'ai changé de religion que je suis devenu renne-
mi du culte de nos pères l'apôtre de l'incrédulité
elles se trompent, je su;s homme, maisje suis chré-
tieu; c'est pour les convaincre quejeromps lé silence
auquel je m'émis voué au sortir des cachots de la ty.
rannie décemvirale; c est pour les édifier que je
reprends nia plume dont l'emploi étoit devenu su-
perflu; et c'est aux personnes prévenues que je
dédie spécialement cet écrit.
X^u'auront-elles à me répondre, si je leur prouve
que le joug du célibat imposé sur le sacerdoce étoit.
une pratique humaine, et nullement une ici divine;
qu il ne date point des premiers siècles de leur re.«
les célibataires de
n'exigèrent pas des coques
qu'ils" instituassent un célibae ausrère qui ne leur
avoit point été prescrit que ce. seroituuc erreur
grossière de le faire remonter à d autres époques
qu cellès où l'opulence le iaste et les relieuses
d i clergé ,'accrûrent et vinrent rempi: cer su paa-
vretl printi ive ;que la politique humaine, pour
empêcher que ces biens muttipHés ne devinssent
héréditaires dans les familtes, l'eriama long lems
âpre tes beaux jours du christianisme que cet en«
fantement n'a produit qu'un déluge de dissolu-
tions dé icndiies et d'abus.
a vpusqui avez inventé ce célibat si souvent ra-
valé par des.crimes vous appartenoit il-de vouloir
«TDpHtkr sur oeuvre de Dieu ? Ne deviez-vous pas
craindre, de gâter son ouvrage ? Pouviez-vous croire
que ce qui nYst ni dans l'ordre établi par le créa-
teur ni s. Ion l'impulsion de la. nature ni con-
forme au cti de la raison, fût un moyen d'exalter le
cube de 1 Être supréme de sanctifier son sacer-
doce et d'obtenir plus sûicment son assisiance cé-
les e?
Qu'on ne présome pas que je veuille censurer ici
la marche des piênes qui se sont soumis à la loi du
céi bat, tant que son règne tyrannique a duré.C est
un devoir pour l'homme dans quelqu état qmi se
prouve une nécessité que
Die soc:¡le de faire téJer ses penchanS de sou-
mettre ses inclinations privées aux règles que le
pratique* au*
admirer. Le
ceMoaa-rcctoii a ors une vertu,
tance auroit été un crime.
Souverain a épuré ses lois un4
»cmtuue qui au miiiea
dua peuple hbre, puisquellc" portoit pJr 'elle-
même ,1.ne' atteinte évidente à la liberté; qui! a
abattu la
tyrans et non pas l évangile avoir, placé entre iet
ioneviom sacerdotales et i'éîat'auguste et consolaat
de père de "fanoii.e", pourquoi les œinûtres de ¡-au-
tel, ^scrupuleusement soumis lorsque ia loi s'oppo-
des droiîs inprcscriptibies, pourquoi les prêtre»
nepourroient-ibpas profiter de l'avantage qu'elle
leur accorde ? pourquoi mériîçroiem-ib de perdre
l'estime de leurs amis,
coutemporainî ?
Que leur justification me paraît facile à tracer?
Je la fonde sur deux assenions positive3, La pre-
mière, que Je céhbat des. prêtres n'étoit pas une
loi divine mais une loi humaine et imposée par la
tyrannie; la seconde que ce célibat n est plu-a
qu'un préjugé absurde et évidemment immoral.
Pour satisfaire' et entraîner la conviction je n'ap-
porterai d'autres preuves que celles qui me paroi.
tront les plui claires et les plus propres à peisua-
de- je mettrai chaque individu dans la possibilité
de vérifier par lui-même toutes les citation* et tout
les faits et j aurai rempli mon but si mes contem-
porains, met égaux, si le, vrais
̃̃
particulier de
s'élever contre le^ lois que ta patrie
Quelque absurdes quelque tyrarmiques même ou
superflues qu'elles soient on plu ôt qu'elles parois-
l'homme isolé de se sou-
vit-on
conformer en tout à çeiles de la Judée qui le vit
naître ne suis pas venu disoit-il aux Hébreux
abolir vêtre loi mais je suis venu l'accomplir, (i) Ainsi
Saint-Paul apôtre et promulgateur de son évan-
gile en faisoit-il un précepte positif aux disciples
qu'il instruisoit <oyez soumis, leurdisoit il à ctux
qui sont revêtus de la souveraine
méchans et pervers («} Ainsi le célèbre Augustin ce
docteur sivénéré dans l'église latine l'annonce -t-il
dans l'un de ses écrits Ikêtnme vertueux et chrétien
,'écrie t- il ne s'étonne pas de -la variété qui existe dans
les lois humaines, il se soumit à celles qu'adopte h pays
quil habite il its observe', il les suit en tout point; il
sait que quoique les lois et les coutumis varient, elles
tendent au même but que ce but est le maintien de la
paixparmi les hommes dont le règne S'allie toujours avec
le culte du seul et vrai Dieu. (3)
{i)St. Math. c. v.
Aug. de civit. Dei i. 9» chzp. 17.
(?)
Tel est le langage certain tel en le en de U
religion chrétienne c'est a«ssi celui de la sagesse
humaine et de l-a dit que de la
loumission aux lois dépendent comme de Jear uni-
que appui Tordre social et la paix tout nous dit
que si chaque êfre isolé ne veut d'autres règles que
«lies qui plaisent à son enteadement et à sts goâts
s'il ne sait «soumettre même à celles qui répugnent
a ses penchant, si sans ceis» il mufmare contre leur
établissement et contre leur -règne, tel quun tor-
rem fougueux dont les ravagea ne fc eonnohsent
que lorsque son débordement désastreux est à son
terme, le désaccord survient, l'aigreur se met de
I? partie, les esprits s'enflânaent des rixes s'aUu'
ment entre les citoyens, les guerres civiles se pré-
parent, et bientôt la ruine des familles la désola-
ti9n et ie carnage font sentir aux mortels que leur
politique étoit vicieuse leur insubordination un
ermie que le sacrifice qu'ils âuroient fait à la
paix en se soumettant à la loi, était bien préféra*
ble au caprice de leur révolte.
Parmi tes ministres du culte catholique, ceux-là
ont donc véritablement biensmérité de leur patrie,
et se sont rendus dignesde la^ponsidératipa de leur.
concitoyens qui, après s être dépouillés de leurs
jouissances terrestres, de leurs propriétésusuellc»,
et de t^is leurs droits, se Sent rangés sous les lait
de leur pays. La sagesse et ia raison d'ailleurs leur
en faisoit un précepte et leur religion un devoir;
'mais pourquoi ces mêmes ministres soumis aux
lois du Gouvernement lorsqu'il leur prescrivoit le
célibat, moiess-ili traités de prévaricateurs et
d'impies ,-pour aVoir «ê du bénéfice de la loi ^ui
Vaityrannique et absurde qui les iea
'Cote m'oins,- Pour
démontrer la vérité de- cette première je
vais remonter aux siècles antiques des premiers pa-
triarches et successivement jusqu'à ceux qui illui-
çèrent si fort notre religion Damante.
Oà trouver dan* la Bible la moindre trace d'un
commandement de i'Etrc suprême qui prescrive îe
célibat aux humains ? Crescite et .mnltiplicamini
croissez et multipliez tei est l'ordre qu'il leur
donne dès le moment de U création tel est le sceau
qu'il imprime «ur la nature entière.
A la vue d'Adam, la plus parfaite de ses créatu-
res, il s'écrie n'est pas bon que l'homme reste
seul faisons-lui une compagne il la tire de l'une
ée ses côtes. Sa toute puissance lui laiisoit sans
doute le pouvoir de la former de toute autre ma<y
nière; *t il préféra celle ci comme un emblème
a sacré ( disent les commentateurs Rdbinsj « sfia-
s» de montrer que l'union de l'homme et de la femme
99-est tirée de le 2t essence même; que leur sçpara-
ji tion est contre nature qu'un homme isolé de
ta moitié est un être imparfait, un monstre dans
s» l'ordre de la création semblable à un tronc
m mutilé qui ne présente qu'une masse informe et
l» disparate m.
Aussi Adam à la vue d'Eve, s'écrie-t'iî voilà
la chair de nia chair et les «s de met &s; et dès-lors
il fait connoîtrsààes descendans Tordre du ciel qai
'• (*> .••̃'
eber a- leur éWuse ;° il déclare "qu'Us setont, deux
individus dais une seule et même chair ex il pro-
nonce que ie anion est le plus saint de tous lés
Après nous avoir décrit l'histoire d'Adam le
père des humains, h Bible nous retree la vie d'un
grande nombre d'autres à quelle nout
présente pantifes et sacrificateurs du T.~ès-
haus tel Noé tri Abraham et ses dts;cnc;ans.
Jusqu'au tems de Moïec E.ic ordres
que c< s illustres patriarches reçoivent du cicrl, elle
Lit men>>on des obîigrtions que.Dieu feurimpose.
«lie cous les montre comme fidèles en tout point
aux conwnaRdemensquiileuî prescrit. On ne tiouve
Buîie pïit que le célibat leur ait été imposé, nulle
part on ne voit que, le iTout- puissant révoque ou
modine à leur é<»aTd l'ordre de croî're et demultî-
plierfnuîle part il ne se dément de ce précepte; il le
renouvelle aa contra ne d'une manière claire et yo-
sitive il en devient lui même le garant et leur
promet une postérité nombreuse pour récompense
de leur fidélité. •
Arrive le siècle où Moïse cet écrivain sacré ce
législateur sublime rassemble les descendaivs dxA- &
braham épars dans les contrées de l'Egypte oà il fait
cesser leur esclavage les réunit en douze tribus et
leur doinne ce code immortel de lois, qui fait encore
aujourd'hui la base de leur enseignement -et de lear
culte. Moïse que les chrétiens vénèrenr autant que
les juifs Font honoré dans tous les siècles « Moïse
dans ses livres si respectés porte- t-ii|a. moindre loi
•-̃'̃̃
en faveur ?£n prescrit-il l'obligation à
qui que ce soit du peuple Hébreux? Le présente-
vertu humaine
ou comme un précepte divin? Il iait'choix des en-
fan* de Lévi parmi le peuple des autres tribus pour
il leur confie la garde du Taber-
iwcle et les institue pontifes et sacrificateurs il
leur trace dansun code à part leurs devoirs et leuri
observances particulières i y trouve- t-on l'obliga-
tion du célibat ? Il leur étoit au contraire interdit,
Tous dévoient être mariés leurs noces dévoient
laêtne être éclatante! et solemnelles; ils étoient te-
nus de ies contracter dans le jeune âge et il ieuj
,-étoit enjoint de n'épouser que des vierges, *i)
Indépendamment des descendans de Lévi, Moïse
admet quelques uns dés premiers nés des Hébreux.
aans le nombre des sacrificateurs r et leur permet
de se dévouer au service du temple ils y étoienî
connus sous Je nflm de Nazaréens et le célibat ne
leur étoit aucunement prescrit il ne le fut pas même"
aux Réchabites, bolitaires singuliers dont le prophê-^
te Jerémie célèbre avec transport la vie austère et
privée. Ils vivoierit éloignés du reste de leurs frères,
n'habitoient que sous des tentes s'inierçiisoient de
planter éc la vigne et de labourer Fa terre, ils ne
bovoient point de vin et ne mangeoient que des lé-
gumes sauvages; ils bornoient leurs occupations à
garder et nourrir des bestiaux, se vêtissoient de
leur toison. Mais ils éteient mariés leurs femmes
se dévouoient à leur genre de vie et leurs enfant
pefpétuoient leur* pratiquas austères.
Ji) Lévit. c îj v. 16.
(Il)
chez les Hébreux le célibat loin
d'être de précepte » n'éioit pas mime de conseil
que non seulement ii n'étpit pas cousidéié comme
une vertu* maisaa contraire «gardé comme un cri»
me telle est encote la.doctrirîe même des Rabins:
s» tout homme, s'écrient ils, qui refuse de se don»
j>ner un héritier, est coupable d homicide et de
5» vol envers-sa,patrie lo:dre démultiplier lui a^été
si donné par le créateur et si Moïse enf permis le
s» célibat il n'eut pas manqué de prescrire dei rè»
Ces maximei fondées par le législateur des Hé-
bieux, cet enseignement soutenu au, peuple chéri
de Dieu* cette proscription évidente du célibat
dans son sein auroient ils subi quelqualtération?
Se trouyeroient iis anéantis ou commués soui le ré-
gime naissant de la religion de Jésus- Christ ? Le
> Pontife ètiînd auroit-il été envoyé pour changer
la marché du genre humain sur cet objet, et refor-
mer les idées que tous les peuples s'en étoient- for-
mées j.usqu à son époque ? Ii venoit nous apporter
des règles plusparfxifes, et leur perfection se mani-
icsie par la lecture de son évangile. C'est une loi
d'amour et de charité qu'il substitue aux lois de
terreur; c'est l'indulgence pour nos frères c'est le-
pardon des injures qu'il préconise qu'il met à^la
glace de la loi funeste du talïum. C'est le contenu
de la loi de Dieu, et de ce qui avoit été prescrit
par les prophètes qu'il analyse en ces deux points
vous dmerez Dieu par-dessus toutes choses et vétrs
prochain comme vous mime mais est-il un seul en-
droit dass son livre divin où Ja prééminence du
T'O
l'état du mariage se trouve exaltée pa* sa
et le fardeau
le célibat e*t il donc de ce
corame un moyen pus sûr
auroit sans doute annoncé
nouveau dans ce rélèbrc discouïs qu il
fit sur la montagne. Là se trouve, d'une manière
détaillée et lumineuse le développement de sa doc-
trine, et 1 énumeration de tous nos devoirs là il
préconise 1 obligation d aimer ses ennemis et de
pardonner les offenses là il invite à la clémence à
la douceur, à l'amour de la justice là il prohibe
1 aduuère; pourquoi n'y trouve t'on pas un' seul
rcot en faveur du céiihai ? Pourquoi n'en parie r-il
en aucune man ère dans les instructions multipliées
qu îi donne à ses apôtres, et qui! développe ensuite
à ses soixante et douze disciples ? Pourquoi se ;ait-
i3 êgaleaient sur cet anicle dans cet au re sublime
discours qu'il prononce le jour de la etne ia veiîîe
de celui où il doit terminer sa mission eusa vie
njorfe'-lle-p)
̃ j i
{ijjc m'i^ieiiils jci à une objccuoii insidieuse souveuipta-
cet daos la bouche des mauvais Casuistes et qu'ils auroieiu de
rcjetier par ce motif seul qa'cllc est puisée-dans la doctrine de*
Mjrcionues ce des Hérétiques Jes plus absurdes'des prerniets ne.
ckc.je ne donne ai d'autre ripons* que celle de St.' Ciément
d'Alesâcdrie à ces Sectaire»': ( Le verbe a consacre le célibat
d'une manière positive ) s'écrie î-on, ( puisqu'il s'est dévoua
lui-même jk cei état honorable. ) >
j»j-sus»Christ n* s'est pas marié iw ( répond St. Giirncnt d'Ale.
s» xandrie } parce que supérieur à sa créature il o'étoit pat
»» sujet i ses foiblesses et à ses penchants parce que, subsistaat
». de toute éternité il était le père et l'auteur' de toutes choses j
e » il bien ioia, { ajoivts ce père ) d'avoir voulu donner attelât*
̃
D'ailletiTf. est-ce parmi les célibataires de îa Ju-
dée qÛ01n le voit choisir ses apôtres, les discale!
iju i! tevêi de sa confiance ,qu il envoie prêcher son
éva gîle de paix à ious les hommes et qu'il rend
-Pour cet objet participant de so;: saccrdcce, d. ix
lage se et de son pouvoir?
Tous let apôues étoiênt. mariés excepté Saint*
jean le plus jeune dentr'eux ce fut ne peut être
révoqué en doute, leurs propres éevits le confirment
et les plut grands partissns de la 'virginité l'ont
avoué dans tous les siècles, et N'avons-nous pas le
se pouvoir dit l'apôtre Saint Paul de conduire
»i avec noua notre épouse qui esr votre sœur, comme
nies^mtesapô res, comme les frères de Jésus Christ
se et Ccph.is?*«(i) ^a'on consulte au rsste les écrits
de Saint Ignace si voisin du siècle des apôtres et
qui avoit conversé avec eux dans sa jeunesse ceux
de St -Clément d'Alexandrie de Tertulien d'Eu»
̃ eebe d Origine ici. tous ont parlé du maiiage de
Saint Perre, de Sasnt Faut et des autres apôtres
Saint-Jean «eu excepté.
Non, l'œuvre de Dieu, créateurdu mariage èîn<0»
pas du ce ibat n'a point été altérée ni commuée
parJesus Chrrst Ce n'est point ainii qu'agit la sa-
gesse"*et«rnei!e ses décrets sont immuables cotame
si 3 peiS' nne et il est impossible qu el le rejette dans
au mariage il et» ordonne l'usage par ces paroles ( quod
»» Deus conjunxit faomo non separet ) il l'autorise en inettaal
u fin a la stérilité d ÉU&abetk mère de Saint-jean il le consacre
il de ses propres main* en béaisiant les noces de Caca. Stroœ.
«i. 3. p. ««
(t) Coristb. Ct 9. v. 5.
f>4;
Or le joug du célibat n'ayant point été imposé
par Jésus Christ à ses apôtres voyons si ceux-ci le
prescrivent à leurs successeurs dam le sacerdoce
chrétien. C'est une vérité de foi que le Messie, avant
de terminer sa mission instruisit ses apôtres de la
plénitude de sa doctrine i consultons donc l'ensei-
gnement des premiers héros du christianisme. Us
f assemblent à.tro is reprises d fférentes en concile à
Jérusalem pour traiter des règles qu'ils avoient à
prescrire aux fidèles. Là sans doute, si tel eût été
l'ordie de leur divin maître ils n eussent pas man-
qué de prononcer sur l'obligation du célibat. Ils
décUrent au contraire qu il leur a paru ainsi qu'à
1 Esprit-Saint, se devoir imposer à qui que ce soit
d'autres pratiques nouvelles que celles de s'abstenir
d e la viande immolée aux idoles et du crime de la
fornication, (i)
Paul e t Barnabas sont délégués par les autres
apôtres pour parcourir les nations et y développer
leur enseignement et leurs maximes,- voyons si les
écrits qu'ils publient pour l'instruction des Chré-
tiens 'leôfcrment 'l'engagement du célibat. Paul
dans son, épitre à Thimotée, trace d'une manière
claire et détaillée taus les devuirs de l'épiscopat.
Il faut, dit-il, que 1 Évêque soit irrépréhensible
os dans ses rooruis qu il soit sobre prudent, ins-
» truit ni amateur du vin ni violent ni proces-
i» sif qu'il soit l'époux d'une seule femme unius
(1) Actes ides Apôtres, chap. 15.
(15)'
»» «xerîr virun qu'il sache gouverner fa maison
qui! ait des enfans chastes et soumis car il ne
le sait régler sa famille comjneot pourra t il diriger
et avec zèle i église de Dieu.»» (i) Saint Paul répète
le même langage dans son c pitre àTite i« je vous
ai la;s»é à Crête, lui marque-t il, afin que vous
»» ajoutiez ce qui manque à linstruction des fidè*
«les, que vous établissiez des prêtres dans toutes
.et les cités de la maniérr dont j'en ai usé à votre
égard. Si le sujet est sans trime, s'il n*a qu'une
j» épouse unius uxtris vin s'il élève bien sa fa-
» mime, filios habens jidtles s'il est humb'e, mo-
dé ré, sobre, instruit, désintéressé tel est
m t'lrvéque que vous instituerez.
Que la doctrine du célibat des prêtres seroit mal
étayée si elle l'étoit- uniquement par les écrits de
l'apôtre St. -Paul! St.-Pierre. St. Jacques, St. Jean,
se taisent également sur cet établissement dans If ur$
ouvrages n'a-t-on pas droit d'en conclure qu'il ne
date aucunement de leur siècle que c'est une ab-
surdité de vouloir leur en attribuer le principe et
par conséquent que le célibat des prêtres n'est nul-
lement d'institution apostolique?
Maü dira t on l'enseignement des apôtres n'a
pu être rédigé de manière à être contenu en son
entier dans les livres divins, nne partie a été con-
fiée à la garde de l'église sous l'assistance de l'Es*
prit saint les traditions apostoliques/renferment
des vérités qui ne sont pas moins urgentes que
celles,de récriture. Fouillons donc encore dans cet
(il Tbim. eh. 3. v. 4.
TU. ch, i,t,6, 7, 8.
•Outees fécondes ^parcourons les écrits de*
Ce fait est également incontestable. O>î tespecroit
trop à cette époque la doctrine de jesus-Chnst
pour innovef sur ses maxiïnes; jamais it neiutques-
tion danskspretimrss'.èclesde.l'égiise d'astreindre
les ministres au célibat. Les canons apostoliques en
lotit îa preuve. Ce recueil que tes uns attribuent
a Saint Cléwent d'Alexandrie d'autres à des au-
teurs non rnoini célèbres du second siècle, et cité
avec tant de vénération par les évêques qui assistè-
rent au premier concile de Nicée, s'exprime ainsi
» que éveque le prêtre et le diacre se gardent
d'éloigner de lui son épouse sous- prétexte de
religion; s'il l'entreprend, qu'il soit séparé du.
«-troupeau; s'il persiste qu'il soit déposé. ». ( i )
Le quaiantt-tioisième de ces canons s'énonce d une
manière plus positive eacore «• si l'évêque est-il
dit si le prêtre ou queiqu'autre du cierge, s abs-
tient du mariage des viandes et du vm comme
détestant ces choses oubliant que tout^ssont
si bon es et que c'est Uiru lui-même qui a créé
«Vhomme et la femme .aSu qu ih s'unvss^t ».il
ose proférer ces blasphèmes, qu'il se dédxse ou
perjeWKt depooatur. Gaa. 3. j
JR
» qu'il soit déposé et chassé de rassemblée de* fi*
5. dé les et qull en soit de même du Laïque qui
»» se
Les Constitutions apostoliques, recueil égale-
ment .très-aocitns, et d'une autorité souvent assi-
milée à celle des canons, s'expriment ainsi sur le
choix des évoques Il faut disent eiles que l é-
si vêque c'ait épousé qu'une seule femme qu'elle-
même n'ait point coanu d'autre mari en consé-
j» quence avant que d'imposer le» mains à qui que
îj ce soit poux Tépiscopat on doit examiner s'il est
grave, fidèle, tempérant, si ses enfans. sont élevés
s» avecsoin, car comment pourroit»il gouvernerson
et église s'il ne sait pas gouverner sa maison ? ( 1 )
Pour fortifier la preuve de cette première asser-
ton et établir jusqu'à la démonstration que le céli-
bat des prêtres ne remonte aucunement au tems de
l'église primitive. Examinons si dans le nombre des
évêqoes et des prêtres placés dans la légende saiate,
et dont on nous a prescrit d'honorer la mémoire
ils s'en trouve qui aient été mariés.
J'avoue que les historiens ecclésiastiques se, tai-
sent sur te' mariage d'un grand nombre il ne leur
intéressait que de parler des faits les plus mémora-
bles de leur vie de leurs travaux pour la religion
et de leurs écrits. Les auteurs profanes ont égale-
ment gardé le silence sur ie mariage des grandi
hommes qu'ils ont célébrés. La raison en est que
les femmes des anciens j^fqîe^t plus retirées que
{ J ) Voyez le recueil d|^ Q^oips par le p. Har-
douia Thist. ecclésiasii|ivs3de^îç^|taiB£8|> ou celle de
Racine loin, 1. | ç£. '^V-
( 1$)
telles et o Uni les
mariés: est-il éton-
la vie de tant d'ilus*
air pas été transmise. Mais ce
dm*
de lui par!e ;«vec
l'un de ses diacre qui etoient mariés c'est quEu-
*èbe nous rappelle un Cheremon UB Hhiiéas. évê.
ques en Egypte qui soufl'iem le martyre et sont ar-
moment de leur supplice par Itnr femme
«parleurs enfant ^i) c'estq.je le. prêtre Satumia
touffre pareillement le martyie en Afrique et que
tes quatre enians imùentson héroïsme chrétien. {2)
Ce que nous savons, c'est que Saim-Spiridion ,evé-
que de Chypre Saint-Grégoire^ évêquu de Nysse
père de. Saint-Grégoire de Nazinnze Saint-Hijaire,
évêque de Poitieis étoient mariés. (3) Ce que nous
•avons, c*est qae Tertulien étoit prêtre au rapport
qa'il étoit marié et ne se'sépara
jamais de son épouse {4) c'est que 5aint-Denis
l'un des plu savans évêques de son ûèclc écrivoit
à l'évêque de Crête de se gsrder d'imposer à ses
prêtres le jong pesant du célibat, comme incompa-,
tible avec il foibiesse humaine (5) c'est que Sjint-
Cyprien dans sa Itttreau pape Gorneire, repoche
à 1 érêque Oonatd avoir usé de bruulité envers son
(fj Hisi. «de». d'Eusèbe I. 6. ;>) Id;m. 1. S. (3j Voyez leur
tic. ^j Voyez huis etrus. (5) Hjsï. jdem. i. 4.
{*<?;
épouse, de l'avoir hîessé d"nn coup de pied et d'a-
voir, parla fait périr son fruit, *» Quoi s'écne-t il,
et il refuse de recevoir à ta pénitence jes. prêtres ^ui?
»? pendant la persécution, otit eu la foibltsse de
il, mander de la viande iomioiée aux ido/es et lui
se rend coupable de la violence la plus honteuse,
a et tronhomicide odieux- »» (t)
Fnvain qutlques écrivains ecclèsiasti ]ue$ se tont-
ils énervés po'ir essayer de prouver que le célibat
des prêtres est aussi ancien que l'établissement même
de la re'igion. Saint-Epiphane m,oicte d'Egypte
ensuite évêque en Crête, e*t le seul auteur dont ils
s'étayent; mais Tautoriié de Sâiot tpiphanç *-t ell«
jamais balancé ceile des antres pères de 1 église ?
Qu'on lise les écrits, de Saint-.Chrysostome on la
verra d'un sentiment bien oppesé à celui d'Fpipha*
ne. s» Pourquoi .s'écrie t il dans ton commentaire
m sur l'épitre de Saint Paul à Titc, pourquoi Tapô-
»» tre aît-il cité Tévëqu- plutôt que le diacre eu
»» parlant du mariage si ce n'est pour fermer la beu-
sî che aux hérétiques qui dévoient le condamner. Il
»»vouloit leur démontrer que, loin d'être criminel,
sj il est honorable en tout sens puisqu'il peut s'a!»
» lier avec les fonctions du ministère, évangélique
si et n'empêche pas même de monter sur le trône
de 1 Autel, (s)
(t] Sauit-Cyprien parle encore dans ses écrits du {àréire Ceci-
liu» qui l'avoii converti a la foi et Taivoit chargé à sa moft de
la garde de ses etifaus.
{s) Ora obstTÙn lieretkîs nuptias damnantibûs ostettdens rem
culpâ vacare ut qui» connubio junctus fuerii posât in &zqc«
tum tkronum aiceadere. ( Hota, 2à. iu epist. ad -Ti$am. )
f «)
II en est dé même de'Sr-.&'jgtfstïu qui s'élève avec
tant de vigueur des apostoliques f
n dpient des bieos en propre tel qu'on en voyoit
« beaucoup dans l'église catholique.?» (i)
Au reste, St .Epiphane dont les écrits sont
rejetés par tes uns et censurés par les autres attendu
que les uns doutent de leur authenticité", au moins
quant au grand nombre d'ouvrages qui lui sont
attribués et que les autres s'indicjfte trouver
'des- légendes de saints vtsiblerneut exagérées qui
we portent aucun caractère de vraisemblance et sont
palpable St.-Epiphane en même teras qu'il pré-
sente le célibat comme une obligation du sacer-
doce, avoue lui-même qu'il y avoit beaucoup d'é-
glises où le mariage des évêques, des prêtres et des
autres ministres delà religion étoit adopté mais
il l'attribue dira-t-o,n à l'ignorance et à la dé-
pravaaon de ces églises?
Eh quoi si telle en eût été la cause, et que la
discipiiae de ce grand nombre d'églises se fût for-
mée par une tuile d'abus, n'auroit-on pas vu les
pères de lfg'ibc qui vécurent dans le siècle d'Epi-
çshanc se réunir à lui pour les combattre? Le ce-
îèbre concile de Micéc qui se tint djns le même
siècle Tî\;ur.. it-ilpas err.piové son autorité pour les
retrancher du sein du christianisme?

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