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Apothéose de Charles-Ferdinand d'Artois, fils de France, duc de Berry , suivie d'un hymne à ses mânes sanglans, mis en musique par M. Fétis, dédié à M. le comte de Nantouillet,... par F.-L. Janillion,...

De
38 pages
Locard et Davi (Paris). 1820. 16-2-[1] p. : frontisp. gravé, musique ; in-fol..
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LE BIJOU
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iiJài
Quand aux yeux du peuple enchanté,
Apelles, ce grand peintre à qui rendent hommage
Les échos de l'antiquité,
Voulut déifier la grâce et la beauté
Sous le nom de Vénus dont il créait l'image,
Il n'alla point dans le palais des dieux
Chercher les traits de sa déesse ;
11 les prit sur la terre et choisit de son mieux
Cent belles filles de la Grèce.
L'une montra son pied, l'autre montra sa main ;
Celle-ci, de ses flancs, dévoila le mystère ;
Celle-là, de sa lèvre, entrouvrit le carmin
Et fit briller son ivoire dentaire;
Telle y fut pour un ongle et telle pour son corps ;
Telle pour ses cheveux ou pour son teint de rose;
2 LE BIJOi:.
Chacune enfin y fut pour quelque chose;
Et de tous ces rares trésors,
Apelles composa le plus parfait modèle.
Devant la toile inerte on pliait les genoux;
Jeunes gens et vieillards s'écriaient : a Qu'elle est belle!
C'est Vénus elle-même! Amis, prosternons-nous!»
Ainsi, quand je voulus , Mesdames,
Dans ce recueil que je vous consacrais,
Eriger un autel à la Muse des Femmes
Et la représenter sous ses plus nobles traits,
Je n'ai pas eu recours, pour peindre ses attraits,
A des couleurs de fantaisie ;
Non, j'ai fixé mes yeux discrets
Sur douze soeurs en poésie.
L'une semble, en ses vers semés de poudre d'or,
.louer avec des perles fines ;
L'autre, comme une source aux ondes cristallines,
Epanche un style pur, plus transparent encor
Quand sa belle àme s'y reflète ;
L'autre aime les cris de guerre et les combats ;
L'autre, sur- la fougère aux champêtres ébats ,
Mène de blancs agneaux soumis à sa houlette;
Celle-ci, qui trempa ses pinceaux dans son coeur,
Evoque des amants les luttes et les larmes ;
Celle-là, dont l'amour craint le rire moqueur,
De l'amitié dit les paisibles charmes ;
Telle parcourt, en ses rêves ardus,
Les cieux déserts de la philosophie;
Telle envoie au Seigneur des hymnes assidus ;
Au dieu des bonnes gens telle autre se confie,
Et suspend à sa lyre un grelot de gaîté ;
Telle autre fait vibrer une corde plaintive ;
L15 liiJOlJ.
Telle est l'écho de l'enfance naïve;
Telle est la voix de la maternité.
Dans une pléiade nouvelle
Qui monte lumineuse à l'horizon de l'art,
Les douze soeurs ont pris rang au hasard :
A ses rayons, l'étoile se révèle
Comme la Heur à son parfum.
La poésie, en ce foyer commun,
A rapproché les esprits et les âmes,
lit sous ses douze noms, bien qu'en gloire inégaux,
Avec douze miroirs rivaux,
C'est toujours la Muse des Femmes,
Qui, comme Hercule, a ses douze travaux.
PAUL L. JACOB, bibliophile.
20 septembre 1851.
SOYEZ TOUJOURS BIEN SAGES.
Voyez les enfants qui font tout à leur tête ;
On les plaint beaucoup, mais on leur dit: «Va-t'en! »
Ces agneaux perdus n'ont rien qui les arrête.
Sans guide, sans mère, ils cherchent la tempête.
Agneau de mon coeur, n'en faites pas autant!
Ne passez jamais devant l'humble chapelle,
Sans plonger au fond les rayons de vos yeux.
Pour vous éclairer, c'est Dieu qui vous appelle;
Son nom dit le monde à l'enfant qui l'épelle,
Et c'est, sans mourir, une visite aux cieux.
Ce nom, comme un feu, mûrira vos pensées,
Semblable au soleil qui mûrit les blés d'or.
Vous en formerez des gerbes enlacées,
Pour les mettre un jour sous vos têtes lassées,
Comme un tendre oiseau qui chante et qui s'endort.
N'ouvrez pas votre aile aux gloires défendues.
De tous les lointains juge-t-on la couleur?
Les voix sans écho sont les mieux entendues ;
Dieu tient dans sa main les clefs qu'on croit perdues;
De tous les secrets lui seul sait la valeur.
Quand vous respirez un parfum délectable,
Ne demandez pas d'où vient ce souffle pur.
Tout parfum descend de la divine table ;
L'abeille en arrive, artiste infatigable,
Et son miel choisi tombe aussi de l'azur.
L'été, lorsqu'un fruit fond sous votre sourire,
!
G LE BIJOU.
Ne demandez pas : «Ce doux fruit, qui l'a fait?»
Vous direz : «C'est Dieu! Dieu par qui tout respire, v
En piquant le mil, l'oiseau sait bien le dire,
Le chanter aussi, par un double bienfait.
Si vous avez peur, lorsque la nuit est noire,
Vous direz : «Mon Dieu! je vois clair avec vous!
Vous êtes la lampe au fond de ma mémoire;
Vous êtes la nuit, voilé dans votre gloire;
Vous êtes le jour, et vous luisez pour nous!»
Si vous rencontrez un pauvre sans baptême,
Donnez-lui le pain que l'on vous a donné.
Parlez-lui d'amour, comme on fait à vous-même ;
Dieu dira : «C'est bien! voilà l'enfant que j'aime;
S'il s'égare un jour, il sera pardonné. »
Voyez-vous passer, dans sa tristesse amère,
Une femme seule et lente à son chemin;
Regardez-la bien et dites : « C'est ma mère!
C'est du moins sa soeur! » Honorez sa misère,
Et saluez-la du coeur et de la main.
Enfin, faites tant et si souvent l'aumône,
Qu'à ce doux travail ardemment occupé,
Quand vous serez vieux (tout vieillit, Dieu l'ordonne)
Quelque ange en passant vous touche et vous moissonne,
Comme un lis charmant pour la Vierge coupé!
Fuyez les enfants qui font tout à leur tête ;
On les plaint beaucoup, mais on leur dit : « Va-t'en ! »
Ces agneaux perdus n'ont rien qui les arrête;
Sans guide, sans mère, ils cherchent la tempête.
Agneau de mon coeur, n'en fuites pas autant!
Mrac DESBOUDES-VAUIOKU.
APPLIQUE TOI BIEN!
3 une 3cunc Suit.
Votre coeur n'a jamais souffert,
Vous n'avez pas connu les larmes,
Et l'avenir vous est offert
Riche d'espoir, exempt d'alarmes.
Tout rit à vos yeux enchantés,
Tout est bonheur, rien n'est chimère,
Hors le travail, dont vous vous attristez...
Appliquez-vous au travail et restez,
Pour être heureuse, auprès de votre mère.
Moi qui sais de combien de fiel
La coupe de la vie est pleine,
J'en vois les bords frottés de miel
Que votre lèvre effleure à peine.
Le breuvage que vous goûtez
N'a pas encor de lie amère ,
Hors le travail, dont vous vous attristez...
Aimez l'étude et, croyez-moi, restez,
Pour être heureuse , auprès de votre mère.
LE BIJOU.
Une mère, c'est une soeur,
C'est un guide, c'est une amie,
C'est un bon ange protecteur,
Dont l'aile vous couvre endormie.
Tous les plaisirs sont vanités,
Et toute joie est éphémère,
Hors le travail, dont vous vous attristez...
Aimez les arts, jeune fille, et restez,
Pour être heureuse, auprès de votre mère.
M" 10 ÉLÉONOUE DU SKIGNEUII.
BELLE ET BONNE.
Tantôt clairs et brillants et tantôt invisibles,
A travers
Les prés verts,
Le Clain silencieux roulait ses flots paisibles,
De peupliers couverts.
Chaque arbre balançait une chanson heureuse
Dans les nids
Rajeunis,
Et les concerts d'oiseaux sur l'onde aventureuse
Allaient voguant, bénis!
Le soleil imprimait, au sein de l'eau vermeille,
Ses sillons
De rayons :
C'était l'heure magique où la terre s'éveille
Avec ses papillons ;
3
10 LE BIJOU.
L'heure où l'on voit venir la femme bonne et belle,
Au saint lieu,
Chercher Dieu,
Et tourner humblement, du seuil de la chapelle,
Son coeur vers le ciel bleu.
Sous des rameaux épais qu'un vent léger agite,
Loin d'un monde opulent où le pauvre est sans gîte,
Loin de la grande ville où ses pieds ont passé
Sans qu'un regard ami vers eux se soit baissé,
L'aveugle mendiant s'est assis; il repose,
Il dort, et son chien veille... Et, prenant à la rose
Son parfum le plus doux, l'abeille en murmurant
Vient puiser son trésor au calice odorant.
El; la nature calme, avec ses airs de fête,
Coquette et magnifique, ainsi que Dieu l'a laite,
Pleine déchos, d amours, de soupirs, de clartés,
De bleuets ondoyants sur les champs veloutés,
Et de moites vapeurs montant de branche en branche
Autour du saule en deuil qui sur l'onde se penche,
Et d'indicibles bruits, et de concerts flottants,
La nature revêt sa robe de printemps.
Mais il ne la voit pas, car sa nuit est sans trêve ;
Non, il ne la voit pas, si ce n'est dans un rêve.
0 printemps! donne-lui ce rêve tout d'amour :
Pour l'aveugle endormi, le sommeil, c'est le jour!
C'est le jour, qui revient, dans sa splendeur première.
S'infillrant, goutte à goutte, à travers sa paupière,
Mirage d'un passé lointain, qu'il doit bénir,
Lui faire un horizon avec le souvenir,
Tromper de ses regrets la tristesse profonde
Un aveugle qui dort voit rayonner le monde.
Plus de vagues terreurs, plus de mauvais chemins,
Plus de cailloux heurtant le bâton de ses mains;
LE BIJOU. Il
Plus de rires amers, que l'enfance cruelle
Jette à tous les malheurs qui semblent si loin d'elle ;
Plus de bandeaux de fer sur son front alourdi ;
Plus de voiles glaçant le soleil de midi;
Plus de tâtonnements craintifs, de porte en porte;
Mais l'air, la liberté, la vie active et forte ;
Le travail, cette joie innocente que Dieu
Laisse à tous ceux qu'il aime et qui vivent de peu;
Et, dans les flots pressés de la foule, sa place,
Sans qu'un chien la protège et qu'un bâton la trace!...
Tel était du vieillard le songe. En ce moment,
Une femme vers lui s'avançait lentement.
Elle sortait du parc, dont l'ombre hospitalière
S'étendait doucement sur les deux bancs de pierre.
Les longs plis de sa robe, aux soyeuses couleurs,
Caressaient en passant l'insecte au sein des fleurs,
Et l'on voyait de loin, à sa grave attitude,
Les reflets d'un bonheur né dans la solitude,
D'un paisible bonheur qui rend le front serein.
Se parant d'un éclat que jamais nul écrin
Ne donne à la beauté, dans sa splendeur frivole,
Elle allait par les champs, comme l'oiseau qui vole,
Moissonneuse du ciel, descendue ici-bas,
Cherchant quelque bonne oeuvre à glaner sous ses pas.
Fière d'ouvrir ainsi son aimante journée,
Devant le mendiant elle s'est inclinée :
La femme sait par coeur son code de bienfaits.
De la bonté naïve électriques effets!
Le chien du vieil aveugle, en la voyant si belle,
A tressailli de joie et s'est rapproché d'elle.
Et, fixant sur sa main blanche un oeil langoureux,
11 a semblé lui dire : « Il est si malheureux!
» Ne le réveillez point, même par votre offrande.
« Donnez, donnez, madame, et que Dieu vous le rende !
12 LE BIJOU.
» Je veille près du pauvre et je garde son bien ;
i) Donnez, donnez, madame! » Et la femme et le chien.
Sympathiques tous deux à la même souffrance,
Le regard tout empreint de la même espérance,
Représentants tous deux de la même pitié,
Semblaient pour ce bienfait se mettre de moitié!
C'était l'heure où l'on voit la femme bonne et belle,
Au saint lieu,
Chercher Dieu,
Et tourner humblement, du seuil de la chapelle,
Son coeur vers le ciel bleu.
M",c GABRIELLE D'ALTENHEYM.
LA PREMIÈRE SÉPARATION.
3ur Jcuucs ailles.
« Tu quitteras ta mère et le toit paternel,
» Pour suivre ton époux aux marches de l'autel, v
C'est écrit dans la loi, comme dans l'Evangile!
Cette mère a soigné ton enfance fragile,
Mais il vient un moment où, près d'elle et de toi,
Un étranger surgit, qui dit: «Ce sera moi
v Qui serai désormais son appui, sa famille! »
La mère essaie en vain de cacher à sa fille
Les larmes de ses yeux, la pâleur de son front
L'heure vient de sonner, et les adieux se font!
LA MÈKE.
Chère enfant que je perds, quelques instants encore!
Tu connaîtras un jour, des pleurs que je dévore,
La poignante amertume!... Enfin, à ton amour,
Mère doit s'immoler!
LA FILLE.
Pensez à mon retour;
Je reviendrai, ma mère.
LA MÈRE.
Oui, comme une visite,
Hélas! de loin en loin, nous arrive et nous quitte.
14 LE BIJOU.
Ton père est à l'année! Ainsi, tous dispersés,
Nous allons vivre à part tant de jours, commencés
Si doucement ensemble! 0 mon enfant, ma fille,
Soleil de la maison, gaîté de la famille,
Quand tu n'y seras plus, tout sera triste ici :
Tes oiseaux et tes fleurs, en te perdant aussi,
Cesseront de chanter et cesseront d'éclore!
Que me fera le soir? que me fera l'aurore?
Chaque jour, au matin, j'épiais ton réveil,
Après avoir le soir veillé sur ton sommeil.
Ta place vide ici... Depuis ta première heure,
Tu n'as jamais quitté cette chère demeure!
0 que n'es-tu restée à cet Age, où l'enfant
Voudrait suivre toujours le coeur qui le défend ,
Le bras qui l'a porté, la voix qui le rappelle;
A cet Age, où sa mère est toujours la plus belle,
Etant; la plus aimée!... En te donnant son nom,
Puisse-t-il te donner, loin de cette maison
Que tu quittes pour lui, tout le bonheur qu'il môle!...
Tu pleures!... Oh! j'ai tort!... Mon deuil est une faute,
Puisqu'il est sans courage et trouble ton bonheur!
Pardonne à ma tendresse et retiens dans ton coeur,
Comme dernier bienfait, les conseils de ta mère.
A ton Age, la vie a dans sa coupe amère
Peu d'ombre, peu d'orage et beaucoup de soleil :
C'est le ciel, au matin, presque toujours vermeil !
Pour conserver longtemps ta candide jeunesse,
Ne souris point au monde, alors qu'il te caresse :
Ses baisers sont remplis du poison de l'orgueil;
Malheur à la maison dont il franchit le seuil!
La femme la plus pure est avide de plaire;
Ne sois jamais, ma fille, et futile et légère;
Tu n'aimerais plus rien; tu fermerais ton coeur
Au calme doux et vrai, que donne un seul bonheur,