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Articles relatifs à l'approvisionnement et consommation de Paris et aux loix [sic] sur les grains en Toscane ([Reprod.]) / par M. l'abbé Tessier,...

De
39 pages
de l'impr. de l'institution des sourds-muets (Paris). 1792. Paris (France) -- Approvisionnement -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCHKEVOLUnON
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LÀ
REVOLUTION FRANÇAISE
ARTICLES RELATIFS
A L'APPROVISIONNEMENT
ET CONSOMMATION DE PARIS
ET AUX L O I X
SUR LES GRAINS EN TOSCANE;
Par M.VAbhi JfiSSIER, de l'Académie des Sciences, &c.
DE L'IMPRIMERIE DE L'INSTITUTION DES SQURDS-MUETS,
pria' l'Arsenal.
A
EXTRAITS
Des Mémoires de MM. LAIR DU Vavcelles
Mûrisse & MONCHANIN imprimes par ordre
de la Municipalité de Paris, fur le fujet prôpofé au
concours, relativement aux meilleurs moyens d'ap-
provifionner de bled & de farine la Capitale.
Tirés du JOURNAL DES SA VANS, pour le mois de Janvier
Suivis de réflexions, sur cette question importante.
Par M. F Abbé TJSSSIER, de *t Académie Royale
des Sciences etc. ait des Auteurs du Journal des
fe trouve tout-à-coup détruite entierement, il naît, pour lui en
ftibftituer une autre, une foule de difficultés les embarras fe
présentent de toutes parts -on ne fait à quel moyen donner la
préférence. Telle a été la pofition de la Municipalité de Paris
au moment où cette ville a cefTé brusquement d'être approvi-
fionnée par fon ancienne police. Cette pofition a été d'autant
fin* /-rni^np a.i^rc i», hlt-J* manauoient dans la majeure
partie du royaume. Il a donc fallu fatre de grands facrifices
d'argent pour parer aux premiers inftans. Ces facrifices ont été
faits & oh eft parvenu, à grands frais, à procurer & à aflurer
pour quelque temps la fubfiihnce d'une population nombreufe.
La Municipalité revenue à elle & pelant les chofes avec ma-
turité a fenti qu'il étoit néceffaire de trouver pour l'avenir un
mode d'approviÇonnemènt qui^ fut tout la fois économique
& conforme au fyftême général de l'adminiftratîon du royaume.
Ç'cft pour s'entourer d'une grande malTe de lumières Se dans
( 2i )
l'efpérance de découvrir ce qu'elle cherchoit que par un programme
elle a invité les citoyens à lui communiquer leurs idées fur un
fi important Sujet. Parmi les mémoires qu'elle a reçus elle en a dis-
tingué trois, dont Pimpreiîion a été ordonnée. L'un eft de
M. Lair du Vaucelles déjà connu avantageufement par plufieurs
écrits dans ce genre ou dans un genre analogue; le fecond eft
de M. Morille ancien repréfentant de la commune le troisième
de M. Monchanin. Ce font ces mémoires que nous allons faire
connoître en y ajoutant quelques réflexions.
La queftion propofée étoit conçue en ces termes « Quels font
» les meilleurs moyens d'alîurer l'approvjjionnenîent |e la ca-
» pitale & d'y entretenir conftamment une quantité de bleds
& de farines, proportionnée a fa consommation ». Cette queftion
principale eft développée dans le programme par des queftions,
oui en dérivent. M. Lair du- Vaucelles eft le,feul ojïi les ait
fuivi ftriclement, moins fans doute,
comme indépendantes les unes des autres & ayant befoin d'être
traitées féparément que pour clafler fous des titres tout ce qu'il
avoît à dire. Nous commencerons par fon mémoire le plus
étendu des trois & celui où la matière nous fcmble avoir
été le plus approfondie.
Première question « Le commerce feul peut-il à l'abri des
» loix, qui protegent la circulation des grains dans toute l'é-
tendue du royaume afTurer en telle manière, l'opproviiîon*
nement de Paris qu'aucune adminiftration n'ait à s'en oc-
» cuper? » M. du Vaucelles n'héfite pas à prononcer que
le commerce feul dégagé de toute contrainte de toutes en-
traves, pourroit remplir cette tâche immenfe mais qu'il faut que,
comme la providence, l'administration le iurveillc & fupplée
dans les cas difficiles à ce qu'il ne pourroit faire qu'imparfai-
temeni. Il entre enfuite dans quelques détails fur la population
la ville, fur I* vpa.xn.iuj ae oleas neceiiaires des environs
qui n'ont point de marchés & pour lubvenir k la confomma»
tion des pâtiffiers & des an1idonniers. Selon M. du Vaucelles 9
qui a puifé la plupart de fes données dans l'art du boulanger
de M. Malouin Paris renferme habituellement dans fon fein
700,000 habitans et
âmes, pour lefquelles il faut en une année fetie-rs de
bled. II rappelle les précautions prifes fous François I & depuis
<î>
Ai.
le regae de ce prince pour mettre Pâris a portée de fi; pro-
curer fans peine des vivres on donna à fa généralité vingt-
deux qui cemprenoient les meilleurs pays à bled.
ûe fuffirent même pas dans la fuite, Car cette ville^s'étant ac<*
crue, il fallut aller au-delà de ces élevions chercher des bleds.
Afin de rendre tous les tranfports des denrées faciles & cet raies»
elle eut en outre fur les jranaux & rivières, qui
ft jettent dans la Seine. Cette efpece de fuprématie, qui s'étendoit
fur un territoire de lieues de fuperficie Ce trouve main-
tenant réduite à lieues de fuperficie par la fixation bornée
du département de Paris, Il dl donc néeeflàire que la ville Ce
pourvoie ailleurs. Mais elle doit le faire de manière à ne point
allarmer les départemens voifins qui pourroient lui oppofer
des obftacîes fâcheux. M. du Vauceiîes en rivant les calculs
du maréchal de Vauban fur l'étendue du royaume détermine la
fomme des terres labourables après avoir déduit les efpaces
occupés par les villes bourgades, villages rivières étangs, ca-
naux, lacs chemins vagues, vignes, bois 11 vergers, herbages
prairies, plantations d'oliviers, ôcc. Ildiftribue ce qui refte en trois
foIes, dont une feule produit des bleds. Il évalue les récoltes à 4 feti ers
& demi ,*mefure de Paris, par arpent fur quoi il faut encore prélever
ksfemences qui font de 10 boiiTeaux ou d'un fetier. Il fouirait ce
qui fert pour approvifionnerles colonies. Enfin, ce qui fe confomme
la nourriture des animaux pour les pktlffiçts
& les fufli retranché des calculs de M. du
que dans les années les plus lieuxeufes le
fûpcrflu n'excède pas fetien. Dans cette
nipbtlièfe 9 if fuppofe que chaque individu des d'habi-
tans »de la Frante consomme par an deux fe tiers de bled
onces de pain par jour. Ce foible ei-
'téd^nt des récoîtes donne k l'auteur du mémoire Poccafîon de
pft. -i^ peuple, qife dans Its
territoire Français peur produire de quoi nour-
rir4 fes hàbitâns pendant trois ans.
commerce doit-il être quelquefois fur-
ou encouragé, on l'a fait jufqu'à ce Jour») ?
du croit qu'il faut encourager le commerce & le
lui-même Si nous comprenons bien fa
pensée, Pétat âôlï lui, accorder k tout le commerce &:
de commerce le plus
u>
fans Cavoriter quelques particuliers pour ne pas écarter les autres;
mais la funreiflance eu Le commerce petit ren-
contrer dans fa marche des obfttcles tels que les préjugés
du Peuple qu'il faut éclairer 4 il eft poffible qa'il ïe néglige
qu'il fe ralentîfle, qu'il oiait pas de juccès f 4ms tous ces cas
îa prévoyance de l'adminlft ration devient niceffaîre. Mais il faut-»
une légillation qui ne vacille pas car tantôt permettre & tantôt
détendre l'exportation c'efi fonner le todin, une
difette d'opinion, plus redoutable que la directe réelle!
Troifieirie queûion «Par qui le commerce doit-il
» veillé, aidé, encouragé?» M* du Yauceïles
veiner le commerce des grains, déftinés àl'approvidonneœerit de
Paris les repréfentans de la commune, qu'il regarde comme
plus capables de calmer les allantes du peuple. La municipalité
dans un des articles de fon programme, a rait voir qu'elle fen-
toit combien la manifenation de la moindre inquiétude pouvoit
nuire à l'approvifîonnement l'expérience ne Je prouve que trop.
Quant aux dépends furabondantes que lgs encouragemens
pourroient exiger, M. du Vawcelles préfun1e que c'eA au de*
partement trouver les moyens de les faire.
Quatrième question « Quelle doit être le mode de cette fur-
» veillance de ce fecours ou de cet encouragement ? w Pour
être d'accord avec fes principes M. du Vaucelles ne voudroit
pas que ce mode gênât en rien le commerce auquel une liberté
pleine & entière eft néceflaire pour les progrès. Mais la mu-
nicipalité a des reffources pour connoître l'état des terres cul-
tivées & les circonitances qui peuvent en déranger les produits.
C'eft alors qu'elle prendra des mefures de furabondance, comme
en prit l'Empereur Jofeph II en qui prévoyant la mau-
vaife récolte eut foin d'approvifionner les maga1ins de fes troupes.
Dans ces cas tirer des bleds de loin & fur-tout de l'étranger,
eft le moyeu de déconcerter l'avarice dés (péculations. 0n puî*
en Angleterre même, fur les côtes de Barbarie & dans- i Amé-
rique feptentrionale. M. du Vaucelles auroit pu ajouter, & dans
le Levant, car la Sicile & les côtes d'Italie en vendent au com-
merce de Marfeille. Nos provinces méridionales fur-tout le
Languedoc &la Provence, ne récoltant pas habituellement ce qu'il
leur faut pour vivre font en partie alimentés par les bleds da
Levant ? que le commerce de Marfeille Jeur apporte. La Pologne
X% )
qui en récolte toujours plut qu'elle n'en confrafaie* OR la t*î-
feurce de tout le nord de l'Europe & do nord de II
France. -,Différentes efpeces de £ cours continue M. du Vau-
celles, font à la difpofition de ta miMïMpalîté. Elle a la fa-
cilité de procurer aux foorniflêurs des emplacement Jérs »
commodes & gratuits, & de veiller fur la libre circulation des
fubliftasces qui arrivent à Paris, foi par eau, foit par terre.
Quoiqu'elle n'ait plus le même droit qu'autrefois^ elle aura tou-
jours affei de crédit pour obtenir des département venons, que
les rivières navigables, canaux & grands chemins, foient
en état d'accélérer les tranfports & que les denrées qui lui
font deflînées ne {oient pas retardées ni interceptées. Enfin
elle excitera l'émulation en donnant des prix d'encouragement
aux boulangers & autres fournifleors auront montra
plus de zele plus d'adivité & de célérité dans le fervice îorf-
qu'ils auront tiré un meilleur parti des bleds & des farines fans
altérer la qualité du pain ou fait venir leur approvifiormement
de pays éloignés. L'auteur lui-même en 1789 avoit donné &
propofé, à Tes frait, trois prix d'encouragement dont on doit
lui avoir obligation.
Perfuadé que Finfpeâion exercée autrefois par la ville de
Paris, fur les routes canaux & rivières qui fervoient à fon
approvifionnement loin d'être onéreuse aux riverains leur eft
avantageufe en leur procurant la plus prompte fit la plus facile
exportation de leurs denrées M. du Vauceiles invite la capitale
àN réclamer cette infpe&ioa qui lui paroît indisponible & fans
laquelle elle ne peut jamais compter fur l'arrivée des objets de
première néceiîîté. Quelque intérêt qu'aient les riverains des
grandes routes & rivieres afluantes à Paris de defirer que cette
ville conferve l'infpedion qu'elle avait, il eft difficile de croire
qu'on la lui accorde dans le aâ««l d'égalité des chofes
& des pouvoirt^ • «'
Cinquième queltion « Par qui dui*fc«t être faits les magasins,
s'il faut en établir ? » Ce n'en ni à la municipalité, ni au gou-
vernement général du royaume qu'il appartient de faire des
magafins, d'après l'opinion de M. du Vaucelles, mais au com-*
tnerce feul affranchi de toute intervention & rivalité étrangère.
Il Mit d'encourager les boulangers fariniers meuniers & bla-
tiers en les mettant à l'abri de toute crainte & en leur diftri-
buant des fécompenfes. Les précautions employées jufqu'id 9
( 6)
coûtent des formes énormes, dont une partie confacrée k âéi
encouragemens feroit un bien infini,.
du Vaucelles propose en outre, pour mieux a&urer l'approvi*
lionaement de Paris de recevoir de ceux, qui peuvent pourvoir à
fa iubi#ance une fourniïEon obligatoire pour la quantité de
grains ,? farines ou pains, qu'ils s'engageront à fournir dans le
coars d une année fous la condition de la renouveller tous
les ans au mois de feptembre pour Tannée entière ou pour fix
mois & de fournir à la fin de chaque mois, au bureau des fub-
fiftances, un état de ce qui leur refte de provifions & de celles
dont il efpere la rentrée prochaine.
Sixième queftion « Queîle quantité de bled ou de farine doit-
on entretenir dans ces magafîns?» Le, programme fuppofe des
magafms publics que M. du Vaucelles profcrit. Les fourniffeurs
doivent en avoir de particuliers pour remplir leurs promenés.
Le devoir de la municipalité fera d'accorder une prime à ceux,
qui par leur approvifîonnement fe feront mis en état de parer
aux inconvéniens des baiTes eaux, dés gelées longues, peudan
la durée defquelles on ne peut moudre du bled. Il fera même
utile dans des temps de crife d'établir une cailfe de recours,
pour leur avancer, fans intérêt & en prenant fes fûretés une
partie des fommes dont ils pourroient avoir befoin. M. du Vau-
cellwapute qu'il faudroit former un comité, que préfideroit
un ntembre du bureau des fubfiftances, auquel on admettroit des
boulangers fermiers, blatiers, & qui tiendroit un état de tous
les fournifleurs de la ville & de la campagne de, la quantité
& qualité des approvifionnemens de l'exaôitude du fervice
& des obibcles imprévus afin d'en informer Tadminiftrat ion
& de lui présenter les moyens d'y remédier. Il defireroit qu'on
ce comité une
Septième queftion «Selon quelfes règles on doit raire ufage
» de cet approvjaiQ11nj.m£nj:> n par
les réponfes faîtes à la Uxieme fournit VM. du Vaucçlles Top-
cafion de faire fentir les iqconvéniehs des magasins publies. Il
en réfulte des frais confidérables àes pertes & le die'gouràgè-
ment des négocians, tro^ ► foibles pour Juuej
contre une puifîance qui fe réfoudra perdre, taâdïs^cjûe leur
,,véri table, objet ne peut être ta concurrence libre
cft le feul moyen de àécoaçenex les projets, que
(7)
M. Huitième queftion î « Quelle utilité on peut retirer de J'article
19, du titre 3 du code municipal de Paris, fui permit ait
bureau municipal de concerter direëement avec les
» du Roi, lés «moyens de pourvoir
capitale Le concert du bureau muni-
cipal & des minières du Roi, paroît à M. du %fauccUes utile,
par cela feui qu'il peut obtenir d'eux des renfeignemens fur îe
prix des grains dans les divers marchés du royaume & du plus
ou moins d'abondance qui y règne. M. du Vaucelles ne peut
s'empêcher de convenir, que dans le nouvel état des chofes
1 approvifionnement de Parts eft devenu plus embarraffant que
jamais. « Le peuple dit-il, de chaque canton & Regarde en.
» Quelque forte comme le propriétaire de tout le ren-
? ferme. Le moindre enlèvement l'inquiète. Il en toujours prêt
» à s'y oppofer. L'extrême mifere où il eft réduit, le défaut de
»* travail, tout l'oblige à veiller fans celte fur les moyens de
Ce procurer fa fubfîftance au plus bas prix & il rc
» garde le moindre enlèvement comme le d%ne difeûe
» prochaine ou d'un renchériflement certain. Les départe-
» mens eux-mêmes tous enclins', tous intérelTés a maintenir
» la paix dans leur h^fiteroient peut être de
donner à ce fujet des ordres tranchans & authentiquer Tout
» doit fe faire dans le Secret & fur ce point un iàtcn»
dant avoit plus de facilité qu'un département. La libre cir-
culation des grains, dans tout f intérieur du royaume, pourront
P néanmoins obvier à tous ces mais le peuple la con-
» trarie. Ce peuple n'obferve pas qu'en refufant à la capitale fa
D fubfiftance, il commet un extrême injustice. Il oubïie en
D même-temps, que la grande population de Paris eft une re-
» fource pour jnovinces comme fa grande
» consommation et! an. encouragement pour
en membres doïveiït nourrir'; mais l'âpolo-
D gue de n'eft point connu dans les villages
Ces obftacles ,qui naiffent de t'opinion du peuple, forceront,
dans certaines circonftances de recourir à l'étranger. Le produit
de notre fol n'eft pas toujours une les marchanda
& Paris ne doit pas courir la M. du
Yauceiles de lfe-
tranger épuiferoit le numéraire & àgrïcuî-
ture. Il croit trouver le ce mai en proposant de tirer
à Paris comme en province d'une quantité déterminée de bled
une plus grande quantité de pain & de raprocher par
des facultés du peuple. Il confeille de ce point aller puifer ou-
vertement dans les halles & marchés des divers départemens, mais
d'acheter plutôt aux fermiers, afin de ne pas caufer d'dlarmeS*
Neuvième queftion « Quel' avantage l'on peut tirer! de l'arc.
» i, du décret du 2.1 feptembre dernier, qui ordonne que la
D quantité de marchandises arrivant à Paris par eau 3 fera
» déclarée à la municipalité, fi comment | pour fi procurer
la connoifance exaBe de U quantité de faune qui arrive
par terre on pourroit 'remplacer les fecours que l'on tiroit
•n autrefois des barrières ?» M du Vaucelles penfe que fi la
plupart des denrées arrivoientpar eau, ceferoit la preuve qu elles
viendroient de lbin.Lesreflburcesdu voifinage ne s'épuiferoient pas,
& les frais des denrées étant moins cpnfidérables leur prix ne
Véléveroit pas fi haut. La loi qui en ordonne la déclaration,
a le double avantage d'en cosftater la quantité & la qualité S
de donner des les cantons Soi-
gnés.M.du Vaucelles ne voit pas la néceffité d'établir. des bureaux
pour connoître les approrifionnemens qui viennent par terre. Les
foumiiTions des fournifleurs lui paroinent fuffire.
M. du Vaucelles en réfumant tout ce que contient Ion mé-
moire, condut que la feience de toute adminiftration en ma-
tière de fubfiftances, confifte prefque entièrement a laitier un li-
bre cours au commerce tout fe réduit cette maxime;
rage? & laifèi faire il cite les exemples de la Tolcane, de la
Hollande & de l'Angleterre où l'application dfi ce principe §
fin les plus rands
M. Moritre examina admettre
les fubdmfioss. Il diftingu#les moyens de pourvoir àdesbe-
foins inftans a une difette de ceux qui (ont nécefïaires
pour entretenir une fuffifante abondance. Il croit que la muni-
cipalité ne confulte que fur ces derniers. « Il n'en pas douteux,
» dit-il, que le meilleur moyen de pourvoir a la fubftftance des
habita de cett. grande viUe comme fes auttec befomsf
w ne foit d'abandonner ce foin au commerce, donte eft la charge»
» qu'il faut lui laiCer toute entière, parce que lui feu! en en
'p état & que c'eft fon intérêt de la bien remplir Ces
B
Ces principes confignés dans beaucoup "éHczht $t eonfkctét
par les décrets lilxre circulation des grains âm
farines dans toute Vétmdne du royaame, ne font pas générale-
ment adoptés, Des préludés populaires les rejettent encoie. II
paroît àJVÏ. Moriffe que te conieil général de la .c ••̃nrrmmea.
voulu fixer fur cela .'opinion publique & adapter poui pour-
voir à l'approviiionnement de Paris, un iyfiênie qui de
jregle dans une dont les membres changent fou*
vent. En fuppofant que le commerce feul pit fournir la fubfi£*
tanfe de la capitale doit-on abfolamem s'en rapporter à lui
Doit-on faire dépendre uniquement des fpécubtioos & entreprifes
des négocians l'exifience de 7 à 800,000 âmes. L'affirmative
eft démontrée en théorie; mais démentie julquici dans la pra-
tique. M. Morifl7e qui en eft perfuadé en cherche la raîfon
afin de ne ,pas imputtr au commerce Oc à la liberté abioiue,ce
qui pouvoit être la-faute du gouvernement. Il croit la trouvée
dans l'ufage où étoit le gouvernement d (e mêler de Tapprovi-
fionnement de Paris & de la circulation des denrées dans toute
l'étendue du royaume. On ne s'eft jamais entièrement confié an
commerce; on l'a toujours gêné; on l'a écarté par une concur-
rence qu'il ne pouvoit foutenir; de-îà, une foule d'abus & d'in-
convéniens tels que « les enk'vemens & accap iremens de grains,
» les monopoles les difettes faâtices qui excufënt des rcîiché-
» riffemens réels de bleds & farines, la cherté du pain, qui
eft une fuite de ces les plaintes & murmures du
peuple, Pemt|pras continuel du gouvernement, &c.
M. MorifTe rappelle qu'en 1789, le commerce émit tout dé-
routé, & abfolument t'ul le gouvernement s'étant chargé de pour-
voir feul a l'approvifionnement de Paris. Il rend compte de la
marche que fui vit alors la municipalité obligée de fe confor-
mer encore quelque temps à l'ancienne adminiilratinn $ p«»iu en-
gager le. rnmmerw J» rcprcnUic elle l 'oncow ragea & parvint
à faire fournir par lui la halle ne mettant en réferve que pour
les cas imprévus. M. Moriffe ne fait à quoi attribuer le déran-
gement de ces mefures & le renchériflement du pain. Nous en
avons indiqué les véritables caufes dans le N°. de notre
Journal d'Agriculture imprimé par les Sourds-Muets aux
Céleftins
Les doutes élevés fur ce que peut faire le commerce, font un
M. Morifle & ces doutes qui donnent des inquié-
(10 )
tudes, empêchent qu*on ne puifle encore s*y fier. Il eft donc
nicefTaiie de prendre des mefures mais telle*, qu'elles ne lui
portent pas d'ombrage, & qu'il fe mette en poifeiiion
iionner Paris.
Pour remplir ce but, l'auteur propofe d'emmagasiner, non des
bleds, 9 mais des farines embarillées qui puiilent fe conserver
pi u lieu rï années. Il faut ne les employer que dans l'extrême ur»
gence feulement pour remplir le déficit du commerce & ven*-
dre toujours un peu plus cher que les négocians, afin que ceux-
ci, tant qu'ils pourront fournir, ayent toujours la préférence. « On
» conviendra, dit-il, que quand on eH: dans la difette 4c dans
» une il s'agit de vivre & non pas de vivre
bon marché. Ce qui en: vraiment mai vu, & très-dangereux,
» c'eft de vouloir bailler le prix des ble'Js ou fariner & du pain
» lorsqu'il doit être haut, & qu'il en: impoiîible de donner ces
» denrées à meilleur marche que le taux courant du commerce,
» parce que au-deifo'us de ce taux, ii y auroit perte pour le
vendeur, ou fouraifieur. D'ailleurs, c'eft, fans doute une
» chofe très-fàcheufe que le pain foit très-cher mais le re-
» mede eft dans l'excès même du mal. La cherté attire la den-
» rée & provoque l'abondance qui produit bientôt le bon mar-
» ché. Il faut fans doute, en attendant venir au recours du pau«
» vre ce a'eft pas en faifant- bailler le prix du pain qu'il faut
l'aider. C'en en lui fourniiTant, de qtielqlie maniere que ce
» foit, les moyens de le payer ce qu'il doit valoir.
» En fuivant fidèlement ces principes, il feroit poffible que
» jamais on ne touchât à l'approvifionnement du gouvernement,
M que pour le renouveler' au bout d'incertain temps afin de
» ne pas courir le rifque d'en rien perdre car il pourroit ar»
» river que le commerce prenant confiance dans l'adminiftration,
» qui fc fi«roîr ¡¡--lui, ne ceflat plus d'approvifionner abondam-
» de la Paris ne fu^fiftanec* étsat concurrence avec les farines,
de la ville ne en concurrence avec les tiennes
» fur le carreau de la halle, tant qu'il fourniroit fuflïfarament
» & qu'en tout cas, il auroit toujours la préférence pour la vente,
» puifque la municipalité vendroit toujours plus cher que lui.
» Enfin lorfqu'il feroit temps de renouvel 1er l'approvifionne-
ment parce que l'on craindroit. que les farinés ne fe dét黩-
» raflent, il faudtôit encore fp garder de,les mettre en vente,
toujours de peur d'écarter le commerce, On a'ea [croît ja«
( il )
B
b mais embarras, il Vy aurait qu'à les diftribâsraax hôpitaux
& aux charités des paroilfes à compte des (êcoufs que le
gouvernement devrait leur fournir ».
Les avantages qui rêîakent de projet de. M. Marilîè » leioa
lui font de mettre le commerce en état de Ce charger d'approvifion-
ner Paris, d'épargner à la municipalité Pembarras d'acheter & yen.
dre continuellement, ce qui l'expofe à des partes
de ne plus craindre les enléVemens de grains, les accapparemens
& autres manœuvres d'avoir da pain quand on voudra foit
que de longues gelées ou de. longues fécherefles arrêtent les
moulins de garder les approvifionnemen* long^tem]: & a peo
de frais. On a la manière de. bien embariller les farines dans
le Querci, dans la Guienne pour les e mbarquemens on le pro-
cureroit facilement à Paris en peu de temps des ouvriers capa-
bles de ces préparations; ou ce qui feroit peut-être encore mieux,
on les feroit embariller dans différens pays en accordant même
des prix à ceux qui perfectionneraient les préparations qu elles
exigent.
M. Monthanin reconnoît d'abord que le bled eft une propriété
qui doit être refpe&ée entre les mains du cultivateur & du mar-
chand. Il examine enfuite s'il n'y a pas des inconvéniens pour
Futilité générale que chaque département s'occupe a appro-
vifonner fon arrondiffement & il n a pas de peine à en trouver.
Ils font fi faciles à faifir, que nous croyons inatmle de les rapporter.
M. Monchanin eft perfuadé que la libre circulation établiera un
dquilibre en faisant pafler dans les départemens du nord, les
récoltes du midi, & vice versa félon l'abondance des uns & les
besoins des autres. Il préfère les magafins particuliers ceux des
département. Les cultivateurs ou meuniers qui conserveront des
bled!, on des'farines £turont mîetix les gouverner^ ces denrées
ne coûteront aux acheteurs ni frais ni enibarras. L'auteur du mé-
moire eft de l'avis d'un de fes concurrens qui voudroit qu'à
Paris on mangeât du pain de qualité inférieure qui feroit tout
à la fois & moins cher & plus nourrifîant. Il va beaucoup plus
loin. Il délire que les particuliers qui ont un local faffent eux-
mêmes leur pain ou qu'ils- le Ment cuire chez des tous
les trois ou quatre jours, afin d'en moins confommer; enfin
il regarde connaît très-utile de diffofer tel4ment la halle, que,,

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