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Au Gouvernement provisoire et aux deux Chambres. [Signé : Maleville fils, 27 juin 1815.]

De
11 pages
impr. de Mame ((S. l.,)). 1815. In-8° , 11 p..
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AU GOUVERNEMENT
PROVISOIRE
ET
AUX DEUX CHAMBRES.
AVERTISSEMENT.
APRÈS avoir entendu la lecture du dernier bul-
letin de nos armées, mon intention était de faire
part à la chambre des représentans de la propo-
sition qui suit. Mais on m'a fait craindre que
l'éclat dont elle serait suivie, ne nuisît au but
même que je me proposais, et ne compromît le
succès des diverses négociations ouvertes par le
gouvernement provisoire. Je me borne donc à
faire imprimer mon opinion pour la communi-
quer à mes collègues. Puisse-t-elle contribuer à
développer dans leur esprit les dispositions qui
conviennent aux circonstances !
AU GOUVERNEMENT
PROVISOIRE
ET
AUX DEUX CHAMBRES.
MESISTEURS
JE viens vous conjurer de mettre un terme aux maux de
la guerre, et à la dévastation de nos campagnes. Je viens
vous demander de prévenir le sac de Paris, le démembre-
ment de la France, et l'entière ruine de la liberté.
A défaut de combattans, des légions de plénipoten-
tiaires partent chaque jour de la capitale. Les uns se
rendent, dit-on, an quartier-général des hautes puis-
sances alliées, les autres auprès du cabinet de Londres.
Ceux-ci vont au-devant du duc de Wélington, ceux-là au-
devant du prince Blucher. Voilà donc l'état humiliant
auquel la France a été réduite, après une campagne de
trois jours, par cet homme qui, prétendait lui rendre sa
gloire ! Mais, parmi tant d'ambassadeurs, est-il vrai qu'au-
cun n'ait été envoyé vers celui qui a le premir droit à
nos hommages, vers celui-là seul dont l'intercession peut
fermer l'abîme ouvert sous nos pas?..... Messieurs., dans.
(4)
ces graves circonstances, je ne vous tairai point ma pen-
sée; je vous la dirai toute entière, dans l'intérêt de la
patrie, dans le vôtre et dans le mien. Nous avions tous
besoin de la leçon du malheur : ne la repoussons pas plus
long-temps.
De salutaires avertissemens nous furent donnés par ce
monarque malheureux que des soldats infidèles et une
poignée de factieux arrachèrent, il y a trois mois, du mi-
lieu de son peuple. Avant de s'éloiguer, il ne cessa de
nous dire : « Songez que, si mon ennemi pouvait triom-
« pher, la guerre civile serait aussitôt allumée parmi nous,
« et qu'à l'instant même, plus de trois cent mille étran-
« gers, dont je ne pourrais plus enchaîner les bras, fon-
« draient de toutes parts sur notre patrie (I). »
Était ce son intérêt propre , messieurs , ou plutôt
n'était-ce pas celui de son peuple et les clartés de la sa-
gesse même, qui lui dictaient ces avertissemens?
Il triompha, son ennemi! il rentra dans le palais de
nos rois ; mais on sait quel a été le terme de ses triom-
phes. .... Je ne retournerai pas, messieurs, le trait cruel
qui a percé vos coeurs à la nouvelle du plus épouvantable
désastre. Je ne déshonorerai pas non plus ma bouche par
de lâches et inutiles reproches : Res sacra miser. Mais
qu'il me soit permis de le dire : alors, du moins , tous les
yeux auraient dû s'ouvrir; et cependant, c'est dans ces
fatales conjonctures, qu'on vous a fait reconnaître pour
souverain constitutionnel, le fils de Napoléon (2).
(1) Proclamation du 18 mars.
(2) On sait aujourd'hui que cette reconnaissance déjà caduque a été
forcée , et qu'elle était nécessaire pour prévenir de grands attentats.