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ÀN ROI.
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SIRE,
JE viens humblement soumettre à Votre Majesté mes obser-
vations sur le traité de commerce projeté avec l'Angleterre, et
défendre la cause de la portion industrieuse de vos sujets, for-
tement menacée de la misère, si les manufactures nationales
ne sont point essentiellement protégées dans ce traité.
Je m'adresse au cœur paternel de Votre Majesté, à ses lumières,
à sa justice; je ne réclame d'autre faveur que celle d'être écouté,
persuadé qu'avec de tels juges le gain de ma cause est assurée.
Je pose en principe :
<t Qu'une nation ne doit pas se rendre tributaire d'une autre
» pour les objets qu'elle peut tirer de son sol et de son industrie ;
i> Que le travail est la véritable richesse des nations ;
» Qu'il est spécialement le patrimoine du p&uvre y ainsi tout
» ce qui tend à priver le pauvre de travail est une véritable at-
5) teinte à sa propriété; les conséquences d'une si grande injus-
» tice ne manqueraient pas d'être funestes au repos et à la pros-
» périté de l'Etat j
( 2 )
» Qu'il faut que le pauvre vive. Il n'y a donc rien de plus-
» précieux, de plus digne de protection, de plus sacré que tout
» ce qui procure un travail régulier, seule ressource légitime,.
» seul moyen d'existence de plusieurs millions de Français ; <
e Que l'or et l'argent sont la partie la plus substantielle et la
» plus durable de la richesse mobilière d'un peuple ; donc l'ad-
» ministration doit saisir tous les moyens de conserver et mul-
» tiplier ces riches métaux. D
En conséquence de ces principes incontestables, je demande
que dans le traité de commerce avec l'Angleterre, on se borne
à permettre l'entrée en France, seulement des matières premières
et des denrées que notre sol nous refuse ou ne produit pas assez
abondamment.
Que l'entrée des marchandises de l'Inde et de fabrication an-
glaise continue à être très-sévèrement prohibée.
Pour faire apprécier par Votre Majesté la nécessité de la prohi-
bition absolue des marchandises fabriquées dans l'étranger, ana-
logues à celles qui se font en France, je vais lui exposer avec
vérité les avantages que les Anglais ont naturellement sur notre
industrie, et les moyens accessoires non moins puissans dont ils
se serviraient pour la détruire.
f( Les Anglais ont beaucoup plus de capitaux et de crédit que-
» nous.
» Ils paient l'intérêt des fonds dont ils peuvent avoir besoin, à
» moitié meilleur marché que le fabricant français.
)) Ils se font même des capitaux qui ne leur coûtent rien, en
» payant leurs fournisseurs et ouvriers avec leurs propres bonsy
» qui circulent a l'égal du papier de banque.
» Ils possèdent des ouvriers plus routiués, des métiers et ma*-