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Aux électeurs, en 1818, par un électeur du département de la Sarthe. (Septembre.)

17 pages
Impr. de Hocquet (Paris). 1818. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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AUX
ÉLECTEURS,
EN 1818 ;
Par un Électeur du Département de la
Sarthe.
PARIS,
De l'Imprimerie de HOCQUET, rue du Faub. Montmartre, n° 4.
1818.
AVERTISSEMENT.
ON ne trouvera dans cette petite
brochure que des choses assez com-
munes ; mais ce ne sont pas les choses
communes qui sont le moins utiles ; et
quelque répandues que soient les idées
développées ici, j'ai cru devoir les re-
produire pour ceux des Électeurs qui ne
les connaissent pas. Le nombre de ces
Électeurs est assez nombreux, parce
que beaucoup d'entr'eux étaient trop
jeunes pour juger les événemens de la
révolution, et qu'ils n'en ont pas lu l'his-
toire.
AUX ELECTEURS,
EN 1818.
LORSQUE nous avons entrepris de par-
courir une carrière longue et pénible , nous
nous arrêtons quelquefois pour jeter nos
regards en arrière, voir le point de départ,
le chemin parcouru et celui qui nous reste à
faire, afin de proportionner nos efforts aux
obstacles qu'il faut vaincre encore.
Telle est maintenant la position où se
trouvent les Français qui ont commencé
la révolution, et qui sont restés fidèles à leurs
principes.
Dans la route où ils s'engagèrent il va
trente ans » ils n'avaient pas vu les préci-
pices où devaient les entraîner, et ceux qui
semblaient d'abord voyager de conserve avec
eux, et ceux qui s'opposaient à leur marche ;
mais lorsqu'on tend à un but noble et diffi-
cile à atteindre, les dangers et les sacri-
fices les plus pénibles ne sont rien; ce qu'il
y a d'important, c'est d'avancer.
Rappelons - nous donc quel a été notre
point de départ; voyons où nous sommes
6
arrivés maintenant, et où nous voulons aller.
Ce ne sera pas pour trouver des choses
nouvelles que nous ferons cet examen, mais
pour nous recorder sur les motifs qui ont
dirigé nos actions, sur les efforts que nous
avons faits, et sur ceux qui nous restent, à
faire.
CHAPITRE PREMIER.
Dans quelle situation étions-nous, et qu'avons-
nous fait ?
Le Gouvernement français crut nécessaire,
en 1788, d'assembler les états-généraux pour
se tirer de l'embarras dans lequel se trou-
vaient les finances de la France. Jamais les
états - généraux n'avaient été appelés avec
plus de solennité ; jamais ils n'avaient été
composés d'un aussi grand nombre d'hommes
recommandables par leur naissance , leur
fortune et leur savoir. Ils virent que l'orga-
nisation de l'Etat n'était plus en harmonie
avec les circonstances que le tems avait ame-
nées. En effet, lorsque la puissance du Roi
de France reposait sur l'aide et la force de
ses vassaux, il pouvait abuser de ses moyens,
mais il ne pouvait pas en tarir la source ;
7
et cette impuissance est la principale cause
de la conservation du royaume pendant tant
de siècles; mais, depuis que les rois ont fait
reposer leur puissance sur les troupes sol-
dées, et par conséquent sur l'impôt, et qu'ils
ont eu la funeste facilité de l'augmenter sans
mesure, ils ont miné, chaque jour, le fon-
dement de leur force; et il était indispen-
sable d'établir leur autorité sur une base
nouvelle (1).
L'impôt pesait sur une portion des Fran-
çais, de manière que toute augmentation était
devenue intolérable, si on ne la répartissait
pas sur l'ensemble des citoyens.
L'assemblée constituante fut donc forcée
de décréter l'égalité de l'impôt.
Mais une portion considérable des revenus
du territoire français était dans les mains du
clergé, qui avait toujours repoussé l'égalité de
répartition. Ces biens avaient été donnés, par
(1) L'Espagne et le Portugal ont puisé dans les
mines du Nouveau Monde; et quoique les souverains
d'Allemagne ne puissent pas abuser des impôts comme
on l'a fait en France, puisqu'ils doivent être con-
sentis par des états, dans une grande partie de leurs
possessions, ils n'auraient pas pu maintenir leur gou-
vernement, sans les subsides de l'Angleterre
8
nos pères, pour l'exercice du culte catho-
lique en France ; et les revenus qui en pro-
venaient s'étaient accrus, par le tems, hors
de toute proportion, avec les besoins aux-
quels ils étaient consacrés. Les chefs du clergé
s'étaient emparés de la plus grande partie de
ces richesses, et ne laissaient aux prêtres utiles,
que ce qui était strictement nécessaire à leur
subsistance : la justice réclamait une autre
distribution des fonds destinés à l'entretien
du culte.
Il était juste aussi que la portion excédant
ce qui était nécessaire pour remplir cet objet,
fût consacrée au bien de l'Etat, dans une
circonstance aussi difficile que celle où la
France se trouvait; car l'intention des dona-
teurs n'avait pas été de donner une propriété
aux individus ecclésiastiques, mais d'assurer
l'exercice du culte religieux; et, dès que ce
culte était doté de manière convenable, cette
intention se trouvait remplie.
L'assemblée assigna à chaque fonctionaire
ecclésiastique un revenu suffisant et gradué;
d'après la hiérarchie de la religion catho-
lique, et les biens du clergé devenus désor-
mais inutiles au culte furent aliénés.
Leur inaliénabilité les avait retenus en sta-

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