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Aux élèves de l'école polonaise / [signé Félicité-Marie-Maximilienne Du Saulchoy, née Du Montbar]

De
51 pages
impr. de P. Dupont (Paris). 1864. 1 vol. (51 p.) ; in-8.
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VENTE AU PROFIT DES VEUVES ET ORPHELINS POLONAIS
REFUGIES ES FRANCE
AUX ELEYES
DE
L'ÉCOLE POLONAISE
PARIS
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE CLASSIQUES DES PAUL DUPONT,
RDE DE GRENELLE-SAINT-HONORÉ, 45.
1864
AUX ÉLÈVES
DE
L'ECOLE POLONAISE
PARIS
IMPRIMERIE ADMINISTRATIVE DE PAUL DUPONT
45, Rue de Grenelle-Sainl-Honoré
1864
AVERTISSEMENT.
Les Improvisations du cimetière de Montmorency aux
tombes polonaises, de 1852 à 1859, par Félicité du
Saulchoy, née du Monlbar, et dédiées aux élèves de
l'École polonaise, ne furent point destinées à la publi-
cation.
Fragments tirés des albums de l'auteur, ils faisaient
partie d'un poëme resté inachevé sur le démembrement
de la Pologne, et qui lui fut inspiré par le Résumé de
VHistoire de Russie, par Alphonse RABBE , édition
de 1825.
M. Tissot, de l'Académie française, en avait sou-
haité l'impression, mais l'auteur ne voulut publier
aucune de ses oeuvres pendant sa vie...
Le désir de faire vendre ce petit ombrage au profit
des victimes polonaises a décidé sa famille à le livrer à
la publicité.
AUX ÉLÈVES
DE
L'ÉCOLE POLONAISE
Honneur à vous !... Vous, studieux élèves,
Juste espérance, oui, du sol polonais,
Pleins d'énergie, à vos glorieux rêves,
Livrez votre âme, oui, sur le sol français...
Pologne et France ensemble sont vos mères,
L'une de droit, l'autre d'adoption :
Ensemble, enfants, oh ! qu'elles vous soient chères,
Ces soeurs de coeur et de religion !
Et l'une et l'autre admirant votre zèle,
Avec amour disent, suivant vos pas :
<( Noble jeunesse, à ta source fidèle,
« Ton origine, oui, tu la soutiendras ! »
Ouvrant l'Histoire, où l'éclatant prodige :
Sur la Pologne arrête le regard,
Vous répétez, enfants : « Noblesse oblige :
« De nos aïeux relevons l'étendard ! »
— 6 —
La piété, le pur patriotisme,
France et Pologne, inspirent vos guerriers ;
Et, généreux, C'est contre l'islamisme
Qu'ils ont conquis leurs plus brillants lauriers.
Le Moscovite au rang du nom d'ilote
Croit-il jamais abaisser votre nom?...
Pologne et France, invoquez, l'âme haute,
Jean Sobieski !... Godefroy de Bouillon !...
Non, par le ciel ! Non, les fières patries,
Ayant donné naissance à tels enfans,
Ne ramperont jamais, humbles, flétries,
Sous votre joug, Russes et Musulmans !...
De siècle en siècle arrêtant le sauvage,
Dont nos climats tentent l'avidité,
Noble Pologne, oui, le suprême Sage
Mit dans tes fils l'invincibilité !
Ah ! des Kalmouks, Cosaques, Turcs, Tartares,
Races toujours nous voulant envahir,
Tu nous sauvas !... Ces peuplades barbares,
Noble Pologne, oui, te doivent haïr !...
Russe perfide, en vain ta tyrannie
Par subterfuge essaye à s'appuyer ;
Au glaive, encore, unis la calomnie,
Rien sous ta loi ne saurait la ployer.
Votre ombre enfin doit être humiliée,
Puissants du Nord qu'un athée encensait,
Et dont la Muse, hélas ! votre alliée,
A bassement admiré le forfait !... K
Oh ! la Pologne aurait ses Thermopyles,
Si les chrétiens perdaient le souvenir...
S'ils ne donnaient que des,larmes stériles
A qui, naguère, a su les affranchir !
— 7 -
Mais entre tous, sur nos champs de bataille,
Oui, nous au moins, par mémoire de coeur,
Aux Polonais tombés sous la mitraille,
Français ! payons une dette d'honneur...
Ame française, et grande, et magnanime,
Toi qui défends en tous lieux l'opprimé,
L'oublierais-tu, dis? ton instinct sublime,
Pour le pays de toi le plus aimé !...
Non, non, toujours reste Gauloise altière,
Ne redoutant au monde que le ciel !...
Religieuse et noble hospitalière,
De l'égoïsme, ah ! repousse le fiel !
« Chacun pour soi. » Cette devise impie
Ternirait-elle, ô France, ton drapeau ?...
Non, Dieu le veut, que la Russie expie
Son rôle vil d'usùrpateur-bourreau.
Quand, par le nombre, elles sont décimées,
Pologne et France, elles tombent... un jour !
Mais, sous le suaire, aussitôt ranimées,
O Liberté ! par ton divin amour !...
Oui, Dieu le veut, et filles immortelles,
Il les protège, enfants, pour leurs vertus !
Et du sépulcre, et plus grandes, plus belles,
Il les relève, ainsi que toi, Jésus !...
Oh ! sans ta foi, noble enfant du village,
Un sort fatal, comme les Polonais,
Après un siècle, hélas ! d'affreux carnage,
Nous eût laissés esclaves de l'Anglais !...
Depuis huit ans, aux rives de la Seine,
Régnait Bedfort sous le nom d'Henri six...
Lorsqu'à ta voix se brise notre chaîne,
O Jeanne d'Arc! sauveur de ton pays!
— fc-
Va ! ton étoile, ô .-Pologne intrépide ! . '...
Comme la nôtre à jamais doit luir.
Oui, par ta foi, — l'invulnérable égide, —
Ton diadème encor doit éblouir...
Ah ! le Phénix, il renaît de sa cendre !
Ainsi le veut le Juge souverain...
Dans la nuit sombre ils doivent seuls descendre,
L'ingrat!... le fourbe ! J .. et l'athée inhumain !
Où donc es-tu?..-. noble Pierre l'Ermite,
Dans notre Europe, à tes accents chrétiens,
Pour les Saints Lieux voyant s'enrôler vite
Peuples et rois !... prêtres et citoyens !
Un prince obscur d'une simple contrée
Des champs lorrains éternise le nom...
Jérusalem enfin est délivrée,
Et César même est moins grand que Bouillon!
Tasse ! toi seul, sur ta divine lyre,
Te fus permis de chanter Godefroy !...
Mais, aux Français, oui, Clio doit redire
Où l'éleva son invincible foi!
Par elle, non, il n'est point de merveille
Qui, sous les cieux, ne se puisse accomplir...
Oh ! dans Rouen, où sur nous elle veille,
L'ombre de Jeanne en instruit l'avenir !
France! jadis, ton illustre noblesse
Allait venger, sous pavillon royal,
Non son affront, — plus grande que la Grèce, —
Mais par honneur, — mystérieux fanal, —
Les maux soufferts par une République...
Au nouveau monde, en lui donnant son sang,
Faisait éclore un amour sympathique,
Qui lui fit dire : « Il n'est plus d'Océan ! »
Plus tard les Grecs, en leur affreux supplice,
Contre les Turcs, voyaient à Navarin,
Dans son horreur pour l'atroce injustice,
Les protéger notre plus grand marin...
Hugon, salut !.... ton âme tendre et fière
Voulut venger les Hellènes martyrs!.. :
Et, vrai Français, à ton heure dernière,
Oui, la Pologne eut tes derniers soupirs! '
Ainsi, toujours, religieuse France,
De l'Évangile accomplissant la loi,
Sur tout le globe, et faiblesse, et souffrance,
Ont leur soutien et leur refuge en toi !...
Et l'univers te voit sur toute plage,
Chrétienne vraie, aux plus lointains pays,
Par droit divin, abolir l'esclavage,
En révélant le testament du Christ !
Père du peuple, ainsi que Louis douze,
De Stanislas, le royal descendant,
En vos adieux, de Langle!... la Pérouse!...
Simple et sublime, oui, Louis le Bienfaisant,
Disait-il pas cette sainte parole?...
« Doivent voguer, pour la fraternité,
« Et l'Astrolabe, ensemble, et la Boussole,
« Servant d'exemple à la postérité... »
« Cher la Pérouse", âme religieuse,
« Toi qui, vainqueur, sut te faire bénir,
« Et du vaincu, par ta bonté pieuse,
« A, chef d'escadre, assuré l'avenir !
tt Va! la Pérouse, ainsi que sur un trône,
« Au banc de quart, prodigue de bienfaits,
« Riche en science, assez pour telle aumône,
« Semer l'idée, oui, de nos arts français!...
— 10 —
« Où les mortels, aux inconnus rivages,
« Des vils instincts suivent les seuls conseils :
« Où l'ignorance, en des sites sauvages,
« Au rang de brute abaisse nos pareils...
« Donnes la vie!... ouvrant l'intelligence ;
« Fais rayonner la lumière du coeur !...
« Que par ta voix vibre une conscience,
a Où seuls les' sens causent joie et douleur !
« Éveille une âme ! Ami, chez nos semblables,
« Montres les deux, prouve un Juge éternel !
« Ah ! quels exploits entre tous admirables,
« D'émanciper le fluide immortel !...
« Marins ! la foi, sur vos bords vous rassemble.
« L'humanité sourit à vos efforts...
« Mais l'égoïsme, hélas ! de fureur tremble,
« Tant de vertus condamnent ses transports...
« Lui ! qui ne sait naviguer qu'en perfide,
« Du droit d'aînesse abusant lâchement,
« Et d'Attila, l'impie et fratricide,
« Par soif de l'or les forfaits retraçant !...
« Lui qui, cruel, impose l'esclavage !
a Cher la Pérouse ! à toi les purs lauriers,
« Va libérer jusqu'à l'âme sauvage,
« En respectant les sauvages foyers !... »
Dans Trianon, ainsi vous vous quittâtes,
Louis, la Pérouse, ayant même grand coeur...
Oh! qui l'eût dit, quand vous vous séparâtes,
Que d'un volcan nous menaçait l'horreur?...
Ce rejeton de cette Polonaise,
Dont les vertus rappelaient saint Louis,
Il te formait, ô nation française,
Un Télémaque en son plus jeune fils...
— 11 —
De Stanislas et d'Henri de Navare,
Déjà Louis-Charle offrait les nobles traits.,.
O Leczinska ! par un arrêt barbare,
Quoi ! ta lignée est éteinte à jamais !
Humanité, viens pleurer sur leur tombe !...
Lis et cyprès, lierre, olivier, laurier,
Ne cachez plus la sanglante hécatombe,
Que le forfait se dévoile en entier !...
Oui ! l'espérance en son radieux prisme,
De la patrie éclairait l'horizon...
Honteusement se traînait l'athéisme;
Science vraie et réelle raison,
Le sceptre en main proclamaient leur empire.
Huë!... et Turgot!... Malesherbes, si grand!
Conseils du prince !... Ami ! qui fut martyr.
O Stanislas ! pour ton plus noble enfant !...
Louis ! âme haute, et lucide, et chrétienne,
Devait pouvoir tout ce qu'il souhaitait !
Esprit profond, sous les grâces d'Athène,
Lacédémone en son coeur revivait !...
Un fourbe adroit, créature formée
De fange et fiel, ainsi que fut Néron,
Sut acheter l'injuste renommée,
Parodiant l'éloquent Cicéron!
Subtil tribun, exploitant l'ignorance,
Jouant Brutus!... et, Tibère réel,
Il fut, ce monstre, oui, trois ans, de la France,
Absolu maître, obscénément cruel !...
Tendre victime, ô fils de Louis seize !
Oui, de ta mère, oui, le spectre vengeur,
O Louis-Charle ! après quatre-vingt-treize,
De ce tyran a dû mordre le coeur !...
— 12 —
Mère si bonne! et toujours dévouée !
Après le père, on t'enlève le fils !
Et le supplice auquel tu fus vouée
Fut imité du martyre du Christ !
— « Mon Louis-Charle !... au moins, que je le voie !
— « Sans l'embrasser!... sans même lui parler ! »
Non! Robespierre a retenu sa proie...
La hyène en lui saura se signaler !
Cris de douleur qu'un pur amour inspire,
Un lion même, oui, s'en laisse toucher,
Et d'une mère, oui, l'horrible délire,
Sait, au lion, son enfant arracher...
Mais, dans un homme à l'âme pervertie,
Dans un athée ! ah ! pleurs et désespoir,
Que lui sont-ils ?... lui, nature abrutie,
Qui ne sait plus rien entendre, rien voir !
O chers enfants ! que nos longues tortures,
Vous, Polonais ! éclairent vos esprits...
La France, enfin, après tant de blessures,
Est florissante entre tous les pays !
Vous le voyez, enfants, les vertus saintes,
Après l'épreuve, ont leur prix ici-bas...
Pour la Pologne, en vos coeurs plus de craintes,
Ah! l'arc-en-ciel déjà brille là-bas!
Us reviendront vos pompeux jours de gloire !...
Au pôle arctique, épouvantés, soumis,
De leurs excès déplorant la mémoire,
Vous les verrez, oui, fuir, vos ennemis !
L'humanité, comme vous triomphante,
Célébrera tous vos exploits fameux...
Même aujourd'hui, pénétrée et touchante,
Déjà sa voix exprime ainsi ses voeux :
— 13 —.
« Noble Pologne ! oui, ton fier héroïsme,
« Des temples saints fut le constant rempart...
« C'est grâce à toi que le christianisme
« De l'infidèle a vu fuir l'étendard !
« Des cinq cent mille accourus de l'Asie
« Pour renverser la croix dans l'Occident,
, « Et devant Vienne, oui, dans leur frénésie,
« Jurant des fers à tout indépendant...
« Qui te vengea, Germanie éplorée?...
« Aux Ottomans, dis, qui te sut ravir ?...
« Cette Pologne !... à l'honneur consacrée,
« Et que toi-même, ingrate, ose asservir !
« Noble Pologne, oui, ta seule phalange,
« Sous Sobieski, l'invincible chrétien,
« De l'islamisme a balayé la fange,
« Et du croissant délivré l'Autrichien !...
« Ah ! gloire à vous ! A vous, Polonais, gloire!
« Soit que le ciel conduise vos drapeaux,
« Ou que l'enfer usurpe la victoire
« En dirigeant d'hypocrites bourreaux !...
« Non, le succès jamais ne justifie
« L'iniquité d'une usurpation ;
« Pour la victime, ah ! qui se sacrifie,
« Doit inspirer la vénération !... .
« Jette, Thémis, ton glaive... ta balance...
« Pourquoi poursuivre homicide.... voleur ?...
« Baisse les yeux, garde un morne silence,
« Si du plus fort le droit est le meilleur !
« O vérité ! toujours Clio révèle,
« Malgré l'enfer, les secrets des méchants ! •
« Qui donc croirait, de Dieu fille immortelle,
« Que, dans sa nuit, t'ensevelit le temps?
- 14-
i
« Athée ! en vain, aux éternels abîmes,
« Tu t'imagine échapper au remord !
« Il t'y poursuit... et l'opprobre des crimes,
« A tout jamais te frappe après la mort!...
« Fourbes subtils, ohj la vertu suprême,
« La calomnie, oui, la fait resplendir !
« Et Jeanne d'Arc!... Socrate !... Jésus! même,
« Par vos forfaits, encor semblent grandir ! »
Tremble-t-il pas, le sol du cimetière,
Dites, Français,... oui, dans Montmorency?
France et Pologne, oh ! d'enfants de lumière,
Une pléiade, hélas ! repose ici...
Du ciel, peut-être, aux terrestres demeures,
Où sont vos fils les derniers descendus,
Pologne et France, à de funèbres heures,
Leur font appel les plus anciens élus...
Poniatowski, des Saxons la victime,
Vient réveiller ces mânes endormis...
Le tocsin sonne ! et l'espoir les ranime,
Et, sous leur marbre, oui, tous ils ont frémi...
O de héros le splendide cortège l
Il t'a nommé, pieux Czartoriski!
Reprends ton rang, va, la foi vous protège;
Marche !... à côté du vaillant Dumbrunski !...
Relevez-vous ! secouez la poussière,
Qui, de vos coeurs, nous dérobait les feux !..
Guerriers d'Eylau ! franchissent la frontière,
A vos accents, vos plus dignes neveux !
L'antique foi soit ta conservatrice !
Par secrets noeuds, par des liens innés,
A toi, Pologne ! à toi, libératrice
De nos sillons par le Turc profanés !
— 15 —
Vertu, génie, en vain, présents célestes,
De tes enfants devaient charmer les jours...
Fils d'Attila, vos ravages funestes,
Sous les drapeaux les retenaient toujours !
De savourer les bienfaits des lumières, .
Les a privés cette instabilité...
Tous, il fallait défendre tes bannières,
Et te sauver, nationalité !
Plume vendue à toute tyrannie,
L'admirateur des Russes!... des Anglais!...
Et des Prussiens!... et de la Germanie !...
Calomnia les vaillants Polonais !
En flatteur lâche !... il vante le partage !...
Selon lui, c'est « haute inspiration. »
Noble Pologne ! en ton sanglant naufrage,
Il imita l'insulteur du lion !
i
Toi qui raillais Dieu comme ta patrie,
Esprit sceptique, ah ! les Welches ençor,
Malgré ta muse, habile en fourberie,
Continûront à prendre un plein essor !...
Voguant toujours, Pologne et France, ensemble,
Au gouvernail ayant rigide honneur,
Val l'athéisme à leur approche tremble ;
Il voit déjà Fange exterminateur !
Tu l'affirmas, que tout lévite est traître;
Qu'enseigner Dieu, jamais n'est qu'un métier :
Que dans la boue il faut noyer le prêtre,
Qu'il n'en est point de dignes d'un laurier...
Fût-il Relzunce!... ou Charles Borromée !...
Ou Las-Casas ! ou toi, maître des rois ! .
Bon Fénelon, l'amour de notre armée,
Révélateur des devoirs et des droits...
— 16 — ^
0 coeurs pieux ! dédaignez tel outrage,
Salut, Suger!... Fléchier !... Lambertinil...
Vincent de Paul !... — honneur du labourage, —
Sachant pour vous, vieillard !... blessé!... banni !...
Orphelin!... veuve!... oui, d'angéliques filles,
A nos autels enchaîner les destins.
Sacrifiant du foyer des familles
La douce joie à des devoirs divins !
Ah ! loin de toi, jeunesse polonaise,
De ton pays le calomniateur !
Tout frein sacré, vite, il faut qu'il déplaise
Aux gens légers qu'enchante l'imposteur...
Nier notre âme est nier la lumière.
Tout, jusqu'au chien, créé pour nous aimer,
Tout prouve un feu qui n'est point la matière,
Et qui du ciel descend pour l'animer !
Source divine, et qu'un coeur noble adore,
A te défendre employons nos instincts...
Vil athéisme, ô poison qu'il abhorre,
Il faut te rendre odieux aux humains !
Sur toute terre, enfants, dans tous les âges
Religion signifia vertu!...
Partout, chez tous, les plus sublimes sages,
Le scepticisme, oui, tous l'ont combattu !
Honneur et foi, ce sont mots synonymes,
Jamais d'honneur avec l'impiété !...
Oui, l'athéisme enfante tous les crimes,
Après la mort montrant l'impunité !
Niant, hélas ! l'oeil du Juge suprême,
Ah ! le pervers, qui ne croit qu'au néant,
Dit : « Pour témoin n'ayant rien que moi-même,
« Soyons donc fourbe!... ingrat!... voleur!... brigand!... »
— 17 —
Confucius... Cyrus... Numa... Socrate:..
Solon... Lycurgue... Aristote... Platon...
Comme Moïse, oui, du-Gange à l'Euphrate,
La piété fit immortel leur nom !
Religieux, du ciel vint leur sagesse...
Pures splendeurs de notre humanité,
Votre ombre atteste à jamais, vengeresse,
Tout le néant de l'incrédulité !
En parallèle-, évoquons l'athéisme...
11 a formé Caïus Caligula !
Sardanapal, —• d'un atroce cynisme ! —
Domitien! Néron! Caracalla!...
A ces tyrans comparez Marc-Aurèle,
Trajan, Titus-, Antonin le Pieux. ...
De la bonté tous furent le modèle ;
Ils t'écoutaient, instinct religieux !
Oh ! vous restés sans égaux.en ce monde,
Sages vaillants, Charlemagne... saint Louis.
A parcourir ancien et nouveau monde,
Où vous trouver, prodiges inouïs ?
La seule foi fut votre inspiratrice,
Elle qui fait les martyrs... les héros...
Aux yeux de l'âme, oui, céleste justice,
Ouvrant le ciel dans l'horreur des cachots !
Divin trésor, que nulle tyrannie
A sa victime au moins ne peut ravir, •
O conscience !... Un sceptique te nie, ,,^
Oui, sous ton joug, pour nous mieux asservir J,
Qui veut régnej^siiEtoute multitude
Toujours js^ÊS^E cOTrâmpre les moeurs...
Ambitieax^otr^ecrè!lr#.atude
Des vilsiSn<fiféji!??oet à%ie les flatteurs !
— 18 —
0 Polonais! mieux vaut la violence
Qui vous égorge à la face du ciel
Que cette astuce, hypocrite science,
Qui, pour nous perdre, a déguisé son fiel!...
Au sanctuaire accepter le martyre,
Pareille mort c'est l'immortalité !...
Mais, se soumettre, athée, à ton empire,
Est du mépris vouloir l'éternité...
Tes malheurs même ont retrempé ton âme,
Noble Pologne ! et, plus grande toujours,
En tes enfants une divine flamme
Reflète Dieu dans leurs moindres discours...
Pieux guerriers, au coeur chevaleresque,
Non, rien jamais n'ébranla votre foi !... •
Et, l'héroïsme, au sceptre gigantesque,
Il vous subjugue, il est maître, il est roi!
Plutus ! ton Temple et celui des grands hommes
Sont-ils servis jamais par mêmes gens ?
La multitude, en ce siècle où nous sommes,
Au Panthéon offre-t-elle l'encens?...
Non, le Progrès l'attire vers la Rourse...
En chaque rang, adulte à peine encor,
Vers la fortune il faut prendre sa course :
Gagner... placer... thésauriser de l'or !
Mais vainement ce siècle d'industrie
Veut étouffer, ô Pologne ! tes feux...
Dieu te donna l'étincelle chérie,
Oui, le Pactole est sans prix à tes yeux...
Toi, tes trésors, c'est ton antique gloire.,
Gloire future est ton espoir nouveau...
Qui peut revivre aux fastes de l'Histoire
Trouve trop bas le vulgaire niveau ! -
— 19 —
De la Pologne, ô vous, jeunes élèves,
Oui, vos fronts purs sont faits pour les lauriers,
Le juste ciel doit exaucer vos rêves,
En vous la foi revoit ses chevaliers !
La Liberté, vierge sévère et sainte,
Aime à régner au fond de votre coeur;
Comme Marie, en tous ses traits empreinte
Se reconnaît l'ineffable pudeur...
De la licence implacable ennemie,
Rien que son ombre est sa répulsion ;
D'un tel contact elle fuit l'infamie,
Se jette au sein de la religion...
O Liberté ! don que la Providence
Accorde à l'être austèrement pieux,
C'est renfermée en notre conscience
Que tu défie un-tyran odieux !
O Liberté ! que nul pouvoir n'enchaîne,
Toute infortune implore ton secours...
Captifs !... proscrits !... victimes de la haine,
O Liberté ! dans toi seule ont recours...
Aux fers échappe une impalpable flamme,
O Liberté ! dans nul temps, dans nul lieu,
Rien ne saurait t'enlever de notre âme,
Tu prends ton vol avec elle vers Dieu !
Oui, l'Empirée est ta seule patrie !...
Quand sur la terre un instant tu parais,
Avec effroi, de toute âme flétrie,
O Liberté ! tu t'éloigne à jamais !...
Les vils penchants-dont un homme est l'esclave,
Fille du ciel ! ils révoltent ton coeur !...
Toute torture, oui, ûère, tu là brave,
Mais chaque vice à tes vertus fait peur !
— 20 —
Qu'elle est sublime! oui, sous le simple voile
Qui de son front, ombre la majesté...
Toute sa pompe est l'immortelle étoile !
Son arme c'est l'inflexibilité !...
Tremblez, pervers, sa main immaculée
Frappe de mort le fourbe audacieux,
Quand, vierge pure, elle se voit mêlée
A vos complots, traîtres ambitieux !
Des nations entr'ouvrons les annales...
A quels excès de crimes, de fureurs,
Pour couronner leurs têtes infernales
S'osent livrer de subtils imposteurs !
■— « O Liberté ! » disait Roland pensive,
Noble victime, hélas! du vil Danton,
— « O Liberté ! pour longtemps compromise,
— « Que de forfaits s'exercent en ton nom ! » —
Qui croit au ciel ne peut être un Protée !...
Est seul sincère un coeur religieux...
Un hypocrite est toujours un athée...
Honte et malheur à ce rôle odieux!
Oh ! les vertus émanent de Dieu même...
Où que ce soit, en tout lieu, dans tout rang,
Enfants! l'honneur est noblesse suprême,
Immolez-lui chaque goutte de sang !
O jeunes gens ! salut à chaque élève
Qui, parmi vous, veut être un Kociusko !
Avant qu'un lustre en entier ne s'achève,
Sa gloire au loin fera vibrer l'écho !...
Oui, pour gravir le temple de mémoire,
La volonté, c'est le premier degré ;
Le ciel accorde, enfants, prompte victoire
Au noble voeu dont le but est sacré!
— 21 — •
Ah! dans nos coeurs, l'amour de la patrie,
C'est ce ciel même, enfants, qui l'a gravé !
Il les doit rendre à leur mère chérie,
Chaque exilé pour elle conservé...
Ce pur amour ! dès l'aurore de l'âge
Dans la Pologne, héroïques parents,
Par leurs vertus, leur généreux courage,
Savent en vous l'exalter, chers enfants !
Et si dès l'aube, hélas! de l'existence,
Du Moscovite, oui, la barbare main '
Vous a ravi qui vous donna naissance,
Ah !... Dieu permet vengeance à l'orphelin ! -..
Point de pitié pour le bourreau d'un père!
De la nature, oui, l'instinct vient du ciel...
Qui peut priver un enfant de sa mère
Brave ta foudre, à toi, Juge éternel !
Dieu, chers enfants, Dieu, de sa main puissante,
Des nations la limite traça...
Lui seul, l'athée, en sa rage incessaute,
Par des complots les humains dispersa...
L'ordre lui pèse... Il révolutionne...
Et l'anarchie, il la veut en tout lieu ;
Pour le chaos même il se passionne,
L'enfer c'est lui, paix et bonheur c'est Dieu !
O chers enfants ! qui, dans le fond de l'âme,
Des purs instincts conservez le trésor,
Vous que la foi console, élève, enflamme,
A la Pologne, ah ! rendez l'âge d'or !
Oui, tel qu'un jour à la voix du Grand Maître
L'ont rappelé, seuls, les premiers chrétiens,
Quand l'univers les a vus, seuls peut-être,
En frères vrais se partager leurs biens !...

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