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AUX MINISTRES
DE LA
KÉPU B LI QXliLFIl A N Ç AIS E*
CITOYENS MINISTRES,
N"E s T - rt pas réellement désespérant pour une Nation j
de voir qu'il n'y a que ceux qui la gouvernent, dont la puis*
sance, armée de la force , ose avancer habituellement les
plus étranges paradoxes , & les faire soutenir par des milliers
de milliers d'échos qui les répètent sans cesse; tandis qu'elle-
même, nation infortunée, est condamnée à un silence éter-
nel , par cette constitution qu'on prétend faussement qu'elle
a accepté, et tandis qu'aucun citoyen, quivoudroitluj servir
d'organe , ne peut élever la voix pour faire parler la vérité,
sans courir le risque d'éprouver aussi-tôt les coups acca-
blants du plus cruel despotisme ? C'est cependant à cette
triste destinée q»:e la France est assujettie pour toujours.
Convoquée chaque année une seule fois pendant dix jours
pour l'unique objet de la nomination des électeurs , tout ce
qu'elle feroit au-delà j seroit nul par l'article 29 de la cons-
titution.
( 2 )
Les assemblées électorales sont également restrâinteS"par
l'article 3j, à la seule nomination des députés au corps légis-
latif.
Enfin l'article 355 de cette même fatale constitution, en
ayant l'apparence de ne mettre aucune limitation à la liberté
de la presse, l'anéantit cependant en réalité, puisqu'il
donne la faculté de faire à son égard des loix prohibitives
pour une année , si les circonstances les rendent nécessaires,
& puisque nous voyons cette faculté les renouveller chaque
année, sous prétexte de nécessités aussi annuellement re-
naissantes.
Et dans quel ablme de malheur cette faculté indéfinie de
tromper, de séduire & d'enflammer, sans contradiction,
la multitude au gré de vos désirs ; dans quel abîme cette
faculté dont vous abusez si largement, citoyens Ministres,
ne précipite-t-elle pas votre patrie? De quelle source sont
sortis tous les systèmes d'impiété, d'orgueil, d'ambition ,
de cupidité, d'égoisme, dont elle est empoisonnée, & qui
lui causent tant de maux intérieurs, si ce n'est de vos adresses
perpétuelles aux administrations départementales, aux com-
missaires du pouvoir exécutif, aux municipalités, aux
armées ; enfin à tous les Français avec lesquels vos diffé-
rentes fonctions vous donnent djes rapports divers? Il semble.
que vous vous disputiez à l'envi le droit funeste de leur pré-
senter à tous des mensonges, & la coupe souvent trop
attrayante de l'erreur, pour troubler leur raison.
Il seroit beau sans doute, il seroit digne du zèle de la vertu
d'entrer en lice avec chacun de vous , citoyens Ministres, &
de confondre vos impostures. Mais ce seroit entreprendre
une tâche trop immense, & affronter trop d'obstacles. Je
m'arrête donc de préférence en ce moment à vous seul)
Ministre des fin?ur°s, c'est vous seul que j'interpelle.