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Avis aux curés sur leur convocation aux Etats généraux, et sur les objets de leurs doléances ([Reprod.])

31 pages
[s.n.]. 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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AVIS
AUX CURÉS
Sur leur Convocation aux Etats-
Géneraux & fur les objets de
leurs doléances.
Cùm vocatus futris jade. Luc.
I789.
A
AVIS
AUX CURÉS
Sur leur Convocation aux Etats-Généraux;
& fur les objets de leurs doléances.
LE Clergé du fecond Ordre va enfin reprendre
fes droits Ies Curés ( cette claffe de citoyens la
plus utile, la plus honorable, at jufqu'à pré-
fent ta moins honorée ) vont enfin forcir de
l'oppreflion dans laquelle ils vivent depuis plu.
fieurs fiècles 8c jouir de .l'eftime 8t de la con.
fidcration qui leur eft due. Et ce bienfait qu'üs
n'eunent jamais obtenu de leurs fupérieurs c'eft
à la juftice feule du Monarque qu'ils le doivent.
Le Miniftce habile qui préfide à la révolution
qui va s'opérer dans le Royaume ce génie
immortel qui connoit 8c nous apprend fi bien
lui-même (i) toute l'influence de la religion fur
les mœurs 8c fur l'obciflance aux loix n'a eu
( i ) Dani fon ouvrage fur l'Importance des Opinion*
Rcliçitufei.
qu'à lui rappellet les fublimes fonûions qu'ils
exercent, & auffi-tô: le Roi a voulu qu'ils fuflenc
les interprètes de cette partie de fet peuples que
l'appareil du Trône femble éloigner de lui. Il a
voulu apprendre d'eux plus particulièrement les
maux qui l'affligent les abus les vexations dont
elle en accablée', & les moyens les plus propres
d'y remédier il a voulu qu'après avoir concerté
avec les Députés de tous les Ordres., les loix les
plus favorables au bonheur de tes fujets les Curés
employaient tout l'empire que leur donne leur
jnrciftère, pour en affurer l'exécution il a voulu,
que témoins de les follicitudes ils puflent à leur
retour dans les campagnes les plue reculées
inftruire leurs habita n> de fa borué & de fox
arreour.
C'eft à ces diifcrcns motifs que le corps de!
Faveurs doit la préférence qui lui eft accordée
par ks Lettre- de Convocation c'eft à ces fenti-
rr.cps qu'il doit la faveur de former, dans l'Affem-
biée nationale la plus nombreufe partie de 1 Ordre
du Clergé c'eft à ces confiJcrations qu'il lui a été
attribué une fi grande influence dans les Attemblées,
pour la nomination des Délurés & plus l'inten-
tion du Roi à cet tjçard e!t clairement meni-
ftHce ji!l:5 les Curé» feroient blâmables de ne
fas y d? ne j:a> profiter de l'occafion
v/i leur eft o:7'.r:c tii contribuer au bonheur de
<î>
la Nation, 8c de fortir eux-mêmes de l'aflerviflc-
ment dans lequel ils vivent depuis fi long-temps.
Leur fort eft aujourd'hui dans leurs mains; c'eft à
eux à l'améliorer.
De quel droit fe plaindroient-ils à l'avenir de
leur ficuation de l'indigence dans laquelle ils
vivent des vexations qu'ils éprouvent de la part
de ceux mêmes qui devroient les protéger & les
défendre ? de quel droit fe plaiodroieot ils d'être
les victimes du dcfpotifme du haut Clergé, fi, libre.
de brifer leurs fers ils continuent de vivre dan; la
fervitude ? quels motifs pourraient ils alléguer
pour jultifier leur indifférence ou plutôt leur
lâcheté ?
Que penferoit-on d'ailleurs de leur patriotjfme;
leur attachement pour le peuple qu'ils dirigent,
fi appellés pour faire connoître fet maux & fes
apprèkenftons ils confiaient ce foin à des repré-
fentans qui les ignorent à des reprefentans qui
nourris au fein de l'abondance, n'ont jamais connu
l'infortune & qui refidant presque conftammcnt
dans la capitale au milieu du luxe & des plaifirs,
n'ont jette que quelque coup d'ceil rapide fur le
malheureux habitant des campagnes, qui les nourrit,
& qu'ils dédaignent ?
C'cft alors que les Curés feroient vraiment cou.
pables c'eft alors qu'ils feroient privés, avec juflice,
de la confideration qu'on leur accorde & in-
(O
dignes de la confiance dont le Monarque les
honore.
Je fuis bien loio de les croire auflî indifférent
au bien public: j'aime à me perfuader, au contraire,
qu'appelle* direâement à concourir par leurs
lumières 8( leur probité à la réforme des abus
le à former une nouvelle législation ils s'era-
prefferont de répondre aux vues bienfaifantes du
Roi & à s'inftruire de tout ce qui peut contri-
buer à remplir ce double objet que fenfibles à
l'invitation honorable qui leur eft faite ils ne
balanceront pas à former la députation dans leur
Ordre.
Un autre motif doit ertore les y déterminer,
t'en celui qui dérive de leur intérêt perfonnel. Il
et faut pas qu'ils fe diflîmulent que cet intérêt u'eft
pas toujours le même que celui du haut Ctergé,
qu'its font au contraire fort (auvent oppofés pour
n'en citer qu'un feul exemple fuppofons qu'il
foit queftion dans l'AiTcmbléc nationale d'augmen-
ter les portons congrues; croyez-vous que le haut
Clergé qui les raye fera fort difpofc à y confentir?
croyez-vous que les gros decimatcurs qui verront
diminuer leurs revenus fe décideront facilement à
en faire le fiicnficc ? vous ont-ils donné par le jjalTc
beaucoup d'exemples de cr defintéreffement ?
Quand vous les voyez, depuis tren:e ans que la
ch:tté uV.-s denrées leur a fa;c un devoir de cette
augmentation; quand vous les voyez, dis-je dif-
puter avec vous fur votre néccflaire le plus abfolu,
calculer avec tant de parcimonie vos befoint les
plus indifpenfables afin de ne pas les dépafler
devez-vous croire qu'ils feront de grands efforts
pour améliorer votre exiftence 1 croyez-vous qu'il
fût bien Cage a vous de compter fur cetce géncro-
lité ? Quoi s'ils ont bravé depuis G long-temps
l'opinion publique qui réclame en votre faveur
croyez- vous qu'ils y feront plus fenfibles aujourd'hui ? 1
Concluez donc de cette oppofition d'intérêts, que
votre préfence aux Etats-Généraux eft abfolument
néceflairc pour défendre le vôtre. De combien
d'abus n'avez-vous pas d'ailleurs à vous plaindre?
combien d'ufurpations n'avez -.vous pas à leur
reprocher ?
Avant d'entrer dans ce détail, il eft efteotiel d'ob-
ferver que le Clergé du fecond Ordre eft au haut
Clergé ce que le Tiers-état eft a la Noblefle;
que par conféquent toutes les taifons qui doivent
décider le Tiers état à ne choifir tes Députés
que dans ton Ordre, à rejetter la Noblefle à te
défier de Ces préjugés quelque bonne opinion
qu'il ait de fa générofité de fa loyauté les mêmes
raifons, dis- je, doivent engager le Clergé du fecônd
Ordre à ne former en général fes députations que
des membres qui le corrpofent quelque bonne
opinion qu'il ait d'ailleurs des Prélats qui
forment le haut Clergé.
<«>
Mêmes privilèges, mêmes usurpation) de part
6c d'autre avec cette différence cependant, que les
ufurparions de la Noblcfle font anciennes, qu'une
longue pofleJTion femble les avoir légitimées au
lieu que celles du haut Clergé font pour la plupart
presque de nos jours Et notamment celle <\aiw
prive les Curés part-prenant à la dixme, de la tota-
lité des Novales, qui ne date que de "768 qui
n'a pas même été couverte d'un prétexte fpécieux,
qui n'eft motivée que par le dédommagement dû
aux gros décimateurs pour l'augmentation des
portions congrues; comme fi c'étoit aux Curés
qui prcnnent quelque part à la dixme, a les en
dédommager. Ofcz, après cela compter fur leurs
facrifiecs.
Voulez-vouV vous fixer fur ce que vous devez
en a'tcndrc pour l'avenir ? examinons comment ils
en ont agi par le yniïé la conduire qu'ils ont
tenue à vor égard, vous apprendra celle que vous
devez tenir dans cette circonftance remontons pour
cela à la première inftitution des Evéques H des
Curés &C donnons un coup d'œil rapide fur la
manièrc dont les premiers ont fucceflîvcmcnt avili
& dcpoui'Ic les autres.
J'obfcrvc d'abord tjuc les Cures fucccfTcurs
des Difci^'Ies de Jefu> Chrifr comme les Evcrji.cs
des Aj'ùtrr* j'artageoient alors avec eux le foin
«i'annorccr fa religion SC Je répandre fa morale;
que
que trop près de leur inftitution pour avoir oublié
qu'elle avoit la même fource, l'autorilédcs Evêques
avoitlecdra£tcrc8c la douceur de leur divin maître;
qu'attaches aux Curés par les liens de la plus tendre
charité ils travaillent avec le mcme zèle au
miniftere qui leur étoit confié & vivoient avec
eux dans la familia:ité la plus intime; i!s n'a.voieo,c
pas imaginé la diftin£Hon de haut & bas Clergé (i).
Dans la fuite, même lorfque les Evéqucg étoient
encore pris parmi les Pafteurs des Eglifes lorfque
le mérite B( la vertu avoient droit d'y prétendre,
cette diftiaâion humiliante ne fubfiftoit pas ce ne
fut que lorfque l'épifcopat fut devenu le prix de
1 intrigue. & le partage de la Nobleffe que l'or-
gueil inventa cette dénomination injmieufu fans
Joute pour déGgncr la diltance i:nmcnfe qui dévoie
les féparcr de leurs corporatcurs & pour pouvoir
les accabler de leur fafte & de leur mépris fans
qu'ils cuITent le droit de s'en plaindre l
C'cft alors que le haut Clergé a commencé à
exercer fur les Ecclcfiaftiqupf Ju fecond Ordre le
dcfpotifmc qui dure encore c'eft alors que la
code canonique qui n'avoit été fait que-, pour être
(t) on dit la bure N't.blefTc on ne dit pai la bn(Te
N'ib'.tire on dit la haurc M i^iJîrnuirc on no dit pas
la b3(K- MnaiOratirc o;i d:t le k.tut & le Lu Clcrgc
tcroit-cc j a l'humilité apoftoliq.x qu'il tam attribuer cette
confié à des mains paternelles devint dans celles
des Evêques un infiniment terrible, avec lequel ils
faifoient trembler également l'innocence Ce le
crime. L'abus de tette autorité en néceflita la ré-
forme cette odieufe jurifdidion fut reftreinte
l'appel comme d'abus en redrefla les écarts BC
donna à l'innocence la faculté de fe juflificr.
,Les Evêques comptèrent pour rien le droit de
poursuivre le crime & de le faire punir par les
tribunaux féculiers leur jurifdiltion ainfi réduite
ils s'adrefsèrent au defpotifme pour implorer fes
moyens; ils follicitèrent Se obtinrent ces lettresde
cachet qui ont été le fcandalc de la religion 8C
des loix. Et tout le rocade fait qu'ils les ont em-
ptoyées punir à leur gré le crime Se la foiblefle
les forfaits fie les erreurs tes avions & les penfées.
Tout le monde fait combien elles ont été multi-
pliéc' fur la tête des Eccléfiaftiqucs on peut aflurer
que cette clarté cftimablc eft de toutes celles qui
compofent la Nation celle qui en a été le plus
scptblée l'abus en a été tel qu'elles ont plus
effrayé l'innocence que le vice.
Aiors tout a été fubjugue il n'a plus rené au
Clergé du fteond Ordre d'autre parti à prendre
que celui d'une aveugle foumittion quel moyen
auroit-il pu employer pour fe foultraire à ce def-
poiifme ? les Fvéqucs ne fc font-ils pas encore
rendus maîtres d: la dif^cnfa'.iun de tous i.sbéné-
(Il)
fices 8C qui ignore t'amendant que leur donne
cette difpenfation ? qui ignore l'abus qui en eft ré-
tulté ? qui ignore que, dcftinés à fetvir d'encoura-
gemeot or de récompense au mérite Zi à la vertu,
ils ont été fouvent le prix de la bailcfle ÔC de la
flatterie
C'eft parce double moyen, qu'ils ont tout atTc.vi:
à Cindigence ils montraient la fortune ÔC à la liberté
courageufe, les Séminaires & les châteaux forts. Ce
n'eft pas leur faute s'il Ce trouve encore dans cet
Ordre des âmes honnêtes, fur-tout dans la clafle
des Curés, qui, ayant plus de devoirs à remplir, 8C
par conî'cquent plus de relations avec eux, ont été
plus fujets à cette double influence.
Les aflemblées Synodales étoient autrefois un
obftaclc à cette dégradation; il s'y trouvoit toujours
quelque Eccléfîaftique instruit & d'un caractère
ferme qui ékvoit par fes discours l'ame de fes
confrères qui en leur rappcllant leurs devoirs,
lcur rappelloit aulTi leurs droits qui fixoient les
limites de l'obéiffance, en fixant celles de l'autorité.
Il ce fairoit encore dans ces afTemblées des
r£g!emens utiles pour corriger les abus oc pour
les provenir il s'y exerçoit une cenfure de mœurs
a laquelle ils c:oR-m tous également fournis on y
agitoit des quefiions de morale importantes dans
la pratique on y difeutoit les affaires <;ui inté-
rclFoicnt le Cierge du Uioci:fc en général & on
oo"
y îugeoit avec impartialité celles qui tegardôteût
chaque membre en particulier.
Enfin, par ces anodes, l'émulation étoit excitée,
les ralens dcreloppés, le mérite reconnu) ladifci-
piltz cedefiaflique maintenue.
Mais i:; avoient un grand inconvénient pour les
Evoques ils bornoient leur autorité ils faci-
lrtcient les réclamations contre les abus qu'ils vou-
loient introduire les règlemens qui s'y faifoient
pour réformer les moeurs, étoient fouvent ta cen-
ftire des leur?. l!s étaient forcés de pnycr de leur
perfonne & de montrer au grand jour leur»
iwoyers ou l?ur infutîîfjnce.
Il n'en falloir pas &â\ mage pour les faire abolir
aulTi Pont-ils été prcfquc par-tout il(, des ce
moment le Clergé du t";cnnd Ordre n'a plus été
tirn. l es O.;rJv f::r-tr)ut «foUï & f.in'% moyens de
dv^'if." ont c:J 3CcaL!c"- foiis lu yl-ji dure fervi-
tL'i'c h fonci:r>n «;j'i!s exercent, le iriniftcrc
rcr-rcn!, !a tiiariié & les bonnes
mrr.» dc«nt i'- d.r.r.cn: Couvent l'exemple rien
n: le. a ra;»•;> Jj du Fia.it Clcrpc ( i
r- 'i- Lt: i' t;: :̃ /i.ii ̃;> r leurs !a-
r-tr: -.r
̃ M •̃ cn-c1.] perm de
f-'1 r ̃̃-̃̃:• .c ;.• y.b'.x k
C'5)
rlufieurs de ceux qui le composent ne les admettent
pas même à leur table. Et, fi par ignorance ou par
foiblefle ils te rendent coupables de quelque faute,
quelle humiliation n'ont-ils pas à fupporter!
C'cft bien pis encore fi c'eft à leurs Grands-
Vicaires que cette correction eft confiée: on manque
d'expreflion pour rendre les reproches amers les
menaces odieufes dont ils les accablent 8c c'eft-la
ce qu'ils appellent exercer la jurifttiction gracieufe.
Je demande aux âmes honnêtes 8t fenfibles fi
j'ai rien exagéré ? je demande, s'il y a dans le fociété
tmedafle de Citoyens autîi maltraitée par Ces Supé-
rieurs ? je demande s'il y en a aucune qui puifle
leur reprocher autant d'infouçiance & de mépris?
Ah fans doute ils en fcnt dédommagés par l'cf-
time des honnêtes gens qui connoilrcnt la noblcfle
8c l'utilité de leur minière Mais qui ignore l'in-
iluence des Chefs fur le bonheur ou le malhcur de
kurs Subalternes
Dans cet état d'opprefEon où a été réduit le
Clergé du fécond Ordre qu'on juge avec quelie
facilité celui du premier a ufurpé fes droits ces
nfurpations font aflez connues je me contenterai
donc de rappcllcr ici celle qui concerne les Graduée
Perfonne n'ignore que, par le concordat le tiers
de tous les bénéfices non ̃ confiftoriaux appartient
*ux Gradués H que, pour leur aflurcr ce tiers,
on leur a affcûc quatre mois de l'année ou

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