Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Avis des citoyens de Bordeaux, amis de la constitution, aux prêtres intolérans ([Reprod.])

De
26 pages
de l'Impr. d'Antoine Castillon (Bordeaux). 1792. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

20x
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
NBS 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMÔN PRESS
I Iciidinglon Hill I lall, Oxford OX3 OHW, UK
A
BORDEAUX,
AMIS DE LA CONSTITUTION
AUX PRÊTRES INTOLÉRANS.
() vous qui parlez toujours au nom de
Dieu, écoutez enfin la raifon qui vous parle
au nom du 'genre humain.
Qu'étcs-vous dans l'État ?U.ne branche une
tige de l'Arbre Social? Mais elle ne tient poinfô
au tronc; mais elle n'a point de fouche ni
de racine fur la terre. Une race
étrangère à ce inonde, oh elle ne prétend
cependant n'y reconnaître d'autres Loix que/
fans richeffes iîins am-
bition fans purfîance, fans, force, fans ar-
comment
pour
pa£ la réalité
sant des noms facré'1 qui lui donneront tant
d'afeendant fur les Pallions, tantôt pour les
calmer ik. tantôt peur les ibulevcr on l'entend
fans celle invoquer le Ciel au foutien de fes
longues ufurpaiicns.
Quelle efl fa maxim? éternelle de domi-
nation èc de rébellion vaut mieux obéir
Dieu qu'aux Hommes. Mais
n'a-t-il pas dit pè-
fes, Se dès-lors de leur obéir ? Aux peres
& aux prêtres, de fe Soumettre aux Puifl^n-
ces, même payennes ou rebelles à l'Églife?
Si la première des Loix Thtocnîtiriiics de
Moyfe eft d'aimer & d'adorer Dieu, tou-
tes les Nations policées, tous les Chrétiens
tous les Prêtres ou les Fidèles, Sermentaires
ou non, n'aiment-i1s Si. n'adoient-ils plus la
Divinité? Cette loi de Religion, faite pour
un autre ordre de chefes pour le gouver-
nement d'une autre Patrie doit-elle dominer
fur les premières loix relaies qui font anté-
rieures, ou du moins étrangères à la cenneif-
fhnee d'un Dieu? Car les hommes ont befoin
de vivre de cultiver, de iômer ou de cueil-
lir avant d'aimer Dieu; ils font obligés de
s'aimer entr'eux pour adorer Dieu comme
avant le Chrétien l'État avant l'Églife il
peut fubfifter après elle & fanselîe mais elle
Dieu qu'aux Hommes.
Qui l'a dit ? Eft-ce Dieu par hii^mcmc ou par
un homme? A qui Dieu l'a-t-il dit ? A un
feul homme, oÙ bien à tous? Dans quel iens
l'a-t-il dit? Dans le fens. d'un homme, ou
félon le fens L'intelligence Se l'intérêt, de tous ?
mots ?
iin, ni- Dieu tonnant fur le mont Sinaï ni
Moyle defeendant de la montagne enflammée
l'Ancien Teftament détruit
ou mutilé par le Nouveau ne peuvent avoir
révélé cette parole comme un glaive' de. divi-
fton fur la terre. Dieu,
feu fient-ils énoncée il faudrait encore que
les Hommes enflent la même
efprit pov.t l'entendre de la même façon. Mais
J'eiprit humain /n'a point dforganes faits pour
concevoir, pour expliquer &. pour appliquer
ces paroles dans le même fins. Tous les Peu-
ples, au' contraire, tentent' &̃ favent qu'ils
doivent d'abord obéir aux Loix humaines
fur-tout à celles qu'ils ont faites eux-mêmes
ou confenties. La raifon, l'évidence & la ne-.
-Cffiltc de ces Loix, en font la révélation in-
térieure univerfdle & confiante l'application
en fft fenfible.
des fens, une intelligence, une orçanifation
propre à faire ces Loix &c les obfevvtr a
voulu fans doute qu'ils fufltnt U\s juges de la:
convenance ou
avec celles d'un autre genre ou d'un ordre
Surnaturel.
jl vaut nùenx obéir à Dieu qu'aux Hom-
Dieu père de toi:s les Hommes qu'il
^qu'aux impotfeurs & aux tyrans qui vert=
lent aveugler le gcnre' humain pour l'enchaî-
ner a Dieu qui m'appelle d'abord su bon-
heur de cette vie par le defir & le befoin
que j'en ai reçu dé ta nature qu'aies Hom-
mes, qui, le prétexte d'une béatitude éter-
nelle veulent me divifer de ma famine
de mes parens de mes volons me mettre
en guerre avec ma raison & mon cœur Se
m'ôter le repos Se les douceurs de ce Monde
ou l'on éprouve déjà tant d'amertumes. J'aime
mieux obéir Dieu oui me commande d'o-
bcir aux Hommes qu'à certains Hommes qui
me le défendent, pour fàtisFaire a mes dépens,
les vengeances de leur ambition usurpatrice &
dépouillée, pour relever, fur les ruines 4 de
la Patrie, leur Domination abbatue. J'aime
mieux obéir à Dieu qui veut le falut ou la
conservation de tous les Hommes, Se ou'ils ¡¡ni-
vent tous à la connaifiance de la vérité, mais
d'abord de ces vérités primitives de la Loi natu-
d'ou tant d'erreurs religieuses & de crimes
politiques les avaient écartes, par le fana-
un bandeau fur les yeux un poignard d'une'
main', une torche de J'autre dans le mal-
heur éternel de cette trifte vie j'aime mieux
obéir au Dieu de miféricorde-& de clémence
qu'aux Hommes, fes prétendus Apôtres ou
'Prophètes, ^c ce
monde,. & de 1 autre quand ils venlcïzt qu'on fe
tourmente & fe divife d'avec foi-même &: fa
famille' pour être îauvé mi qu'on foit damné
pour avoir préféré fa
ouand ils veulent que fes. c.r.s aient été fes vic-
times
Démons dans les
Enfers'; que les Chrétiens c7.11 provoquaient le
martyre 'en renverfant des Autels, aient da
conquérir une immort;il:.té <.e délices & crue
Trajan qui quoique P;ivcn né les perfécu-
toit pas que Trajan, i'Hcmrae, dit Monter..
qtiku, honorer la nature hu-
maine & pour ̃ repréfmter la divine que Tra-
jan n'ait remporté qu'une immortalité de
Supplices..
vaut mieux obéir à Dieu quaux Hommes.
c'eft-à-dire félon les Prêtres difiidens au
Pape qu'à la, Nation à des Bulles incendiai-
res, qu'à des Décrets g ni nous donnent des
Juges de paix, .des Tribunaux de concorde &
de conciliation; à un feul Payeur étranger qui
fe dit le Vicaire de Dieu qu'à des Pafteurs
amis des hommes & de IXec à ceux qui prê-
chent lefchifme, & la guerre civile, qu'à
ceux qui ne parlent que d'amour du Pro-
chain & de la Patrie ?.v- Pafleurs qui dî-
rent anathème à leurs Frères Citoyens fou-
mis aux Loix qu'à ceux qui tolèrent &:
nchériflent encore leurs
tés
ligues &
nés Se des
'fient. les bouchés de la
difcorde & de îa renommé?, les feux exter-
minateurs d'une guerre religieuse, qu'a des
Prélats qui n'ont de PEpifcopât que la morale
pure, & la primitive iîmplicité qui toujours
choifis par le Peu-
ple au fein du Peuple même, n'ont ni faite,
ni luxe ni richefl'es, ni dehors infultans ou
que dans les vertus de l'Evangile, la con-
funce qu'ils infpirent- pour fa do&rine Hom-
mes vénérables, ou par leur âge, ou par .leur
vie, ou par leurs lumières, ou par leurs
vraiment pacifiques
Hommes repréfentant les pre-
miers ficelés du Chriftianjfme & les moeurs
patriarchalcs du genre humain!
Que veulent donc les Intoîerans? Qu'on ne
Tcconnaifiè pour vrais Evëcues que ceux qui
rentrant d'être Citoyens, prétendent diriger
le Peuple fans obéir aux Loix, & n'admet-
tre pour difciples Se pour fidèles, que des
PaReurs" & des Chrétiens infidèles comme
eux & rebelles à la Patrie? Quoi ces Paf-
tcurs &c ces Evcques pouvaient être élevés
burnous les uns par une nomination royale
Ibit pour un fiège vacant
jutorerie ou furvivance les autres par une
une impé-
ou d'un Patron laïc étranger
(7)
à l'Etat, ou même à l'Eglife, au choix -d'un,
monaftèie de femmes, ou d'une feule. de
leurs defpotes &c ils ne pourraient ctre choi-
fis & places par le Peuple, à qui feul impor-
tent la fageffe & la convenance de ce choix ?
un vir bétail, & dont un maître peut ven-
dre l'un & balloter les autres de bercail en
bercail ? Parce qu'un feûl Paiteur mène un
troupeau de brebis, en.ce qu'un Homme
auiïi tiendrait fotts fa houlette un troupeau de
Paiieurs ?
Snppcfons pour un moment que la Religion
dans
chez un Peuple fauvage ou police de 1 Inde
ou de l'Amérique un Évêque & des Prêtres
iraient-ils fans confillter ceux qui les appellent
ou les accueillent fe partager leur pays' en
DIoctdes, en Paroiffes ? Et ces Peuples n'au-
raient pas le pouvoir de diftribuer de tels Mif
iionnaires à leur gré, parmi des Tribus errantes
ou fédentaires d'étendre, refferrer, circonf-
crire & fixer une fphère foit de population
foit de tenitoire a la jurifdiftion Spirituelle
de ces Apôtres? Ils ne pourraient pas fe ré-
ferver le droit de les choifir d'en augmenter
ou diminuer le nombre, félon leurs bdfoins
ou leurs defirs ? Et ce droit inhérent à toute
Nation ne paierait pas de la première gé-
nération à la vingtième à la centième ? Et
inamiffibîe, fous peine d'Excommunication
de Schifme, d'Héréfie
(8)
aurions-nous Jaiiic prSScIre fur nos faibles ef-
prits, d l'on ne icait quels Pervertiiîburs de
la raifon qui veulent nous mener du Ber-
ceau jufqu'au Tombeau par les litières d'une
éternelle Enfance! Les voilà tels qu'ils ont
toujours été, du moins en corps, des Hom-
mes de toutes les nations', de tous les fyfiè-
mes politiques -xnirvu qu'ils y fu fient les
premiers; prêchant l'Égalité la Fraternité
religieuse mais renant avec les noms, tous
les droits de Pèr ?s de Seigneurs de Souve-
rains, Rois des Rois, Dieux des Dieux de
la terre; des Hommes universels ( ou Catholi-
ques) pour domln-r fur le monde entier;, fe-
més & multipliés au milieu de toutes les
Sociétés pour en recueillir les fruits fans
en partager les fardeaux. N'en doutez pas
fi vous leur cédiez une prérogative qu'ils ap-
pellent modeikmcnt fj;ii Ituelle ,• bientôt Sur
cette échelle ils remonteraient au
faîte du Pouvoir ttmjvort-1 41 ces Hommes, qui
nous prêchaient une obéiffimee paflîve & fervile
recouvraient le droit de n'obéir qu'à eux-mêmes
pour nous mieux ccnmanlcr de ne tenir que
d'eux leur unique infenfi-
blement de toutes les autres ils reprendraient
bientôt & ce qu'ils appellent leurs biens, qui ne
fbntqueles vôtres ou ceux de vos Pères, & leur
prééminence d'ordre & de hiérarchie politi-
que C'eft des ancien! Prélats qu'il s'agit ici, de
ces hommes inconvertibles car l'ambition &
)a. cup idité font des paillons- à la v«ix

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin