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Barra, ou La mère républicaine : drame historique en trois actes et en prose ([Reprod.]) / par la citoyenne femme Villiers

De
66 pages
de l'impr. de P. Causse (Dijon). 1794. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH pVOLUÏlON
RESEARCH CfOLLECÎION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW, UK
BARRA,
LA MERE RÉPUBLICAINE
L'action héroïque de Bâfra', mort h
i'âge de treize ans, en combattaut les
rebelles'de la Vendée, le sujet
de. ce draine. On a- imprimé là suite
le décret de la Gonvention nationale,
du 8 nivôse'de l'an second
les honneurs du Panthéon a ce jeune
héros, avec différentes picecs relatives
a sa mort exïïaites du. Moniteur.
LA MERE RÉPUBLICAINE,
EN TROIS ACTES ET EN PROSE,
Par la citoyenne femme Vieliers, .̃̃
Représente pour la première fois sur le théâtre
le 5 germinal f l'an KCOnd.
A DIJON,
y>V, L'IMPRIMERIE D£ P. CAUSSE.'
PERSONNAGES.
DOROTHÉE, veuve Barra!
.BRIGITTE, hôtesse
PAULINE sa fille, âgée de 12 -ans.*
Le Généual DESMARRES.
La scène se passe à Cholei.
JV.iprôs le traité fait entre nous Nicole
fetmnu ViUiers auteur du drame intitulé Barra,
ou LA Mère riipublicaise et P. Causse?
imprimeur, nous rliSclaroiis que cet-ouvrage est
notre propriiI'Lé commune. L'auteur se
ihoils que les loix lui assurent sur les ieprésexi-
îiitions de -sa jiïerc.
Dijon, i'i gerr:;aal, 2c. de la répub. franc.
ou LA MERE RÉPUBLICAINE.
VA C T\E Ier.
Le théâtre représente une chambre
SCÈNE 1^
PAULINE.
J.V1.AMAN, il est déjà bien tard et aucun
de nos nouveaux hôtes ne ^iroît encore s'ils
«toient malades
BR-ÏGITTE.
Pourquoi cette crainte ? à peine il est neuf
heures. Fatigués d'tine longue route arrivés
depuis si peu de jours d'un long, voyage il n'est
point étonnant qu'ils se reposent un peu tard.
PAULINE.-
Ne trouves-fil pas que cette, veuve Barra et
ses ,è!ifuns sont bien intéressons ?
BRIGITTE.
Âh oui tna clierc j beaucoup je n;e suis
uV
sentie émue tout en les voyant. Une
loin '-et à qii'-l dessein '(fl.. sont suis doute encore
quelques des malheureuses circonstances
• ]j/A U L 1 TV E.
Cependant on, ne les entend [)oinl murmurer
contre la révoluition.
Brigitte.
Il est vrai j rien n'est plus doux et plus lion-
nête que ces étrangers. Je léa crois pauvres "j
niais toutes leurs manières annoncent une éduca-
ton soignée. La mere sur-tout s'exprime avec
'.̃"grâce et- sensibilité tout en elle inspire l'estime
et l'intérêt.
P A UL I NE.
0 maman elle a bien du mérite. Et sa fille
liée Blanche, comment la trouves-tu?,
,B RI (j.I.T T E.
Bien tout-à-fait bien.
'-PAULINE.
Bien un il serait difficile d'être mieux. Son.
'urne se peint sur sa physionomie et y répand
.:1;,Il charme inexprimable. Et puis comme sou
-̃-clioin est joli tiens maman, jamais aucun nom.
¡le m'a fait tant dre plaisir à prononcer.
BRIGITTE.- T T
̃ celle rtïnili;; est venue bien brusquement rien
n'empêche qu'elle ne soit durable Blanche parôît
bon enfant; et je soit durable; suis, ainsi que
toi enchantée de nos nouveaux Lûtes. -.̃?'
PAULINE.
miteux dïï monde. Oh comme c'est que
celle digne famille soit .arrivée chez nous'!
B JU GI-TT,E.
Vendée, sonl parvenus jusqu'à' Cbolef, les mas-
sacres ou la crainte en ont fait clispuroilro. près-
que tous les lwbitans, et sur-tout en éloignent les
étrangers. Cette panure petite maison a échappé
jusqu'il présent au pilhige lMncendio notre
mcdiocrilé a été notre sauvc-g.irdc. Cependant ne:
trouvant plus de jinusiounaires nous eussions
subsisté avec, bieti dn la peine. La providence nous
eu, envoie enfin ils- paraissent peu riches, la
vérité; mais ils seront nos ««is nous vivrons
tous ensemble, et cette n^WsKWoViockUi; lie pou-
voil nous,amvor plus à propos.
P AU L i N*
Sans doute irais dans quelque circonstance
que J'eusse connu BLuiche, je sens que mon cœur
Pau roi t toujours prëfirée A toute autre.
J'entends quelqu'un sur l'escalier.
P A DLINE.
Ali î maman ce sont-elles
( brusquement son et court
à leur rencontre. )
éoROTHÉE BLANCHE
D O ROTHÉL
Aussi bien que l'inquiétude de mon ame a pu
"me !e permettre. Rien ne nous a manqué graco à °
tes soins qui ont excité toute ma reconnoissance.
BRIGITTE.
Ç'auroi! été bien autre chose avant cette triste
époque. Tous mes hôtes se sont loués en tout
temps de cette ponjiion. Et toi qui m'inspires
iant d'jnlénU que nVii.^é-je point fait pour te
satisfaire, si mes moyens eussent répondu à mes
dcsirs ?
B L A JM C H
l'rô» de Versailles.
PAULIN E.
Est-ce bien-loin de Cholet
,B L A N C H E..
Oh oui' bien-Hoiu bioii-loin. Il nous a
huit jours pour venir jusqu'ici.
P AU L IN E.
Cet endroit cst-il agréable ?
BLANCHE.
Trôs-agréable 5 d'autant plus que tout y est fort
Tranquille et vous avez pu quitter ce paisible
séjour, pour venir en «les lieux en proie a tons les
troubles, à toutes le, horreurs de la guerre mile
O 0 R 0 ï H É E.
Ma Aère liôlrasp il 11'cxisto point de paix
pour un cœur rempli de crainte et de, ch»Er,n i
et les lieux oh l'on espère recouvrer sa trau-
,;H;|liU'. les lieux qui tcifermcnl les ol^elsjlo
rmrc ,-flcction, sont les seuls qui puissent nous
plaire..
PAULINE pressant la main de Blanche.
Il pst vrai et ceux-ci me sont devenus bien
chers depuis quelques jours.
BLANCHE.
Bonne! aimable Pauline! ah! combien ce ten-
die accueil me ilatto et m'encourage rf qu .1
rfesldoux de pouvoir me livrer à toutel'anut.e
que tu m'inspires
B 11 I G I T TE.
Nos petits
DOROTHÉE.
'Ils sont tous éveillés cependant. Blanche, ma'
clicro va me remplacer auprès d'eux et arnene-
PAULINE.
Blanche, permets que j'aille t'aider., cela sera
bien plutôt fait.
Ah! de tout mon cœur ma chère Pauline.
sortent
SCÈNE III. •
DOROTHÉE, BRIGITTE.
DOROTHÉE.
vjomme ta fille est bonne et serviable tant
«le prévenance tant d'aménité tant d'aimables
qualité., dans un Age si tendre, fonL. ton éloge
aussi-bien que le sien.
BRIGITTE.
Oh je ne dois pas m'en glorifier elle est
d'un si bon naturel que rien n'est plus facile
que son éducation. J'en fais mon amie, et c'est
par le sentiment que je lui fais goûter con-
seils de la raison:
DO ROTHÉE.
En développant en elle cette précieuse facnlic
(/9)
nul dans la création.
des deux soumette constamment sa volonté à,
celle de l'autre, souvent à ses caprices cepen-
volontés n'en arment jamais qu'une.
SCÈNE
DOROTHÉE BRIGITTE BLANCHE,
PAULINE, FÉLIX, CLAIRE JULES.
DOROTHÉE.
V ou voilà bientôt de retour.
B L A-N C H E.. »
Ils étaient déjà tous habillés.
CLAIRE.
0 maman vois-tu la jolie poupée
FÉLIX..
JULES:
Et mon sabre
CLAIRE.
C'est Pauline qui nous a donné tout Cela.
F É L I X.
O;i nous sommes bien riches.
D O R O T H É E.
Et vos richesses vous ont- fait perdre la mé-
.•-aairc vous ne. m'avez encore Tien dit, mes enfàis.
FÉLIX..
Chère maman pardonne-nous.
CLAIRE.
{»̃)̃'
JULES.
E'mhrasse-nous bonne maman.
C L A ï 11 E à Brigitte.
si bonne fille
-BRIGITTE.
O Dorothée que tu
enfans et qui- tous sont charmans
ensemble
sur le devant du théâtre. )
Quatre! tu ne les vois pas tons.
j B11I6ITÏ E.
Qitéi ce n'est point là toute ta famille.?
D O R O T H.É E.
PlûtA Dieu qu'elle fût toute, réunie ici! ma
chère Brigitte j'ai encore un fils et c'est lui
qui cause ma peine.
CLAIRE.
Prends donc garde Jules tu as presque du-
Et pourquoi ta peine ? se conduit-il mal ?
DOROTHÉE.
Lui ? digne enfant mais
dans cet instant il combat
en approuvant son zèle, mon cœur saigne de
douleur d'inquiétude.
ERIG I T T^'E.
je n'aurois pns ciu que lu' ei.s.es déjà un fils,
en étât de servir.
DOROTHÉE.
Il n'a que treize ans ma chere..
Treize ans mais c'est affreux de prendre un
si jeune enfant à quoi cel.i peut-il être bon ?
cela n'a encore ni force ni adresse, ni santé;
c'est pour le fi' ire périr; en vérité, cela fait
trembler. Et .voilà donc ce beau gouvernement!
DOROTHÉE.
Appose ta colere ma chère Brigitte on n'a
point contraint mon fils à servir. Elevé par son
jnuvre'pere et par moi les principes de la
liberté, dans Tiimour de la pairie, son p'uue
coeur s'est enflammé pour l'tfie et pour l'autre
el malgré la fojblessc de soii Açf il a voulu
raleiili'r son zèle son courage étoit an-dessus de
tout; il a lii'^n fallu y céder. E;<yt-ce i\ nous
à résister aux nobles motifs
fini lVnUiiinoii-iit îDepiii-i un ah il noTfiia quittés;
depuis jm an mon cher Jiwph, cet ei\Kjnt^bien
.urne est exposé tous les (les combats.
Dawi V intervalle j'ai perdu sou digne pek. Il ne
.nous a laissé qu'amour pour sa mémoire filernels
ccTCls de si perte mais du reste aucun héritage.
\H-i îriri étoit un honnête marchand le nom
»'•- .i/irra, est encore en vénéyaticn dans son pavt.
Nous vivions de son commerce mais les soin»
d'une famille nombreuse ne «l'ayant pas permis
de me mettre au fait de ses.nffuires sa mortnous
n laissés- sans ressource. Bientôt même peine-
ces pauvres en-
Tans. Joseph est venu à mon secours, Du pro-
duit des prises' qu'il a failes (car il est aussi
mîa fait parvenir tout ce qu'il a pu éamomi.ser
sur sa paye. C'est | ar lui c'est par ce généreux
enfant que nous subsistons, je ne crains pas de
l'avouer ô ma chére Brigitte, le coeur d'une mère
i'honore s'enorgueillit des bienfaits de son fils
BRIGITTE.
Ah le bon ah l'estimable jeune homme
j'ai peine à retenir des larmes d'admiration et d'at-
tendrissement.
FÉLIX.-
C'est de notre bon Joselih que tu parles maman?
C LAI RE.
Tu disois que nous le verrions ù Cholet 5 nous
y .voici cependant.
JULES.
Et point de Josepli.
BLAN &H E.
Maman Terrons-nous bientôt mon frère?
D O R 0 Tiij/E.
Oui, mes erifans oui t'est mon plus ches
il est donflhïe l'armée c{Hi occupe Ce canton?
( i4 )
Il sert dans la division du général Desmarres.
C'est pour me rapprocher de cet enfant chéri,
nue t'ai quitté le lieu de ma naissance nul motif
assez puissant ne coiitrcbilançoit plus le désir,
te besoin de le voir. 'J'avois de ses nouvelles si
rarement! l'attente, l'incertitude, mille peines,
mille craintes, lourmentoienl sans cesse mon
pauvre cceur. Je n'ai été arrêtée ni par la ri-
Ëucur de la saison ni par l'embarras de ma
nombreuse famille; j'ai fait avec elle une longue
et pénible route. Mais me' vd^là parvenue aux
lieux où tendoient tous mes voeux je respire
le même air que mou clier Joseph. Bientôt ouï
je l'espere, bientôt je le peines tour-
mens§ cjuivis fUnjgues ait! tout est oublié.
B^U&I T TE.
Est-il instruiîvde votre voyage?
DOROT H É E.
Il nous attend depuis long-temps..Son desir
de nous avoir auprès de lui est sur-tout ce
qui m'a dûlerminûe à venir. Du butin qu'il a
recueilli en différentes occasions, il avoit acquis
dans ces cantons une maison où il espéroit nous
loger; mai^ comme elle se trouve en cet instant
trop exposée aux incursions des rebelles, il nous
a engagés à nous rendre d'abord ici.
BRIGITTE.
Sait-il votre arrivée? sait-il que vouà êtes
D O R O T II É E.
Tout en .*descendant. de voiture j'ai eû soin
de
son servie l'ait éloigné de ces lieux, sans cela
il seroit déjà auprès de nous.
BEIGITT E.
Qu'il vienne, ce bon jrune homme! il croit
ne trouver qu'une mère, IL en aura-deux je
suis si enchantée de son courage et de son bon
coeur que je l'aime comme s'il étoil-nion propre
fils. n'avez encore
rien pris ce matin; votre appétit doit être bien
éveillé.
Ma poupée m'avoit tout fait oublier mais je
m'apuerçois effectivement que j'ai
JULES.
Et moi donc, comme je vais manger de bon
.courage'! •
J'aurai grand plaisir aussi, ma chère Pauline,
à déjeûner avec toi..
PA U L 1 N E.
Maman
J'y vais aussi, ma chère.
Citoyenne songe avons bien fainu
tout (jnlové. C'est une pitié, c'est une
0 mon Dieu! te triste, le. mauvais temps que
celui où nous sommes
( Elle soit avec Pauline. )
DOROTHÉE, BLANCItE^FÉLIX,
CLAIRE JULES.
B L A iST C II E.
ne te scmble-t-il pas que Brigitte est
aristocrate?
DOROTHÉE.
Et sur quoi la .juges-tu ma chère?
B L A iN* C H E.
Mais elle désaprbuve tout, elle se plaint de
DOROTHEE,
Ce n'est pas une preuve qu'elle soit aristo-
crate. Aristocrate, parmi nous, veut dire un
ennemi de la révolution c'est un être qui la
hait, qui cherche à lui nuire-, soit dans ses
actions, soit même par ses vœux. Mais. Brigitte
me paroit éloignée d'une semblable disposition;
je la crois seulement de ces gens foibles et peu
instruit:: dont la vue bornée n'apperçoit que
l'instant présent, et qui n'ont point assez de
courage pour supporter les iiu'oiivéuiens inévi-
tables de la. crise qui nous a régénérés.
;;<-€;K:
;:a-
Marnai! j: tii nous as dit .souvent qiié.sàns dé-
sintéressement. et sans on lie âwôit piïs
D O R 0T'-H.:ÉdE.
Il est A'rai mon. ajni aussi ne dduné-ie pas
ce non! respectable aux personnes ^^pùsiiLiHijsges
dont je parlois totit^à-l'lieuier Q nipu fila tu
ne sais pas- combien 'il, en est peu! qui mérilent
ce npm dan touté son étendue.! Tii rite sais pas
coniBieiwwîft rares Ces, âmes for tes et énergiques
que leur intérêt ne fait jamais- dévier :<3vs prih-
cipes qui sacrifient tout au Jjien
la prospérité de la république ) que l'amour de
la patrie, consolent et dédaminageht de toutes
les pertes,, de tous les sacrifices! Voilà: les- pi-
triotès qui méritent nos respects etjaos hôiiimages..
Cependant .la- natnre n'ayant pas accordé à tous
les hommes l'énergie nécessaire pour égaler ces
dignes républicains nous lie pouvons refuser de
l'ihduigence aux personnes qui ne sont que foibles
et non. maL-inteutiounées.
̃]; ̃̃:̃̃̃ s Mes.
Sans doute il faut ""̃̃ '̃ ses ̃" ̃ -̃ ̃
Bouu-1'as dit maman.
pui Jules; mais songe que, les.' arist^crafës
ne sont Jjoin nos semblables.. Ces lâches pour
plaisent dans leur bassesse et leur abjection.
ces., tigres ):qui: n'ont pas craint de déchirer le
sein de.:leur patrie; pour défendre d'odieuses pré-
Ci»)
masque du patriotisme pour mieux .trpmpër, pour
mieux trahir Non, grâces au ciel, tous ces
êtres vils, olïprobre et fléau de l'humanité ne
sont point nos semblables et nous ne leur
devons que mépris, que haine et que rigueur.
'clair e.
Ou! pour moi je les hais de. toute mon ame.
F É L I X.
Dame! aussi c'est qu'ils sont bien haïssa-
Mes je ne leur rcssémblerai jamais, je t'assure,
car je suis certainement un bon patriote.
DORO T,II É E.
Tu, as du inoius un vif desir de l'être, et c'est
tout ce qu'on peut attendre de tort âge aussi,
ne le lumps aura développé ta raison, et
quo tuTvuras acquis de l'instruction et des lu-
mieres, je ne doute point que tune chérisses
notre gouvernement; et j'.oîc espérer que tu te
rendras digne du glorieux titre de républicain.
C L A I,R E.
J*T() liant h Pauline maman qui nous a donne
/de) si jolis joujoux, ou! je gagerois bien qu'elle
n'est pas aristocrate.
BLANC-HE.
Je le parierois bien aussi car elle est trop
aimable pour cela.
DOROTHÉE.
Fort'bien mes enfans les jolis cadeaux qwi
Pauline vous a faits la rendent patriote à vos
yeux; je Mil? plais à croire qu'elle l'est en effet;
cependant n'oûbliez pas ce que je
souvent, qu'il faut se dépouiller de tout intérêt
personnel lorsqu'on \eut porter un jugement
sûr et impartial et puis est-il donc impossible
d'être aimable en même temps qu'aristocrate ?
L'amabilité, l'obligeance même, ne sont point
le patriotisme 5 celui-ci est une vertu publique;
celles-là ne sont que des dualités -privées et
l'expérience vous prouvera que les nïiçs et le»
autres ne se trouvent pas toujours réunies.
S C È .N E V I,
Les Acteurs précédens. BRLGITTE PAULINE,
apportant toutes deux et posant le déjeuner
F É L I X.
X)os bon! voici le déjeuner.
BRIGITTE, tenant le pain, `
Allons, mes enfans qui en' veut
JULES. ̃
Oh! donn8-m1o:n un bien gros morceau.
BRIGITTE, aprts avoir servi /es en/ans.
Boit appétit mes en fins quand il 'er;i satis-
fait et en attendant le dîner nous irons nous
promener dans la ville.et aux environs ai cela
peut vous être agréable.
-Oli- oui- cela -me -fera grand plaisir;
DOROTHÉE.
Je me sens peu disposée à sortir maintenant
permets que je reste je ne crains pas d'être
BRIGITTE.
Tu n'es "point encore sortie de la maison de-
puis ton arrivée 5 il est.biér. triste de rester tou-
jours renfermé chez soi. Viens avec nous, cela
te dissipera.
BLANCHE.
Oui, maman, ta santé en vaudra mieux.
FÉLIX.
Bonne maman viens avec nous.
JULES.
Qui viens, je t'en prie.
CLAIR E.ç,
Qui sait? peut-être rencontrerons-nous mon
DOROTHÉE.
Il a peu d'apparence mais allons toujours
mes eiifans je serai de la p,xrfî<j puisque voue
désirez tous que je vous accompagne.
PAULINE à Blanche.
Ma. chère demeure le moins possible car je
m'ennuierai bien pendant ton absence.
(ai )
BLANCHE.
Est-ce que tu ne Viens pas avec nous
Et qui s'occuperoit du dîner?
BLANCHE.
Ah sans toi je n'aurai pas ta moitié tant d«
WM
ACTE IL
Le thédtrc représente la campagne. Dans l'en=
foncement dun côté est une câline de
l'autre un^ bois $ une vaste, perspective entre
les gauche des spectateurs est la,
maison de Brigitte à droite un rang d'arbres
sous se trouvent quelques hc-ncs. Au fond
du théâtre^ sont quelques buissons êpaxs.
DOAOTIIÉE BRIGITTE BLANCHE
FÉLIX CLAIRE, JULES.
CLAIRE à Brigitte.
£-iTH mai-; ne voilà-t-il p.is ta maison'? ce n'est
j'.uiiit par-là j cependant:, que nous sommes sortis.
B II I G I T T E.
C'est fjiip <Vwa elle donne sur la ville <?-('
du on ;i i'iisjiect de la campagno,
B L A N C ÏI E.
Celle aîiée-ci t'ii[)|u-tiu2it-eîle?
B R ï G IT TE.
Oiii elle la nj:.iso;i.
BLANCHE.
Ce doit être un endroit charmant dans l'été.
DOROTHÉE.
Effectivement, la vue en est fort étendue et
très-agréable autant que j'en puis juger dans la
saison où nous sirmmes.
BRIGITTE.
Il est vrai que tous ces environs-ci sont char-
mans du moins ils étoient tels autrefois; car tu
n'â pas d'idée des dégâts que la guerre a causés
dans ces .lieux. Ce pays-ci ne ressemble plus à ce
qu'il étoit. Les hameaux détruits, les forêts in-
cendiées ô mon Dieu comme tout cela est.
effroyable DOROTHÉE.
Mais vous êtes donc bien près du théâtre de
la guerre ?
B RI G I T T E.
Si près, que souvent depuis ces arbres, nous
entendons le bruit du canon, et nous en voyons
même le feû.
D O R O T II É E.
L'armée campe-t-eJle bien loin d'ici ?
BRIGITTE.
Elle est de ce colé-là on apperçoil les tentes
du sommet de la colline.
CLAIRE.
Si nous allions nous y promener ?
BRIGITTE.
0 ;non. enfant ,"«]ue dis-tu là? il n'y a point