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Casse-cou : opérette en 1 acte / paroles de M. Léon Vazeille ; musique de M. Georges Rose...

De
11 pages
Maine (Paris). 1873. 10 p. ; gr. in-8.
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BIBLIOTHEQUE POPULAIRE
DES
THÈATRIS et CAFÉS-CONCERTS DE PARIS
A M M'E GABRIELLE ROSE
GQ-0-9~e-
CASSE-COU
OPÉRETTE EN UN ACTE
PAU 0 LES DE
M. LÉON VAZEiLLE
MUSIQUE DE
M. GEORGES ROSE
REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS, A PARIS, SUR LE THEATRE DES NOUVEAUTES
La Pièce seule 0 fr. 50 c.
La Pièce et la partition réunies (piano et chant). 6 »
PARIS
EN VENTE A LA LIBRAIRIE BORNET-LEJEUNE
RUE DE BRETAGNE, 58
CHEZ MAINE. ÉDITEUR, BOULEVARD DE STRASBOURG, 30
ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DE PARIS ET DES DÉPARTEMENTS
1873
Tous droits réservés.
NOTE DE L'ÉDITEUR.
Le but de la Bibliothèque populaire des Theâtres et Cafés-Concerts de Paris est d'offrir au public
et aux directeurs des théâtres et cafés-concerts da la province un grand nombre de pièces faciles à
monter souvent charmantes et qui restent inconnues faute d'éditeur.
En prenant l'initiative de cette publication, nous osons espérer que Messieurs les Directeurs
voudront bien nous vCllir en aide et donner accès sur leurs scènes respectives a':x œuvres toujours
choisies que nous leur offrirons.
Toutes les pièces publiées par la Bibliothèque populaire des Théâtres et Cafés-Concerts de Paris
seront expédiées, franco, contre mandats-poste.
En outre, Messieurs les Directeurs qui auront déjà fait représenter une feule pièce publiée par la
Bibliothèque populaire pourront réclamer GnATIS les brochures nécessaires à la mise en scène des autres
pièces qu'ils désireraient monter. Ces brochures leur seront expédiées immédiatement et franco.
L. V.
DISTRIBUTION.
CASSE-COU, vieux mendiant, baryton. MM. PAER.
PIERROT, barbier.
UN MENDIANT, aveugle.
UN COMMISSAIRE.
Trial SCHMIDT.
MARINETTE, ouvrière en dentelles, dugazon Mlle LlNDA.
S'adresser, pour la mise en scène et la musique d'orchestre de toutes les pièces, à M. LÉON VAZEILLE,
régisseur général du théâtre de la Gaîté, et seul éditeur de la Bibliothèque populaire des Théâtres et
Cafés-Concerts de Paris.
CASSE-COU
Une place publique. Au milieu, une borne formant banc de pierre. A gauche, premier plan, la boutique
de Pierrot, avançant sur le théâtre, avec fenêtre praticable au rez-de-chaussée faisant face au public,
et porte donnant sur la scène. Au-dessus de la fenêtre, une enseigne portant ces mots: Pierrot,
barbier, étuviste, seigneur, rase à la minute, au pinceau, à la main et à la cuillère. A droite,
premier plan, un pavillon semblable, faisant aussi saillie sur le théâtre. L'enseigne, au-dessus
de la fenêtre; est ainsi conçue : Marinette Pasriche, raccornmodeuse de dentelles et mantilles.
Au lever du rideau, le jour commence à poindre. Les fenêtres des deux maisons sont closes.
SCÈNE PREMIÈRE
PIERROT, puis MARINETTE.
PIERROT, ouvrant sa fenêtre, paraissant, s'éti-
rant comme un homme qui s'éveille, et poussant
trois bâillements prolongés. Aù!.. Ah !.
Ah !.
AIR.
Le jour va paraître,
Mon ami Pierrot ;
Ouvre ta fenêtre
Tour voir s'il fait beau.
A ta Marinette,
Dès le point du jour,
Roucoule et caquette
Un doux chant d'amour.
(Regardant la fenêtre de Marinette.) Tiens !
elle n'est pas encore levée, la petite pares-
seuse!. Ah 1 si j'étaisson mari!. Eh bien,
non. Si j'étais son mari, je la laisserais dor-
mir tout à son aise. Je prendrais plaisir à la
regarder. Elle doit être si jolie dans la po-
sition d'une femme qui dort : la tête négli-
gemment appuyée sur son bras blanc et po-
telé. ses beaux cheveux flottants sur ses
rondes épaules. sa gorgerette légèrement
ouverte et laissant voir. (Changeant de ton.)
Eh bien, Pierrot. polisson!. pas de ces
idées-là. Songez plutôt à travailler, à ga.
gner une dot, à vous rendre digne du @ trésor
que vous convoitez. Voyons, par où com-
mencerai-je? Ah! la perruque de mon-
sieur Friponneau, le vieil usurier d'à côté.
(Cherchant.) Où donc est-elle?. 11 me sem-
ble que je l'avais mise à un clou. (La ramas.
sant.) Bon! la voilà à terre!. Pourvu que
les rats n'aient pas. soupé dessus? Mettons-
la un peu sur la tête. (Il pose la tête à perru-
que devant la fenêtre et la perruque dessus.)
Diavolo! le toupet est un peu dégarni!.
Bast, avec un coup de peigne, un peu de
pommade et en crêpant fort. ça n'y pa-
raîtra plus ! (En parlant, il a crêpé la perru-
que, qui a pris des proportions gigantesques.
La montrant.) Là. j'espère que ça peut b'ap-
peler une perruque. hein? Ah! c'est que si
ce vieux ladre avait voulu me la faire payer,
j'aurais été bien en peine ; car, s'il faut le
dire, je n'ai pas le sou. Ce n'est pas que je
sois ambitieux. Non, mais je suis amou-
reux. et celle que j'aime ne veut pas en-
trer en ménage sans dot !. Oh 1 une dot!.
une dot!. Il me semble que pour avoir
seulement. cent louis d'or. je deviendrais
criminel!. (Otant la perruque de dessus la
tète, l'accrochant à un clou et la remplaçant
par une autre.) Là. Maintenant, un coup de
fer aux tire-bouchons de monsieur Pincefort,
le commissaire du quartier. (Il travaille
avec ardeur.)
SCÈNE II.
PIERROT, travaillant chez lui; MARINETTE,
ouvrant sa fenêtre, paraissant en camisolle
et en cornette du matin, s'étirant et poussant
trois bâillements.
MARINETTE. Ah !. ah !. ah !.
MÊME AIR.
Le jour va paraître,
Non. ami Pierrot
Doit, à sa ienutre,
Voir s'il fera beau ;
Car pour Marinette,
l'ierrot, chaque jour,
Roucoule et caquetle
Un doux chant d'amour.
-4-
(Regardant.) Tiens! il est déjà debout.(Haut.)
Bonjour, Monsieur Pierrot.
PIERROT, se mettant vivement à sa fenêtre.
Ah! Mam'zelle Marinette. déjà levée!.
Attendez, attendez, je vais aller vous dire un
petit bonjour. (Il sort de chez lui et entre en
scène, ainsi que Marinette. S'arrétant en ex-
tase devant elle. ) Ah! Mam'zelle Marinette,
que cette petite cornette vous Ta bien. et
que vous êtes gentille ainsi !
MABINETTB, faisant la révérence. Vous êtes
ben honnête, Monsieur Pierrot.
DUO.
PIERROT.
Non, vrai, Marinette,
Rien de pins mutin
Que, sous c'te cornette,
Votre œil assassin;
De désirs il brille
Et d'amour scintille ;
Son feu qui pétille
Fait naître eu mon cœur
L'espoir et la peur,
La crainte et l'bonlienr.
Quand tout nous engage
Ponr le mariage,
Pourquoi, fille sage,
Repousser les voeux
D'un cœur amoureui?
MARINETTE.
Hélas ! le ferment qui me lie
Arrête et condamne mes fenx.
Ah ! par grâce, je vous en prie,
Pierrot, soyez moins amoureux.
J'ai besoin de tout mon courage,
Car je veux tenir mon serinent ;
Je l'ai jnré, point d'mariage
Sans une dot argent comptant.
ENSEMBLE.
PIERROT.
Non, vrai, Marinette,
Rien de plus mutin
Que, sous c'te cornette,
Votre œil assassin;
De désirs il brille
Et d'amour gentille;
Son feu qui pétille
Fatt naine eu mon cœur
.L'espoir et la peur,
La crainte et rbouheur.
Quandtoutnonsengage
Pour le mariage,
Pourquoi, iflle sage,
Repousser les vœux
D'un cœur amoureux ?
Maudite chance !
Pourquoi d'avance
Promettre sur l'honneur
De garder votre cœur?
Quel est ce mystère,
Et pourquoi faire
Ce serment de malheur?
MARINETTE.
Je suis Marinette,
Rien de plus mutin
Que, snus c'te cornette,
Mon œil assassin j
De désirs il brille
Et d'amour scintille;
Son feu qui pétiile
Fait naître en son cœur
L'espoir et la peur,
La crainte et l'bonheur.
Quand tout nous engage
Pour le mariage,
Je dois, fille sage,
Repousser les vœux
D'un cœur amourenx.
Maudite chance 1
Quand j'ai d'avance
Promis à mon tutear
De conserver mon cœur.
Quel est ce mystère,
Pourquoi lui faire
Ce serment de malheur?
PIERROT, soupirant. Ah! Mam'selle Mari-
nette!
MARINETTE, de même. Ah! Monsieur Pier-
rot !
PIERROT. Que je suis malheureux!
MARINETTE. Pourquoi ?
PIERBOT. Vous me le demandez. à moi.
qui mets à vos pieds mon cœur, ma tête à
perruque, ma main, mon rasoir, mon bis-
touri, mon plat à barbe et ma savonnette?
MARINETTE, ingénument. Pourquoi faire ?
PIEBROT. Comment, pourquoi faire?
MARINETTE. Sans doute, je n'ai pas besoin
d'une tête à perruque. et encore moins de
rasoir, de plat à barbe et de savonnette. (Elle
montre son menton.)
PIERROT, démontrant de même. C'est juste:
vous n'avez pas de. au. J'ai dit une bê-
tise! - Ah 1 Mam'zelle Marinette. si vous
vouliez devenir ma petite femme !
MARINETTE. Je le voudrais bien, Monsieur
Pierrot.
PIERROT. Vrai?
MARINETTE. Mais Je ne le peux pas!
PIERROT. Comment cela?
MARINETTE. Ne savez-vous pas que mon
pauvre oncle défunt, au moment de sa mort,
m'a fait jurer de n'accorder ma main qu'à
celui qui m'apporterait cent louis de dot.
PIERROT, soupirant. Si fait.
MARINETTE. Eh bien, avez-vous cent louis
d'or ?
PIERROT. Hélas! non. Mais pourquoi votre
oncle a-t-il exigé de vous ce maudit serment?
car il ne vous laissait rien en héritage, lui,
un pauvre aveugle, qui venait tous les jours
s'asseoir à cptte place. (Il désigne le banc de
pierre au fond.) et solliciter la charité des
passants.
MARINETTE. Vous l'avez dit, monsieur
Pierrot, rien!. si ce n'est son bâton d'a-
veugle et son chapeau de mendiant.
PIERROT. Encore les avez-vous donnés à
son remplaçant, le père Casse-Cou, qui a
hérité en même temps de sa place, et qui
vient là, tous les matins, sur cette borne,
tendre la main en chantant la complainte du
Soldat d'la Palestine.
MARINETTE. Une histoire bien intéressante.
et qui vous fait frémir 1
PIERROT. C'est égal, voyez-vous, Mam'zelle
Marinette, si vous aimiez seulement un p'tit
brin vot' pauvre Pierrot.
MARINETTE. Eh bien?..,
PIERROT. Vous oublieriez cette promesse à
votre oncle. car enfin, un oncle dont on
n'hérite pas, ça n'a pas de droit sur nous !
MARINETTE. Ah! monsieur Pierrot. c'est
lui qui m'a élevée. et je dois lui obéir
comme j'eusse obéi à ma mère, qu'il a rem-
placée.
PIERROT. Oui, de son vivant ; mais puis-
qu'il n'est plus !
MARINETTE. Qu'importe?. j'ai promis je
tiendrai ma parole : cent louis de dot ou pas
de Marinette.
PIERROT, avec dépit. Ah ! je vois bien que
vous ne m'aimez pas !

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