//img.uscri.be/pth/fa0f0b648abbd22d7155b176a4195d95a2146543
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Chansons dites aux banquets des anciens élèves du Lycée de Rouen, 1864. 1866. 1867. 1868

De
8 pages
imp. de Lapierre (Rouen). 1868. In-8°. Pièce.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

DITES AUX BANQUETS DES
ANCIENS ÉLÈVES DU LYCÉE
DE ROUEN
1865 — 1866 — 1867 — 1868
SOUVENIRS DE COLLÈGE.
Vous le savez, toujours c'est la coutume
Que tout chanteur d'abord doit s'excuser ;
Il chante mal, ou bien il a le rhume,
Ou bien: grand peur... Bref, il vous fait poser.
Arrière ici la fausse modestie,
Ce pardessus qu'endosse l'orgueilleux.
Viens nous.prêter ta marotte, ô Folie !
En souvenir des j ours in soucieux.
Vous souvient-il des grands bancs du collège,
Par le canif et par l'ennui rongés, '
Des grandes cours, et des boules de neige,,
Delà glissade et des jours de congés?
Vous souvient-il de la jatte attachée
Par une chaîne à l'angle du vieux mur?
O bande folle à travers cour lâchée',
Comme on courait en mordant son pain dur !
On charbonnait gaîment sur la muraille
Quelque profil au nez tout de travers :
C'était le pion ! primitive grisaille,
Puis, au-dessous, on griffonnait des vers.
On écrivait : aspice la potence,
Où ce pendard un jour sera pendu.
Saintes gaîtés, ô fêtes de l'enfance,
Comme on mordait dans le fruit défendu !
— 2 -
Si l'on bâillait au nez de la grammaire ;
Comme on t'aimait, Horace, ô bon garçon !
Si pour Champagne on avait de l'eau claire,
On la buvait, à Lydie,à Lison.
Dans Béranger, qui parlait du grand homme.
Qu'on dévorait dans un coin écarté,
On retrouvait comme un souffle de Rome,
Quand il chantait ton nom, ô Liberté !
Et le roman qu'on lisait en cachette
Dans son atlas ou bien dans son Egger !
Comme on aimait ta chanson, ô Musette !
Comme on aimait ton Rodolphe, ô Murger !
Mais quoi déjà tout a fui : le silence
A remplacé les cris et la gaîté.
Où donc sont-ils les amis de l'enfance ?
Le Temps jaloux a-t-il tout emporté?
Non, les voilà tous réunis encore,
Comme autrefois rompant le même pain.
On se souvient, souriant, de l'aurore,
Qu'avec sa caisse annonçait le tapin
C'était la diane au matin de la vie :
Comme la caisse avait un timbre clair I
Matins dorés, avrils, aube fleurie !
Vous passez donc comme passe un éclair !
Vous me direz : Vous étiez donc interne,
Que du sérail vous savez les détours ?
Hélas ! messieurs, moi l'intrus, moi l'externe,
J'ai bien souvent maraudé dans les cours ;
Sous les tilleuls, quand j'étais à la porte,
J'allais songer : de quoi ? je n'en sais rien.
Rêves d'enfant que l'âge un jour emporte,
De ces riens-là comme on se souvient bien !
Tous mes amis ont porté l'uniforme
Que vous portiez, enfans de Sans-Souci ;
Mais vous savez, l'habit n'est que la forme,
Et c'est le coeur qu'on vient chercher ici.
Enfin, messieurs, faut-il que je le dise,
J'ai quelques droits à m'asseoir près de vous,
Car on m'a mis en cage sous l'église.
N'était-ce pas être interne, entre nous?
HENRI BRIÈRE.