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Chants funèbres, attaque du château de Versailles, attaque du château des Tuileries, journée du 10 août, par de Caze,...

De
66 pages
Demonville (Paris). 1825. In-8° , VIII-63 p..
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On trouve auop adresses çi-cjontre :
LA LOUISIADE, Poëme du même auteur, 1 vol. in-18,
4 fr. et 4 fr. 5o cent, franc de port.
IMPRIMERIE DE DEMONVILLE , RUE CHRISTINE , N° 2.
ATTAQUE DU CHATEAU DE VERSAILLES;
ATTAQUE DU CHATEAU DES TUILERIES;
JOURNÉE DU I0 AOUT.
PAR
(DE PROYENCE ).
PARIS,
DEMONVILLE, Imprimeur-Libraire, rue Christine, n° a;
DENTU, Libraire , au Palais-Royal, galerie de bois ;
PICHA.RD, Libraire , quai Conti, n° 5.
i8a5.
AVANT-PROPOS.
bi lezèle, à défaut d'Apollon, pouvait inspirer de
beaux vers , je pourrais hardiment me flatter de
me voir accueillir avec honneur au rang de ces
grands génies lyriques qu'ont produit tant les
temps anciens que les modernes. Mais ce n'est
ni le zèle, ni le sentiment proprement dit, ni
l'étude qui font les poètes, c'est la nature, c'est
elle seule qui verse dans nos coeurs, comme le
dit l'immortel Rousseau,
« Ces traits de vive flamme,
» Et ces ailes de feu qui ravissent une âme
■» Au céleste séjour. »
Cependant, puisque cette mère universelle,
qui se montre si grande, si magnifique et si pro-
digue en tant d'autres points, parait d'une avarice
si sordide sur celui-ci, le public, toujours curieux
de nouveautés, a pris en quelque sorte l'enga-
gement envers ceux qui travaillent à ses plaisirs,
de recevoir, du moins par complaisance, si ce
n'est avec satisfaction, les productions que le
zèle ou la bonne volonté font éclore. C'est sous
ce rapport que je me hasarde à lui offrir mes
CHANTS FUNÈBRES , bien assuré que si mes vers ne
vj AVANT-PROPOS.
méritent pas son approbation , le sujet que mon
coeur a choisi, ce sujet devenu depuis si long-
temps pour lui une source de regrets et d'admira-
tion, ne peut manquer de l'intéresser.
C'est à l'excellent ouvrage donné par M. le
chevalier de La Rue, garde-général des Archives
du royaume, que j'ai emprunté le fonds de mon
récit ; il y a plusieurs passages même que j'ai
pris presqu'en entier, n'ayant eu que la peine
de les rimer : heureux si j'avais pu conserver
dans la versification, cette force d'idées, cette
énergie de mots, cette vivacité de tableaux qui
caractérisent son Histoire du Dix-Huit fructi-
dor! Homme de lettres distingué, et l'un des
plus fidèles serviteurs des Bourbons, il a tracé
avec la pureté d'un savant littérateur et la fran-
chise d'un véritable historien, des scènes passées
pour la plupart sous ses yeux , ayant dans toutes
les circonstances orageuses de la Révolution
donné des preuves, éclatantes de son dévoue-
ment à la Monarchie de Saint Louis.
Le public sera donc convaincu que j'ai puisé
dans une source pure, et que le zèle seul m'y
a conduit.
Profondément touché des malheurs affreux de
AVANT-PROPOS, vij
l'auguste famille de nos R-ois, admirateur pas-
sionné de ses nobles vertus, je n'ai pu résister
au désir de retracer l'impression que j'en ai res-
sentie en les lisant ; et si je n'ai pas réussi à les
rendre avec l'énergie et la noblesse qui doivent
les caractériser, c'est la faute de mon génie et
non celle de mon coeur.
Lorsque j'ai commencé ce travail, j'avais le
projet de composer les douze Chants qui forment
le cadre de mon plan; mais à peine arrivé au
pied du Parnasse, sa hauteur m'effraie, et je ne
puis essayer de le gfavir que si le public daigne
m'y encourager.
C'est aux défenseurs de la légitimité que je me
suis proposé d'avoir l'honneur d'offrir mon ou -
vrage. Jadis, quelques faibles échos auraient
répété de loin en loin quelques-uns des sons de
ma lyre : l'exil, les fers, l'échafaud étaient le
prix même d'un soupçon; plus tard , les Français
éblouis par l'éclat trompeur d'un horrible mé-
téore , se laissaient conduire en s'étourdissant
sur l'avenir, à sa clarté destructive et passagère;
naguère, des intérêts opposés, des méfiances
entretenues par des hommes pervers, reste im-
pur de la ligue atroce de l'ambition et du phi-
viij AVANT-PROPOS.
losophisme, tout aurait concouru à faire rejeter
les sons importuns d'une lyre qui n'a d'autre
espoir que celui d'intéresser le coeur.
Mais aujourd'hui qu'un cri général d'amour
s'est élevé spontanément de tous les points de
la France, pour saluer son nouveau Souverain du
nom de Charles le Bien-Aimé ; que ce Prince
magnanime, modèle de loyauté, de franchise
et de bonté rappelle si vivement les brillantes
qualités du meilleur des Rois; aujourd'hui que
ce nouvel Henri IV rallie tous les coeurs autour
du Trône de Saint Louis! MÈ ! c'est aujourd'hui
que mes Chants, pour faibles qu'ils soient, trou-
veront autant d'échos que la France a d'habitans.
CHANT PREMIER.
ATTAQUE DU CHATEAU DE VERSAILLES.
CHANTS FUNÈBRES.
CHANT PREMIER.
L'ATTAQUE DU CHATEAU DE VERSAILLES.
VIELLES sombres rumeurs ! quel bruitl quels cris atroces
Troublent la paix des airs !
Que veulent ces soldats? de leurs regards féroces
Jaillissent des éclairs.
Quel démon les conduit ? quelle rage insensée
Précipite leurs pas?
Dans le sein de la paix, je vois briller l'épée ,
Instrument des combats.
(4)
Que demandent encor ces hideuses bacchantes-
Aux murs de ce palais ?
Du plus juste des Rois leurs clameurs insolentes
Ont lassé les bienfaits.
Arrêtez!.... du soleil la mourante lumière
S'éteint parmi les flots :
Le sommeil, de LOUIS va fermer la paupière ;
Respectez son repos I
Son repos!... Ah! cruels, quand vos mains parricides
Agitant les poignards ,
Font briller dans la nuit leurs éclairs homicides
A ses tristes regards :
Sa royale bonté, sublime , inépuisable ,
Ecartant le sommeil,
Impose à son amour pour un peuple coupable
Un éternel éveil.
( &)
Rentrez dans vos foyers et respectez vos maîtres,
, Le crime vous séduit :
Ouvrez les yeux, sondez les noirs cqmplots des traîtres
Dont la main vous conduit.
Cette main vous entraîne au bord d'un sombre abîme
Prêt à vous engloutir;
Craignez de n'y trouver , pour fruit de votre crime ,
Qu'un tardif repentir.
Votre honneur, vos sermens!.. mais,ô douleurs cruelles!
Une aveugle fureur précipite leurs pas :
Mille instrumens de mort, dans leurs mains criminelles
Impriment la terreur, annoncent le trépas.
C'est ainsi qu'un peuple farouche,
L'outrage et le fiel dans la bouche,
( 6 )
Au mépris des plus Maintes lois,
Vient menacer le Diadème,
Et braver le pouvoir suprême
Jusque dans le palais des Rois.
Ah î fuis , Monarque magnanime ,
Crains les affreux desseins du crime :
En vain à ton auguste aspect,
Tous ces ligueurs pleins d'insolence ,
Modérant leurs cris de vengeance,
Ont paru frappés de respect.
Bientôt ces sicaires horribles,
De tes vils ennemis aveugles instrumens,
De leurs sinistres hurlemens
Ébranleront encor ces portiques paisibles.
Fuis! tu le peux encor, mais , hélas ! c'est en vain ;
Ses pas sont enchaînés par son fatal destin :
( 7 )
Il a vu s'éloigner cette horde sauvage,
Et croit que sa douceur a désarmé leur rage.
Monarque infortuné! victime de ton coeur,
Ouvre les yeux : ce calme est un calme trompeur.
Versailles dans ses murs frémit de voir paraître,
Ces indignes Français ennemis de leur maître :
Hommes, femmes, soldats , sans pudeur confondus,
Dans ses divers quartiers sont bientôt répandus ;
Livrés à la débauche , exaltés par l'ivresse,
L'air au loin retentit de leurs chants d'allégresse;
Ils célèbrent leur gloire et vantent leurs succès;
La Discorde y répond du fond du noir Tartare:
Et la France, à l'aspect des maux qu'on lui prépare,
Désavoue et maudit leurs barbares excès.
Leurs clameurs horribles
Outragent les cieux ;
Leurs armes terribles
Gonsternent les yeux;
(8)
Les Français paisibles
Désertent ces lieux.
L'épouse tremblante
Frissonne d'horreur;
La mère prudente
Pâlit de. terreur;
La fille innocente
Rougit de pudeur.
Dans l'ombre de la nuit, leurs sacrilèges mains
Aux autels portent le ravage :
Affreux profanateurs des mystères divins ,
Sur les vases sacrés ces avides humains,
Etendant la fureur d'un horrible pillage,
Blasphèment sans frémir le nom du Saint des Saints.
Tremblez vils apostats ! tremblez ! ce Dieu terrible,
Ce Dieu toujours jaloux de l'encens des mortels ,
(9.)
Vous écrasant du poids de son bras invincible,
Vengera tôt ou tard les droits de ses autels.
f
Sur la foi des sermens du chef de ces rebelles,
Le crédule LOUIS fondant tout son appui,
Rejeta le secours des combattans fidèles,
Que la gloire et l'honneur amenaient près de lui.
Inquiet sans frayeur , agité d'espérance ,
Il veillait, du soleil attendant le retour ;
Et ses nobles pensers attachés sur la France ,
Ecartant ses dangers , exprimaient son amour.
Amour fatal ! dévouement trop funeste !
La Discorde à vos feux allumait son flambeau ;
Du vertueux LOUIS vous creusiez le tombeau,-
Quand son âme céleste
Du bonheur des Français concevait le tableau.
■■(■io)
Il luit enfin le jour , mais il luit pour le crime :
A son aspect mille bourreaux
Demandant à grands cris leur royale victime ,
D'une grille impuissante ébranlaient les barreaux.
0 toi ! lâche guerrier , dont la froide prudence
Éloigna de LOUIS les zélés défenseurs;
Tu l'as vu ce torrent qui, faible en sa naissance ,
Permettait à ton bras d'arrêter ses fureurs :
Tu l'as vu, débordant ses ondes,
En couvrir ce vaste univers;
Entraîner , dans son cours , innocens et pervers ,
Et, dans le sein des mers profondes
Versant les débris des deux mondes,
Rouler ses flots sanglans jusqu'au fond des enfers.
Dans les cours du palais ces tigres se répandent,
Au poste de l'honneur , les gardes les attendent
( 11 )
Sans pâlir , sans effroi ;
Le zèle le plus pur de ses feux les enflamme ,
Rien ne peut étonner leur noble grandeur d'âme :
Ils défendent leur Roi.
0 ma lyre ! suspends ta pénible carrière,
Imprime à tes accords des sons plus douloureux,
Dis , quel sang le premier arrosa la poussière
Dans ce jour malheureux.
Précipitant ses pas la cohorte sauvage,
Jusqu'auprès de LOUIS veut se faire un passage;
Le vaillant Savonière excité par l'honneur,
De ce terrible orage affronte la fureur.
Son bras armé du fer épargne les rebelles ,
Détournant avec soin ses atteintes mortelles :
Jamais du sang français il n'a rougi ses mains.
Plus furieux alors ces ligueurs inhumains ,
Fondent sur le guerrier , prompts comme la tempête ,
Et cent glaives levés retombent sur sa tête :
Il chancelle, succombe, et ses membres épars
Deviennent dans leurs mains d'horribles étendars.
Ainsi des léopards que leur mère sauvage
A guidés au carnage,
Rugissent de plaisir à l'aspect d'un taureau
Séparé du troupeau.
L'ardente soif du sang dans leurs yeux étincelle,
Ils volent en ouvrant une gueule cruelle
Ministre de la mort.
En vain oppose-t-il ses cornes impuissantes ;
Ses flancs sont déchirés par leurs griffes tranchantes
Il tombe en mugissant sous leur commun effort.
Ainsi tu succombas , généreux Savonière !
Heureux , si dans ton sang leur rage meurtrière ,
( i3 )
Eteignant ses fureurs !
N'eût, par de nouveaux crimes
Entassant ses victimes ,
Rempli ces tristes lieux de nouvelles horreurs.
Mais , plus impétueux qu'un naissant incendie,
Que le vent chasse et multiplie ,
Consume en un clin d'oeil les modestes sillons,
Et déployant bientôt ses flammes dévorantes,
Enveloppe en grondant les forêts verdoyantes,
De ses noirs tourbillons;
Ces tigres altérés du sang de l'innocence,
Invoquant la terreur, la mort et la vengeance
Ont forcé le palais!.... Où courez-vous cruels?
Quel nom font retentir vos accens criminels?
ANTOINETTE!!. Arrêtez! troupe aveugle et barbare,
Arrêtez, inhumains ! le crime vous égare ;
( i4 )
C'est l'Enfer qui vous guide, et va vous engloutir ;
Ils sont sourds 1 !... Dieu vengeur , laisseras-tu périr
Tant de nobles vertus , de beauté, d'innocence,
Sous les couteaux de la licence !
Tonne , éclate, il est temps ; hâte-toi de punir,
Si tu ne veux perdre la France !
Voeux superflus ! le Giel n'a point de feux ;
L'Enfer règne ! A sa voix la Discorde effroyable
Quittant son antre épouvantable,
Guide leurs pas audacieux.
Des Hutes , Varicourt, généreuses victimes !
A braver le péril par le zèle entraînés ,
Le noir destin trahit vos efforts magnanimes :
Par le fer des ligueurs vous fûtes moissonnés.
La mort, d'un doigt glacé, ferma votre paupière,
Pendant que votre sang, coulant à gros bouillons,
Traçait ces mots sacrés sur la froide poussière :
« Je coule sans regret en servant les Bourbons. »
( i5 )
Les infâmes bourreaux qu'aucun devoir ne touche
La rage dans le coeur et l'insulte à la bouche ;
Outragent ces corps expirans ;
Et brûlant d'accomplir leurs projets parricides,
Dans l'asile des Rois leurs regards homicides
Guident leurs pas errans.
L'affreuse cohorte
Va briser la porte
Du séjour de paix ,
Où la Reine auguste
Du sommeil du Juste
Goûtait les bienfaits.
Miomandre, enflammé d'un valeureux courroux ,
S'élance vers la porte et s'oppose à leurs coups ;
Aussitôt mille fers avides de carnage
Dans ses flancs généreux assouvissent leur rage :
( *6)
Son floble sang jaillit, il chancelle.; et ses yeux
Se ferment pour jamais à la clarté des cieux.
Beaurepaire voyant tomber son frère d'armes
Sent pour sa Souveraine augmenter ses alarmes;
Il s'élance à la porte, et soudain sur son corps
De la tourbe infernale attire les efforts :
Percé de mille coups, en tombant il s'écrie
En mourant pour mon Roi j'ai servi ma patrie.
Nobles guerriers ! au sein des célestes plaisirs
Allez, pour prix de votre zèle,
Recevoir la palme immortelle
Que Dieu réserve à ses martyrs !
Ivre de sang , d'horreur, l'exécrable cohorte
A travers les mourans arrive sur la porte ;
Elle cède bientôt à ses coups redoublés
Et s'échappe en éclats de ses gonds ébranlés.
( 17 )
Avec quelle fureur la tourbe cannibale,
Précipite ses pas vers la couche royale,
Et la perce à l'instant de cent coups de poignards !
Qui pourrait exprimer les transports de sa rage,
Lorsque, portant partout ses avides regards ,
Elle voit sa victime échappée au carnage 1
Si des mortels pervers les excès odieux
Méritèrent jamais la colère des cieux;
Ah ! pourquoi dans ce jour les éclats de sa foudre
N'ont-ils de ces bourreaux fait un monceau de poudre!
La Reine reposait, ignorant les desseins
Formés contre ses jours par ces vils assassins :
Tout à coup par des cris en sursaut.éveillée,
D'un vain songe elle croit son âme travaillée.
Elle doutait encor, quand ces tristes accens :
« Sauvez , sauvez la Reine » épouvantent ses sens ;
( i8 )
De sa couche aussitôt elle sort demi-nue
Et fuit, à la faveur d'une secrète issue ;
La crainte et.la pudeur précipitent ses pas ,
Et bientôt son époux la reçoit dans ses bras.
Auprès de ses amis elle trouve un asile ,
Où d'un oeil tranquille
Elle attend la mort :
Son mâle courage
Ne craint point la rage
Ni les coups du sort.
Si la main du crime
Pour seule victime
Voulait la choisir :
Bravant sa furie,
A sa barbarie
Elle irait s'offrir.
( 19)
Mais une mer de sang ne suffirait qu'à peine
A calmer des ligueurs la fureur inhumaine.
Trompés dans leur espoir , sur les gardes du corps
Ils courent reporter leurs barbares efforts;
Et ces guerriers qu'un ordre enchaîne,
Sans oser se défendre , affrontaient mille morts.
Cette noble grandeur irrite ces perfides ,
Ils élèvent dans l'air cent glaives parricides ;
Déjà l'avide mort s'élançait de leurs mains ,
Lorsqu'un gros de soldats, aux coeurs moins inhumains*
Révolté de leur barbarie j
Accourt, des assassins arrête la furie,
Et dérobe ces preux aux horreurs du trépas ;
Mais des liens cruels soudain chargent leurs bras;
Le calme renaissait quand l'horrible Discorde,
S'élance en frémissant au milieu de la horde;
■ ( 20 )
Elle traîne un ligueur sanglant et tout poudreux ,
Qu'elle-même immola dans ce désordre affreux,
En impute le meurtre à la faible innocence ,
Et souffle dans les coeurs la soif de la vengeance.
Mille cris forcenés s'élèvent dans les airs,
Et de mille poignards jaillissent des éclairs :
La mort prête à rentrer dans le sein des ténèbres,
Entend leurs voix, accourt, tend ses voiles funèbres,.
En entoure ces preux, va les saisir !.... LOUIS
Se montre accompagné de la Reine et son fils.
Pour sauver ses amis , son généreux courage
Des vils séditieux vient affronter la rage.
Quel tableau douloureux, magnanime, et touchantI
Ce Monarque absolu , dont le bras tout-puissant
A son gré dispensait ou la paix ou la guerre ,
Dont le monde en tremblant conjurait le tonnerre,
( 21 )
Dont le plus forcené de ces affreux ligueurs ,
Allait encor hier mendier les faveurs ,
Pour quelques serviteurs aujourd'hui plein d'alarmes ,
De ses propres sujets craint les rebelles armes.
Il les presse , il leur tend ses suppliantes mains ;
Mais, hélas ! pour fléchir ces bourreaux inhumains,
Il se livre lui-même à toute leur furie
Et met en leur pouvoir et son trône et sa vie.
La Discorde qui voit ses projets triomphans ,
Vole à Paris l'apprendre à ses noirs partisans.