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Chants pieux, par Hippolyte Feyne,...

De
206 pages
Lagier (Jonzac). 1854. In-16, 208 p..
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PAR
Hippolj te FEYJVE", pasteni*.
Chanter à l'Eternel un cantique
nouveau.
(Psaume 08, 1)
JONZAC, ,
CHEZ LA&IER, LIBRAIRE, GRANDE RUE.
1854
wmm
PAR
«SlipiWb'tc FEYJVE, pasteur.
.Chantez à l'Eternel un cantique
nouveau.
(Psaume 98,1)
JONZAC,
CHEZ LAGIER, LIBRAIRE, GRANDE RUE.
'1854
CANTIQUE 1.
L'Oraison Dominicale.
Notre Père qui es aux Cieux.
1.
Oh! quel autre que toi, docteur par excellence,
Maître bon, juste et saint, pouvait ainsi parler?
Tu puises dans ton coeur la sublime science
Qui nous doit consoler !' {bis)
Oui, ta bouehel'a dit: quand nos humbles prières
S'élèvent jusqu'au ciel sur des ailes de feu,
Ce n'est pas pour nous seuls, mais aussi pour nos frères,-
Qu'il nous faut prier Dieu ! [bi^
— 6 — •
3.
Loin de nous l'égoïsme : à l'amour le plus tendre
Nous devons obéir pour être tes enfants;
De nous-mêmes, Seigneur, si nous voulons t'entendre,
Nous serons triomphants ! {bis)
4.
Notre père est celui dont l'a gloire est immense :
La lumière étincèle au trône radieux
Où veillent sa bonté, son pouvoir, sa clémence;
Il habite les cieux ! {bis)
CANTIQUE %.
Que ton ttom soit sanctifié.
\.
0 Dieu! ton nom est grand dans les cieux, sur la terre,
Révéré de tous ceux qui chérissent ta loi;
■Mais il est méprisé par la race adultère,
Qui marche sans la foi! {bis)
7 —
2.
L'homme ingrat a chassé du fond de sa pensée,
Jusqu'au nom de celui dont il reçut le jour;
Aux idoles de chair, dans sa joie insensée,
Il donne son amour! {bis)
3.
Il s'en va loin de toi comme un enfant prodigue;
Il ne te connaitplus dans son lâche abandon;
A ses égarements qui peut mettre une digue?...
Il blasphème ton nom ! {bis)
4.
Et tu veux cependant, avant sa dernière heure,
Qu'il ait recours à toi pour calmer ses terreurs;
Mais il faut qu'il confesse au seuil de ta demeure,
Ton saint nom par des pleurs! {bis)
5.
Ah ■! prions, oui, prions, pour que ce nom sublime
Que les tiens sur la terre ont tous glorifié,
■Soit par le méchant même, étonné de son crime,
Un jour sanctifié ! {bis)
— 8
CANTIQUE 3.
Que ton règne vienne.
1.
Pourquoi l'homme, ici bas, gémit-il à toute heure?
D'où viennent ses soupirs?.
Et comment se fait-il qu'en te priant, il pleure?
Que manque-t-il, Seigneur, à ses âpres désirs? {bis)
%.
N'a—t-il pas pour guérir sa cuisante blessure,
Un splendide soleil;
Et les dons que ta main, toujours prodigue et sûre,
Accorde à tes enfants de la veille au sommeil? {bis)
3.
Ne [ieul-il pas l'aimer, admirer ta puissance,
Adorer ta bonté;
El montant jusqu'à toi par son intelligence,
Saluer l'avenir de l'immortalité? {bis)
— 9 —
4.
11 le peut: mais Seigneur, dans le monde où nous sommes,
Il n'est plus de pitié;
Et la haine, embrasant le coeur de tous les hommes,
A proscrit et l'amour et la tendre amitié! {bis)
5-
Oui, la haine a flétri les âmes les plus belles,
Les coeurs les plus aimants;
Et l'homme, tout entier aux passions cruelles,
Brave par ses mépris tes justes châtiments! {bis)
6-
Que ton règne, ô mon Dieu ! vienne donc sur la terre,
Où tout n'est que douleur;
«Qu'il oppose la paix aux fureurs de la guerre,
Et l'homme enla goûtant, chantera son bonheur! {bis)'
— 10
CANTIQUE 4.
Que ta volonté soit faite sur la terre
comme au ciel.
1.
Près de toi, dans le ciel où rayonne ta gloire,
Les esprits bienheureux
Obéissent, Seigneur, quand tu leur dis de croire,
El d'accomplir soudain tes décrets merveilleux! {bis)
%.
Los mondes, que ta voix a semés dans l'espace
Comme autant de soleils,
Suivent sans s'égarer la lumineuse trace
Que tu leur imposas, dans tes sages conseils ! {bis)
3.
Ici bas, bien plus bas que là nature humaine,.
L'insecte d'un instant
Dans le cercle tracé par ta main souveraine,
Reconnaît de tes lois le pouvoir éclatant! {bis)
— M —
4.
L'homme seul, s'insurgeant dans son orgueil suprême
Contre ta volonté,
De sa voix insultante a lancé l'anathème
Sur ta gloire et ton nom, et sur ta vérité ! -{bis)
5.
Oh ! qu'il revienne à toi, qu'il t'aime et t'obéisse :
Il doit se souvenir,
>Que tu fis taire un jour ta terrible justice,
Pour l'aimer plus encore et pour mieux le bénir ! (bis)
6.
Fléchis donc son orgueil, touche son coeur rebelle,
Qui se gonfle de fiel,
Pour que ta volonté si sublime et si belle,
■Se fasse sur la terre ainsi que dans le ciel ! (bis)
— 12 —
CANTIQUE 5.
Donne-nous aujourd'hui
notre pain quotidien.
1.
« Eternel! nourris-moi de mon pain ordinaire,
» Disait le sage Agur : fais que la pauvreté
» Ainsi que la richesse, aillent loin de la terre,
» Où mon toit solitaire (bis)
» Voit ma fidélité ! (bis)
'.2.
» Riche, je t'oublierais; en proie à l'indigence,
» Ma' main pourrait ravir les biens de l'étranger ;
» Le pain seul du travail vaut mieux que l'abondance:
» 0 Dieu! que ta clémence (bis)
» M'épargne ce danger! (bis)
3.
Pourquoi du sage Agur, oublier la prière?
Pourquoi vivre toujours avec la soif de l'or?
L'homme, hélas! ne peut-il, mesurant sa carrière,
Rejeter en arrière (bis)
Un fragile trésor ! (bis)
— 13 —
4.
Le bonheur n'est-il donc qu'où brille l'opulence?...
Mais les palais des grands connaissent la douleur ;
Et souvent les remords, la haine ou la vengeance,
Y font de l'existence (bis)
Un terrible malheur ! (bis)
5.
Heureux de l'humble champ que son labeur féconde,
Des fruits de son verger, du calme de ses eaux,
L'homme simple et pieux, bien loin des bruits du monde,
Goûte une paix profonde (bis)
Sous son toit de roseaux ! (bis)
6.
Eternel ! que faut-il à l'enfant qui t'adore,
Et veut par sa tendresse atteindre à ton amour?
Que ta main, le gardant du soir jusqu'à l'aurore,
Lui donne, et donne encore (bis)
Le pain de chaque jour ! (bis)
14
CANTIQUE 6.
Pardonne-nous nos offenses,
connue nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés.
\.
Oh! qui peut devant toi, sans répandre des larmes,
Dieu très saint, revêtu de force et de splendeur,
Qui peut, sans ressentir les plus sombres alarmes,
De l'abîme du mal sonder la profondeur!
2..
Nous savons que tes yeux condamnent l'injustice,
Que ta puissante main sait punir les méchants,
Que ta loi doit frapper et le crime et le vice,
Et toujours nous cédons à nos mauvais penchants !
3.
En vain ta voix nous parle et daigne nous instruire :
Au choc des passions nous nous heurtons toujours ;
Et leurs flots écumants se hâtent de détruire
L'obstacle qui devait sauvegarder nos jours !
— 15
4.
Eh bien ! dans ce malheur et dans cette indigence,
Punis-tu sans retour de tels égarements?...
Non, tu dis : Aimez-vous, sachez que l'indulgence
Un jour doit étouffer mes foudres consumants !
5.
Et tu veux qu'on te prie, en disant : Notre père,
Nous sommes de ta loi les lâches transgresseurs ;
Mais pardonne l'offense au jour de ta colère,
Comme nous pardonnons à nos frères et soeurs !
CANTIQUE 7.
Ne nous laisse pas
tomber en tentation.
1.
Seigneur ! dans le désert qu'on appelle le monde,
Tes enfants sont tentés comme le fut ton fils,
Quand, déployant soudain son astuce profonde,
Satan lui proposa ses insolents défis!
. — 16 —
' ■ ■ ■ 2. ■'
Mais le Christ, triomphant dans' cette lutte impie,
Ecrasa sous ses pieds l'orgueil du tentateur;
Et de Satan vaincu, la vengeance assoupie
Contre lui ne vint plus essayer sa fureur !
3.
Mais, hélas ! c'est sur nous qu'il tente sa victoire,
Contre nous qu'il déploie un pouvoir détesté ;
Il a des mots puissants comme les mots de gloire,
De force; dé grandeur, d'amour, de liberté!
4. . ■-
Ah ! comment résister à ses regards de' flamme,
A sa voix qui nous dit : Vous cueillerez des fleurs ;
Des parfums les plus doux j'enivrerai votre ame,
Et mes magiques chants charmeront vos douleurs !
5.
Veille sur tes enfants, tends-leur ta main propice,
Soutiens-les, ô Seigneur ! quand faibles tu les vois ;
Et pour les arracher aux bords du précipice,
Fais parler ton amour, fais entendre ta voix !
17 —
• CANTIQUE 8.
niais délivre-nous.du mal.
4.
Eternel! que notre ame est triste et languissante
En avançant toujours dans ce chemin fatal,
Où devant ta loi sainte elle reste impuissante,
Et ne sait qu'obéir, à l'empire du mal !
2.
Le mal est attaché comme une lèpre infâme
A la race d'Adam, aux enfants de la loi ;
Il monte dans l'esprit, il atteint jusqu'à l'ame,
Et malgré tous nos voeux nous sépare de toi !
Le mal est pour nous tous un impur héritage,
Qu'il nous faut accepter de ceux qui l'ont reçu ;
Et que nous transmettons, dans un égal partage,
A l'enfant faible ou fort que la femme a conçu !
— 18 —
4.
Oui nous délivrera de cette lèpre immonde?
Qui viendra nous laver, qui pourra nous guérir?
Sera-ce nous, Seigneur, ou sera-ce le monde ?
Mais sous la même atteinte on le voit dépérir !
5.
Ni le monde, ni nous ne faisons des miracles :
Le mal triomphe encor, comment s'en préserver?.
0 Dieu de charité, Dieu des puissants oracles,
Etends sur lui ta main, si tu veux nous sauver!
CANTIQUE 9.
Car c'est à toi qu'appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles;
amen !
1.
Tu le feras, Seigneur, qui pourrait mettre obstacle
A ton amour de père, à tes desseins sur nous?
Ton bras ne saurait-il accomplir ce miracle,
Quand la terre et lés cieux embrassent tes genoux !
— 19 —
2.
Tu règnes : et ta voix roulant de monde en monde
Comme un écho lointain de ta suprême loi,
Refrène dans son vol leur course vagabonde,
Et les fait tous frémir sous la main de leur roi !
3.
La puissance est à toi : nul ne peut se soustraire
aux arrêts éternels que dicte ton pouvoir ;
L'univers peut parler, l'univers peut se taire,
Qu'importe! il obéit esclave du devoir.
4.
La gloire t'appartient: son éclat t'environne,
Ses rayons lumineux accompagnent tes pas ;
Les siècles en fuyant voient briller ta couronne,
Mais leurs flots entassés ne la ternissent pas !
5.
Maintenant, Eternel ! exauce la prière
Que ton fils nous dicta de son verbe divin;
Et permets aux enfants de sa pure lumière,
D'espérer, et de dire: Amen! toujours amen!
— 20 —
CANTIQUE 10.
Noël.
\.
Battez des mains, tressaillez d'allégresse,
Peuples chantez et louez l'Eternel ;
Dans son amour, le fils de sa tendresse,
Pour nous sauver est descendu du ciel !
Le Christ est né'! le Christ est né !
2.
0 profondeur! ô mystère adorable!
Le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs,
N'a pour palais qu'une grossière étable,
Et des bergers sont ses adorateurs !
Le Christ est né ! le Christ est né !
3.
Dans l'Orient une mystique étoile
Aux Mages-Rois a prêté ses rayons ;
Ils sont venus pour contempler sans voile
L'Emmanuel, promis aux nations !
Le Christ est né ! le Christ est né !
— 21 —
4.
Ils l'ont trouvé dans les bras de sa mère,
Puis, à genoux dans un pieux accord,
Us ont posé sur son berceau de pierre
Un pur encens, de la myrrhe et de l'or!
Le Christ est né ! le Christ est né !
5.
Ah ! si comme eux, dans la cité chérie,
Nous n'allons pas adorer et bénir ;
L'enfant Jésus, l'humble fils de Marie,
A nous, pécheurs, vient lui-même s'offrir !
Le Christ est né ! le Christ est né !
6.
Vers lui, chrétiens, élevons nos pensées :
Au lieu d'encens offrons-lui dans ce jour,
Le repentir de nos fautes passées,
Pour l'avenir notre plus tendre amour !
Le Christ est né! le Christ est né!,
CANTIQUE 11
Pour le jour de l'An.
\.
L'airain frémit, voici, l'année expire;
Mais en tombant dans le passé,
Sa triste voix semble me dire,
« Je ne suis qu'un songe effacé :
» Hélas ! celle qui vient d'éclore
» Suit déjà le même chemin,
» Quand tu souris à son aurore,
» Elle marche vers son déclin !
2.
» Le temps s'enfuit comme un torrent rapide,
» Sans jamais remonter son cours ;
» Et chaque flot, trouble ou limpide,
» Emporte, hélas! un de tes jours :
» Hâte-toi de compter les heures
» De cette soeur qui va finir;
» Souviens-toi qu'il faut que tu meures,
» Mortel, redoute l'avenir! »
3.
Oui, cette voix vient d'éclairer mon ame
A ses accents mystérieux,
Une pure et vivante flamme
Sur moi descend du haut des cieux.
Brillants et séduisants mensonges,
Vains hochets de la vanité,
Perdez-vous dans la nuit des songes ;,
Vous n'êtes pas la vérité!
4.
Biens que j'aimais avec idolâtrie,
Pour lesquels j'oubliai mon Dieu,
Déjà votre grâce est flétrie,
Sans regrets, je vous dis adieu:
Qu'êtes-vous? néant et poussière;
Quels sont vos fruits? le repentir;
Qu'est, votre gloire mensongère?
Un rien, qui doit bientôt mourir !
5.
Oui, pour toujours je brise tes idoles
Monde trompeur, je veux te fuir,
Et changer enfin tes symboles
Contre ceux du monde à venir :
— 24 —
Trop long-temps esclave d'un maître
Lui-même esclave des faux-dieux,
Mon coeur fatigué du peut-être,
Voit la vérité dans les cieux !
6.
Dieu tout puissant, Christ, sauveur de mon ame,
Qu'à mes yeux brille ton flambeau;
Que ton appui que je réclame,
Guide mes pas jusqu'au tombeau :
De ta grâce pure et féconde
Daigne m'accorder le secours ;
Avec elle, ô maître du monde,
Je saurai compter tous mes jours!
25 —
CANTIQUE 12
Vendredi Saint.
1.
Pleure Jérusalem, pleure cité rebelle,
Voici, voici le jour où ta lâche fureur
Etendit sans frémir, une main criminelle
Sur le juste innocent, sur le Christ, le Seigneur!
Pleure, Jérusalem! (bis)
2.
Pleure Jérusalem, vers le mont du Calvaire,
Le vois-tu s'avancer les yeux chargés de pleurs?
Ingrate, ilssontpourtoi, cesontles pleurs d'un père;
Et lu n'as pas compris ses sublimes douleurs !
Pleure, Jérusalem ! (bis)
— 26 —
3.
Pleure Jérusalem ! oui, pleure sur toi-même,
Le sang de Golgatha doit retomber sur toi ;
Il monte vers le ciel, il te crie : anathème!
Anathème et malheur aux enfants de la loi !
Pleure, Jérusalem ! (bis)
4.
Pleure Jérusalem, tes murs réduits en cendre,
Ton temple renversé, ton vieux culte aboli,
L'esclavage ou la mort bientôt doivent t'apprendre
Quel sang fut répandu, quel nom fut avili !
Pleure, Jérusalem! (bis)
5.
Pleure Jérusalem, cette croix du calvaire
Que ton peuple en démence insulte avec mépris,
Comme un astre nouveau doit briller sur là terre ;
Va, ton règne est passé, les temps sont accomplis!
Pleure, Jérusalem! (bis)
— 27 —
CANTIQUE 13
Pâques.
1.
Voici le jour de délivrance,
Oh ! qu'il est beau ; (bis)
Chantons une hymne d'espérance
A son brillant flambeau : (bis)
Jour de triomphe et de victoire,
Jésus, le prince de la gloire,
Sort du tombeau ! (ter)
2.
Reprends les beaux habits de fête,
Que tu portais ; (bis)
Triste Sion, lève ta tête,
Que courbent les regrets : (bis)
Non, plus de deuil, non, plus d'alarmes,
Taris la source de tes larmes,
Toi qui pleurais ! (ter)
— 28 —
3.
Ton Christ, celui qu'un peuple impie
A mis à mort, (bis)
Dont il jeta dans sa furie
Les vêtements au sort : (bis)
Dans ce beau jour vers toi s'avance ;
Fais éclater en sa présence
Un saint transport ! (ter)
4-
Chante Sion, cité fidèle,
Fille du ciel, (bis)
Chante, car ta couronne est belle,
Un cantique éternel : (bis)
L'homme, en laissant à la poussière
Son manteau d'argile grossière,
Est immortel ! (ter)
— 29 —
CANTIQUE 14.
L'Ascension.
1.
Quel jour nouveau luit sur nos têtesf
Adorateurs du Dieu vivant?
Quelle fête après tant de fêtes,
Du Christ nous parle en ce moment !
Est-ce un triomphe dans sa.vie,
Un bienfait parmi ses bienfaits,
Un grâce encore accomplie,
Un fait de plus à ses hauts faits?
2.
Oui, ce Jésus qui dans le monde
Ne trouva que des ennemis,
Et dont l'humilité profonde
N'obtint que de cruels mépris :
— 30 —
Aujourd'hui, délaissant la terre
Chrétiens, remonte dans les cieux,
Pour s'asseoir auprès de son père,
Dans son triomphe glorieux!
3.
Oh ! qu'il est grand dans sa victoire,
Ce Christ que Dieu nous a donné ;
De quelle pure et sainte gloire
Son front divin est couronné :
L'enfer, Satan sont dans les chaînes,
La mort n'a plus son aiguillon,
Et le monde oubliant ses haines,
S'incline, en adorant son nomt
4.
Et quand son bras et sa puissance
Ont vaincu tous ces ennemis,
Ce roi, dans sa munificence,
Du combat nous donne le prix :
A nous ces palmes éternelles,
Que l'amour de Dieu fait fleurir;
Et ces couronnes immortelles,
Qu'on ne voit jamais se flétrir !
— 31 —
5.
Oh ! dans ce jour, que l'allégresse
Entonne un chant à l'éternel,
A celui qui, dans sa tendresse,
A voulu nous gagner le ciel :
Sa victoire est pour nous le gage
Qu'il est le Dieu de vérité ;
Et le consolant témoignage
De l'heureuse immortalité!
32
CANTIQUE 15.
Pentecôte.
1.
Chaste épouse.du Christ, pourquoi dans ton veuvage
Penches-tu ton front gracieux?
Pourquoi ces pleurs sur ton visage,
Et ces longs regards vers les cieux?
Absent, ton bien-aimé, dans sa gloire nouvelle
Se montre encor ton protecteur ;
Il t'envoie, ô vierge fidèle,
L'esprit saint, le consolateur! (bis)
2.
Ils pleuraient eomme toi dans leur douleur amère
Ceux que ton Christ avait élus,
Quand le frère disait au frère,
Hélas ! nous ne le verrons plus !
Mais ils priaient toujours, au sein de la tristesse
La foi triomphait dans leur coeur ;
Ils savaient tous quelle promesse,
Leur avait faite le seigneur! (bis)
— 33 —
3.
Ils priaient, quand du ciel, sur des ailes de flamme
L'esprit saint descendit sur eux ;
Et soudain éclaira leur' ame,
De ses rayons mystérieux : .
Alors, pleins de ferveur, ils prêchèrent au monde
Le Christ mort et ressuscité;
Et leur voix austère et féconde,
Fit croire au Dieu de vérité. (bis)
4.
Eglise de Jésus-, que dans ce jour de fête
Ta foi triomphe des mépris ;
Garde-toi de courber la tête
Aux clameurs de tes ennemis :
L'esprit saint du Seigneur te couvre de son aile,
Que craindrais-tu, petit troupeau?
Du Christ, la couronne immortelle
T'attend au-delà du tombeau ! (bis)
34 —
CANTIQUE 16
Le Temps.
1.
Insensé ! le temps fuit ; dans ta nuit, dans ta veille
Il fuit, et tu ne le vois pas ;
Tu pourrais, cependant, si tu prêtais l'oreille,
Entendre le bruit de ses pas ! (bis)
2.
Un palais qui s'écroule, une feuille qui tombe,
Un chant qui s'éteint dans les bois ;
Une larme, un soupir, un sanglot, une tombe,
Du temps ne sont-ils pas la voix ! .bis)
3.
Tu te plains que pour toi la nature ait des voiles :
Mais rien ne manque à sa beauté ;
Vois ses fruits et ses fleurs, son soleil, ses étoiles,...
Le temps seul t'a désenchanté! (bis)
. — 35 —
4.
En voyant que tes jours passent comme des ombres,
Laissant à peine un souvenir ;
Comprends-tu que le temps doit les rendre plus sombres,
En te poussant vers l'avenir? his)
5.
De tous ceux que ton coeur nomma dans sa jeunesse,
Combien répondent à tes voeux ?...
Ils sont morts ou bien loin : le temps dans sa \iicss<\
De l'amitié brise les noeuds !
6.
Si l'amour t'a séduit par ses brillants mensonges,
Et bercé de ses rêves d'or;
Tu sais bien que le temps dissipe tous les songes,
Dans lesquels une ame s'endort! (bis)
7.
De ton front qui pâlit les roses sont fanées,
Où sont les jours de ton printemps?...
Tu te courbes déjà sous le poids des années;
Qui t'a fait ainsi?. . . c'est le temps! [bisi
— 36 —
8.
Laisse donc à l'enfant sa folle insouciance ,
Au jeune homme sa vanité;
Quant à toi, pense au temps qui, trompant ta science,
T'emporte vers l'éternité ! , (bis)
CANTIQUE 17
Le .four.
1.
Le roi du jour.commence sa carrière,
El dore au loin les vallons et les bois;
Tout se réveille, et la nature entière (bis)
Mêle à ses fleurs le doux bruit de ses voix. (bis)
■ 2.
A sua aspect, une immense harmonie
Moule, s'abaisse et grandit tour à tour;
Et dans ces chants d'une grâce infinie, (bis)
L'insecte et l'homme ont béni son retour!. (bis)
— 37 —
3.
Mais ce soleil, et ces astres sans nombre
Dont mes regards admirent la splendeur.,
Tout beaux qu'ils soient ne sont pourtant qu'une ombre,
Cachant de Dieu l'éclat et la grandeur! (bis)
4.
C'est donc vers toi que monte ma prière,
Dieu créateur de ces mondes d'un jour;
Qui du chaos fis jaillir la lumière, (bis)
Et me formas pour connaître l'amour! (bis)
5.
L'amour, c'est toi; l'amour est ton essence :
Tout est amour, Seigneur! dans tes hauts faits;
Et quand les cieux proclament ta puissance, (bis)
Mon coeur me dit de compter tes bienfaits ! (bis;
6.
Je veux t'aimer par dessus toute chose ,
Rien ne doit plus me séparer de toi;
Et sî le monde à cet amour s'oppose, (bis)
Qu'il soit vaincu par l'amour et la foiJ (bis)
■ — 38 —
7.
Ah! dans ce jour rapproche-moi de l'ange,
De ses péchés daigne absoudre mon coeur;
Lave mon ame, ote-Iui cette fange (bis)
Dont la souillée un monde corrupteur ! (bis)
CANTIQUE 18
La Nuit.
1.
Le soleil radieux vient d'achever son cours, (bis)
Les ombres de la nuit enveloppent le monde ;
Et quand tout dort dans une paix profonde,
Du Dieu puissant j'implore le secours. (bis)
;2.
Peut-être cette nuit... qui peut prévoir son sort? (bis)
L'airain va-t-il pour moi sonner la dernière heure;
Nul ne défend le seuil de sa demeure
Au visiteur, qui s'appelle la mort ! (bis)
— 39 —
3.
Peut- être cette nuit... qui peut dire demai/n ? (bis)
M'arrachant au bonheur dont mon ame est ravie,
La mort viendra m'emporter dans la vie
Dont le sépulcre est l'unique chemin ! (bis)
4.
0 mon Dieu! garde-moi, protège mon sommeil, (bis)
Eloigne cette mort que par instinct j'haborre;
Laisse-moi voir une nouvelle aurore,
Et m'égayer aux rayons du soleil ! (bis)
5.
Cependant, fais Seigneur, selon ta volonté; (bis)
Pour pouvoir la braver je sais en qui j'espère;
Ne m'as-tu pas, dans ton amour de père,
Promis le jour de l'immortalité ! (bis)
— 40 —
CANTIQUE 19.
Le Printemps.
1.
Sous l'haleine du printemps
Ont fui les sombres autans,
Partout renaît la verdure ;
Les fleurs parfument les bois,
Les oiseaux mêlent,leurs voix
A la source qui murmure. (bis)
2.
Oui, tout revêt ses atours,
Pour célébrer les beaux jours :
L'hirondelle est revenue ;
L'air est pur, et le ciel bleu
De l'astre aux regards de feu,
Proclame la bienvenue ! (bis)
— 41 —
. ' . . 3.
Il vient en triomphateur
Sous l'oeil de son créateur, '
Féconder toute semence;
Et rappeler aux humains,
Que Dieu garde dans ses mains
La justice et la clémence! (bis)
■4.
Mais ce spectacle si beau
Qu'éclaire un brillant flambeau,
Pourquoi Dieu l'a-t-il fait naître ?
Il l'a fait pour émouvoir
Ceux qui fiers d'un vain pouvoir,
Tentent de le méconnaître. bis)
5. .
Prosternons-nous devant lui :
De son peuple il est l'appui,
Et le bienfaiteur*suprême;
Mais que veut-il en retour?
Que notre coeur sans détour,
Lui dise : Seigneur, je t'aime! (bis)
— 42 —
CANTIQUE 20
L'Été.
1.
Le soleil, dans sa gloire immense,
Roule des flots de pourpre et d'or ;
Il gravite, il monte, il s'élance
Dans son fier et sublime essor :
Devant lui les sombres tempêtes,
Font place à ces beaux jours de fêtes
Dont nous gardons le souvenir;
Et des splendeurs de sa lumière
Dominant la nature entière,
On dirait, qu'il veut la bénir !
2.
Le printemps chargé de promesses,
Nous avait prodigué ses fleurs ;
Doux espoir de tant de richesses,
Que le ciel donne à nos labeurs ;
— 43 —
Et l'été vient par sa présence
Apporter, même à l'indigence,
Des sourires et des chansons ;
Les Ruth , pour Nahomi leurs mères
Pleurant aux rives étrangères,
Pourront glaner dans nos moissons !
3.
Qui nous .fait ces dons magnifiques?
Qui, sur nous étendant la main,
Prodigue à nos toits domestiques,
L'espérance du lendemain?...
C'est le Dieu qui créa les mondes,
Le Dieu qui rend les eaux fécondes,
Et d)épis d'or couvre nos champs ;
Le Dieu que les anges adorent,
Le Dieu que les hommes implorent
Par la prière, ou par des chants!
— 44 —
CANTIQUE 21
L'Automne.
1 .
Salut à toi, mélancolique automne, (bis)
Saison des fruits et des dernières fleurs ;
Que nous aimons de ta pâle couronne (bis)
Le vif éclat, les changeantes couleurs! (bis)
2.
Que tu nous plais avec ta robe blanche, bis)
Ton collier d'or, tes bracelets d'azur;
Et ton beau front qui doucement se penche, ; bis
Et ton sourire, et ton regard si pur ! 'bis'
— 45 —
3.
Mais d'où te vient, aimable enchanteresse, (bis)
Quand à nos yeux resplendit ta beauté , .
Cet air pensif, tout chargé de tristesse T (bis)
D'amers regrets, de sombre majesté? (bis)
4.
Ah !• de l'hiver tu pressens la venue : (bis)
Ton doux soleil s'inclinant dans les cieux,
Par ses rayons qui colorent la nue bis)
Semble déjà t'adresser ses adieux ! (bis)
5.
Hâte-toi donc , automne si vermeille , (bis)
Des aquilons n'attends pas le retour;
Ils flétriraient de ta riche corbeille (bis)
Les dons que Dieu confie à ton amour ! (bis)
CANTIQUE 22
L'Hiver.
I.
Le sombre hiver de sa main ennemie,
Sème partout la tristesse et le deuil ; (bis-:
Et dans ses bras la nature endormie,
Semble couchée au fond de son cercueil! (bis)
2.
Dans nos guérêts, la tempête qui gronde,
Pousse la neige en épais tourbillons ; (bis)
Tout est muet sur la terre et sur l'onde,
L'oiseau se meurt au milieu des sillons! (bis;
3.
Que du soleil la face est pâle et sombre!
Vaisseau flottant au brumeux horizon, (bis)
Il apparaît, il s'éclipse dans l'ombre ;
Heurtant en vain les'-murs de sa prison! 'bis)
- 47 —
4.
Ne cherchez pas le souffle de la vie :
Sous ce linceul tout est morne et glacé; bis)
Et par l'hiver la nature asservie,
N'est plus pour nous qu'un rêve du passé! 'bis)
o.
Mais elle vit : sa tombe passagère,
S'effacera sous les ailes du temps; bis
Laissez venir une brise légère,
Un doux soleil et la voix du printemps! - (bis,
6.
L'homme est ainsi : quand la poudre retombe
Sur son cercueil où l'amitié pleura, 'bis)
Il ne meurt pas, il s'endort daps la tombe ;
Qui doit s'ouvrir, quand Dieu l'appellera! ibis)
48
CANTIQUE 23.
L'Enfance.
1.
J euue enfant, fleur éphémère,
Doux parfum qui vient du ciel,
Avec quel amour, ta mère
Sait te prodiguer son miel ! (bis)
2.
Oh ! comme elle te regarde :
Mais n'es-tu pas le trésor
Qu'elle admire, et qu'elle garde
Mieux qu'un avare son or ! (bis)
— 49 —
3.
Que de soins, et que d'alarmes,
Au moindre cri de douleur;
Puis, à l'aspect de tes larmes,
Quels présages de malheur ! (bis)
4.
Si loin de toi, l'insomnie
Chasse le tant doux sommeil, '
Du mal, c'est le noir génie
Qui plisse ton front vermeil ! (bis)
5'.
Dans le jour que de caresses,
Quels sourires gracieux,
Quels baisers, quelles tendresses,
Et quels regards vers les "cieux! (bis)
6.
Elle a des rêves de gloire:
Peut-être un jour l'avenir,
Dans les pages de l'histoire,
Redira ton souvenir ! (bis)
— 50 —
Mais, faut-il guider ton ame
Vers le bonheur éternel?..
C'est avec des mots de flamme
Qu'elle te parle du ciel !
2.
Quand de son amour fidèle
Tu n'as rien à réclamer,
Dis, enfant, n'est-ce point elle
Qu'après Dieu tu dois aimer? (bis)
CANTIQUE 24
La Jeunesse.
1.
Jeune homme, dont la voix éclate si joyeuse,
Tu dis, en nous peignant l'ivresse de ton coeur:
C'est le bonheur ! c'est le bonheur ! (bis)
Et tu fais retentir (ter) ta lyre harmonieuse !
— 51 —
2.
lEn voyant tes sentiers tout parsemés de roses,
Tu dis, en respirant leur enivrante odeur :
C'est le bonheur ! c'est le bonheur ! (bis)
;Et tu crois que toujours (ter) elles seront écloses !
3.
Le monde t'apparaît avec tous ses prestiges;
Tu dis en contemplant sa beauté», sa splendeur :
C'est le bonheur ! c'est le bonheur ! (bis)
Et tu cours admirer (ter) ses éternels prodiges !
4.
imprudent! qu'as-tu fait? ta voix est triste et sombre,
Et tu dis maintenant dans un chant de douleur :
C'est le malheur I c'est le malheur ! (bis)
Le soleil en fuyant (ter) n'a plus laissé qu'une ombre !
5.
Imprudent! qu'as-tu fait? tes fleurs sont des épines,
Et tu dis en pleurant ta trop funeste erreur :
C'est le malheur^! c'est le malheur ! (bis)
Tout n'est autour de toi (ter) que débris, que ruines!
6.
Imprudent qu'as-tu fait? il t'a trompé, le monde,.
Et tu dis, tout honteux de le trouver menteur:
C'est le malheur ! c'est le malheur ! (bis/
Pourquoi t'égarais-tu (ter) dans sa poussière immonde E
7,
Jeune homme, tu pouvais t'épargner la souffrance :
Mais il fallait courir pour chercher le bonheur,
Vers le Seigneur ! vers le Seigneur ! (bis),
Il t'aurait tout donné, (ter) la paix et l'espérance !
8.
, Ah ! relève ton front que courbe la tristesse,
Ecoute cette voix qui parle de bonheur :
C'est le Seigneur! c'est le Seigneur!
Il veut des fleurs du ciel (ter) parfumer ta jeunesse !
9.
. Ranime à son amour ta force languissante,
Cet amour est le seul qui donne le bonheur:
Dis: ô Seigneur! dis: ô Seigneur! (bis)
Il entendra le cri (ter) de ta voix gémissante !

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