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Compte-rendu à l'Assemblée nationale, par M. Le-Scène-des-Maisons, commissaire civil dans les ci-devant Etats d'Avignon & du Comtat Venaissin... les lundi 16 & mercredi 18 avril 1792 ([Reprod.]) / impr. par ordre de l'Assemblée nationale

De
91 pages
Impr. nationale (Paris). 1792. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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département réunis
du 1 15,
des mefures promptes
ramener la paix & qu'il que
avec
esprits
en butte à de conti-
nuelles menaces, que, malgré les mefures qui
ont été prifes la des gardes
tionales & des troupes de ligne, fa 'vie peut
être en danger- fi la ville a le mal-
heur d'être en proie aux désordres que les en-
nemis du bien public
Donnons pouvoir M. le
de rendre compte .en notre nom, à
Al
COMPTÉ
Civil dans les ci-devant États
Comtat Venaiffin
Les avril 1791
DripuTi par les coramiflkirès
(6 y
gp devoir
lui de aire la ve>ité fur Jfétat critique des départe-
mens du Midi & des caufes qui y ont concouru.
Ç'efl: en
telle des corps adminiftratifs & dés officiers-géné-
raux pas la mar-
che des ^u'à-traVërs les. mille intrigues,
lés mille calonihies i ernpioyéds par les partis divers
pour arrive* toussa \m but coupable ië ferai reffor-
tir rin>pcrieufe vérité que l'on peut bien obfcurcit
pour quelaue; temps, mais qui doit toujours triom-
pher à lalfenV ^y
Déjà lorfque j'étois médiateur dans ces contrées
[ infortunées, ces murs avoient retenti de toutes les
cfpèces, de1 calomnies contre moi. Je vins rendre
compte d'une geftion,. j'ofe dire glprieute avec la
Confiance d'un homme pur, & parconfequent avec'
le courage, de l'homme fort. L'abbé Maury m'atta-
qua avec fureur; je le combattis^; je le .vainquis je
le livrai à la honte & à l'opprobre. Permettez-moi ce
fôuvenir c'eft la feule récômpènfe d'une année de
travaux »^ combats & de dangers. Je remportai
une vidoire complette, puifque c'étoit fous les yeux
de rAiïèmblée nationale & que fes décrets approu-
voient-ma conduite puifque j'emportois le décret
de réunion des deux états puifque le contribuois à
rendre libres & à donnera, là Eranèe cent cinquante
mille citoyens; puifqu'enfîn,^ en. dépit de tous les
efforts de Pariftocratie françaife & papale je leur en-
levai un centre de réunion de fermentation de
Contre-révolution. •, j.t
La réunion néceffita la nomination
&'jefusdu
à la faveur: je ne connpiflpis fous aucun .rapport M.
Ôc,k
m
Af
Je l'acceptai, parce qu'il ûë né pœ
m'intéreflèr à ^achèvement d'un
j'avoiseu tant départ. [:] -vy J iN| '"̃
Mais quelle fe préparer
-dé
à la France Ils dévoient
des paffions
desreflfeatimeris à caltAer. M'ait hùli.e ptudeflCë
maipe l'imagination
fbupçonner uls forfaits qui les attendoient i
voient devenu' la foureé fêtant
de calomnies, de tant de
Affez on a dans
afîèz on a ému votre fenfilbiliié par ces récits terribles:
je vous en me ren-
fermant dans ce qui tient à &>m±
miflàires civils, je
rations, de leurs efforts^
au'ilsontéprpuvées^ des
des malveil.lans & de
mieux vous faire faifir ces réfultals
de jeter un coup-d'oeil rapide fur les faWs cjui les ont
̃ A-
Lorfque l'impatience d'un joug aviliffanl, le defir de
la liberté & l'exemple ëvéiilèrent les & les
Contadms, ifeleur chez
eux les formes is^Ftance
fa fanciioni Mais ceux qui, pri-
vilégiés, ceux qui., avide fd'afgent,
avoient acheté une nofelefie la plus ridicule He toutes,
irrités de voir s'échapper des
minence qui flattoient leur orgueil, intriguèrent pour
arrêter cette première Rome
Af r
révoqua
lajévolution, fondirent furieux de
\0tès de la liberté furent bientôt
les èfclav,es titrés ou privilégiés, repoufles,, battus,
chaflés, fe réfugièrent en grande pattie à Villeneuve-
lès-Avignon. Ceft ce «ju'on appela les cinigrans. du
jo juin. L$ patte Un voeu
fut omis par.les communes pout adopter la conflitution
française. ̃̃̃ 'w. ̃
Mais la rivalité qui exiftpit de; \tiut temps entre
Avignon & Carpentras produint la guerre civile. Cette
guerre, dont les
enfanta. elle-même une ^iyifîpn entrf les Avi^nonois
entre ceux qui étoieût au camp'&ceux qui étoient dans
les murs, entre ceu^ qui vouloient le défôrdrf. & le
briga^agev & ceux qui ne vouloient que fa liberté.
La médiation voulut en vain les réunir dès qu'elle
dès qu'elle eut licencie l'armée de
Monteur, cotnpoféô en grande partie d'étrangers &
de déferteyrs français aes efprits inquiets accou*
tûmes à la licence d'un camp fans ordre & fans dif-
cipline fans moyens d'exift^ice & tourmentés de
besoins, réunis une fqîs dans Avignon, y féimèrent
le trouble, faiiarchie & l'efprit de vertige la viola-
tion de toutes les loix & l'abus de la force en furent
les fuites néceflàires; puis Tirifurreâion, l'emprifon-
nement ou là fuite des magiftrats le août; puis
i'ufurpatÎQn de toute autorité par les chefs de l'armée,
une anarchie de Hxfemaines, le dépouillement des
églifes, du mont-de-piété puis enfin l'horrible afTaf-
fînat de PEcuyer & les maffacres atroces & réfléchis de
foixante citoyens patriotes arrêtés arbitrairement &
enfermés dans le palais..
Lee commiflaires civils avoient. été nommés par le
roi le d-oftdbre; Furent éxpc'
diées le n à dix heures du foir, & ils partirent te
lendemain. Leurs yeux, -en attirant furent prefqtfe
fouillés des derniers ra?fàtres. Là ville, d'Avignon
étoit prefque déferte; les ftabitans épouvantés, erratfs
& couchant à la Belle étoile dftns tes ifles que forme
le Rhône venoient journellement nous affiéger. En-
tourés d'horreurs, de dénonciations de témoignages
ftnî nombre, des cris des malheureux qui demandoieut
vengeance à la loi, nous crûmes de notre devoir dé
faite arrêter provisoirement les prévenus de tant de
crimes, tant ceux qui étoient acculés de TalTaffinat de
J'Ecuyer, que ceux qui étoient prévenus du maffacre
du palais, & de les mettre à la dirpofition de rAflèm-
bise approuva ces meutres,
puilqu'elle ordonna de pourfnivré ces crimes, puH*-
quelle inftitua à cet effet un tribunal criminel. Cettte
grande & trop céfèfere affaire fut doncfous vos décrets
hors de rioTs mains, & par conféquent de notre reipon-
fabiltré.. •
Cependant pendant cinq mois on n'a ceffé de faire
un cnme aux cbtnmiffaires & fur-tout à moi de
cette mefure dejuftice. Les partifans des prévenus ont
dit Calomnions toujours la cicatrice refte. Ils ont
pente tombe goutte à goutte fnit avec Iè
temps pair & ils ont conftamment
répété les injures calomnies ± quoiqu'il notent:
jamais articulé aucun fait. Et commerit raufôîent-iîs
pu ? La conduite dés qomrniflkirès fi ferme fur là ligne
dù de voir la mienne, fi prononcée dans le fens d'une
révolution que j'ai provoquée j|ar mèfs écri|s, que j'at
fervie avec tant d'ardeur depuis quatre an/, de toutes
mes facultés morales & phylîques ,%e laîfïpit aucune
ouverture aux inculpations motivées. ̃ '̃
Livrés alors aux importans travaux dont nous étions
(io)
chargés, nous nojiis OGcupâmes à débrouiller le chabs,
presque impénétrable des intérêts des réclamations
décent communes qui toutes avoient été vexées
6c vexant tour à tour, toutes ennemies, toutes di-
vifces en deux radions. ,v
Au milieu de cette fermentation un mal qu'il étoit
impofTible d'empêcher la rentrée des émigrans que
la loi nous ordonnôit de protéger des émigrans Qui
rapportoiént avec eux les fèntimens qui "les avouent
fait fuir të^fn fus leurs reffentimens augmentait nos
embarras. ïlfalloit organifet les Corps aclminiftratifs
& les émigrans qui 'tous avoient le droit d'aflifter
aux aflèmblées, nous faifoient craindre, avec raifon,
que les munîcjpaiités ne fuiTent^remplies que par eux
& leurs partifanscliîous ne négligions rien pour ren-
dre aux patriotes & le courage & la prépondérance
que la journée du odobreleur avoit fait perdre.
Car les papilles fur-tout à Carpentras avoient la
perfide adreflè de profiter des crimes commis par les
reftes de l'armée de Monteux, pour en couvrir tous
les patriotes. Jls confondoient aifêment les idées d'un
{»eupl| ignorant & groffier, en lui prefentant une
euh ̃*& unique défign^tion celle de brigands & de
taffetatïers pour tous les partisans de la réunion ils
ctoîe«*r-parvenus à force de lut peindre l'horreur
des crimes commis par des hommes qui avoient été
dans le fyftême de la révolutron^ ils étpient parvenus
à lui faire croire que ces fcélératelTes etôient une fuites
du fyflême de forte que, dans Téfprit groflîerdes
Carpentrafiiens ighorans 4es affafllns Se
leurs compatriotes mêmes qui avoient voté ^pur la
réunion, & qui avoient combattu pour leuripatrié
contre les Avignonois tout $toit mis dans la:' même
claffe..
Il nous fallut combattre ces fuggeflioas perfides.
Le,: régiment de SoifTonnois paroiflbit partager ces
opinions nous exigeâmes qu'il quittât 'le Comtat.
Par-tout les commiuaires protégèrent ouvertement
les amis de la révolution; éc fi la liberté des(aflem-
blées fut un torrent que nous ne pûmes ni ne eûmes
gêner, fi .plufieurs municipalités furent composes
de manière nous donner des alarmes j'ofe le
dire, notre conduite ferme invariable notre¡ fur-
veïllance infatigable aufoit tout fournis, toutVplié
fous la loi, fi l'on fe fut davantage occupé de nos
réclamations.; fi on nous^ eût fourni les moyens que
nous n'avons cène de demander pendant deux mois;
,(ion eût fait plus de cas des complots que nous
dénoncions ôc pour lefquels nous follicitions fi vai-
nement des remèdes.
Dès le mois de décembre, lorfqu'U étoit queftion
d'organifer les rmjn'cipa^tés nous nous apperçûmes
de fermentations fecrètes & d'intrigues cachées. On
fe coàlifoit pour.porter dans les corps adminiftratifsf
ceux qui publiquement tenoient au régime papal.
Je fus averti que l'on méditoit le projet de profiter
des affemblées primaires pour faire émettrèxpatHtout
en même temps un ..voeu contraire à la réunion,
& par-là exciter/le trouble & le défordre. Ç'efl: ce
qui nous porta à divifer le pays en quatre levions,
à les organifer & à déjouer ainfi les
projets desvmalveillans,puifque perfonriè alors n'ctoit
cunÊiïx d'attacher le grelot. Nous obtînmes par ce
moyen des élevions plus lentes il eft vrai, mais pai-
fiMes <Sc fans mouvement.
les municipalités furent^ organifées phi*
fieurs ne tardèrent pais à appeler', par leur connuite
inconftitutiohneHe notre ftirveHlance & notre impro-
batiqn. Enhardies peu-â-peu par l'ufage du pouvoir j
flattées fans doute par
Avignon, Carpentras & Lillè, ne diffirtiulèrent pltii
leur conduite <%Jeut fyftême. On répandoit par-tout
que cet état de oîiofes ne dureroit point qu'une
contre-révolution inévitable devoit remettre au pape
les deux comtâls. Les prêtres qui avoient 4rnigré#ae-
puif 16 mois rentraient en foule, & fomentojent
ces efpéranees lès chanoines fupprimés vouloient
reprendre ley fondions; les curés conftitutionnelj
étôieht humiliés méprifés. C'efl ce qui nous faifoit
dire au miniftre dans du janvier:
« Nous ne pouvons vous diffirnuler que Fefprit public
» ti\ fort loin d'être formé dans ces contrées» La fé-
» voiution y ia préventi Pinflxu&ion. Les hommes
» difpcfés aux illufiohs fdnt aifément^arés; les paf-
» hons depuis long-temps aigri££, fe fïeurtent fans
» ceife & toutes les communes ont befoin de là
» furveillance la plus adive.'Dans le moment aâueîj ♦
» tout fem|jle c-ame & tranqyille mais cette furfacfe
trompeufe couvre les intriguas fourdes & dange-
j> reufes de nombre dë; prêtres réfraftaires réfugiés
» en ce pays des indigènes dont la plupart n ont
de meilleures difporitions,& d'une nombreufe
» coalition d'individus qui ne feroient pas fâchés dé
j* préparer peut l'occafîon un moyen qe^retouf vers
» un ordre de. choies qu'ils ont la lâcheté de regret-
» ter, & dont ils n'ont pas l'éfprit de tehtir TavililTement
» & la bafleflè. Vous fentez Monfieur, combien
ces difpôfitions, qui nous font bien connues, exi-
» gent de nous de précautions, de prévoyance &
» de prudence. Déjà l'organifation totale auroit pu
» être achevée, tans tous ces ftottemens <Jui Tnous.
» arrêtent & qu'il faut vanfere-». i
58 Bientôt de nouvelles tentatives nous donnèrent dé
nouvelles alarmés. Toutes les communes par un
concert qui fembloit combiné, nous demandèrent à
faire des emprunts pour faire des acquittons confi-
dérables de grains; Ôc remarquez que le grand moyen".
employés pour féduire te peuplé étoît le
du gram fourni par te Pape, dans ta disette de 1 78p.
crus -voir dans tciites ces tentatives, des defleihé
coupables & dangereux. Je fuivis la marche des prin-
cipales communes avec la plus fcrupuleufe furveiî^
lance & je ne tardai pas découvrm- la 'chaîne fe?
crète qui venoit 'd'Arles à Aiguës -Mortes, à Jàlè"'
Avignon Carpentras, & quelques autres villes
dont le premier anneau tenoit fans dbute à un grand
fyûênie. Une correspondance foutènije, £ritreteriôï£
^oit devenue que les officiels muni-
cipaux d'Arles venoiént à Avignon, & doïjinotent
lieu; à des orgies auffi coupables que fcandaleufes;
Dès la mi-janvier, cet\état de chofes nous étoit
'~i connu, & nous en rendîmes compte au minière de
Au commencement de\inyier, M. de Choiry s'étoit
retiré, & avoit ladre,' malgré nos réclamations, lé
commandement à M. de Folenay,mar<échai-de-cam^.
Cet officier, qui avbit remplacé M. Defpéron à Car-?
pentras,' qui ne vhroit quavec des ennemi connus
de la révolution qui étoit témoin paftif des vexa-
tions exercées- par la municipalité cohtre les patriotes,
nous donnoit des alarmes» Dès qu'itfut à Avignon,
nous nous apperçûnies bientôt que le fyftême munici-
ta; tnunicipaHcé de Garpentras avoit adopte un
fyftême opp^effif contre les amis delà conftitution.
Notre correfpondance avec 4Bllé/ëtôit ïrès^aélive &
elle portoitprefquei entièrement fur des récfematibns;
fujeti Bientôt celle; d'Avigriûtil
fut -le mênve cas. Malgré nos proclamations &
<V>"
nos défenfes les patriotes étaient indiftinâement
appelés brigands. Sans celle maltraités, ils avoient
toujours tort. Moi-'même;Jà l'occafion
re&ion, m'étant rendu au confeil-général, je fris
obligé de rappeler févèrement à l'ordre un membre
qui fe permettait cette outrageante exprefîion à
des patriotes je faifis cette ôccafion de faire .une
forte réprimande aux officiers de police fur leur partia-
Jité 'contre les amis de la conftitûtïonif & je leur de- >
clarai que je ferois envers & contre' tous, le détenteur
& l'appui de tous les amis de la. révolution^ Pour
vous faire connoître l'efprit du
peut-être de vous dire que le lendemain on rëparr-
doit dans la ville que je m'étais déclaré. dans le coh-
feil le protedeur .des brigands. A cette époque, te
trop célèbre Jourdan, ce cabaretier banqueroutier dû
grand Matboroug., rue.X'0{3uenai'd Tous le rrom de
J'etit, déjà impliqué dans ralfaflinat d'un commis des
fermes, déjà condamne à la mort à Valence v & depuis
général de l'armée dont Duprat & Çoverë étoitent
rame; Jourdan pourfuivi par un marchand de vin,
auquel il a vole trente mille livres, pria
municipaux infpefteurs des priions, îâe m'engagér à
faire fufpendre ces pourfu.ues. Pour
rêt, i! les chargea de me dire que lorjqu'i! conirnaridoit
déféré à mes avis. La haine municipale ©ruréo avoir
tirer parti de cette
verbal, que l'on tint longtemps fecrei. On.répandît
comme une découverte impoi'taftté, que ;Joui|an
avoit déclaré qu'il ne s^éloit conduit
avis; & en jetant dans le public ce propos ifoléy
on chercha à en faire tomber
crimes pour lesquels moi-même je 1 avôîs fait:ai^tfr«
Méchanceté bien à
(M)
flûertjêedu ^ouverRemejit d'un prêtre defbot<e où Ta
calomnie, & toutes les paflîons baffes ce viles font
les Meutes armes d'une race corrompue & inépri*»:
fable. • ̃;̃•' -,v
A l'abri de cet efprit
palité, les papiftes fes partifans
coup de vexafictas.
couroi0it en trotte dans les rues jour t,
tomboit & malheur au patriote qui le fur ̃
leur paflage En vain ordres^ en vaiti
nous requérions le général de ces' maflliel?
la municipalité le
n'avoit des yeux
toujours"
ce|e. Il faut aux
pas s expreffion bien
erpérances avoit été le mot adopte
Ce mot fans cefle" répété dans lés
aucune
l'aïr patriotique ça ira,
expreffion paîïa a Avignon avec Mi de Folénày. Ea vàia
nous donmons des ordre? à la municipalité^ desTëcjdi-
fitions à M. de Fciïenay
& du officiers de lâ^Marlr
.'notifc nçûs vîmes «ft butte
tous les corps ̃ ̃{
Nous oppotimes à est efprit 11 fermeté lài plus ré-1
priniante comme qtiê desx
dénégations dé tous
plaignions au général;
que de faire vojr
'(.;«)̃•̃̃
Reauregard, s'aura du lieu de rendez^vous. de çejv
hommes à gros d'une manière
police des' rues contre les patriotes. Il:,
militaires, conduites toutes
,parun homme donné, par ..la
elles-mêmels dans ces çabarejs
les excès. Il y
à- onze heures du
ce Note.;
que côtoient l'on
Dans le même temps j'une, f
aux prifes avec la mi}niçipaHt4 d'Avignon & PÀf-
femblée jugera par la, ce
fujçt le premier
duite 4esi conamifîaires. Car ce n'eîi:
déclamations vaines & abordes, tfoa^Rp'uvent esa-
plpycescsdans cette araire, mais ,par <^e le
veux éclairer, votre religion v^e le
langage, pretque toujours
tions 9 qtii ne }uger les
hommes. ( a. ) ;f* 1 ̃̃̃̃̃̃*>̃, ̃ ̃;̃
intrigue -Vo^rdifloît &
nêftes contre état-
de défente ôç de
récrutoit prefque
j&tble; &»s j'en leij
députes. du Gard.
autres villes ie
lyexés, iiourrnêntè's» A mer
Ture que l'pi^ atten-
doit
violentes
( if)
violentes opposions dans lés efforts que nous fîmes
pour les arrêter. i
Dans la pofition critique où nous nous trouvions^
ne pouvant employer ouvertement des moyens d«x^
combattre un fyfjêmè coupable,puifque tout fem-
bloit coalise pour le faire réuflïr, je propofai à mes
collègues des difpofîtions propres^ à nous conduire
auJjut fans en donner tes motifs, & de réduire Car-
Centras & Avignon en dépit de la^ profe&ion qui
leur ëtoit En conféquence^
nous arrêtâmes de comrneiicer^paf Carpentras, 3c a
cet effet Sy placer, un régiment bien prononcé dans
le fens de la révolution, pour nous ménager enfuite
les moyens <gy faire entrer des foldats de la confti-
^uliôn des volontaires, nationaux; car il faut :vous
le dire Meflîeurs pour éviter les troubles, il étoit
indifpenfable d'user tfadreflèy puisque la municipalité
de Carpentras & dé-
claré qu'elles ne voulôîënt que des troupes dejigne,
& que Ci nous tentions de placerdans leurs murs des
volontaires nationaux, elles fe défendroient les gé-
néraux^ nous aboient montré le mêrne, efprit. Vdiis^
de la conduite des
municipaux & iteM. de FoTchay, dans la tentative
que nous fîmes à arpentras. C'éft encore cfu compte
que nous en rendîmes au roi je tire'
les détails-que j'ai honneur de mettre fous vos yeux. {
vinrent plus entreprenons les officiers mititaires
maltraités
en rendîmes compte au miniftre le Il du même mois,
& Fions lui difîon»i4
Compte rendu par M* le Scène. N°. 28.
B
( i8 )
4iONSIE'J B ̃
« Nous ne pouvons vous diflimuler que nôtre po-
fîtionleft plus critique encore que tout ce que nous
linons dans filtre lettre officielle ij eft beaucoup de
chofes qu'on fent, dont on eft sûr, fans pouvoir en
adminiftrer les preuves. 1,'efprit des régimens eft on
me peut plus mauvais; les officiers de la Marck fur-
tout font d'îïhe.ariftocratie marquée dont ils nefe
cachent point. ïls ofent même nous infulter, & tout
'Vous fait craindre qu'il n'arrive -un jour quelque ^x-
ploGOn nous entendons joumellement des menaces,
qui, réunies & calculées, annoncent un projet pour un
temps donné. La gaude des prifonniers les menaces
des patriotes exaltés de Marfeille-, ont/forcé
pofer la garnifon jd' Avignon des deux .bataillons de:
la Marck; & voici ce ique, nous 'fous propofons. Le./
–département du Gard nous arrêté un bataillon été
Bourgogne & deux efcadrons de Lorraine il faudroit
lui donner la Marck en échange, & nous augmenter
nos forces de deux bataillons de volontaires natio--
maux çj&la Drôme mais il fatïdroitfe prefler de donner
les ordres fur cet objet. Mars nous pourrions faire
entrer Bourgogne, & un bâillon de volontaires na-
un efpnt public eft-feon,
prit ^ètc0 bïifé &
nous 'aurVtis p|us de sûreté autant.
pour les plafonniers ».
Mais aucun remède ne nous étoit donné, aucun*!
,recours, ne nous étoit fourni. C'2 J Tandis qu'à deux
cents lieues» nous combattions fans moyens & avec
ip )
;B a
les feules reflburces de notre courage contre toutes
autorités réunies pour préparerune contre-révolution)
ici, des calomniateurs, audacieux déchipoîent les de-
fenfeufs de la liberté, & arracher
une confiance méritée, pour arriver à leur féul Et
unique but, à la délivrance des priionniers. Les nou-
yeUes de ces attaques contre des fonctionnaires pu-
blics qui paroifibiefrt jbrefque battu* parce que per-
fonne ne ,les déferïdoit.j'revenoieht à Avignon tk
courage des contre-révolutiôhnairéS
'qui, pour cette fois s'appîaudiflbient du triomphe
dé leurs plus cruels ennemis, pourvu q,u'ili les déli-
fvranent des entraves que nous leur donnions. La
nouvelle de nos dénonciations était encore rapportée
publics, & augmentoit la haine qut
Ton nous avoit vouée. Au0i la hiuriieipaKté le gé-
néral, les* officiers, voulurent-ils nous forcer 'à une
repoufsâmes avec indignation,
& pourtantv^our empêcher, de plus grands, maux ?
un certificat de 'bonne difcipline., qufnoùV fut arra-
ché Se dont nous rendîmes compte aufîi-
tôt. 4D). « ̃"̃ •.
jz nationaux, qui feu1s pouvoient clhîànffef %î'èfprit pu-
blic & rétablir notre autorité.
partir; & M. Lefort, colonel de
yait maréchaMe-canip, devoit Nous
^profitâmes de ce changement pour "requérir direéte-
ment les Gard de'
nous envoyer trois bataillons de natio-
naux. Les dép^rtemens
ces >d roi &
il efl Important' fan* doute pbût1
nos principes
les yeux cl que nous dirions alors au miniflre. (E)
Je vou|/rnettrai encore fous les yeux ^es lettres du
& dp? p Mars, afin que vous voyiez combien
nous nous rendions pj-effans & importuns, combien
nous foilieitions/ les mefures qui dévoient empêcher
les défordres. f <
^«^Cependant ces mefures prîtes pour ramener l'efprit
(public & arrêter des projets. coupables, rencontrèrent
les plus vives oppofitions municipalités, militaires
tout fut dans la plus grande fermentation; on nous
menaça vde la guerre nous menaça dans
nos perfonnes, il nous introduirons dans le Comtat
les foldats de la^ conftitution. C'eft encore de notre
correfpoiîdance officielle dois tirer la poftion
affreufe dans laquelle nous nous trouvions. Nous
difions au minime
Avignon, Mars
MONSIEUR,
« Depuis long-temps nous vous parlions de la'fet-
mentation des efprits & des caufes qui y donnoiérit
liéu depuis long temsrfurveillant toutes les intrigues,
,nous craignions une explofion. D'un côté, Il nous
étoit prouvé ,qu'une coalition coupable fe formoit
centre Arles Avignon, Carp#ntras,œ:c.; il nous étoit
prouvé que fi les chefs de Tarmée n'y èntroient pas,
au moins leur oppofition à l'exécution des mefures
que nous voulions employer pour calmer l'agitation,
né faifoit Qu'augmenter le danger. Les chofes étoient
au point que tout homme fente devoit craindre que
des têtes bouillantes & exaltées ne fortifient, par im-
patience, des mefures de ht loi, ou que les coupables
d'Avignon qui font { en grand, nombre à Marfeille,
(«̃•)
B 3
n'enjjrofitaflTent pouf égarer un peuple ardent, otà
enfin* que les maiyeillans, les ennemis mêmes de la
*conftitution, ne foufflaffentla difc9rde & l'infùr'reâion
pour commencer l'incendie dans le midi. Ceft au
milieu de cette crife, de ce$ craintes fi bien fondées »
que nous portions nos plaintes, & contre les munici-
cipalités qui par leur conduite vexatrice envers les
patriotes, excitoient au foin les clameurs, & contre
M. de Fplenay qui par fa défobéiffance à la loi &
à dos r^quifîtions les maintenoit dans cette erreur
fun e ;\c'eft dans cette crife enfin que
"•
Un^rdre du minime de la guerre fait, à cette
époque, fortir du Comtat quatre retaillons fans
nous en donnât aucune connoiflance & c^eft en
apprenant cette nouvelle,que nous reçûmes celle de
rinyafîon répand dans Avi-
gnon* Se nOus la partagions nous mêmes, nous à
qui nos correfpondances prouvpient qu'il fefformoit
une coalition entre tous les clubs méridionaux, contre
les projets que le bruit public prêtoit à Arles, à Avi-
gnon & à Carpentras •& en effet, la conduite fou-
tenue de ces villes en fourniflTojt l'idée même aux gens
lès plus modérés. M. de |"olênay fentit alors com-
bien indifcret avoit été fon refus ^obtempérer à la
réqu"(îtion que nous (lui avions faite de placer un
bataillon de la Marck fur la Durance, avec les canons
de Carpentras, pour en/défendre l'approche il fentit
conibie|i notre prévoyance.avoit été politique & fage.
r II fallut en revenir à cette mefure quand le danger
devenojt imminent, & il vint lui-même le proposer,
accompagné des chefs de l'armée mais le bieit^pu-
bî]c cédant toujours à fa complaifante foiblelfe pôuc
la 'municipalité d'Avignon & de Carpentras, il ne fut
jamais podible d'obtenir pour ce fervice, ni le bataillon
t 42/)
de la Marck demandé & qti convenoit iant., ni les
canons de Carpe i- tras qui étoient fi r.écefîaires. Il
fallut faire^veair de dix lieues les chaleurs de Corfe
pour cet objet ;,& des canons de Valence notre
mfu qui ne font arrivés que huit jours après :-&
remarquez Monteur, qu'indépendamment du fier-
vicé phyfique que l'on devoit tirer dit, ces deux,
mesures, il en ét'oit \un politique &• d'opinion d'un
effet bien plus important. Les canons de Carpentras
enlevés-, ôtoiêrit aux/fnalveîllans leur "efpoir au peu-
plé ifop, infolence aux clubs les' prétextas de crier;
la- Mark ôtoit à la inuiiicipalité d'Avjgnon'fon appui,
aux. patriotes par conféquent les véx^tipns & les rai-
fons de fe pkindrè,.Contrariés dans toutes nos me-
fures pour ramener l'ordre par l'opinion, nous feti-,
tîmes que notre dernière refloufce ctoit d'appeler des
volontaires nationaux, & fur- tout ceux^âe la Drôme
qui font, très-fubordonnés nous fermes qu'en nous
entourant de ces foldats de la conftilution1, nous nous
entourions d'une opinion favorable j^& que leur in-
fluence au- dedans comme au dèfobrs pourroit dé-
jouer tous les projets des malveillansi; en confé-
quence nous» requîmes ce département de nous en-
voyer deux bataillons, & celui du Gard de nous en^
fournir un ces départemens s'emprefsèrent auflîtôt
de nous fournir ces fecours.
» M. de Folenay venoit de partir, & il avoit laifle
fon autorité & fbn efprit à M. Lefoit colonel de
la Marck depuis quelques jours fait iiiaréchal-de^
camp. Nous fommes fâchés d'avoir aunt à nous pjain-
dre de hû c'efl un jeune homme l'exemple &Tinv
putf'té de fon prédéceflèur lui foùrnifîent des excu-
fes nïais nous, nous devons la vérité..
» Le dimanche 4 au matin nous lui communi-
quâmes la nouvelle de la marche des volontaires,
(h)
pour le $ & le 8 fuivant, & ranis pârtimé? pour
unecampagne y-oiiine. Quelle fut notre l'urpri f de voir
arriver M. de Haak colonel de bride
abattue, & hors d'haleine qui pouvant à peine refpirer
de colère nous dit que les volontaires n'entreroiënt
point qu'il fe difpoféroit à jfe battre, & que rien ne
le mèneroit à fquiïrir des gardes nationaux; que
de la sûretégpubliq&e, ni de la nôtre.
Il nous ^quitta &;nous crûmes qu'il ̃ import o'U 'de.
rentrer,dans laf ville | pôivr y furveiller l'ordre public.
Eh arrivant aux portes on nous apprit qu'on y àvoit
ménagé une înTurreôion nous pénétrâmes', & en.
efîet il y avôit une grande fermentation. Dans la
Caretrie, quartier des patriotes, quelques
ët^ armes dans lés^è&barets,
i& l'un d'eux mit fur une
menaçant de brûler la tête. au premier qui chanterôit'
fa ira,; même urrpiflolet fut mis fur la poitrine, du;
de Jâ.maifon qui réclamoit l'ordre & heureufe».
mënf ce piolet fit faux feu. DeuxNofficiers municif>àux>
en ëcharpe,fe trouvèrent dans cette maiCon: on Jeur
rendit compte du délit; on leur ïe mit les
on leur dit le nom du coupable 5 rrï^is le procès-' V?f bat'
dteflé enfuite à ce fujet, a été fi incornpïet, qu'il* a1.
attribue le délit à un inconnu. ta^municipalitéri^fô^Si
im "prétexte, 'appeler à
nommé M, Audiffret connu par, Ion
qu'il 'î&rut fur laptâce* qùi^ y
%lo^>pé piir un raflemblement très-nombreux il reçut"
nombre de coups on alloit lé^facrifier,
offiefers, l'un de huflards
de la Mark, M. de Carland ( nous les noff mons avec
p'laifr) tirèrent le fabre le prirent fous
ce remmenèrent la /natron commune d'où il fe
rendit«schez nous. &
Tout ce mouvement, avoit été excité au fujet des
volontaires nationaux: & l'oppofition iormelle du gé-
néral & de la municipalité,
en étoient l'unique Mille menaces circuloient
dans la ville confie nous. I^es uns y.ouloient qu'on
nous eût m ç au palais, n'y avoit qu'à
le nous,,
» Nom
"^les & de diuiper les attroupemeiK 5c/comme il ne
nous reftoit' point de doute que-celte infurreflion
4e lendemain nous crû-
mes devoir mire à M. Le4o'rt une récjuifition pour
lavoir s'il fe chargeait de la tranquillité publique;
le général nous m une répcnfe; & cette réponfe&
la déclaration formelle quLrious fut vingt fois répé-
fée que l'on ne 'voulait point _de volontaires à
^Avignon, nous détermina À demander au général
xde les plae|r du moins dans les autres communes.
Pour y parVenir,nous crûmes devoir donner à M.
Lefort des témoignages de confiance, & il fut arrêté
enfin que les volontaires feraient introduits dans le
Comtat. En confequence nous~f|mes au générai la
réquifnion co^enue dans le pI«n^Jprouvc par lui. (1)
H Cependant la municipalité $é toiirmentoit en tout
fens; & non^cônterite d'avoir banni les volontaires
nationaux de %$ murs elle eût
.dans fon voifina^e. Les Meneurs garnis de M. de Fole-
i^iy & de fon fucceflTçur M. Lefort, l'ôbfédoieht., &
nous reçûmes le lendemain un billet qui nous parut
un illégal i qfee peu honnête, pour
reculer l'exécution du plan clivent). Le lendemain
nouvelle tentative nous y répondîmes en réclamant
(i) Voyez pièces juftificatives»
( M )
fies conventions. On fentit que toutes ces tenta-
tives feraient inutiles, & l'on imagina fans doute,
qu'il falloit que!que circonnance extraordinaire
pour nous fubjuguer auffi l'on fit une fidion, & le
colpnel de la Mark vint nous annoncer que les Mar-
feilîpis marehoient de nouveau vers Aix & fur Avi-
gnon. Nous le crûmes d'abord de bonne-foi; & loiri
de penler qé'il fallût renvoyer les volontaires, nous
crûmes au contraire 'que c'étoit une raifon de pletfer
l'exécution de notre convention. Nous fîmes en confc-
quence au, général une réquifilion. Bientôt les QJiiciers
municipaux ne firent que circuler de la maifon ëop-
munechez nous & de chez nèusà la maifon commune;
chaque heure apportoit un nouvel avis &une nouvelle
lettre de fvîaifeille côtoient i-p mille hommes, c'en
ctoient 30, jo avec 20 pièces de canon; ils étoîe,nt àAix,
ils marehoient vers Avignon l'avant -garde ctoit déjà
àOrgon.Le général nous donnoit les mêmes avis; il
avoit aum des lettres de Marftille <fc il ne poinpit
ui ne vouloit exécuter le mouvement,
"troupes. Froids & observateurs au milieu :des, agita-
tions, nous comprenions difficilement une marche
de jo mille hommes auflï foudaine & arrivant comme
un ballon nous prîmes'des informations ;nous vîmes
des nsgocians honnêtes qui avoient des lettres du
jour même de Marfeille,& qui ne parloient cPaùcune
nouvelle nous fentîmes bientôt que. cette fidîon
n'étoit .qu'une intiigue, & les municipaux nous eh
fournirent le Lut, en demandant d'armer les citoyens
qu'ils appeloient honnêtes c*eft à-dire, les émigrans
du 10 juin, qui forment .leur parti. Déjà ils avoient
femé cette idée dans la ville; la maifon commune étoit
affiégée de ces citoyens qui demandoient des armes;
la municipalité nous preflbit mais frappés des incon-
véniens terribles qui pouvoient s'enfuivxé efîrayc*
̃̃:CV-)'
Cependant, tàridis,qiie d'un côté ces menées cou-
pables excitoient dans Avignon une fermentation dan-
gerewfe qu'elle^ faifoient emigrer les patriotes; d'un
autre, elles étoilent parvenues 3 Orange & les volon-
taires nationaux répoufles àifultSsg commençoient
à éprouver une fermentation d'autant plus;*à craindre,
que nombre de malveillàns ërr prafitoient Pour les
égarer. Nous en fîmes part aulli-tôt à M. Leîory
& nous lui fîmes ravoir en marner-temps que nous
avions Màrfeille laçertitude qu'îfii'yavoit ni armée
ni invafion. Forcé de fe rendre a réytdericie', & crii^
gnant lés réclamations d'Orange, il éçnfentit à faire en-
trer les volontaires nationaux dans le Comtat.
» Mais ce mouvement ayiena des évènemèns îm-
portans & qui concourront M vous prouver combien
efl dangereux Mprit' dominant du pays, combien il
eft inftant'He le changer pour empêcher de grands
de l'émigration des patriotes nous tînmes ferme
nous dîmes que nous ordonnerions nous-mêmes cet
armement, quand le falut des citoyens le demande-
roit. Mais la municipalité mettqit toujours à cet ar-
jmementle plus grand archarncrhçnt d'un autre côté
M. Lefort envoyoit aux volontaires nationaux l'ordre
de s'arrêter dans leuç -marche & il cheichoit par
fes lettres à nous 4#ffretenir dans t'erreur dans la-
quelle on vouloit nous attirer, Quoiqu'il, nous fût1
prouvé que toute cette intrigue n'étoitqu'une invention
pour armer les citoyens, & fe mettre en t tat de re-
pouffer les volontaires nationaux cependarit comme
en matière de sûreté publique on ne doit rien négli-
ger, nous fîmes au général, une réquifition pour les
mefnre? de sûreté & d'un autre côté nous en-
voyâmes un courier à Marfeilîe pour obt^iir desren-r
feignemens pofitifs.
a Vous vous rappellerez te refus formel
-de M. de Folenay, nos rcquifitions,
^au dragons de à Carpeutras; Les
rafîemblemens nocturnes faiisià la maifon commune
par l'ordre de la municipalité, «SÈlbijs les yeux du gêne-
ral les & chargés à mitraille; l'in-
quiétude bien naturelle des. grenadiers de Bourgogne f
ce tujet la démande faite par eux de garder ces
canons conformément & à la loi notre ri–
cette réquisition;' J^\ J ̃}
les canons à la garde dçs
le remplaçaient, Se l'eût avoit recOmmandi de ne re*r
mettre ces canins qu'aux troupes qùNriendroièntenfuite
les relever mais* toujours par le même principe, par
le même efprit qui favbrifc tout ce qui tend aux trou-
bles, M. LefQit, à nôtre 'infu aW)it eu la fotblefîè
de donner l'ordre de remettre ces canons au même
lieu d'où ils avoient excité tant de ferme ntâtion. Deux
officiers municipaux en écharpe, accompagnés de
beaucoup de citoyens, les enlever.
LesUbldat» effrayes accourent à la caferne. Leurs of-
ficiers' les'ëngagent à céder ma^ ces folûats pouffés
par un point d'honneur qû'ileft difficile de condamner,
& dont le crime appartient à ceux-là feuls qui y ont;
donné lieu, refusèrent d'abandonner ces canons,, &
jurement qu'ils ne les remettroieni qu'à leurs fueceffeurs.
M. Lefort a été obligé de courir à Carpentras pour
appaifer ce mouvement & retirer l'ordre qu'il avdit
fi indiferètement donné. Nous n'ignorons pas que l'on
vient dire ènfuite au <x>nfeiL que Ton a appâte dès
troubles, que l'on a empêché de verfer le fang & l'on
^>nt provoqué ou follicité les fautes; mais le fail^ft
que l'on favorite I'efprit le plus inçonfikutiormeî que
l'on prend toutes les mefures qui peuvenVconduire au
mépris des lois & dé la co'nflitujtion, que l'on néçefëté
même l'indifcipline des (corps pair des demandes in-
difcr.ètes & coupables on eu: ensuite forcé dé reculer;
Se c'eft encore un cet aâe de fci-
jblefTe ne fait qu'augmenter iPindifeipline. Nous ne pou-
vons nous M. doWclenaj & M. Lefort
qui marche f|ir fes traces ont produit de grands dé-
fordres/ C'eft leur foibleflè leur complairance, leur
les ont menés à mé-
prifer nds avis, à contrarier nos réquifitions. Soutenuis^
par la fopee publique ces derniers ont tout arc. Ils
ont bravé l'autorité, ils fe font abandonnés aveugle-
ment à leurs pauTops privées, & vpur. auriez peine
croire jufqn'a quel degré d'indécence les deux munici--
palités ont poi trieurs prétentions illégales fous nos
propres, yeux en^épit de nos reprefentations parce
qu'elles comptent iur rappui des commandans. Nous
vous en citerons encore un trait pour vous faire in-
4variablement connoltre ."Pefprit qui y domine.
o Nous avions requis M. Car-
pour remplacer Bourgogne. Mide Folenay, fans nous
e communiquer & d'après là prétention que nos
pouvoirs n'étoientqù.é ceux des municipalités, envoya
ces volontaires beaucoup plus loin, & plaça les char-
f«urs de Dluph:nyé à Carpentras. Les volontaires
dans pénible, eurent ordre de
Jonger les murs de -Carpe^tras & dq ne
ce qui fut ou
obtinrent de leurs cliefs. la permiffion
d'entrer. Mais aux configne de
n'en point laifler cutter. Ils prièrent, offrirent laifler
leurs armes a^cor^s- de-garde on leur dit qu'iffelloit
(
aufli on les repoufla. Deux^of-
;ficiers parvinrent à y pénétrer, & allèrent dîner. II
pleuvoit confidérablement, & quelques-uns avoient v
dix lieu_es~à faire. A peine étoient ils à table yque deux
officiers municipaux en écharpe,fuivis d'une patrouillé,
vinrent letir ordonner de fortir de la ville, & on ne
leur permit pas même de dîner. Jugez Mônfîeur, de
l'indignation de ces braves gens & de tous ceux oui
entendent une pareille anecdote. Nous avons confiâtes fc
ces faits & mille autres. L'inquifition la plus intolérable
en; exercée aux portes des deux villes { i ). Des'com-
miflaires de la municipalité, comme à Arles, y tour-
mentent les voyageurs. Tout officier de ligne eft admis
fans dimculte mais ceux. des volontaires employés qui
viennent\>our leur prêt ou pour affaires à Avignon,
font conduits a la maifon^ commune. & tourmentés, ^J
En vain nous avons réclamé auprès des corps admi»
niftratifs &-de^ officiers commandant j c'eft le même
efprit, le même fydèmë, la même oppofition.
» Telles font Monfieur. lc:^ caufes de cette fermen-
tation dàfigereufc qui nous environne dans les dépar-
teniênsdu Midi. Chacun répète 4ans les clf l^s tous ces
aftes^ d'incîvifrhe & de defpotifmeï Les amis, les partifans
des afTaflîns du ic^ftobre profitent de ces dénon-
ciations pour exalteples têtes chaudes ;&*même des
citoyens d'ailleurs rages ,mais frappés fans belle
de faits fi révoltans ne peuvent s'empêcher de voir
dans Arles A yignon^Garpent ras, un efprit fi contraire^
à la ponfUtutiôn b quWJeur prêtent aifement des pro-
jets jde contre- révolution. Les commiflaif es du roi font
décriés, calomniés on ne conçoit pas que de telles
(i) Je ois à la vérité de dire qu'Avignon, comme à Car-
pentras, il,¡ d'honnêtes gens dans les municipalités qui gémif-
fent dessus ces abus a mais qui fout fubjugués Se hiaîuiles par
l'opinion qui domine.
( 30)
croies puifTerit fe pane! fous leurs yeux fans qu'ils foierit
dvaccoid. On menace leur vie, & il ne ferait pas, sût
pour eux de palier par une des villes voifînes ouille
trouve un club v.
Une conduite fi perverfe d'Arles, de Carpentras
d'Avignon, des officiers commandans & de leurs
fubordonnés ne pouvoit manquer d'exciter une
grande fermentation dans tous les départemens voi-
fins. Tous les amis de la conftitution étoient alarmés
avec raifon -tant de plaintes tant de vexations
éprouvées par les patriotes, étoient répétées dans
tous les clubs; & il falloit peut-être une explofipn
pour faire fortir de la léthargie qui régnait, pour nous,
tirer de l'abandon dans lequel nous étions, & empê-
cher de porter à fa fin un fyftêfne deflrudeur. Le
Marfeillois brûlant comme fon climat, menaçoit
depuislong-temps. Ami chaud de là conftitution im-
'patient «Se incapable des remèdes lents & tardifs, il
re porta à. main armée fur Aix. Vous connoiffez les
détails & les fuites. d'une expédition fur laquelle je
n'ai rien à dire puifqu'ellç ne regardoit pas moa
adminifîration.
Mais elle eut des fuites importantes & dont jç vous
dois compte, puifque nous fumes chargés des moyens.
Mais permettez-moi, avant d^y pafler quelques
réflexions importantes. ?
1 Vous avez vu Mefîïeifrs dans la férie-odes faits que
je vous ai cités la conduite entière §ç à découvert
.de ces- eomrpifTaires que des hommes pervers &
pouffés par nn intérêt coupable, ont fan.fjcefle inju-
riés, calomniés, parce que les fripons craignent les
réverhèi es vous avez vu leurs combats éternels
contre les mâfvaillans leurs dénonciations fuivies &
répétées pendant deux mois, l'abandon & l'oubli dani
lefqueîs ils font reliés. Oui, j'o& le die la plus
M )
ardente pâflî^n pour la révolution pcuvoit feule (ou-
tenir leur courage dan? une rmûion aujli dangereufe
que dégoûtante. Votre décret nous, a chargés de
dénoncer les1infultes que nous ayons. reçues' des offri
ciers tout ce qui nous,étoit/perfonnel, nous l'avons
bravé mes collègues,, & moi; nous l'avons oublis;
mais les incultes faites à la chofe publique, mais les
complots contre elle font reftés dans ma mémoire, oâ^J,
rien de ce qu'ordonneie devoir ne s'efFace; & je vous
dénonce en conféquence au nom des com'miiTaire'sjdct
roi, M. de Folenay, M. Lefort, maréchaux de camp.,
& les officiers de la Marek; je, les dénonce comme
des ennemis de la révolution ac des amis de Coblentz^
comme des hommes qui ont tout fait pour braver les
autorités conftitu,éès, amener le défordre & favorifet
une contre révolution. Quant aux municipalités ré-
fra&aires, vous en avez fait juft'ce.
L'incurfidn des^Marfeillow avoît jeté ralarme à Paris.
Le miniftcre prit des mefures elles étoient fages 2c
faites pour rétablir l'ordre. Nous obtenions le chan-
gement tant defiré, tant demandé des généraux. La
réunion des départemens du midi aux commiflairés
d'Avignon, offroit un failceau
conftitutionnelle qui, fans doute, étoit fait pour ra-
mener le calme & -la paix. Des commiflaires dû Gard 6
& de la Drôme arrivèrent incontinent, des commif-
faires de l'Hérault & de l'Ardèche furent invités 8c s'y
rendirent; ceux des Bouches-du-Rhône !eùis^& les
plus intérefles ne parurent point. M. Diimu^étoit
arrivé avec un commandement qui s*étendoit aux
Bouches-du-Rhône. En vertu de ce commandement
& par l'influence de nos délibérations des mefÀires
nouvelles Le régiment
de la Marek fut incontinent renvoyé d'Avignon. Il
étoit important d'ôter tçus^oyèns aux villes réfrac-
encore pour prévenir une nouvelle fortie des Marfeil-
lois, que tout pour préve-
nu les erreurs*dans <fn que trop
à entraîner des bouillass &4u jets aux
illufions.Les Marfeiltois étoient. affiégés par Ils paitifans
décrété de
avoit un commandement dans le«c
&rmée; il y étoit accompagné **dti*-deux ou
de ces partifans, & tout de voit faire
geftions perfides. Il importoit donc, fous nfille rapports,
de changer la filuatiorv d'Arles. L'abfence des commii-
faires nommés par le j$ Jpàrtement des Bouches-du-
Rîiône poulr fé joindre^ nous, & ;^ui,. aju lieud'exé-
mandât,
mehtoit des craintes fi raifonnablës em^onréquence
uh régiment tfès^rononcé dans le fensde
fut envoyé à ArlestPabord, afin d'y introduire enfuite
des volontaires nationaux; ,ce qui s'exécutaJe lende-^
main. Ainfi en faifant difparoître la caufe des méçorï-
r tentemens de ^ïërfeille, on devoit efpêjçer que les effets
également.
Cependant deux évén|mens vinrent dft^juire toutes
les combinaifons tous Içs^çâlculs tçiltes les er-
rances. Un grand ràflemblement armé ïbrtoit de Mar-
feille, &la nouvelle de l'amniftie devint publique; un
découragement, une défolation générale fe répan-
dirent dans la ville. Nbuj. prévînmes dès-lors tous les
maux qui menaçoient les départemens du midi, &
nous^tareisâmes à l'Aflemblée nationale des obferva-
tions diâées par l'honneur, le^devoir ^l'amour de il
patrie. Votre fagefle en fut frappée, & vojas donnâtes
» au décret une explitation propre il, en circonferire les
effets. Mais à deux cents lieues, il fe pafle quinze jours
avant que les téponfes parviennent; mais dans le midi,
..•̃ les
Compte rendu par M. le Scène* Nf. 28. C
les èfprits font des traînées de poudre qui s'enflamment
prèfque à-la-fois4 & l'infant dangers
eft fuivi de 'eelïn' qui les porte à
onavoît rejgué\ échaùïfê toutes les têtes.
4Ïous profiter du premier
moment d'errervefcenée, employaient tous les moyens
pour Texçi ter. On j&œ>pëioite ,:dk les gardes
nationales. -Vingt mille hommes peut-être étoient au
moment de marcher vêts Avignon 8& nous crûmes
qu'il légalement un certain nombre
poàr empêcher la multitude de venir d'elle-mênie Se de-
violer la loi. v
Cependant Pàurpupemént armé fortï de Marfeille r
marchoit vers les bords de la Durance & déjà nombre
de partifans des prifonniers s'étoient introduits dans la %K
ville & y fermentoient. Leurs parens leurs amis me-
naçoient. Les juges effrayés vpuloient partir. Nous
employâmes tous les moyens de çaifon & d'honneur
pour ks retenir. Mais ils nous difoient donnez-nous
sûreté D'un autre côté^ comment l'aurions-nous puR
des amis des prifonniers étoient avec les marfeiliais,
d'autres étoient avec les gardes nationales de Nîmes.
Comment dans une telle confufion faire diftinguer le
vrai -du faux? Comment faire diflinguer les nuances des
aftions, exaltées & criminelles à des hommes à qui l'on
répète fans ceffe le nom de patriotisme, & qu'on égare
en abufent de leur vertu même ? Les pervers favent
trop`tirer parti de cette confufion & faire fervir à leurs
defleins coupables le dérangement d'idées qu'ifs ont l'art
de produire. Il faut pourtant le dire à l'honneur de la
garde nationale du Gard ,quand on lui a fait des obier*
vations fur un nommé Moulin, décr'été deprife-Je-
corps, qui les accompagnoit ils^'ont auffitôt ren-
Cependant te détordre redoit bien
(H)
confiant que rien n'empêçheroit l'évafion des prifon--
nieçsy^ue s'oppoferoijt aux maifeillais s'ils
teifioicnt le pamtge de\Ja Duraqce^ L'anarchie la plus
complète régnait dans la ville. Grand nombre de
familles émigroient'; & les juges ne purent réfîfter aux
fraj^tirs qui leur furent communiquées. Le nous
qu'il y avoit dans la ville la plus grande
fermentation. On vouloit abfolument mettre, cefoir-
les prisonniers dehors.
M. Griolet & M. Trelis', tousdeux du direétoire du
département du Gard haranguèrent les gardes natio-
nalè^L'on obtint que l'on ne Forceroit point les prifons
&Aque l'on attendroit le décret fandionné. Dans
une crife auniternble, l'on crut qu'il étoit important
d'envoyer l'un de noù^aupres de FÀlTemblée nationale
& du roi pour rendre un compte exkd & donner les
1 éctairciffemens que l'expérience feule peut fournir.
On jetta les yeux fur moi. J'ai rempli ma miffion avec
la loyauté de l'homme probe je vous ai dit la
vérité. •
-Mais depuis mon départ il s'en: pane de'} événe-
mens très-importans. Depuis mon de'part, des prévenus
de crimes attpces ont été arrachés des rifons & de la
indignés de cet excès d'anarchie,
étffya. vous avez ôté au^crime l'efoérance de l'impunité,
par un décret diâé par la fagefle & la Cepen-
dant depuis mon départ, l'anarchie feule domine. Un
défordre affrlux fait trembler tous les amis de la confti-
tution. J'ai fur tous ces objets de grandes & d'impor-
tantes vérités à vous dire. Du parti que vous s prendrez
dépendra peut-êtrerle falut de t'empire. Je/me croirpis
coupable, u après vous aVOir narre les faits/, je ne vous
offrais pas les rcfultats, qu'une année d'adminiftî;ation
& d'ejrpérience appuyée de vingt a de travaux &'
de réflexions fur les matières politiques m'a fournis.
( ft ̃)
Cz
Mais les forces m'abandonnent, Je demande grâce à
je/la prie de m'accorcter âe nouveau
une demi heure mercredi. Aujourd'hui même fai reçu
des dépêches importantes Stypi mentent toute fon
attention. L'Aflèmblée aura un rapport complet, & ra
prudence, qui veille aux deftins de l'empire, fera fuf-
fifamment éclairée pour trouver lés moyens de fa^ver la
SE CON DE PAR TÎE.
Séante du mercredi
J*ai eu l'honneu.r, dans la fiance de lundi, de rendre
compte à rAflemblée nationale, au non:' des corn-
miffaires civils & des départemens du Midi de tous
les faits qui ont remPlI. un intervalle de fix mois
d'adminiftration & la première fois, peut-être,
voustye^ypeii^ant cette époque «entendu la vérité-
parce que je n'éprouve ni l'intérêt qui-déguire, ni
les palïiôns qui égarent parce que L'honneur eft mon
feuf mobile le devoir mon/feul intérêt;, &, le bien
public mon unique but:
Je vous ai prouva que les commiffaires. civils ,.eà-
tièrement dévoues à leur devoir, chargeas de radmj-
niftration d'un grand pays où rien n'étoit organifé/;
rernpliflànt pour p'tnfi dire, toutes les fondions, tous
les devoirs, travaillant, quinze heures par jour, ont fait
tout le bien qu'il était en eux de Taire, & quelle rtial
ne leur appartient point.
Je vous prouvé que pour.le on
les avoit abandonnes à eux-mêmes, fans moyenis, fao«
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reflburces $• & que cet abandon tenoit certainement
à un grand projets, a une grande chaîne dont le pre-
mier anneau étoit loin de nous. Ce projet, il eft prouvé
par les liaifous des villes d'.Arles d'Avignoftp& de
Carpentras x des. autres villes que je vous ai nom-
mées ce projets, il eft prouvé par leur conduite graduel-
lement rebelle, par les vexations confiamment éprou-
vers par les patriotes, parle cà n'ira /^généralement
adapté comme figne de ralliement, par les injures
publiquement répandues & protégées contre la nation
» & PAflemblée nationale. Ce projet, il eft prouvé par
rinfurre&ion coupable des généraux & des troupes
contre les autorités conflituées par l'entêtement à
garnir ces pays des régimens de ligne de fefprit le
plus pervers, par l'entêtement à maltraiter, à évincer
les régimens connus ou foupçonnés de patriotifme,
par l'entêtement, enfin, à regpufîer les foldats de la
conftitution les volontaires nationaux. Je vous ai
formellement dénoncé MM. de Fôlenay & Lefort-^
maréchaux de camp, & les officiers de la Mark,
comme des contre-révolutionnaires; & indépendam-
ment de tout ce que je vous ai détaille de leur con-
duite, pour vous faire Centir jufqu'à quel excès de
frénéfie cette conduite & leurs prédications avoient
exalté les têtes deslfoldats, il faut encore que je vous
cite un de'rnier fail^. Vos décrets avoient mandé à la
barre les adminiftrations d'Arles, ^>our rendre, compte
de leur conduite. Le maire d'Ar«eiy la chevil ou-
vrière de tous les complots du midiN, le fieur Loys
qui déjà étoit venu à Avignon provoquer des orgies
coupables & fcandaleufes, partit d'Ar ès fous prétexte
d'obéir à vos décrets, & arriva à Avignon efcorté de
quelques dragons. bientôt la Mark fut\averti dé fon-
arrivée & dans un délire criminel lei Ibldats dans
use farandoule turbulente & inquiétante, fe rendirent
(n)
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fous les fenêtres du maire, en criant vive le maire
d'Arles, vive la Ch'fbne, au diable la nation n'ira
pas. On infulta même les membres du dire&oire du
Gard qui fe trouvoient logés dans la même maifon.
Le lendemain de grand matin nous mandâmes le
maire nous improuvâmes fa conduite & nous lui
confeillâmes de fuivre fa route & 'de quitter à Tinf-
tant une ville ou fa préféncë occanonnoit tant de trou-
b1e. Il répondit avec nfolence qu'il avoit commande
un dîner, & qu'il partiroit enfuite; mais moi quilavois
quelles fantés on y portait, & qui ne voulois pas le
laafer boire à celle de Coblentz, je lui enjoignis de
quittera ville dans un quart-d'heure. Depuis, dit-on,
il a pafle à 'Chambéry, & puiifent le fuivre tous ceux
qui lui reflemblent. <
Oui, je l'atteftc au nom de tous ceux qui m'ont
député vers vous & au mien, il exiftoit un projet de
contre-révolution dans le Midi. Il germoit, fe dévelop-
poit ,{jpus nos yeux, nous ne celons d'en avertir,
d'en défigner les fauteurs, & nos renfeignemens ne
iervpiënt qu'à multiplier no$?embarras & nos dangers,
puifqu'on n'y apportoit point de remèdes. Je dois le
dire, les lettres du minilîre de l'intérieur, M. Cahier,
refpiroient toujours Ja loyauté & le plus chaud pa-
triotifmg mais comment fe rendre compte de Pin-^
fouciancè du minière de la guerre à qui nos plaintes,
nos réclamations fur la conduite des Glaciers généraux
ont da être portées? Comment fe rendre compte des,
promotronsde c.eux-lamême
du commanvle<'neMt qui leur ctoit donné
on n'eut pas fait tout le casque l'on devoit faire â&s
renfeignemensjque nous donnions contre eux, du
moins ne pou <"oieiit-i!s jamais être, pour des officiers
inculpés, un, titre de faveur & de préférence avant de
les avoir vérifias.