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SOCIÉTÉ CENTRALE
D'AGRICULTURE
DE L'YONNE.
CONCOURS DÉPARTEMENTAL DE JOIGNY
25 et 26 Juin 1865.
DISCOURS & LISTE DES RÉCOMPENSES.
----oooo--
PARIS
IMPRIMERIE CENTRALE DES CHEMINS DE FER
PE NAPOLÉON CHAIX ET Ci-,
Rue Bergère, 20, près du boulevard Montmartre.
1865
SOCIÉTÉ CENTRALE
D'AGRICULTURE
DE L'YONNE.
CONCOURS DÉPARTEMENTAL DE JOIGNY
25 et so jutn isce
DISCOURS & LISTE DES RÉCOMPENSES
.:. 1
PARIS
IMPRIMERIE CENTRALE DES CHEMINS DE FER
DE NAPOLÉON (HAIV ET t
Kue Bergere, 20, près du boulevard Montmartre.
1865 -
SOCIÉTÉ CENTRALE
D'AGRICULTURE
DE L'YONNE.
CONCOURS DÉPARTEMENTAL DE JOIGNY.
25 et 26 juin 1865.
Le concours agricole, organisé sous les auspices de la So-
ciété centrale d'agriculture de l'Yonne, a eu lieu cette année
à Joigny les 25 et 26 juin, en même temps que le concours
du Comice de cet arrondissement.
Ces deux concours, coïncidant avec la fête patronale de
Joigny, ont attiré dans la ville une affluence considérable.
L'exposition a été surtout remarquable au point de vue
des instruments agricoles. On doit signaler aussi le concours
de labourage de la vigne à l'aide de la charrue par des
adultes et par des enfants, qui a offert un grand intérêt. La
charrue à vigne, qui rend aujourd'hui de si grands services
aux vignerons, est originaire de Joigny.
Le dimanche, 25, a eu lieu simultanément au théâtre et
sur la promenade du Midi, le concours d'orphéons et de mu-
sique, auquel ont pris part dix orphéons et vingt-cinq sociétés
instrumentales.
— 4 —
Le lendemain, pendant que les commissions examinaient
les produits agricoles, un carrousel a été donné sur le champ
de manœuvre par les sous-officiers et brigadiers des chasseurs
et des hussards en garnison à Joigny. Cette fête militaire a
été très-brillante et fait le plus grand honneur aux chefs qui
l'ont organisée, ainsi qu'aux cavaliers qui y ont pris part.
Plusieurs prix ont été distribués à ceux qui se sont le plus
distingués dans les divers exercices.
La distribution des récompenses aux exposants a eu lieu
ensuite sur le champ de manoeuvre, dont un des côtés était
occupé par une immense estrade.
Ont pris place au bureau : M. Sohier, préfet du dépar-
tement ; M. Fremy, conseiller d'Etat, président de la Société
centrale d'agriculture de l'Yonne ; M. de Villers; sous-préfet
de l'arrondissement, et M. le maire de Joigny ; M. Challe,
vice-président de la Société centrale ; M. Précy, président du
Comice agricole de Joigny ; les membres des sociétés d'agri-
culture et un grand nombre de notabilités du département
assistaient à cette solennité.
M. Fremy, après avoir remercié M. le préfet, qui lui cédait
la présidence dont il est investi de droit, a ouvert la séance
et a prononcé le discours suivant :
MESSIEURS,
En me retrouvant aujourd'hui au milieu de vous,
je ne peux me défendre d'un rapprochement qui se
présente naturellement à mon esprit, et, bien qu'il
s'agisse de souvenirs personnels, vous me permettrez
de vous en entretenir un moment.
Il y a plus de trente ans qu'au début de ma car-
rière, je fus appelé à siéger dans le conseil de l'arron-
- 5 -
dissement de Joigny. Je me souviens du voyage que
je fis alors de Saint-Fargeau, où j'avais ma résidence,
jusqu'à cette ville, où je venais pour la première fois
prendre ma place au conseil. Beaucoup d'entre vous
n'ont pas oublié quels étaient alors l'insuffisance et le
mauvais entretien de nos voies de communication, pour
la plupart inaccessibles aux voitures, et la déplorable
influence que l'isolement et la routine exerçaient sur
l'état de notre agriculture.
J'en fus, pour ma part, vivement frappé. Quant à
mes honorables collègues du conseil d'arrondissement,
dont je venais partager les travaux, ils s'occupaient
déjà à cette époque d'anréliorer ce pays pour lequel la
nature avait beaucoup fait, et qui n'attendait qu'un
effort énergique et persévérant pour être transformé.
Il en était à peu près ainsi sur tous les autres points
de notre département. La même sollicitude animait tous
les esprits, et nos sociétés d'agriculture commençaient
leur œuvre qu'elles ont continuée avec tant de persé-
vérance et de succès.
Depuis ce moment, vous avez triomphé de nombreux
obstacles. Grâce à votre initiative et au concours du
gouvernement, chaque jour a été marqué par de nou-
veaux progrès, et en traversant, sur de bonnes routes,
une campagne florissante, j'ai pu mesurer d'un coup
d'œil le pas immense que vous avez fait depuis l'époque
à laquelle remontent ces souvenirs que vous me par-
donnerez de vous avoir rappelés.
Votre concours, sous le rapport du nombre et de la
qualité des produits exposés, fait honneur au départe-
ment , et vous avez tous remarqué, comme moi, la
— 6 —
place importante qu'y tient l'arrondissement de Joigny.
L'excellente Société d'agriculture, que préside avec
tant d'autorité notre honorable collègue, M. Précy, a
contribué par ses exemples, ses conseils et ses encou-
ragements aux résultats que nous avons sous les yeux,
et elle peut en être justement fière.
Une heureuse innovation sera remarquée dans ce
concours : c'est l'importance nouvelle et caractéristique
qu'y prennent les prix consacrés à l'enseignement
agricole. Vous continuez à récompenser les institu-
teurs qui propagent avec zèle cet enseignement, mais
vous accordez aussi des prix aux jeunes gens qui ont
le mieux profité de ces leçons -et qui, après avoir quitté
l'école pour les travaux de leur état, ont conservé le
goût de l'étude et fréquenté assidûment les classes du
soir. Les dons, en médailles et en livres, faits par le
ministre de l'agriculture, par le ministre de l'instruc-
tion publique, par les communes de l'arrondissement
et par les particuliers, vous permettent de distribuer
un grand nombre de ces prix, qui seront pour nos jeu-
nes travailleurs un précieux encouragement et une
source féconde d'émulation.
Vous avez aussi des récompenses pour les instituteurs
qui vous présentent des cartes bien exécutées de leurs
communes. Si ce bon exemple était suivi dans toute la
France, quelles ressources ne trouverait-on pas dans
ces travaux, au point de vue de la statistique et de la
topographie !
Ainsi, vous êtes — et c'est là l'impression générale
que me laisse l'ensemble de ce concours — vous êtes
dans une voio de progrès où vous ne vous arrêtez pas.
— 1 —
Vos conquêtes acquises ne font que vous stimuler
à en faire de nouvelles. Vous améliorez vos produits
par de nouveaux modes de culture ; vous perfectionnez
vos bestiaux par des soins intelligents et des croise-
ments raisonnes ; vous augmentez le nombre de vos
machines, vous les simplifiez, si bien qu'il n'est presque
plus d'opérations où elles ne puissent faciliter et abré-
ger vos travaux. Aussi n'est-il pas à craindre que l'in-
térêt du public cesse jamais de s'attacher à nos con-
■ cours où le plus habile et le plus heureux trouve
toujours matière à apprendre et à admirer.
La fête qui nous rassemble aujourd'hui a eu un éclat
inaccoutumé, grâce aux efforts réunis de l'intelligente
municipalité de cette ville hospitalière et du sous-
préfet de l'arrondissement, dont vous appréciez si bien
la vigilante et sympathique administration. La présence
toujours si bien venue des représentants de notre brave
armée n'y a pas peu contribué. C'est avec plaisir que
nous voyons nos soldats se mêler aux fêtes de l'agri-
culture. Pourraient-ils d'ailleurs y rester étrangers? La
plupart d'entre eux n'ont-ils pas, dès leur enfance, appris
à aimer et à cultiver la terre natale, et ne revien-
dront-ils pas, après avoir glorieusement porté le drapeau
de la patrie dans les pays les plus lointains, reprendre
leurs travaux interrompus, et servir la France avec la
charrue après l'avoir servie avec les armes?
Les arts sont aussi venus embellir cette solennité.
Nous devons nos remercîments aux sociétés nombreu-
ses qui ont répondu à notre appel et sont venues de ce
département, des départements voisins et de Paris
même, disputer les récompenses qui leur étaient offer-
- 8 -
tes, récompenses bien modestes s'il fallait les mesurer
à leur zèle et à leur talent. Laissez-moi vous dire que
je vois avec bonheur l'agréable emploi que les habi-
tants de nos campagnes font de leurs rares loisirs.
J'ajouterai même que c'est un emploi utile, puisque
l'esprit, reposé et satisfait par cette distraction, revient
avec plus de courage et d'énergie à ses travaux ordi-
naires.
Vous ne désapprouverez pas, j'espère, cette courte
digression dans laquelle je crois avoir été l'interprète
fidèle de vos sentiments. Je vous parlerai maintenant
de vos affaires. Je sais que le bas prix du blé est une
.de vos préoccupations présentes. Cet état de choses,
dû à l'abondance de cette denrée, ne doit pas vous
alarmer. Cherchons ensemble par quels moyens vous
pourrez à l'avenir éviter les mécomptes dont quelques-
uns de vous se plaignent aujourd'hui.
Les conditions de la culture dans notre pays ont
bien changé depuis quelques années, et il faut s'atten-
dre à ce qu'elles subissent encore plus d'une trans-
formation. Ce n'est donc pas assez de perfectionner vos
moyens de culture, il faut encore chercher les pro-
duits qui vous promettent les résultats les plus rému-
nérateurs. Rien de plus légitime à votre point de vue
personnel, rien de plus utile au point de vue général.
C'est à ce prix que l'équilibre s'établira entre les
divers produits agricoles, et que l'on ne verra plus les
uns rares et chers, tandis que les autres, jetés en trop
grande abondance sur les marchés, subissent une dé-
préciation fatale aux agriculteurs.
Nous ne sommes plus au temps où chaque canton
- 9 —
2
était en quelque sorte obligé de pourvoir par lui-même
à tous les besoins de ses habitants. L'établissement des
voies de communication, la rapidité des moyens de
transport, permettent de faciles échanges, et il suffit
d'une nuit pour apporter les produits du Midi sur les
marchés du Nord, et réciproquement. Nos relations avec
les pays étrangers ne sont pas moins promptes; la
science a abaissé les barrières physiques qui séparaient
les peuples, en même temps que les barrières morales
disparaissaient devant les conventions internationales.
Vous pouvez donc, débarrassés de toute autre préoccu-
pation, vous livrer aux cultures qui vous paraîtront les
plus productives. Si les céréales ne vous donnent plus
les résultats que vous en attendiez, n'hésitez pas à y
renoncer. Les cultures industrielles, les fruits, les légu-
mes, le bétail, offrent à votre activité un champ vaste
et fécond à exploiter. C'est de ce côté qu'avec des
transitions sages, vous devez graduellement tourner
vos efforts. J'ai déjà eu occasion de vous le dire, votre
situation près de Paris vous indique la voie à suivre.
Ce n'est pas trop de toutes vos ressources pour répon-
dre aux exigences de cet immense consommateur. Vous
avez de plus sur vos concurrents l'avantage de votre
position géographique qui met le marché de la capitale
à quelques heures de vos campagnes. C'est donc là le
but auquel vous devez tendre, assurés de n'y trouver
ni. mécomptes ni déceptions.
Ces déceptions que vous éprouvez quelquefois, mais
que vous pourriez peut-être éviter en les prévoyant, ne
sont pas d'ailleurs bien profondes et n'empêchent pas
que l'agriculture ne tienne encore la première place
-10 -
parmi les éléments de la richesse nationale. Si la France
est devenue le grand marché des capitaux de l'Europe,
et même du monde entier, c'est à sa laborieuse popu-
lation agricole qu'elle doit, en grande partie, cette
situation. Vous ne l'ignorez pas, c'est à la France que
s'adressent les gouvernements qui veulent, par des
emprunts, se créer des ressources ; c'est la France qui
subvient aux grandes entreprises qui se font à l'étranger;
elle alimente les travaux de chemins de fer, les établis-
sements de crédit, les grands travaux d'utilité publique;
elle perce l'isthme de Suez. Avez-vous cherché la cause
de cette attraction qui fait de notre pays un centre où
aboutissent presque toutes les demandes de capitaux?
Pourquoi d'autres pays où l'argent paraît abondant,
plus abondant même que chez nous, où les grands ca-
pitalistes sont nombreux, pourquoi ces autres pays ne
voient-ils pas un mouvement semblable se produire sur
leurs marchés? L'Angleterre, par exemple, ne doit-elle
pas à son industrie de grandes richesses? Et cependant,
pas plus qu'aucun autre pays, elle ne peut disputer la
première place au marché français.
C'est peut-être qu'ailleurs, la classe moyenne, celle
qui vit de son travail et réalise, chaque année, sur les
produits de ce travail, une certaine somme d'économies,
n'a pas la même importance chez nous, où, grâce à
l'agriculture, elle est nombreuse et constitue la force
du pays. En France, se trouve cette épargne, résultat
du travail rémunérateur, épargne modeste peut-être,
mais égale, régulière, et ne faisant jamais défaut. C'est
à cette épargne, produite chaque année dans une
mesure que l'on pourrait presque évaluer exactement,
— 11 -
que s'adressent, sûres d'être entendues, les demandes
de capitaux. Après avoir donné à la France la part
qu'elle réclame, elle se répand sur le monde entier
dont elle renouvelle la face.
Ce n'est pas sans connaissance de cause que je vous
parle de cette épargne qui doit à sa modération même
sa continuité et sa certitude. Le Crédit foncier lui offre
par ses obligations un placement qu'elle a adopté
depuis plusieurs années. Si les valeurs étrangères ont
pour elles la séduction de plus gros intérêts, le Crédit
foncier offre en revanche aux pères de famille qu'un
intérêt moyen satisfait, une sécurité de premier ordre
Il m'est donc permis, grâce à ces placements, d'appré-
cier d'une manière relative, à la fin de chaque exercice,
quelle a été l'importance de l'épargne. Aux comparai-
sons entre années, il m'est facile de joindre des com-
paraisons entre départements. Je ne vous fatiguerai pas
de cette statistique, qui prouve que nos départements
agricoles, comme la Marne, la Côte-d'Or, le Calvados,
pour n'en citer que quelques-uns, sont ceux où l'épar-
gne se présente de la façon la plus abondante et la
plus suivie. Le vôtre doit s'ajouter à cette liste, où il
tient le troisième rang. J'en conclus, et justement je
crois, qu'il est un des départements où la culture est le
plus perfectionnée etrémunère le mieux ceux qui y con-
sacrent leur travail et leur argent.
Vous n'êtes pas les seuls à prbfiter de la prospérité
générale du pays. L'industrie se développe et se crée
de nouveaux débouchés. Ne voyons-nous pas l'Angle-
terre demander à nos usines ces puissantes machines à
vapeur dont elle eut si longtemps le monopole ? Ce n'est
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qu'un fait, mais il est significatif, et vous en saisissez
toute la portée. J'ai donc le droit de m'étonner, en
présence d'une pareille situation, qu'on nous représente
l'État comme à deux doigts de la banqueroute. C'est
cependant la thèse qui a été soutenue dans une dis-
cussion récente dont les échos sont venus jusqu'à vous.
Ah! ne vous laissez pas entraîner par des affirmations
que démentent tous les faits qui se produisent au-
tour de nous. Ne vous laissez pas aveugler par les
craintes chimériques de quelques hommes trop facile-
ment abusés. Ne vous alarmez pas des magnifiques en-
prises qui s'accomplissent de nos jours, et demeurez
bien convaincus que les grandes dépenses productives,
loin d'être la ruine, sont la richesse et l'honneur des
grandes nations.
Il ne m'est pas permis, dans une réunion comme
celle-ci, où nous nous occupons des intérêts de l'agri-
culture, de passer sous silence le grand événement qui
a récemment produit en France, et je peux dire en
Europe, une si vive et si profonde impression. Le
voyage de l'Empereur en Algérie a été une campagne
qui, pour être pacifique, n'en a pas été moins glo-
rieuse, et qui ne le cédera, dans l'histoire, à aucune
des grandes choses que nous devons à ce règne. Vous
avez compris quelle était, au point de vue agricole,
l'importance de ce voyage. Les produits de la fertile
Algérie tiennent déjà leur place sur nos marchés, et
cependant la culture savante, la culture comme vous
la pratiquez, n'y a pas encore pénétré. On étudie en
ce moment les moyens de transformer ce pays, de
faire disparaître les obstacles qui arrêtaient et limi-
- 13 -
taient sa production. Des capitaux considérables vont
être employés à cette œuvre de régénération. Dans un
temps peu éloigné, nous ressentirons les effets de la
sollicitude impériale, et vous aurez à compter avec
l'Algérie, qui doit devenir pour nous ce qu'était pour
les Romains la Sicile, surnommée le grenier de l'Italie.
C'est vous dire que la culture des céréales y prendra
sans doute de grands développements. Peut-être, dans
cette prévision, sentirez-vous la nécessité de modifier
graduellement certaines branches de votre culture, et
chercherez-vous plus exclusivement dans celles que je
vous indiquais tout à l'heure les éléments d'un produit
certain et à l'abri de brusques fluctuations.
Je n'ajoute plus qu'un mot, afin de ne pas arrêter trop
longtemps la distribution des récompenses impatiem-
ment attendues. Il m'est doux de revoir autour de moi
des concitoyens, des amis, que j'ai trouvés autrefois,
dans des circonstances difficiles, défenseurs résolus de
la société menacée. Grâce à leur énergique attitude,
bien des maux ont été prévenus, et le pays doit leur
en être reconnaissant. C'est à leur concours que je dois
moi-même le bien que j'ai pu faire, et la part que j'ai
prise au triomphe des idées d'ordre et de sécurité. Ce
n'est pas sans émotion que je me rappelle nos luttes
communes pour une cause qui était la bonne, comme
l'avenir l'a bien prouvé. Tout ce qui s'est fait depuis
douze ans, la gloire de nos armes au dehors, le déve-
loppement inouï de notre prospérité intérieure, nous
disent assez combien alors nous étions heureusement
inspirés et d'accord avec le sentiment général du pays.
Grâce à Dieu, l'affermissement de la dynastie impé-
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riale nous garantit contre le retour de semblables épreu-
ves , et vous sentez tout le prix de la sécurité qu'elle
vous donne. Quel exemple plus frappant pouviez-vous
en avoir que cette régence de quarante jours, pendant
lesquels la France paisible semblait heureuse d'obéir à
la main ferme et douce de sa souveraine. Travaillons
donc, Messieurs, au milieu de cet apaisement, et sous
cette féconde influence, travaillons, chacun dans la
mesure de nos forces, à la prospérité du pays, en sui-
vant la voie qui nous est tracée par la prévoyance et la
sollicitude de l'Empereur.
Après ce discours, la parole a été donnée à M. Précy, pré-
sident du comice agricole de Joigny, qui s'est exprimé en
ces termes :
MESSIEURS,
Après l'éloquent discours que vous venez d'entendre,
je me garderai bien de vous entretenir longuement
de l'agriculture, qui est pourtant l'unique objet de
cette belle fête. D'un autre côté, ai-je besoin de vous
rappeler quels droits a acquis à votre confiance et à
votre gratitude l'homme éminent qui, tout à l'heure,
nous entretenait des grandes espérances de l'agriculture,
et de la juste sollicitude dont elle est l'objet de la part
du gouvernement de l'Empereur. Le temps ne me permet
pas de développer ici les bienfaits des grandes institu-
tions qu'il dirige et qui sont destinées à répandre l'ai-

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