Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Conférence entre le frère Pancrace, capucin, le docteur Hoth-Man, ministre protestant, et Me Robino, avocat au parlement de Paris, sur la question, est-il avantageux à la France de donner l'état civil aux protestants ?, considérée par rapport à la religion, la tranquilité de l'Etat et à l'intérêt politique ([Reprod.])

26 pages
[s.n.] (Fribourg). 1788. Protestants -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

CONFÉRENCE
X.% Frété. P a n t a à c e Çapudn j lé
Doâeur Ho t II- m an, Miniftye Pro-
reftant, & M* R o s no, Avocat au
Paiement de Paris
SUA LA QUESTION:
France de donner Th«f
wtf «c» Vtmtftatm t
C O H S I D É R £.K
Pu rapport V la ReH^on, la ttaaqmllîté de FEat
Ma yeux en£ Va *t foin de la poc&cr*
CI {woflfst fa Ow «lo*r*,
Se |>ls<« far W TrSoè, iaf«h«r un owncli,
£« «Tua pied 444ai(ft«u ravorfer lctcoMii, HfyUAVT-
A F RI B O U R G.
Conférence
EN T
Lu Frère PANCRACE, Capucîn le
Doreur Hqth-MaK, Miniftre Pro-
tenant, & Avocat au
Parlement de Paris.
Première Réflexion
Par sapport la Religion.
J E ne fuis point profond Théologien mail je tien»
la Religion de mes pères ne me demandez pas pour-
quoi le vous répondrais, il en faut ané; l'étude des
toix que je défends pu proftffion cimente ma foi pac
le rapport qdeltes ont avec la Religion confidérée com-
me bafe fondamentale de tout gouvernement: Je «nonar-
chique cet égard, me patoîï celui de tous qui en le
ricins fufceptftte de
<pe dan* le Prince, & par con^qoent fon opinion doic
im dominante comme fa volonté l'indifférence en
matière de croyance religieuTe ne peut trouver place que
dans' une République on Citoyen qui' a des banques
ouverte» dans toutes les parties du globe, un Savant qui
ne cenooît que les loix & le mérite de tes défendre,
On Armateur qui couvre de fes voiles l'Océan Se la Mé-
patrie te à pet&e t«r tortuné pour fomenir & défen-
dre de» <)ueftions théologiques.
Depuis la révocaiién de .l'Elit de Nantes» la Reli-
gion catholique a-t-elle été piats refpeûéé en France
JL'efprit ptilofophique qui s'eft introduit dans toutes le$
chfks des cîtoyens n'a-t-îl fois plus de
lavage que le Proteftaotifroe ? L'orguéit des feiences n'av
t-il pas remplacé ta modèle religieufe ? & en célébrant
notre Cède coairae un fiecfe de {uretères, ne devons-
«ous pas avouer qu'il n'y en eut jamais Je plus léger 5c
de plus verfanle quant aox opinions ? ni de plus corrom-
pu quant aux mœurs? La France en rappeOant le* Pro-
itf*ans, dans un moment où J'incrédulité feroble rriom-
plitf va peut-être lai pont le coup le plus victorieux
Ja Religion chréiicnne va reprendre tous fes droits les
Catholiques vont mettre bas les préjugés du refpeft
humain pour fe montrer zélés observateurs de leurs
devoirs religieux; les Pr^otcfrans de Jew côte. n'ou-
blieront rien pour exercer la pureté de leur morale Se
cette émulation réciproque fera difparoître ce foût d'im-
pitté qui cornmençoit déjà à miner lourdement & à
ébranler les colonnes de l'Etat ce rappel ne peut donc
qu'intéréflèr les CathoL'qnes avantagcufernçnt il procu-
rera à leui Eglife militante un renfort d'athlètes d'autant
plus fervens, qu'ils auront plus d'irus-rct à le paraître.
Le Frère Pakcrace.
Convenez, Me. Robino, que votre façon de penfer
fent un peu 1'efprit de corps vous ce rappel
du côté de l'Etat fans vous donner 14 peine de réfléchir
combkn catholique doit en garnir du côté de
t.lJ
[i] et M. S.V-.iltr, A» 7 Scfcm'i:; 1–
fort autorité. Depuis le
répoque de rentrée de la Religion chrétienne en Fran-
ce, cette autorité ecdéfiâftique s'eft toujours foutenire
elle s'eft toujours njtfnrrée l'appui du Trône Et la pro-
,tà3ricc des loix du Royaume il eft çerrain pourtant que
cette Eglife, en venu de fa miflion, n'a rsçu aucun
pouvoir dans l'ordre civil mats if n'en eft pas moins
certain qu'elle a droit d'implorer ta proteôion du Sou-
verain contre tout ce. qui peut porter atteinte au vrai.
culte qu'il profeffe lui-même (i). Tous les Jurifcori-
fultes font d'accord fur ce point CI. k Clergé & ta
Màgtftrature, dit un célèbre Magiftrat de nos jours,
m doivent fe réunir par un heureux accord pour écarter
i» des atteintes que des maximes impies voudroient,
» porter au
rcfpeâér nos fatntes Ecritures nos Dogmes facrés,
nos iaints Myfrerés les Mtniftres de VEglife en inf-
t.ufant Us Fidèles, en faifant refpeôcf 1 autorité des
loix, en entretenant les peuples dans la fouroifllon
qu'ils doivent à leur Souveraine D'après l'idée que
vous avez vous même de la corruption de notre fiecle
comment pouvez-vous croire que le rappel d'un grand
nombre d'hérétiques procurera la paix dans VEglife?
Ah! Me. Robino. à coup lur, vous n'êtes point Ca-
tholique depuis quand les ahus conig^s car d'autres
ont-ils procuré rordre $c l'har-
monie dansJa fociété ? Ouvrez l'Hiftoire & voyez
quelle a été la conduite de l'Eglife depuis qu'elle
compte des Princes au nombre de (es enfans. Le
Cencile de Nicée condamne Arias & fes deux Sec-
tateurs aufli-tôi l'Empereur exile &
fait brûler les écrits d'Anus le Concile de Conf-
uminoplc réclamé les Çglîfes dont les Hérétiques slé-
toient emparés ?uffi-tôt l'Empereur Théodofe lance
un Edit conforme a ce décret, & toutes ces Eglifes.
rentrent au pouvoir des Evêques unis de communion
avec ci.-ux ou Concile le Concile d'Ephcfe dtîpofc
(
'O Cod. Theod. lib, 40, vu $le Uxfetlcif.
Nejmrius Se proferit fa DoBrinc atfwot Théodore
te jeune condamne lTîéréfarqoe à Toril confifqoe fes
mens» âC déclare (es partions indignes de ITïpifcopar.
Lifex, dans Somment, Sucrait fie Awm
lc Corfe Romain les binèrent Edits que les Empereurs
ont porte** contre les Schifrratiques 8c Hérétiques vous
verrez qu'ils roenoient toos Pliêrtfie au rang des crimes
oTtar, parce qu'il* regardoient l'injure faite à fa Re«
iigion comme un tort fait au bien générât de la (o-
Ciéti ). Volumas effe publicam erimtn quia quoi
in Rthgionc Jhinâ commitritpr in ôjnntum fertur
'fijtttiam. ̃ .'̃'•
Monfieur, n'a point de motif rai-
fonnablc qui poi£ê' Pcxcufcr lorlqu'one Religion ne
renferme rien qui fayorife le crime oa qoi porte ta
déré|!ement des roœnrs, à quoi bon, je vous prie,
voudroit-on empêcher «ox jfi'y font attachés, de
finvré la route qu'ils jugent la plus sûre î Qo'eft-ce qui
peut la profçrire cette Religion, fi elle eft bonne ? & de
quel droit encore l'entreprendroit-on fi elle eft faufle t
Nul homme n'a ni droit ni raifon valable d'empêcher
rexercice libre de la confcience & tout commerce en-
ne Dieu 8c rhomme dait être entièrement volontaire.
le conviens avec vous Meffieors qu'il ftw fe foo-
mertre à U dHcipline eccléTiafliqae de la Société dont
on efl membre mais la Sodété rceWfufHque ne doit
point forcer les confeiences & l'on peut même chan-
ger de Religion,fans que personne ait droit de s'en forma-
ifer. S'il y a quelqu'un qm prétend qu'il n'eoilie point
de droit ce mmon entre lui & tous les autres hommes
de quelques retirions qu'ils foient lorfqo'ih ne font pas
de la fienne qa'il fzebe que fous l'ombre de la piété Se
du il renverse venus
d'où dépend' la confervation du genre humain, Se qu'il
fe montre àufli impie envers Dieu que coupable envers
ti y
le prochain puifqae uns droit ni ration » il détroit jm»
la la parenté établie entre les homme j par. la loi nuw-
telle & par la Providence divine. Je ne combattrai point
Ftere Pancrace toutes les citations de vos Conciles
peu de ca? elles ne tendent effectivement qui prouver
ce qni parott fort naturel dam Tordre des foctetés hn-
Le JFkèît V a y c A a c b.
Vous voyez bien, M* Robino que le Pocttar t tout
en prêchant t« tolérantîfroe t eft l'ennemi juré de nôtre'
Egtifé quand vous me dites ooe iipms la révocation de
t'Edit de Nante» l'efprit philofopnjqoe a &t pins de
«ort à la Religion dominante 'que,- le Protcftanrifme,
«voue» que vous ne réfiécbiffex pas en effet r a quoi fc
bon= tom les abfurdes de l'inctéddtté ? A
faite des libertins ifoKs dont les opinions toojogr»
différentes ne peuvent porter corap ni à I'Eglife ni à
l'Etat; il n'en eftpos dc même dn ProttflanrifiBe qui
ferme an corps dont felprtt de liberté & dfattéremrae
enfante !e trouble & U difeorde en f admettant en
France c'eft dom élever autel contre autel & placer
l'idole de Dagon devant l'arche ? en vain s'efforce- t-oA
1 «)epCTfu2O^r qoe la haine des. Protcftajts pool: la Reli-
Vion cawoliqpe ne vient que da perf^cudons qu'ils CHIC
fouffenes,& ( quoim'inpiftwnent ) an
Clergé il fuffit d'ouvrir fHiftoire 8t l'on verra .iv*
tôt tomes qu'ils ontmifes en, ufase pour
accréditer leur Seâe, avant môoae qu'il fôt qoeifionde
la révocation de l'Eàit Âp Nantes l'on verra comme
lts ont cherché > en s'oppo-
fAt au ulerdes Paâeurs en ridiculifaot le CI«rgé U
le Souverain même. Oui M. le D*Seur% il' eft am-
,et d'accorder à la confeience «Je* hommes la liberté
que vous préconifez mais c'ett quand ce;, hommes font
de bonne foi 8c que leur confeience n'eft point vo-
lomairemertt erronée alors il cade la charité de les
(tï
rapprocher de noa$ pour détruire ce tour d.- lépartttoft
pu la force de la dE de i'ekempie;
tant fi ces homme: leurs erreur» ont i
leurs têtes des Minifrres wls sue vous M. le Doôeur
qai par leur tradition ont le taknt d'éteindre la lu-'
roiere que nous voudrions leur commoniqoer n'cft-il
pu vrai que toute communication alors devient
aufS dangereufe qa'jnutilc ï leur converûon-
M*. R o 1 K o.
Permettez Fretr Pancrace je connois comme vùog
tout les reproches que Ion peut faire à la conduite païTéc
d#* anciem Proteftans t mais aojour d'haï, aucuns ae ces
fanatique* n'exiflenr & leurs Doâeais eœc-roêrnes con-
viennent que la àiSérenc- de leur Egiifc à U nôtre eft
tnoteà.iwcrc avantage.. D'ailleurs quelle indifférence
pour la Religian ne renu/que-t-on pas pumi em-f Les
fin, terni Soctruens les astres font partifaps de ta Re-
ligion ronnelte plu/ieori donnent dans an pyrronif-
me qui. les tient dans une telle apathie en fait de
croyance, Iftt le moindre inttrtt les h
vente., Qu'on leur accorde donc l' exercice public
de !tur Religion vous verrez ce/Ter leur antipathie
pour le Clergé & avec elle, cène divi/ion qui fait la
honte du Chxifliiniûne.
Le Frefe Pancrace.
le v«js emtnds M« Robino en rappellant les
l*roteftar« à l'état civil vous regardez comme une fuite
r.écefTaire de leur accorder la Fiberté de leur culte la
confluence paroit naturelle -h oefons-en les effets le
but de ce rappel félon vous (eroit de rapprocher nos
freres ettanj de t'unité de TEglife mais ne manquez-
vous pas ce but en km accordant des Temples, des
Prêches des Miniftres ? Croyez-vous que ces hommes
indjfférens feront plus faciles à ramener lorfque ce
culte public les. réunira, lorfipe leurs Mirrifires les çétié~
tram de leur obftinarion & de leurs fopbi'mes ltnr
infpireront la force de perforer qui leur manque, les
tloijmront
(1 H*triicum hr>mincn>, port wia & fecpniUm cotteftiou»^
(i) I. Cor. 5.
B
propager des erre»:?s upi font ?,En vain
vous, M« Robin©, que les nouveau* Protef-
.»<*$ remreroierft en France avec des fenrimens plu»
qu'il dite dans
quand je vois S. Paul recommander a fon Difciplc d'é-
V iter qui totok téfidê i une première (le
féconde correclionYï .)', ordonner aut Corinthiens de
Je réparer ue finceffueux qui les avoit rcandalifâi
Quand je v9if i'Egïife catholique fe ftprer de la con>I
ftranion des Marchait** des ces
*c puis-je croire que les Hérétiques protertans rtoÉ-
>ntem plus d'égards eux qui fo font un devoit de bïaif-
ph^rner fans ceflè contre nos plus faints rnyfteies, de
ridicul i fer nos dogmes & nos ciremonies & de fious
Votre inrolérance FrerÇ Pancrace que vous appuyé*
fur votre Religion n'elt nullement cette da Chrlftia-
nitme votre Le'giflateur & h nftrre C. enfin nous a
prêché la même morale 8c les même moyens de faim
vous pr«rend«z les polder feul ces moyens,- & nous^
nous croyons en faire ufageauffi-bien que vous vous
vous vous efforcez de nous imputer des abus que nous
condamnons nous-mêmes je pourra» en reprocher de
plus cru.eh encore i nos frère» les Catholiques; mai»
qui connoiira rentêtement de l'efprit humain {aura
apprécier à leur jufle valeur les pré>ges qui font agir,
deux foctétés comr «mes par la diverfirf d'opinions,
quand quelques refforts ftcreis d'ambition & d»nt<Jrêt»
les mènent en oppofiuon Vous me citez ici ?àul je
f ,to )
le que vous., mai* aurott-i! éd Apôtre, fi
la de la iJeligion. cbrCtienne avoient
été intol^raos? N'auroit-il pu péri fous '.«s coups des
vengeurs à'Tîtiennt Non frrerc Pancrace non, votre
Religion en plus modérée & fi Faut défend©, t a fon
Difciple la frc<yKjitarJon avec les Hérétiques c'efl qu'il
n'éto.t point Apôtre d'une Religion dominante mais
Membre d'une, le 'le proov» fuppofons
« raiformabte » veuille arrêter le cours de la iupèrflifion
•& abolir tout cilte impie, ne donnera-t-ii pas a l'infîant
le même droit z? en Prince d'uns Religion oppose:
Alors vo«s apprcWverrz donc les tourmens que les
Tarcomant firent éprouver aux Chrétiens de la Terre-
Sainte vous approovern donc les Njranx les Dio-
tUtluti or tous ces tyrans qui rejenerent & perfc'cute-
tent f cruellement le Cbrfrtiïnifme des fa nailTance. En
vain Frère Pancrace faites- vous retomber fur notre
Croyance des traits dont elle dételle comme vous l'objet.
Notre morale efl-elle différente de la vôtre ? Non, ne
vous trompez Eas, norre Religion ne refpire qu'honnê-
teté modération, qu'humilité que douceur qu'hu-
manité qae courage que Mihté 6c apprenez que la
-,raie Religion n'a pas plus de droit que les fauffes
d'tmploytr la force ou lauiorité du Gouvcrncnent civil,
prut extirper les autres fcâes ou pour s'bppofer à leur
^tablifTement.
Me RnjiKo.
Votre affettien Doclrur fent VenÎEnoufia'fme c'efl
fur l'atteinte qu'il porie au bien public qu'un délit doit
ft mefurer or tome ré'voh&.contre autorité civile ou
cccléfii-ftique doit être regardé comme un crime fi clle
attaque l'état elle fïvon/e l'anarchie fi elle attaoue la
Religion dominante tîk dttruit la foi Se les mœurs
ce principe eft clair & raifonn3bl<t il s'agit donc de
favoir fi la guerre quï vous déclarez vous-roêrne à l'in-
toKrantifrnt n'embraffe pas ccs dttnc inconvëniens.
,f\t diroit-on pas, à vous entendre, qu'on peut être Hc-
rctique de bonr.c foi Pour nioi je n'en crois rit-n car

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin