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Conférence publique à Nérac. Coup-d'oeil sur la société contemporaine, égalité sociale par l'instruction et le travail. [Signé : Ch. Lacoste.]

De
12 pages
impr. de Quillot (Agen). 1868. In-12, 12 p..
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CONFÉRENCE PUBLIQUE A NERAC.
COUP-D'OEIL
SUS LA
SOCIÉTÉ CONTEMPORAINE.
ÉGALITÉ SOCIALE
PAR L'INSTRUCTION & LE TRAVAIL.
Quelques-uns disent : la société se décompose;
elle s'en va, erreur d'optique; c'est la génération
actuelle qui passe. L'enfant assis dans un wagon, cl
royant successivement passer devant lui les arbres,
es villes et les montagnes, s'imagine que tout cela
s'en va, et qu'il demeure. C'est lui seul qui s'en
a aux lieux où le conduit la volonté maternelle.
La société moderne contient dans son sein des
éléments indestructibles de civilisation ; ils sont
épandus sur toute la surface du monde, ils ne peu-
ent s'éteindre tous à la fois.
Chaque siècle apporte dans le monde son travail
intellectuel, des vérités et des erreurs ; les flots du
temps, dans leur cours rapide, emportent les er-
eurs ; les vérités, constatées par l'expérience, de-
meurent ; c'est la loi du progrès.
Ces considérations sont générales ; observons
autour de nous le mouvement social dans la gêné-
ration contemporaine, le mouvement des idées et
des faits.
LITTÉRATURE, HISTOIRE.
Le bouquet à Floris du poète de 1815 nous fait
sourire, les rêveries de Lamartine en 1830, et ses
poétiques lamentations, n'ont presque plus d'écho
parmi nous. La jeunesse actuelle est positive.
Les grandes batailles historiques de M. Thiers
n'ont plus notre admiration ; elles coûtent à l'huma-
nité plus cher qu'elles ne valent. La presse en
conteste le mérite, elle en constate les résultats
utiles à quelques-uns, funestes pour tous.
Les divines harmonies de la nature inspirent
toujours la poésie, mais son admiration n'est pas
pour les grands noms ; elle s'adresse aux grandes
choses, les chefs-d'oeuvre du travail humain. Aux
yeux des contemporains le câble transatlantique,
qui relie les deux mondes, vaut mieux que les ba-
tailles des plus grands conquérants. Aucun siècle
ne se ressemble, à chacun sa gloire particulière.
PHILOSOPHIE, ÉCONOMIE POLITIQUE.
Le système éclectique de M. Cousin ne fixe plus
notre attention. Le spiritualisme et le matérialisme
sont en présence; la lutte recommence, le courant
des idées philosophiques n'est pas encore bien
caractérisé.
L'économie politique est une science nouvelle ;
elle a besoin d'être vulgarisée.
— 3 —
HIÉRARCHIE SOCIALE.
Elle s'efface peu à peu. On examine l'homme de
près, et on le juge sévèrement. Voltaire disait avec
raison : « Il n'y a pas de grand homme pour son
valet de chambre. »
BOURGEOISIE, COMMERCE.
Le présent est fils du passé, père de l'avenir. Un
coup d'oeil rétrospectif sur l'histoire est nécessaire.
En 89 retentissait en France la brochure de
Siéyès: Qu'est-ce que le tiers-état? Rien. Que doit-il
être ? Tout. Quelques jours après les états généraux
s'avançaient pompeusement vers le palais législa-
tif; les habits brodés de la noblesse fixaient peu
l'attention de la multitude ; le peuple se pressait en
foule autour des habits noirs du tiers-état. La Bour-
geoisie victorieuse montait sur la scène politique.
C'était une révolution sociale; les grands événe-
ments qui suivirent ne furent que des révolutions
politiques.
En 1830, la bourgeoisie affirmait sa prépondé-
rance absolue. Elle possédait l'instruction et la ri-
chesse. Elle prit les habits brodés de la noblesse et
marcha sur ses traces, trop exactement peut-être.
Quelques-uns des principaux personnages de l'épo-
que prirent même des litres nobiliaires; les plus il-
lustres, les Thiers, les Guizot comprirent que leur
nom n'avait pas besoin de décoration pour les re-
commander.
Les mêmes causes; qui ont effacé la noblesse
— 4 —
comme pouvoir social, effacent tous les jours l'an-
cienne bourgeoisie. Elle possède l'instruction, mais
sa richesse disparaît tous les jours sous les coups
des doctrines égalitaires du code Napoléon, la divi-
sion des patrimoines, le morcellement des pro-
priétés, elle répugne au travail de ses ancêtres, elle
a besoin de places plus ou moins lucratives pour
soutenir sa position dans le monde et le luxe dis-
pendieux de l'époque.
Dans certaines circonstances le peuple se tourne
encore vers elle, parce qu'elle possède l'instruction ;
quelquefois il hésite parce qu'elle ne possède pas
l'indépendance. Ses regards se portent aussi sur
les splendides magasins du commerce.
Le commerce possède la richesse et l'indépen-
dance de position, mais l'instruction supérieure lui
manque.
Les enfants du commerce feraient bien de pren-
dre le chemin du Lycée, et surtout de rentrer au
magasin.
Lorsque le cabinet du commerçant sera décoré
d'une bibliothèque de livres sérieux pour l'étude,
ce jour-là ouvrira une ère nouvelle, c'est-à-dire la
prépondérance du commerce dans la société, la
glorification du travail. On ira chercher les plus
dignes derrière le comptoir, comme autrefois l'an-
cienne Rome allait chercher ses consuls à la char-
rue.
Alors la Bourgeoisie contemporaine, dans les
campagnes, aura disparu, à moins qu'elle ne con-
sente à mettre pour ainsi dire la main à la charrue,

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