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Confession générale de M. Maury, suivie de sa pénitence, de sa retraite sur les hauteurs de Pantin et de sa descente à l'autre monde ; le tout imprimé et publié d'après des pièces authentiques inédites

16 pages
L.-P. Sétier fils (Paris). 1814. France (1814-1815). In-8 °. Pièce.
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GÉNÉRALE
SUIVIE
DE sa pénitence, de sa retraite sur les
hauteurs de Pantin , et de sa descente à
l'autre monde.
Le tout imprimé et publié d'après des pièces
anthentiques inédites.
Heu ! quoe nune tel lus, inquit, quoe me oequora possunt
Accipere ?
VIRG. AEn. L. 2.
PARIS,
Chez L.-P. SÉTIER FILS, Imprimeur-
Libraire, Cloître St.-Benoit, N°. 21 ;
Et chez les Marchands de Nouveautés.
1814.
DE L'IMPRIMERIE DE L.-P. SETIER FILS.
CONFESSION GÉNÉRALE
DE M. MAURY.
D
E tous les hommes qui ont joue un grand
rôle depuis le commencement de la révolu-
tion française jusqu'au moment actuel, il
n'en est point, peut-être, à l'exception de
Buonaparte, qui, parvenu d'abord au plus
haut degré d'élévation, ait fait une chûte plus
grande que l'orateur célèbre dont nous al-
lons parler.
Il s'était acquis une gloire immortelle par
la sagesse et les talens qu'il avait déployés à
l'assemblée constituante, lorsqu'ayant à lut-
ter contre l'éloquent Mirabeau et contre la
populace plus éloquente encore, il défendait
avec une admirable énergie les droits du
trône et de l'autel.
Ses ennemis même les plus acharnés ne
purent s'empêcher d'applaudir son,courage
et sa présence d'esprit, dans une-circonstance
où des mégères le poursuivaient en criant :A
la lanterne. « Quand vous m'aurez mis à la
(4)
lanterne, leur dit-il froidement, y verrez-
vous plus clair? »
Après l'assemblée constituante, prévoyant
l'orage qui menaçait tous les honnêtes gens
sous le règne du capucin Chabot et autres
forcenés de l'assemblée législative, M. l'abbé
Maury jugea convenable d'aller chercher
ailleurs une sécurité dont la France ne jouis-
sait déjà plus; il se décida pour l'Italie, avec
d'autant plus de raison qu'il venait d'acquérir
des titres incontestables à la bienveillance du
Saint-Père.
En effet, Vie VI, aussi généreux envers
ses bienfaiteurs , que ferme envers ses persé-
cuteurs, s'empressa de lui témoigner sa re-
connaissance , en lui donnant le chapeau de
Cardinal et l'évêché de Montefiascone.
C'était récompenser, en Pape, quelques
mouvemens oratoires où, comme cet aca-
démicien l'a prouvé par sa conduite posté-
rieure, le coeur avait eu moins de part que le
talent d'une éloquence naturelle, fortifiée par
l'habitude et les succès de la chaire.
Quoi qu'il en fût, l'abbé Maury se conduisit
pendant quelque tems encore, de manière à
justifier les bontés papales et l'estime de l'Eu-
rope entière.
(5)
Mais qu'il est peu d'hommes vertueux qui
persévèrent jusqu'à la fin ! M. de Montefias-
cone , las de son obscurité, ou plutôt,: ne
pouvant se contenter du modique revenu de
son évêché, conçut le dessein de reparaître
sur la scène du monde, et d'arriver à quel-
que dignité plus lucrative.
Il avait entendu dire qu'il s'agissait de
créer en France un patriarche; qu'à la vé-
rité, le Pape s'y était opposé , mais que Na-
poléon Buonaparte , alors tout puissant , in-
sistait pour cette nouvelle institution; il con-
naissait assez l'audace de l'Empereur pour
rie pas douter qu'il détrônerait ta souverain
Pontife, plutôt que de renoncer à ses pré-
tentions. D'un autre côté, il voyait que le
Pape ne pouvait opposer que des bulles
contre des pièces de canon. Jaloux, peut-
être , de concourir pour cette nouvelle di-
gnité , il embrassa, comme tant d'autres,
le parti du plus fort, et se rendit à Paris ,
où, peu de tems après son arrivée, le car-
dinal Dubelloy étant mort, au refus du car-
dinal Fesch , il fut nommé par Napoléon Ar-
chevêque de Paris, dont il prit le titre sans
le consentement et la sanction du souverain
Pontife.
(6)
Il ne manqua point de solliciter celte
sanction ; mais le Pape avait déjà trop de
sujets de mécontentement contre ce trans-
fuge , pour, lui accorder un siège qu'avaient
occupé les Juigné ,les Beaumont, avec tant
de déférence pour le Saint-Père.
Sur ce refus, le cardinal Maury leva tota-
lement le masque ; et, dans un compliment
qu'il fit à l'Empereur, il n'eut pas honte d'ap-
prouver hautement sa conduite, pour ne pas
dire ses persécutions envers le Chef de l'église.
Il jouit assez paisiblement de son poste
éminent, tant que Buonaparte put conserver
le sien; mais quand le souffle du Seigneur
eut renversé ce colosse d'iniquités ,l'aspirant
au patriarchat se vit en même temps en-
traîné dans sa chute , avec cette différence
que l'ex-Empereur. conserva sa santé, et que
le cardinal perdit momentanément la sienne.
Comme il se trouvait en danger de mort, on
lui fit sentir la nécessité de faire une confes-
sion générale de ses péchés; il obéit et voici
ce qu'un de ses serviteurs , qui écoutait aux
portes, a prétendu avoir entendu ; car son
éminence parlait assez haut , suivant son
usage : « Je me confesse à Dieu le Père
Tout-Puissant, etc., d'avoir péché ;

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