Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Conseils pour se préserver du choléra, par le Dr K. Pfeufer,... traduit de l'allemand par le Dr F.-J. Herrgott,...

De
32 pages
Pélot (Belfort). 1854. In-16, 32 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

CONSEILS
POUR SE PRÉSERVER
DU CHOLÉRA,
Par le ])r H. PFEUFER,
PROFESSEUR DE CLINIQUE MÉDICALE A L'UNIVERSITÉ DE HEIDELBERG ;
OEraîmtt i>c l'2Ul£man!>
PAR LE Dr F.-J. HERRGOTT,
PltOFESSEUR AGRÉGÉ A LA. FACULTÉ DE MÉDECINE DE STRASBOURG,
MÉDECIN DES ÉPIDÉMIES DE L'ARRONDISSEMENT DE BELFOHT,
MÉDECIN EN CHEF DE L'UOPITAL CIVIL DE BELFORT, SECRÉTAIRE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE
___ DU HAUT-RflIN.
<C * v- •*f>*\ Opprime, dùm nova sunt subiti malasemina morbî.
:-' S a*' !\ V\ 1°™E-)
îf'^,^ '%1 «*r / DEUXIEME EDITION,
<*'V ^èSo-ItEVÎfE SUR LA 2^ ÉDITION ALLEMANDE.
amassasa
CHEZ PÉLOT, LIBRAIRE-ÉDITEUR.
1854.
AVANT-PROPOS.
La Société médicale du Haut-Rhin,, dans sa séance du
7 octobre dernier, m'a chargé de traduire en français l'opus-
cule du docteur PFEUFER, professeur de clinique médicale
à l'Université de Heidelberg, comme étant l'ouvrage le plus
utile et le plus convenable à mettre entre les mains du peuple
pour le guider en temps de choléra. Puissé-je justifier la
confiance dont j'ai été honoré par mes confrères ! Puissent
les conseils si prudents et si bien exprimés par le savant
professeur de Heidelberg, être utiles à mes compatriotes et
contribuer à les préserver du fléau !
F. J. HERRGOTT.
Belfort, le 15 octobre 1849.
AVERTISSEMENT
pour la deuxième édition française.
En m'adressant la deuxième édition de son petit ouvrage,
M. le professeur Pfeufer l'accompagna de ces lignes : « La
» faveur avec laquelle les médecins et le public ont accueilli
» mon écrit sur le choléra ne doit être attribuée à aucune
» pensée neuve, mais bien à ce que tout ce qu'il renferme
» est parfaitement vrai et exact, et à la conviction profonde
» qui anime les paroles de l'aijLtejip. »
Ces vérités sont aujourd"tiuf cfémontrées jusqu'à l'évi-
dence; personne ne peut plus contester ces deux proposi-
tions, qui sont comme la base et le résumé de cet écrit, à
savoir: 1° que le choléra est presque toujours précédé de
diarrhée; 2° que celle-ci est facile à guérir.
F. J. HERRGOTT.
Belfort, 11 août 1854.
00 M SE ILS
POUR SE PRÉSERVER
DU CHOLÉRA.
Il vaut mieux prévenir que combattre.
L'invasion du choléra dans des contrées épargnées
jusqu'ici par lui, inspire aux populations frappées par
le fléau des inquiétudes nouvelles, qu'il est du devoir
du médecin de calmer, soulève des questions qu'il
appartient à celui-ci de résoudre.
Familiarisé avec ce fléau lors de sa première appa-
rition en Allemagne, plus tard , au milieu de plusieurs
épidémies dans différentes parlies de l'Europe, j'ai eu
occasion de puiser à ces nombreuses sources d'obser-
vation des préceptes pratiques, qui intéressent particu-
lièrement le public, et qui ne deviennent si précieux,
que parce qu'ils ont obtenu l'assentiment de presque
tous les médecins qui ont observé par eux-mêmes cette
redoutable maladie.
Tout vrai choléra est précédé de diarrhée, qui pré-
existe quelquefois pendant quelques jours /quelquefois
aussi seulement pendant quelques heures ; c'est là un
fait de la plus haute importance. Dans presque tous les
cas, cette diarrhée peut être guérie si elle est traitée
convenablement, c'est-à-dire qu'on peut empêcher
qu'elle ne dégénère en choléra ; ce second fait est non
moins important que le premier. Il résulte de ces deux
faits le précepte : d'éviter la diarrhée pendant que
règne le choléra; de guérir rapidement la diarrhée
quand elle existe.
I.
Préservatifs contre la diarrhée.
Pendant que règne le choléra, la diarrhée peut être
évitée par un régime bien entendu, qui comprend les
choses extérieures aussi bien que les dispositions mo-
rales. La chose la plus importante est la nourriture
journalière. On peut admettre, en général, que toute
manière de se nourrir qui, en temps ordinaire . convient
parfaitement à une personne, est aussi convenable pour
elle en temps de choléra. J'ajoute qu'elle a la plus grande
influence sur le bien-être parfait.
Beaucoup d'individus croient qu'ils supportent par-
faitement tous les aliments parce qu'ils ne font pas
attention à certaines pesanteurs d'estomac, à un peu
de diarrhée, qui suivent l'ingestion de certains mets. Ces
légers troubles de la digestion, qui passent inaperçus
dans d'autres temps, sont à prendre en sérieuse con-
sidération en lemps de choléra, car celui-ci peut faci-
lement être produit par eux. Il est important, pour
chacun, de connaître le régime qui, pour lui, est le
moins suivi de ces dérangements. C'est dans le but
d'éclairer cette question que je vais passer en revue les
différents aliments qui sont en usage chez nous.
ALIMENTS ET BOISSONS.
La soupe, cette base de notre cuisine, est une nour-
riture très saine, telle qu'on a l'habitude de la prépa-
rer. Il convient d'en faire un grand usage pendant le
choléra. Ceux qui ne peuvent souper que tard, ou ceux
qui en temps ordinaire ne digèrent pas très facilement
leur souper, les individus qui ont l'estomac délicat,
— S —
c'est-à-dire qui se dérange facilement, feront bien, pen-
dant la durée de l'épidémie, de remplacer leur souper
par une soupe à la farine ou un potage au riz, au
gruau, à l'orge, ou simplement une panade.
La viande, qui, en temps ordinaire, devrait être
d'un usage beaucoup plus général, devra, pendant que
règne le choléra, être la base essentielle de la nourri-
ture.
Le boeuf, le veau , le mouton, dont on fera bien de
séparer la graisse, de jeunes pigeons, des poules, la
perdrix, le chevreuil, le lièvre et en général tout le
gibier, peuvent être mangés indifféremment; le porc et
le sanglier se digèrent facilement en général ; cependant,
quand ils sont trop gras, ils deviennent nuisibles. Le
jambon maigre peut être mangé impunément par ceux
qui le digèrent bien ; mais il occasionne souvent la diar-
rhée et devient dangereux en temps de choléra. Les
saucisses et andouilles sont à éviter, à cause de la
graisse et de l'ail qu'ils renferment en trop grande pro-
portion. L'oie, le canard, sont lourds à digérer; la
langue et les riz de veau sont légers; les rognons et le
foie sont difficiles à digérer.
Les oeufs, le jaune surtout, sont nourrissants et bien
légers. On pourra faire usage de tons les poissons d'eau
douce, l'anguille et l'écrevisse exceptées. Dans la ma-
rée , on évitera le saumon. On pourra manger sans in-
convénient les différents farinages, s'ils ne sont pas
trop gras. La pâtisserie fine, les gâteaux, de tout temps
ne devraient être mangés qu'en petite quantité, mais
surtout pendant le choléra; les gâteaux gras et avec
fruits devront être entièrement proscrits de la table.
Les légumes constituent chez nous la majeure partie
des repas ; les médecins n'estiment en aucun temps ces
aliments. Ils savent que les légumes renferment très
peu de substance nutritive; qu'avec une petite quantité
d'albumine végétale, qui se digère facilement, ils con-
tiennent aussi en une énorme proportion des fibres vé-
— 6 —
gétales, de l'eau et du sel, qui ne sont ni digérés ni as-
similés , et ils approuvent l'instinct des enfants , qui ne
mangent les légumes qu'à contre-coeur et contraints par
leurs parents. La plupart des légumes occasionnent des
flaluosilés et purgent légèrement. Celui qui, par sa po-
sition , n'est pas forcé à manger des légumes, fera donc
bien, en temps de choléra, de n'en manger que très
peu. Les légumes qui sont faciles à digérer sont les
scorsonères, les navets cuits en bouillie. Les pois, les
lentilles, les haricots blancs, cuits en purée, sont nu-
tritifs et peuvent être mangés sans inconvénient, mais
soigneusement débarrassés de leur enveloppe, qui ré-
siste complètement à la digestion. Il faut éviter les ha-
ricots verts et proscrire comme dangereuse la chou-
croute. Les carottes ne sont également pas facilement
digérées. Les épinards et les choux ne sont pas nui-
sibles ; mais nous ne les recommandons pas. L'ail et
l'oignon sont difficiles à digérer; la salade, la laitue,
l'endive, ne sont également pas à recommander. Nous
dirons aussi des pommes de terre tout ce que nous
avons dit des légumes en général : elles renferment très
peu de substance nutritive ; pour s'en rassasier, il faut
eh remplir l'estomac, surcharger cet organe. La pomme
de terre ne devrait être qu'un supplément à une nour-
riture plus substantielle; elle est, hélas! pour des mil-
lions d'hommes, la nourriture presque exclusive; elle
ne nourrit pas d une manière normale les pauvres, qui
sont réduits à ne manger que cela ; elle les empêche de
mourir de faim. Ce n'est pas la pomme de terre par
elle-même, mais la privation de la viande, qui est, pour
les classes malheureuses, la cause des nombreuses
maladies dont elles sont affligées. Un trop fréquent
usage de pommes de terre est nuisible en temps de
choléra ; il faut surtout éviter de les manger eu salade,
assaisonnées avec beaucoup de graisse ; cuites à l'eau ou
en purée, telles sont les manières de les préparer que nous
regardons comme les plus avantageuses; encore faut-il
— 7 —r
«n user avec beaucoup de modération. Le riz, le gruau,
l'orge et les mets préparés avec ces légumes doivent
être recommandés. Le pain devra être bien cuit, depuis
au moins un jour, quand.on voudra le manger. La mou-
tarde , le raifort, sont des hors-d'oeuvre convenables ;
même un peu de poivre , ajouté aux aliments, en faci-
lite la digestion. Il faudra recommander aux cuisinières
d'être très avares de graisse en temps de choléra. Le
beurre n'est pas absolument nuisible; mais il faudra en
manger peu, ainsi que de fromage. Le lait est un ali-
ment très utile pour presque tous les hommes; le lait
caillé et le lait de beurre doivent être soigneusement
évités. Le café, le café de glands, le thé, le chocolat,
sont très convenables.
Ce que nous avons dit des qualités nutritives des lé-
gumes s'applique aussi aux fruits. Ils nourrissent très
peu, purgent facilement et doivent être regardés comme
nuisibles en temps de choléra. Les fruits non mûrs de
toute espèce doivent être considérés comme des sub-
stances vénéneuses, dont la vente devrait être sévère-
ment interdite par la police. Les concombres, les melons,
les prunes et les pruneaux sont les espèces les plus nui-
sibles, dont on fera bien de s'abstenir complètement;
on évitera, à un moindre degré, il est vrai, les abricots,
les pêches, les figues, les pommes et les noix. Les
poires et les raisins bien mûrs peuvent être mangés sans
danger, mais en petite quantité. Les fraises, les mûres,
les framboises et les myrtilles resserrent légèrement et
peuvent être mangées sans danger, mais avec modéra-
tion.
L'eau est une boisson qui varie suivant les localités.
Lorsqu'elle renferme beaucoup de sels, elle relâche ; on
devra, dans ces localités, en boire peu ; là où elle est
bonne, bien claire et pure, comme l'eau distillée, on
pourra en boire suivant ses habitudes ; cependant il ne
faudra pas la boire en trop grande quantité. Le vin doux
ou le cidre non fermenté relâchent; on fera bien de
n'en pas boire ; on pourra faire usage du cidre fermenté,
comme du vin blanc, avec sobriété. La bière bien fa-
briquée avec de l'orge ou du blé n'est pas nuisible,*
mais si elle est mal préparée, si elle a un mauvais
goût et si elle est acide, elle devient très dangereuse-
la police devrait en défendre le débit dans les auberges.
L'eau-de-vie, prise habituellement en grande quantité,
est éminemment nuisible. Le choléra n'a pas de vic-
times plus certaines que les buveurs d'eau-de-vie. Un
petit verre d'eau-de-vie simple, ou avec des infusions
aromatiques ou amères, telles que l'absinthe, le cassis,
le ratafia, est sans danger; et si l'on est exposé au
froid, il est même avantageux d'en prendre un peu.
Le grog est préférable au punch. La meilleure boisson
pendant le choléra sera toujours le bon vin. Ceux qui
sont prédisposés au relâchement intestinal prendront
avec avantage du vin rouge; les personnes aisées, du
Bordeaux. Ceux, au contraire, qui sont prédisposés à
la constipation, boiront plus avantageusement du vin
blanc pur ou coupé, dans les localités où l'eau n'est
pas bonne; le Champagne n'est pas convenable: non
qu'un ou deux verres soient nuisibles; mais pris en
grande quantité, comme on a l'habitude de le boire, il
devient nuisible.
Pour tout ce qui regarde les aliments et les boissons,
nous donnerons le précepte suivant : les substances
que nous avons signalées comme nuisibles peuvent être
innocentes si elles sont prises en petite quantité, tandis
que celles que nous avons signalées comme'parfaite-
ment convenables peuvent devenir nuisibles si on en-
fait abus. Une trop grande quantité d'aliments pris à
la fois, aussi bien qu'un mélange d'un grand nombre
de mets, sont également nuisibles.
Chaque aliment exige un espace de temps différent
pour être digéré; si on en ingère de plusieurs espèces,
il en résulte un trouble pour la digestion, qui, dan&
des temps ordinaires, entraîne à sa suite un petit dé-
— 9 —
rangement, mais qui peut entraîner le choléra quand
celle maladie sévit..Les repas copieux, mais surtout
l'abus des boissons spirilueuses et des liqueurs fortes,
sont donc à éviter soigneusement dans ces temps. Une
nuit joyeuse, qui ne se venge ordinairement que par
un mal de tête, peut,.dans ces moments, devenir cause
de mort. J'ai vu, chez beaucoup d'hommes, à l'ivresse
succéder le choléra le plus meurtrier. Il résulte de ces
courtes observations qu'à l'exception des concombres
et pruneaux, dont on fera bien de se priver totalement,
on pourra, si l'on se porte bien d'ailleurs, manger
tous les aliments en usage chez nous, pendant que règne
le choléra, avec la précaution , cependant, d'éviter les
mets qu'en temps ordinaire on digère difficilement ou
lentement. Malgré cela, on fera bien de faire un choix
raisonnable dans les mets, d'après le degré de digesti-
bilité que nous avons indiqué plus haut, et d'éloigner
de la table les mets qui ne sont pas parfaitement con-
venables pu indispensablement nécessaires pour la nour-
riture. Ainsi, le porc est facile à digérer quand on ne
mange que la partie maigre ;,mais, comme on ne pourra
que très difficilement surveiller les domestiques , qui,
en général, préfèrent le gras , on fera bien de bannir
cette viande totalement de la cuisine. On n'est pas tou-
jours assez attentif à soi-même, car si Ton peut manger
sans danger quelques feuilles de salade de laitue ou
d'endive, on peut aussi se nuire très facilement en en
mangeant beaucoup dans un moment de distraction. II
vaut donc mieux la proscrire de la table. Une ou deux
tranches de jambon ne sont nuisibles à personne ; mais
un morceau de jambon est certainement plus nuisible
qu'un morceau de veau de grosseur égale; et comme il
est infiniment plus facile d'éviter totalement un mets
que d'en manger dans la limite souvent exiguë de la
prudence, on fera bien, si on en a le choix, de se bor-
ner aux mets que nous avons signalés comme très con-
venables ; on pourra alors en manger à saliélé en toute
— 10 —
sécurité, tandis que les mets douteux ne sont mangés
qu'avec une certaine crainte, comme avec une conscience
troublée. Pendant que le choléra sévissait à Munich,
j'avais proscrit de ma table tous les mets suspects; je
ne permettais chez moi que des potages, du boeuf, du
veau, du poulet, du gibier, du riz et de légers fari-
nages; je m'en suis parfaitement trouvé, ainsi que les
familles qui, d'après mes conseils, suivaient mon
exemple. Beaucoup de personnes, qui se trouvaient
également bien d'un régime moins sévère, me taxaient
d'exagération. Ce reproche me touchait peu dans unie
circonstance où la privation avait des inconvénients si
légers ,1'élourderie des suites si graves. Si lés circon-
stances ne permettaient pas un choix si soigneux des
aliments, on saura que même des mets peu convenables
peuvent être mangés impunément lorsqu'on sait en mo-
dérer la quantité.
FONCTIONS DE LA PEAU, EMPLOI MODÉRÉ DES FORCÉS.
En seconde ligne, se trouve, pendant le temps de
choléra* l'attention que réclament les fonctions de la
peau. S'il est de notoriété que là plupart des cas de
maladie ont leur origine dans des écarts de régime, il
est non moins, vrai aussi qu'un grand nombre de cas
doivent être attribués à des: refroidissements. L'action
du froid humide est la plus dangereuse. Les habita-
tions humides sont les lieux de naissance ordinaires
du choléra. Même dans lès familles aisées, on a le tort
impardonnable de choisir pour chambrés à coucher les
pièces les plus mauvaises de la maison. Grâce à la
manie du grand ton, qui remplace si souvent dans les
familles bourgeoises la vraie entente du comfortable, on
voit souvent les chambres les mieux situées, destiuées
à recevoir des visites, soigneusement ornées et le plus
souvent vides , tandis que les chambres à coucher de
toute la famille sont reléguées à l'étroit, dans un coin
— 11 —
humide du rez-de-chaussée ou de la cour, où jamais
un regard du soleil n'envoie sa lumière et sa chaleur.
Celte habitude, insalubre et niaise dans les temps or-
dinaires , devient dangereuse en temps de choléra ;
celui qui peut disposer ses appartements comme il l'en-
tend, devra choisir pour chambre à coucher une pièce
sèche et exposée au soleil; les appartements du rezr
de-chaussée doivent être élevés et sur une cave; les
étages supérieurs conviennent en général beaucoup
mieux pour chambres à coucher.
En temps de choléra, il faut soigner les chaussures.
Les personnes qui se refroidissent facilement ' et qui
sont prédisposées à la diarrhée et aux coliques feront
bien de porter sur le corps une ceinture de flanelle.
Ceux qui se lavent habituellement le corps avec de
l'eau froide trouvent dans cette excellente habitude le
meilleur préservatif contre les refroidissements, et fe-
ront bien de continuer ces lotions en temps de choléra.
Les bains froids sont moins utiles, et on fera bien d'en
suspendre l'usage. Il est dangereux de se tenir dans
des jardins humides, des parterres, et surtout de cou-
cher sur la terre humide. Le séjour dans des bâtiments
humides et froids, comme les églises, est malsain; c'est
pourquoi il est à désirer que les offices soient en gé-
néral très courts. Celui qui est exposé à sortir le soir
fera bien de se munir de vêlements chauds; il en est
de même de ceux qui sont obligés de rester ou de tra-
vailler dans le voisinage de l'eau.
Le théâtre offre une agréable distraction ; cependant
il expose facilement aux refroidissements, contre les-
quels il est bon de se précautionner.
Les bals exposent encore davantage à ces inconvé-
nients; les amateurs s'en inquiéteront sans doute très peu,
mais je doute fort que les mères prudentes consentent
à y conduire leurs filles pendant que règne l'épidémie.
Les voyages aussi exposent facilement aux refroidis-
sements ; il serait bon, sinon de les éviter totalement
— 12 —
dans les localités infectées, ce qui souvent serait bien
difficile, du moins de n'entreprendre que ceux qui sont
indispensables, et de redoubler de précautions pour
en éviter les inconvénients.
Ceci s'applique surtout aux voyages en chemin de
fer; on a heureusement, depuis peu, supprimé les
wagons découverts ou debout, dans lesquels les mai-
heureux étaient entassés avec bien moins de précau-
tions que le bétail, et dans lesquels les voyageurs
étaient exposés ou plutôt voués à un grand nombre
de maladies. Les médecins du pays ont eu à en soigner
de nombreuses, dont la cause unique était un voyage
dans ces voilures. Il est juste et nécessaire que le pu-
blic voyageur trouve un véhicule dont l'élégance et le
comfortable soient proportionnels à l'argent qu'il a dé-
pensé; mais tous doivent trouver, sans distinction de
bourse, la sécurité pour leur existence.
Pour entretenir la santé, il est important de ne pas
trop se fatiguer, surtout par des veilles prolongées ;
elles deviennent éminemment nuisibles en temps de
choléra , et occasionnent souvent plusieurs cas de ma-
ladie dans une même famille. On a pu constater sou-
vent, dans les hôpitaux, la justesse de celte remarque.
On a observé un grand nombre de cas mortels de cho-
léra dans des hôpitaux où un personnel insuffisant était
astreint à un service trop rude et trop prolongé. Les
contagionnistes ont cru trouver dans ces faits la preuve
que le choléra était contagieux. Dans les hôpitaux où
l'on a augmenté le personnel des infirmiers pour
donner à chacun 12 à ÎS heures de repos, la mortalité
de ceux-ci a été très insignifiante. Lorsque, dans une
famille, une personne est atteinte du choléra ou d'une
autre maladie, il convient de s'arranger de telle façon
que les soins se trouvent partagés entre différents
membres de la famille; et, si celle-ci est peu nom-
breuse, entre des étrangers. Les voyages à pied un peu
longs sont à éviter.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin