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Considérations politiques sur l'influence de la religion, pour la restauration de la France ([Reprod.])

22 pages
[s.n.]. 1793. Religion et État -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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NBS- 1010a
PERGAMON I)RESS
f-tëaalington Hill Hall, Oxford OX3 OBW, UK
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
1 CONSIDÉRATIONS
P OLI TIQUES
SUR
DE LA RELIGION,
O U R L A
dû la France*
A i.
CONSIDERATIONS
POLITIQUES
Sur r influence de là Religion polir ht
restauration de la France*
LA faction criminelle qui, depuis quatre ahs*
couvre la France de deuil et de ruinés et
menace le reste de l'Europe d'une fatale- sub-
version, paroît enfin s'agiter dans les convul-
sions d'une cruelle et désespérante agonie.
L'esprit de discorde $ qut~îâ" déchire éloigne
d'elle les ressources; elle va périr. L'espérance
renaît dès-lors dans le coeur des bons Fran-
çais, et avec elle s'offrent en foule et les
desirs de voir réparer tant de désastres et
les moyens de les réparer avec succès. Il est
un de ces moyens qui mérite de fixer spécia-
lement l'attention du sage c'est la Religion.
On ne peut se le dissimuler c'est ici le
grand ressort des Goùverriemens et si l'homme
qui veut jouir sans contrainte, peut désirer
dans son cœur, que la Religion n'existât pas
il ne peut se considérer dans ses relations avec
ses semblables et encore moins aimer sa pâ«
trie sans dire avec Voltaire
Ss là terre et lés deux cessoieht de l'annoficçr;
Si Dieu n'existolt pas, il faudroii l'inventer.
En effet, que socles loix sans les
moeurs et les mœurs elles mêmes flue
sont-elles sans la -Religion ? Une longue
et pénible expérience doit ici tenir lieu de
raisonnement. Pour remplir invariablement
ses devoirs sur la terrè l'homme a besoin d'en
puiser la source dans le ciel car enfin
puisque les loix de la vertu doivent indis-
un véhicule qui les porte tous à s'y soumettre,
et ce véhacule, la Religion seule peut le four-^
nir. Sans doute l'Intérêt et l'hpnneur ont
aussi leur langage et leur influence mais que
peuvent-ils sur l'homme corrompu ? il respec-
tera, je le veux, les loix sociales, lorsqu'il
pourra les enfreindre sans se démasquer. Mais
combien de circonstances où il pourra les tra-
hir en secret, et où, sans la Religion, il man-
quera de frein, capable de l'en détourner.
Mais que devient l'empire des loix sociales,
lorsque celles de la vertu sont enfreintes ?
L'homme corrompu est un esclave qui blan-
chit d'écume le frein qui le captive, jusqu'à
ce qu'il trouve l'occasion de le rompre. On
a dit la révolution française a dénaturé bien
des âmes et il eut été plus vrai de dire la
révolution française a manifesté bien des coeurs
dépravés.
Ainsi que la vertu le crime a ses dégréa.
Et les hommes, sur-tout, qui ont joué le pre-
mier rôle dans l'histoire de nos désastres, n'ont
fait que paroitre ce qu'ils étoient L'anarchie
a pu consommer leur dépravation, et les mettre
au rang des scélérates mais ils n'étoiènt d'a-
(S)
(a) Guérin du Rocher, Histoire véritable des temps
fabuleux.
Tance que des sujets hypocrisies, parce qu'ils
n'étoient d'avance que des citoyens corrompus.
Aussi les Législateurs de tous les peuples
ont-ils fait descendre du ciel les loix qu'ils dic-
toient à la terre, et mis leur etnpire sous la
sauve-garde de la Religion. Confucius, Selon,
Lycurgue et les Sages Je la Grèce, n'ont voulu
parler aux hommes qu'au nom des dieux. Les
anciens maîtres de la terre se sont quelquefois
donné eux-mêmes une origine céleste et qui-
conque a parcouru la chronologie des Chi-
nois, les annales des beaux jours d'Athènes
et de Rome, doit être convaincu, qu'il n'ap-
partient qu'à la Religion d'inspirer à l'homme
et ce respect sacré pour ses maîtres., et cet
amour héroïque pour la patrie, et ce'noble
enthousiasme pour ses loix. Qu'il est grand,
qu'il est invincible, s'écrie Platon qu'il est
fidèle le peuple qui croit obéir et combattre
en présence des dieux immortels! De-là les.
doux sacrés, lancés sur le capitole de-là, l'u-
sage d'interroger les entrailles palpitantes des
victimes de-la, le vol des oiseaux mis au rang
des augures, les oracles des Sybilles invoques
avec une religieuse terreur. Tout, dans This-
toire des peuples même idolâtres atteste
l'influence de la Religion et le soin qu'avaient
les chefs d'en faire, et le garant de leur au-
torité et le ressort de leur gouvernement.,
Un homme de génie 0) dont les ouvrages
aeroient plus connus dans un siècle moins sup-
(6)
pernciel, démontre qne le premier Législateur
des Juifs servoit de modèle à tous ceux qui
dans la suite, voulurent donner des loix aux
peuples. Qui peut.ignorer, en effet, avec quej
imposant appareil Dieu confia d'abord, 4
Moïse le code de ses volontés ? Il nous semble
voir encore cette montagne ébranlée par le
bruit du tonnerre ces caractères divins gravés
'sur la pierre cette arche majestueuse destin
née les recueillir cette fête solemnelle qui
perpétue d'âge en âge la sainteté de leur
origine et ce pieux tremblement avec lequel
les Hébreux en reçoivent et en conservent le
dépôt auguste.
Le Législateur des Chrétiens dont la mort
paroxtj à Rousseau lui-même, la mort d'un
Dieu Jésus-Christ dont la mission étoit de
donner aux hommes des loix moins sévères
"pt de substituer h un peuple d'esclaves, les
vrais enfans de la. liberté Jésus-Christ le plus
doux des hommes et le plus sage des Législa-
teurs, n'a pas mis cet appareil formidable dans
là promulgation de ses loix; mais pour ren-
dre les hommes heureux, il a voulu les rendre
soumis; et afin de placer là puissance des
maîtres hors des atteintes des sujets^ il en a.
mis le dépôt au-delà de.leur portée, dans le
piet. Entendez-le c'est au nom de pieu que
les maîtres commandent et que les inférieurs
obéissent. Si le Monarque porte d'une main,
le sceptre pour gouverneur, il tient de l'autre
le **laiye pour punir il est le représentant de
Dieu même: et partout et toujours le sujet
est encore hieri plus porté à là fidélité par
l'intérêt de sa conscience, que par l'îaitérét
même de son bonheur.
A4
ïl faudrait ne pas connaître tout à la foin;
et les passions des hommes et l'histoire des
nations, pour ne point applaudir à la néces-r
site de ces mesures. L'homme, en effet, paroît
aux yeux du Sage qui l'observe un composé
bien bizarre. Il aime par-dessuë tout, le bon-
heur et l'indépendance et quoiqu'il soit vrai
tant qu'il est soumis à ses loix, tous ses ef-
forts tendent cependant à écarter du moins
.tes barrières qui le circonscrivent, s'il ne peut
les franchir. Il faut donc une voix qui lui
parle dans ces réduits solitaires, où les loix
paroissent garder pour lui le silence une voix
qui réprime jusqu'à la pensée qui médite l'in-
fraction et jusqu'au desir qui inspire de la
réaliser une voix qui tonne d'avance et qui
épouvante les passions car dans les fortes
crises qu'importe le glaive des loix qui ne
punit que la maladresse ? le désir de les en-
freindre inspire toujours la confiance de s'y
soustraire, e% comme l'a dit un Philosophe
de l'antiquité la conscience de l'homme se
modifie alors au gré de la volonté au soin
que le crime finit par prendre la teinte de la
vertu. Mais que Dieu apparoisse au méchant
au milieu des ombres mêmes où il s'enveloppe,
et que là, seul avec lui, il lui dise tes pro»
jets ont un témoin, comme leur exécution te
donnera en moi un vengeur. Rarement le
méchant bravera son trouble et ses alarmes et
si le crime n'est pas totalement banni de la face
de la terre il en résultera du moins que nous
ne pourrons plus compter les jours par des
milliers de forfaits, » Chose admirable! s'écrie
» aussi Montesquieu, la, Religion chrétienne

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