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Considérations sur le corps royal du génie ([Reprod.]) / présentées au comité militaire par un membre de ce comité [Bureaux de Pusy] ; impr. par ordre de l'Assemblée nationale

De
45 pages
de l'Impr. nationale (Paris). 1790. France. Direction centrale du génie -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS-
Hcadiiigi.on 1 1 ̃ 1 Hall, Oxtortl OX3 OUW, DK
CONSIDÉRATIONS
S V R
LE CORPS ROYA1 DU GÉNIE
pRiSENTéÊS AU CoMITi MlttTAlftl PAR UJt
MEMBRE ot CI COMITÉ.
Imprimées par ordre de
A P A îl I SI
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
-A
CONSIDÉRATIONS
SUR '̃̃̃
LE CORPS ROYAL DU GÉNIE
Présentées AU Comité Militaire par UN
Membre de ce-Comité,
Imprimées par ordre de F ÀSSEMlBLtz NATIONALE»
IVJLoN Mémoire n'cft pas de démontrer
l'utilité des fortereire-s. Quiconque a réfléchi fur la Guerre,
a fenti la néeeffité de c^s pvVtnts ^l'appui, où l'art, pur Ces
combinat fonsv perfe<5kionu uu les avantages naturels d'un
iîte, & fes déiams
efpace, de manière à ce qu'un petit nombre d'hommes
puiiTe s'y mamtenir long-temps contre des forces fupé-
rieures.
C'eil à l'aide de ces qu'une armée
devinée à rorTendve fe porte avec confiance en avant de
iès frontvcres, parce qu'elle fait que les communications
fes approviiîonnemens Ces retïources fa. retraite font
aifurés par les places fortes qu'elle elle.
C'eft par leur protection qu'une armée foi ble fe fou-
tient fins être entamée; c'eft derrière Lmrs maires redou-
tables qu'elle vient chercher des ailles dans fes
c'eft U qu'elle fe répare en gagnant du temps, qu'atten*
2
me aux mouvement du vainqueur elle
pognons, elle cpie ùs, faines, clic attend les circonf-
tances'; &; faihilam I occahen parvient à
reprendre la qu'elle avoir perdue.
C'dft par ks enfin, qu'une Nation éloignant
le théâtre- de h Guerre de les foyees, rejette
chez tes ennemis les dévaluions de ce fléau.
Si, contre mon attente, quelques-unes de ces vérités
étoun: conte (Ices, fans dans cet inftant à les
prouve r par le conii-
derant Us difTérens de nos deux dernières Guerres
avec je prierois qu'on me dit i\ c'eft par
le feul cttec du hasard, ou par le fecouis des.
qui nous
hommes parvenus conserver, dans la Guerre de i-^tS,
ces mêmes que nous facilement &:
il lapidemenr perdues dans la Guerre de I7J7 ,̃ temps
auquel elles imoient point fortifiées, ou du moins elles
l'étoient très-mal. Je prierois qu'on fe rappelât la férié
des qui accompagnèrent la Guerre de la fuc-
centon; je demanderois par quel prodige la France, à
cette époque, évita î'invaiion preique certaine donc elle
étoit menacée ? quelles refïources garantirent ùs Pro-
vinces des ravages? et j'inviterois mes contradicteurs à
ne point oublier qu'une des Places les moins impofantes
de l'Europe, la petite fortereife de Landrecie, qui déjà,
en avoir arrêté les Succès de Charles-Quint, fut
encore, en 17x2, recueil contre lequel vint fe brifer la
fortune des Alliés.
A ces considérations générales, je ne puis m'empêcher
d'en ajouter une autre qui s'adapte plus particulièrement à
la poiîtion actuelle du Royaume, c'eft que le fyftême des
forterelTes fe lie intimement à de grandes vues d'économie
Se au maintien de la Liberté.
En effet, c'eft la protection que les forterefles affurent
nos frontières,- qui feule peut juftifier la foibleffe numé-
̃̃
tique de notre état Militaire. Une augmentation de
hommes de croupes fu ppléeroit à peine au défaui
de nos places de guerre il faut donc les confaver, ou
nous décider à augmenter .notr'e armée: niais ce font les
grandes armées qui compromettent- la liberté des
ce font-elles qui donnent des chaînes aux Nations que
les Coudoient parce que les Gouvernement, qui les diri-
gent ^peuvent toùjoui s a leur tes remplir
vagabonds, & fur-tout de ces déferteurs fans pâme",
hommes aux malheurs ou i la profoétité de
b terre qu'ils habitent, Se d'autant
qui les guide, .que leur fortune doit ecre le prix de leur
obéuTance.
Loin donc que les citoyens aient rien à redoute," de
ces maires inertes f elles feront au" contraire
toujours pour eux un grand ôc piaffant moyen
ToppreOion car, dans cette hypothèfe ou le Gouverne-
ment, qui voud roi places
de guerre ou il en alvmdoriner-oit une partie dans le
defTaiiiroit dcviemk.oit, pour le Peuple, un point d'ap-
pui un centre de réunion; or, quand un Peuple veut
la liberté pour l'obtenir il lui furlic de la faculté de
rallier fes moyens & de réunir fes cfTovts.
Je dois piéveftir l'objeâiion qu'on pourroît me .faire,
en ckfanf: ou^une Nation voinne qui connoît la- liberté
qui Taime qui en jouit, qui veut Ia conserver, a dé-,
menti) par fa conduite, l'opinion que je fouriens; &
dans ce cas, e répondrois que porte abfolu-
ment à faux, car la confervatton du no.s places de guerre
a pour objet de mettre la France dans Il môme ntuâtion
politique intérieure que qui n'a point ou
qui n'a que très-peu de forter elles.
VA ngleterre » enveloppée pou-
voir le palfer des redources dont l'art a nos iron-
tières. Elle s'cft donc bornée au petit nombre de places
flmem de fa marine; elle a même temps, la
nombre de & cdle d'une armée pour les dé-
fendre. Félicitons ta d'avoir atteint le plus haut degrç
de b fùvcté politique, .trais que te tableau
de ces avantages jufufo pleinement l'opinion que j'ai
avancée; car fi l'Angleterre, dans -la crainte des orages
qui peuvent fous, tes pas d'une armée nom-
breuiè n'en entretient habituellement qu'une très-foible»
elle ne doit cette précieufe raculté qu'à l'état de fes
frontières, ce pour lef-
qutlîes la nature a fait ce que nous. n'avons pu obtenir
pour les nôtres, que par les travaux d'une longue in-
Enfin l'ajouterai, avec un. Militaire-citoyen CI que Ci
le temps ariivoit où la Nation pût renoncer â larnbi-
» non de prendre paft à toutes les guerres de l'Europe
» ii elle pouvoir fe borner à faire refpe&er fes frontières,
>j ce ne (croit précifement que par le moyen des places
fortes qu'elle y parviendroit puifque c'eft celui par
lequel une milice, purement Nationale, pourroit ac-
» quenr le pins de valeur. »
.Te .n'intîilerai. pas davantage fcrr cette d.ifcuflîon &•
fnppofanr que l'utilité, & même la néce ffitc des places de
guerre, font adimfts comme des vérités incoutefrabîes
je, tire de ce premier principe une conséquence néceflaire
• c'eft qu'il faut que des nommes infrruits foient charges d'édi-
de réparer & d'entretenir nos fortereiîes pendant la paix
la guerre, de les défendre 8c d'attaquer celles
de nos ennemis: car il en; bien évident que ceux qui,
par état, devront les furveiuer dans tous les détails de
leur eop.itruenon en faiiiront mieux tous les rapports)
en apprécieront mieux la force ou la foiblelTe en calcule-
ront mieux toutes les reffources.
5
A
Tels font en 'France les divers objets de rmft*tution
du Corps-Royal du Génie.
Mais comme les ralens, nécefîaires pour exceller dans ces
fondions dérivent d'une très-étendue applicable â
pluficurs branches de- rAdminikration générale le gouver-
nement dont le grand arc doit être de fïmp|tn"erles moyens,
& de, les réduire* au moindre nombre potlible, feroir une
chofe auffi 'fage il force d'inftituer ci
Officiers pour une deitination indifpenûbie, il faifoit
àeur inftru£ion à torts' les autres objets analogues auxquels
eUe les rend propres.
D'après des vues fi {impies, de tous les corps qui forment
l'armée, le Corps du Génie eft celui qui) par les études
préliminaires auxquelles il eft aifajé'i par réducation
qu'il reçoit, par rinftru&iôn qu'on en exige, femble de-
voir dans une plus grande réunir
des fonctions plus importantes, & offrir des rélultacs d'utilité
plus conlidérables.
Rien de tout, cela n'exifte cependant la plupart des avan-
rages qui devraient découler de cette inilimtion militaire,
font perdus pour l'Etat; & depuis environ tren>é.ans., à
mefure que les moyens d'mftruâion dn Corps du Génie fè
font accrus, on l'a dépouille de fes .attributions les plus na-
turelles, on lui ainrvrdit. les fendions auxquelles il avoir
le plus d'aptitude celles que fon
évidemment, enfin on di voit qu'on ai affecté d'exiger des
fujetsqui le compofent d'autant plus de connoiflaJiccs & de
ralens qu'on vouloir les condamner à une ina&ion plus
décourageante a une nullité plus absolue.
Pour atteindre plus facilement au but de cet écrit que
eu: d'indiquer le moyens de tirer du Corps du Génie toute
l'iuilité dont il eft futceptible, fexpoferai d'abord fon édu-
cation j'en conclurai lc-s fondions- diverfes auxquelles elle
le rend propre, je dirai celles auxquelles il en: actuellement
6
ferai connaître les cauf:s principales du depouii-
iement f ucccïîif d'attributions qu'il a éprouvé enfin après
avoir pr^pofé' la compohtion que je croîs L\ plus convenable
u fa defHnation je désignerai les attributions qui me pa-
roi(ÏL-nt devoir lui être exclulïvement ..dévolues pour le Plus
grand bien du Service.
Ceft après trois ou quatre ans au moins d'études a(fi-
l'Algèbre, la Géométrie, le Calcul infimtéfimal la Mé-
chamejue l'Hydraulique ÔC le Dcflîn que te Candidat
qui a iatïsfait i ce» difterens objers d inftnidion, eft admis
a. l'école de Mcziercs avec le rang & les appointemens de
Ces ériules ptéliminsires ne font^>our lui que la clef de
celles auxquelles il doit fe livrer pendant fon Séjour à l'é-
celles-ci ont pur objet de lui
mic, la coupe des pierres, la charpente l'architecture ci-
vile, l.i' théorie des ombres, b pcrfpcclive l'arc de lever
des plans & des cartes & de faire des reconnoiffances le
nivellement, rarchiteciure militaire, c'eft-à dire l'art de
projeter de tracer d'eftimer de conftruire c\' de toifet
les ouvrages de- fortification, enfin les procédés de l'atta-
que & de la défenfe des places. L'inftruârioa iur ces di-
verfes parties eft pou0ee jufqu'à la connoiiïànce &
même a l'application des moindres dérails, & l'on obfer-
vera qi'il cil impolTible de traiter les plus impoïtans de ces
objets, fans y mêler des leçons étendues fur 1a théorie des
mines, fur tes retranchemens des poftes tk. des camps à la
guerre, Se fur Science des mouvernens &r des grandes
poikionsdes armées des cours de Chimie ex de Phyfiqtte
De nouveaux emploi du tems
des Lars progrès èV leurs connaiiîances & c'eft
lorfqae chacun d'eux a acquis toute
-celles dont je viens d'efquiirer le tableau qu'il quitte
l'école pour entrer dans les brigades du Corps du Génie, Sç
7
A 4
v exercer fous les ordres & fous la dîreéHon des Officiett
Supérieurs de c e Corps, les diverfes fondions du fervice qui
L'on conçoit très -bien qu'au moment ou il quitte U-
cole, l'élève n'eft encore ni un atchi-
w&Q, ni un mineur, ni un officier de TEcàt-Major ni
un fomficateur, ni rien enfin de ce qu'il peut être un
jour d'après l'éducation qu'il a reçue niais les principes
de cette éducation fubfiftent, & quelle que foit la route
qu'il aura à earcourir, (oit, que les befoins du ferviee lui
la carrière, foit que cédant à fes goûts il la
choifitre lui-même » toutes lui feront également familiè-
res parce qu'il tient le fil conducteur qui doit l'y diriger;
je dis mieux c'eft qu'il ftrvira avec d'autant plus 4>ut*-
ltté, qu'il feca fucteflîvement employé à plus d'objets dif-
rérens car le feul dans un art c'cftd'cn
éptilfer toutes les combinaifons..
Voilà donc à la difpofition de l'Àdminiftraiion une inl~
trument également iiraple mobile -qu'elle peut em-
ployer à une foule de deftinations diverfes. Voilà une pé-
pinière de fujets, parmi lefquels elle peut chqifit ou
même prendre qu'elle croira nécef-
faires à fes vues, & cela avec la certitude que ft tous n'y
concourrent pas avec des taîens également brillans tous
du moins y apporteront une capacité fuiîifante pour que le
fuccès des opérationsqui leur feront confiées ne périclite
pas à un certain point entre leurs mains, L'oivfenr com-
bien de telles Jifpofvtions .prépareroient d'unué dans les
projets, d'harmonie &. d'aaivité dans les moyens, & d'é-
conomie dans les réfultats.
Au lieu de fuivre un plan fi naturel fi fimple, on biffe
un Officier du Corps du Génie végéter dans les détails bor-
nés & monotones de l'entretien des fortifications fans
ceflfe entouré d'objets d'milité publique le fenrîment de
fon aptitude à s'en occuper le tourmente & le porte alter-
nativement vers chacun d'eux j toujours repouflé, comme
s
fi l'on fon activité, cc-mme fi
capable vpu -tour on l'aiment qui
& -/il nvanc: de ces-
litlliiie t jl faut qu'il la
dilpute à di corrv>ui mis pirticulières que
ks fop.cti.s om Owvroicnc évidemment faite
.le contre tout alxis
foit ou nitme lui n'égards dire la ve-
nte je la prononcerai f.ins amenume &: fans détour &
je déclare une fois pour routes, qu'en attaquant l'exiftency,
ou la manicre d'are de certains coips, je ne cclfe pas de
rcfpvder les homm s de mérite qui en font partie.
-A pu s Cvt aven, je, vais au fait, Se je cite comme de vé-
Corps de déplus
de quatre-vingt Officiers auxquels on donne Ses connv.if-
lîons des pratifications des. des traite-
mens s en attcndaii: l'ordonnance qui doit les conftituer.
Le Corps des Ingénieurs Géographes vraie furabon-
ennee militaire mplgré les talciïs qu'il renferme mais
co:i!ècjiuence forcée de l'inftitucion d'un Etat Major formé
au haCird fans préparation fans choix, fans qu'on aie
exigé d:s_ filets q;ii y font admis, de jiiftiricr des démens
de i exercent.
Les manieur, des AlTaires étrangères, & les Commit
co:nmj il la demarv.ition d'im^ fron-
tière & l'art de vl.rf;r des bornes etoir un fecrct parti-
culier que l'on ne put conher qu'à une certaine daiîe a'ini-
cies
travaux des parts
de France, c'jnv.ns ii Ls travaux de ces ports pouvoîent
jamais p. rdre in-me connexion qui'les li^.awx difpoiîtions
des comme Ü le Corps du
,9
Génie qui ci-devant en étoit chargé, ne paufrpit pas
YLttc encore aujourd'hui.
Les nfurpations des Ingénieur^ 4es Ponts 6c Chauffas,'
qui viennent s'emparer des fondions du Corps du Gé-
nie, fur ..lot points les plus importans de nos côtes, au mi-
lieu des places de première ligne de nos frontières, fans
que les variations dans les plans les dépends perdes dans
les exécutions hs ttiftes -luccès des tiavanx dé Cherbourg
du Havre, de -Dunkeruue & de Landau, aycnr pu jut-
qu'ici detnllcr lçs yeux du Gouvernement fur ces abus.
Mais ce n'dl pas tout & tout récemment encore » outre
des Ingénieurs des Colonies, nous avions des
& des Tngénieurs-Géographes des Colonies.
Cependant le refte fans bras fans âAi-
vite; fans encouragement noi» places les plus importantes
depériflent faute d'un bon régime qui les çonferveroit
prcfque uns frais. La plupart d entre elles inanquent dç
cet équilibre qui constitue leur véritable force car vaine-
ment mnltiplieroit-on la dépenfe & les reiîources de l'art
fur les trois quarts du pourtour d'une forteretlè on na
rien fait tant qu'^il rené un front faible ou fans proportion
avec la force des autres, puifqùe l'ennemi en s'attachant;
excinfivement à celui-ci rendra nuls par ce procédé tous
les farinées d'argent, & tous les efforts dlnduftrie qu'on
auroit accumulés fur des points qu'il peut éviter.
Le moyen des contre -mines feroït un des plus éner-
piques par on
ïîftance des dînerons fronts de nos places de guerre. Un
corps rempli d'initruaion & de taleus eft inftitilé pour
cet objet mais (on régime contredit m deftination réparé
de fes coopérateurs rjécefïaires, fans relation fanscorcef-
pondance avec eux, cet iiolement donc l'intention eil inex-
plicable parai yfe fes facultés, le force enfouir des con-
noiiTances précieitfés dans Fenceinte de fjn polygone -t &
confumer en expériences rebattues ) » mais toujours renaif-
fantes des moyens dlndullrie dont le réfutât & roit îûtal-
10
DIrai-je que l'aveuglement. &: été pouffés
les Officiers de ce Corps, des fonc-
l'armée; 1 on demandât aux hommes en place,
qui avoient mflue fur cette ordonnance) les motïrYdexette
ils avoir été ind^
penlable car fi les Ingénieurs avoient été admillibles à ces
emplois, ils fini Par les envahi
Tn inl ferait difficile de, dire plus clairement eue leur
aptitude a la chofe avoir été le titre de leur excluLn.
donnance%ara.desIngen1eursle5Sapeun& les Mineurs
identifie néccfïairement
à ces premiers, vérité fi frappante que, quelque tems au»
fer & que l'ordonnance de defunion de l'Artillerie &
du ?C
lemérire effentiel Se dont il eft impoflîble de réparer
les démens fans les dénatrrer.
Aujourd'hui même, le Corps du
Génie neft point encore parvenu obtenir que 'par fon
ordonnance on lu, tînt compte, pour la Croix de S Soms
du rems employé à fes étïde/prc-Iiminaites;
pat des relevés très-exafe il eft Jémonrré que 1 a<r6 moyen
des Elèves «Un» à l'Ecole eft de vingrl
«I s en fult que les Ingénieurs jouiflènf de la préro-dve
d'arborer cinq ou fix ans pins tard que les Officiers de
«mes les autres armes ce Ggne toujours flatteur, arce
If*- & ^U ? fourni honorablement fa carrière
fi ZSH' r<* perche Je* caufes d'un dépouillement
f contmu d une difperfion des moyens fi peu calculée
on trouvera que la vient du peu de re iïon el
ir
Cette canfe qui n'eft que Secondaire, tient elle-même
a un premier principe, le mode de l'avancement qui .ri a
lieu que par rang d'ancienneté.
Il refaite de cette difpofition qu'un Officier n'arrive aux
premiers» emplois qu'à un âge où, la machine épurée
{cuvent: lui refufe ces conceptions fortes, cette activité»
ce nerf, ces qualités morales & phyfiques à l'un\on de£.
quelles tiennent prefque toujours les fucces de tous les
projets, &: clui doivent former le caractère des hommes
en place. Il s'accoutume donc à regarder la Tienne comme
une efpèce de retraite, comme un afile où il n'a plus
qu'à s'occuper de fon repos. Sûr de fon fort, rien ne re-
veillien lui cette apathie qui, en général, rend les vieil-
lards fi étrangers, û infenhbles aux intérêts d'autrui; ou
̃fi quelqu'un ctVntr'eux aconfervé cette énergie qu'on ad-
mire quelquefois dans la vieilleflè, s'il oppose la fermeté
de 1`on caradère aux entreprises abufives des prétentions
ou de l'avidité, feul contre tous, il ne peut Soutenir long-
rems cette lutte inégale;. l'arme du ridicule eft employée
pour combattre l'auitérité de fes principes; on le trani-
forme en un homme difficile chagrin, infatué de vieux
préjuges. Bientôt fatigué par les obftacles rebuté par Fa-
bmdon ou par la foibleife de ceux qui devroient l'appuyer
il biffe, en gémiffant, couler le torrent qu'il ne peut ar-
rêter. L'humour palFe; l'indifférence accède, ,6cla jouif-
fance d'un bien-être qui ne peur lui échapper, le
console.
Cette impuiiïance de réagir a été jufqiuci d'autant
plus incurable, que les Officiers du Génie manquent en
général de cet e-fptit d'adrefle ôc de conduite, indifpenfa-
ble pour ie ̃foinenir dans ces campagnes de bureaux; car
c'efc là communément que s'élaboient Si s'acccmplinenc
ces calculs perfonnels ces combinaifohs égoïf^
tes dont le réfulcar immanquable eu: de une por.
Il
convenances particulière or les récurées de cette efeêce
nieur/ ni danslafohtude de fon cabinet. Geft donc.
ncte, que font dm en gnnde partie hs usurpations & les
abus ont dénaturé l'inftitution du
Corps du Génie; mais ce vice primordial, quelque arave
qu'il loir, le devicnt-bien davantage par le découragement
le dégoût que répand dans le féroce de ce Corps l'or-
dre invariable des promotions.
Si le mode d'avancement par ran- d'ancienneté eft en
-n-n lln P°ifon narcotique, un
germe de paralyho & de mort dans ceux que Ion défi-
les determiaer à des trrl,rcS, & (l ceux
de font en général les plus fati-uam dans leur
gmtmuwe les plus utiles, les plus précieux dans leurs ef-
fers, ne iefO,r-,J pas aborde qu'ils fuiîl-ut les moins en-
ciucMu-r. On dit_ que l'admUlïon dans ks Corps qui
une mitm&ion préliminaire, n'étant jamais que
•i d'un examen rigoureux, tour avancement
solicitons auxquelles on te deïtme.
aimeroh .autant qu'on me dit que parce qu'un homme
a defftWur, il ..prouve qu'il écoic
F-Krc. Ne hn-on aucune diftinârion entre les différen-
ne met -on aucune différence encre un
homme qui n*a acquis que les Idées d'autnu, &: celui
qui, par l'étude & la réflexion, a perkcrijiaié le talent
fupericur dont la nature lui avoit accorde le gi.rme; entre
celui qui ne fait qu'exécuter un grand projet, & celui qui
a lu le concevoir, en cmbrafTer l'enfembîe cV les détails;
& peut-on enfin aflîmiiet de bonne foi un Officier quel-
conque du Corps du Génie avec les
Vauban ce dernier cet homme iî juftomenr célèbre
avoit proferit ce régime meurtrier, deftrufteur de l'ému-
lation & des talens, & fon opinion feule fufnroit pour
autoriser la mienne, quand même la raifoa &: l'évidence
ne viendroient pas la
Si donc on veut rendre au Corps du Génie l'activité,
le reiïorr qui lui il d'of-
fric A l'émulation un prix qui puitfb la développer. Que
Ion ne perde pas de
du Corps du Génie les Officiers de ce Corps qui ont
vingt ans de Service, n'ont point encore perce le ders de
la colonne des Capitaines; que pour traverfer l'efpace qui
les fipare de la claiîe des Colonels, il leur fattc au menu»
trente ans qui conlequemment il
d'eux de prétendre à ce dernier grade avant l'âge de ioi-
iaiire-dix ans; ôz que l'on juge qui doit
erre l'effet que
l'on dife fi de toutes les manières de p.iraîyftr une bran-
che quelconque du Service, la plus infaillible n'eft pas d'en
̃ confier la direction, la l'enfcmble & les dé-
tails à des hommes épuifes par l'âge par le travail de
l'efprit & par les fatigues du corps. Vainement me cite-
xoit-on l'exemple de quelques individus qui ont confer-
vé, fi non toutes leurs forces phyiiques, du moins nne
très-grande énergie morale jufque dans l'exercme viellefi^.
Je repondrois que ces exceptions rares ne peuvent pas fair^
loi qu'une tête excellence unie à un Corps impotent ne
conftitue que la moitié d'un Officier propre à des fonc-
tions actives, & qu'en général, ce ne fera jamais dans la
cla0è des hommes au-deifus de foixantc-dix ans que l'on
ira chercher ceux que l'on devine à la guerre.
Je crois qu'il eft démontré que l'avancement
ment déterminé par l'ordre. du tableau, eft un principe
«bfojument contraire au but de l'inititution du Corps du
Génie, & par conféquent que dans cette arme, comme
dans toute autre, le Gouvernement doit avoir la faculté
de tirer hors de rang, & de porter en avant un certain
nombre de fujets auxquels il reconnoîtra le plus de ta-
lens Ôc une aptitude plus marquée i remplir les emplois
fupérîeurs. Je reviendrai fur cet objet; mais des ce mo-
ment je remarquerai que cette difpoiîtion quelque mile
queUe me paroi iïè manqueront entièrement Ton bat, fi
l'on n'y joignoit k précaution de faire fofrir du Corps &
de cklFer parmi les Officiers-généraux de la ligne les
Oâiciers^qui feront promus au grade de Maréchal-de-
Camp. n'a pas b~efoin de commentaire»
&: ron conçoit qu'il feroit parfaitement inutile d'avoir tracé
& ouvert la route, G. l'on laifloit fubfifter une difpoiition
qui pût l'encombrer fans cette.
Je reviens à mon objet & je dis, que cette fpoliation
fî injufte & fi impolitique des attributions eÙenttelles du
Corps du Génie) le conduit à une inadion qui s'accroît
par le de moyens propres dont il puifle difpofer.
Toujours réduit .1 emprunter des moyens étrangers
il, ne peut les trouver que dans l'Artillerie & dans l'In-
fitnterie; mais rune .& l'autre ne voyent qu'avec répu-
gnance pauer teurs Soldats en d'autres mains: les de-
mandes font éludées, car jamais on ne manque de pré-
texte: ceux de l'Artillerie font même 'd'autant plus plau-
fibks, que les circonftances font plus délicates & plus
urgentes; & c'eft fur-tout à l'armée que le Corps du
Génie eft le plus expofé à ne pas «rouver dans YAniU
lerie les reuources qui lui font indifpenfables pour agir.
il eft donc forcé de recourir à l'Infanterie celle-ci a
grand foin de fournir tout ce qu'elle a de plus médiocre,

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