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Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciation qui se commettent... dans la Provence et quelques autres provinces du Midi ([Reprod.]) / par J. B. Reynier

De
211 pages
l'auteur (Marseille). 1829. Français (langue) -- Régionalismes (linguistique) -- France -- Provence (France). Français (langue) -- 19e siècle -- Fautes de langage. 2 microfiches de 112 images ; 105x148 mm.
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LETTRES ET ARTÉ ÜÉ
/̃ '•'̃̃̃'̃
M.. Reynier ayant fait hommage à l'Académie d'un
exemplaire de sop ouvrage intitulé Corrections rai-
sonnées desfautes de langage, M. Bazin, l'undes
membres de la compagnie, en a rendu compte, dans
les. termes suivans:
L'ouvragé (faî a pour titre Cof reniions rationnées
des fàtftës -du tangage et dont un exemplaire est
présenté à Y Académie' par ÏVf. Réynîer mérite de
fi fer l'attention de tous ceux qui attachent quelque
une diction, correcte $ï difficile à acquérir
notre langue est sans cesse
-corrompue par l'idiome (Jiii longtems y
sans partage. Ces Corrections raisonnêes réveillc-
,ront peut-être l'émulation de nos indifférents et d'es
personnes qui ne paraissent pas se douter qu'il faillir,
dans les premières études s'occuper d'autre chos*
que du Grec et du Latin peu ressemblants sur te
point à ces Anciens, qu'ils ont raison d'admirer
4 constante application était de s'appro-
prier les secrets d'une élocutioo régulière et conforme
( 12 )
neat soin d'initier les jeunes geas dans l'arTdû dis-
cours, le plus indispensable de tous les arts puisque
la pensée ne se .soutient que par la parole, et que
celle-ci' ne s'exerçantjjue pour énoncer les qualités
les manières d'être elles relations iles,oblets, exige la
propriété des termes les désignent et leur enchaî-
nement méthodique dans l'ordre établi par les lois
de la grammaire. Faut-il s'étonner que là où l'on ne
songe guère \se défendre d'un langage vicieux et
entortiUé, on ne parte passablement qu'en faisant
effort et en donnant la torture à son esprit Qu'on y
réfléchisse bien: les hommes sont presque tous ca-
pables,des mêmes conceptions; ils ne se distinguent
les UwS des autres que par le plus ou le moins d'ha-
bileté i mettre au jour ce qu'ils conçoivent.
Ces considérations noyus font voir combien il im-
porte que des Esprits laborieux et d'un goût exercé
veillent sur les règles du langage et sachent les pré-
server autant des atteintes de l'ignorance que des
entreprises des novateurs présomptueux. Cicéron, qui
parlait si bien sa langue, qui parlait si raisonnable-
ment, n'osait presque employer ua. mot nouveau, ou
il ne l'employait qu'eu tremblant. On sait qu'il reprit
publiquement Antoine pour un néologisme, ou plutôt
qu'il l'en accusa comme d'un crime, et l'en railla
comme d'une sottise. Quintilien, de ion côté, loué
Cicéron d'avoir fait difficulté de se servir d'un mot
qu'il avait lui-même inventé.- V
Après nous être ainsi convaincus des bons effets
qu'on doit attendre d'un livre du genre de celui dont
il vous est fait hommage, il reste à examiner si
l'auteur a convenablement exécuté son dessein. Le
point jusqu'où
( 3 y
doivent s'étendre les Corrections ;.Que tout ce qui s'é-
carte des règles fixées par l'usage-et le bon goût soit
à éviter, c'est ce dont il n'est guère permis de douter»
niais encore faut-il bien en s'adressant au public
discerner les fautes qu'on peut lui signaler d'avec
celles qui sont si grossières qu'elles ne sauraient sortir
du cercle des personnes les plus ignorantes et les
moins capables de nuire par l'autorité des exemples.
Sous ce rapport, quelques personnes difficiles vou-
draient avancer que M. Reynier ne s'est pas toujours
tenu dans les bernes qui séparent les mauvaises
locutions à corriger, de ces barbarismes dont la moitl-
dre connaissance de la langue peut nous préserver,,
et auxquelles il ne faut pas m'me attacher le degré
d'importance que semble leur donner le soin de les
mettre en lumière. Il y aurait cependant à répondre
que ce recueil, dont on pourra profiter à tout âge,
est plus particulièrement destiné aux premiers temps
de l'instruction, et qu'en fa6it de mauvais langage,
il y a ezemple de tout chez des élèves qui sont sans
cesse exposés à l'influence du jargon populaire le
plus grossier que l'on connaisse. Il est bien permis
d'ailleurs à ceux qui taxeraient de trivialité certaines
corrections, de n'en tenir aucun compte, assurés qu'ils
pourraient- être d'en rencontrer bon nombre à leur
adresse; si, toutefois il n'est pas plus probable
qu'une sévère critique se soit faite ici. l'auxiliaire
d'un amour-propre choqué et désireux de trouver à
corriger l'œuvre d'un correcteur importun.
Quant à t'espèce de fautes relevées par les Correc-
tions raisonnées, ell es ne se rapportent, à
ceptions près, qu'aux acceptions, au corps ou à,l'ar-
rangement des mots. °La pureté de l'articulation et
C4Ï
la prosodie sont étrangères à ce petit traita en
qui l'on ue saurait qu'approuver la sage réserve due
l'auteur. Ce champ trop vaste présente de graves
difficultés*; non que centrée en soit absolument in-
terdite à celui qui n'est pas ne* dans les environs de
àa Capitale; car, ainsi que t'a fait remarquer l'abbé
Foriud, l'on peut être fort bon juge du talent et de
la méthode d'un chanteur et n'avoir soi-même qu'une
Voix ingrate et peu flexible mais parce que l'accent
de la parole les nuances prosodiques, ne sont pas
du domaine de la didactique, qu'on ne saurait les
représenter A la vue par des signes positifs et que
renseignement n'en est possible qu'au moyen d'exem-
ples long-temps réitérés, auxquels doit répondre une
imitation habituelle. Enfin le livre qui est mis sous
vos yeux doit, tel lu'il est, contribuer à répandre
en Provence le bel usage de notre langue. Il contient,
dans de. nombreuses notes, les plus exactes défini-
tions et la meilleure doctrine grammaticale A ces
divers titres, M. Reynier ne peut que voiT fxire
son ouvrage l'accueil encourageai auquel il aspire
en demandant vos suffrages.
Marseille, le juillet iB5o;,
Certifié conformé an rapport trauscrit sur les registre*
de* l'Académie.
Sïçné: JAUFf^ïiEf j Secrétaire perpétuel de-ta classe de
littérature et d'histoire et de celle des beaux-art*.
CORRECTIONS
^AISONISÉÉS
DES FAUTES DE LANGAGE
ET DE PRONONCIATION.
CORRECTIONS
RAISONNÉES
'DES FAUTES DE LANGAGE
Et DE PRONONCIATION
,QUI SE COMMETTENT,.
MÊME AU SEIN DE LA BONNE SOCIÉTÉ
DANS LA PROVENCE ET QUELQUE sWlTRES
PROVINCES DU MIDI.
▲ MARSEILLE
IMPRIMERIE DE MAMUS OLIVE
A MARSEILLE.
PRÉFACE.
IL se commet dans chaque province
même au sein de la meilleure société,
des fautes de langage et de prononciation
qu'un usage journalier y a pour- ainsi dire
naturalisées. Les gens du pays ne s'en
aperçoivent point, mais elles ne laissent
pas de nous rendre souvent ridicules ou
inintelligibles pour 0des Français d'une
autre province. Y
Les études ordinaires -*iè peuvent pres-
que rien contre ces fautes; car, comme
elles n'appartiennent guère qu'au langage
de la conversation, on n'a pas occasion
de les remarquer et de les corriger dans
les devoirs qu'on donne^eommunément
aux élèves,
C'est donc avec raison que Rollin,
l'abbé Féraud, et plusieurs autres gram-
mairiens distingués, ont regardé comme
un ouvrage absolument nécessaire à cha-.
que province, un recueil particulier de
ces fautes locales, ne voyant point d'autre
moyen de les faire éviter.
VJ PRÉFACE.
Des ouvrages de ce genre existent pfour
plusieurs parties de la France, où ils ont
été accueillis avec empressement. Nous
avons entrepris celui-ci pour nos dépar-
tements méridionaux dont la population,
tout aussi. jalouse de parvenir à la pureté
du ngage, se montrera sans doute non
inou|s indulgente envers ceux qui consa-
crent leurs études aux moyens d'obtenir
tin si désirable résultat.
D'ailleurs, nous n^ nous sommes déci-
dés à le livrer à l'impression que d'après
l'assurance que nous ont donnée de son
utilité les personnes éclairées à qui nous
avons eu l'honneur de le soumettre, et
notamment M. le Recteur, qui nous a
écrit à ce sujet « M* l'imspecteur Dupuy-
Montbrun ni 'ayant rendu le compte le'plus
avantageux de votre ouvrage, je suis au-
torisé â croire que sa publication sera fort
utile, n Ce respectable fonctionnaire lie
s'est point borné là nous venons d'ap-
prendre qu'il a eu la bonté de le recom-
mander, par une lettre, aux comités d'ins-
truction publique de PAcadépie*
Parmi les autres personnes qui nous
ont honoré de leur suffrage, nous devons
surtout distinguer M.
secré-
PRÉFACÉ. yi)
taire perpétuel de l'Académie dé la même
Ville, officier de l'Université, etc.
L'opinion d'un savant qui justifie tant
de titres, par de nombreux ouvrages scien-
tifiques et littéraires dont la plupart sont
destinés a l'éducation de la jeunesse, cour-
rait seule nous assurer que celui-ci ne sera
pas inutile- Ce qui nous le persuade prin-
cipalement, c'est que M. Jauffret, dans
son Education pratique d'Adolphe et des
Gustave a consacré un demi- volume à
indiquer les principales fautes que nous
signalions preuve certaine que même les
meilleurs professeurs ne sauraient entiè-
rement suppléer à un ptmgf' 3e de la nature
de celui que nous publions, puisque" lui-
mêmes, qui était sans cesse'auprès de ses
enfants, a cru qu'il leur, était indispensable,
comme il le dit dans l'avant-propos.
Les fautes il relever dans nos départie-
ments méridionaux nous ont paru être
i° Une prononciation provènçale don-
née a. un mot français;
Des mots provençaux francisés, soit
que leurs correspondants existent ou non
en français;
'4° Des acceptions vicieuses, ou tout-à-
ire. des mots d'ail-
leurs franchis ;:fiY
de syntaxe et autres,
auxquelles -le est
avec
avons indiqué, toujours le plus
fiops a été possible,
leurs les règles de
grammaire qwi y ont rapport, la juste
valeur des mots employé
notes au bas
ne sont pas
Puissions-nous avoir aUeïnt
et nous aurons. fait de
langue française qui aidera fortifiera les
et pourra rappeler aux personnes plus
âgées celle qu'elles eu ont déjà faite. Il
nent dans notre province avec l'intention
PRÉFACE. II
portés à imiter, en les entendant faire cha-
que jour par des Français.
Cette dernière considération, l'intérêt
peu, et surtout celui des élèves 1 de nos
écoles, dont le plus grand nombre appar-
tient nécessairement aux classes moyennes
de la société, nous ont porté à signaler
quelques fautes qui démentent un peu, il
faut l'avouer, le titre de notre ouvrage,
mais ces articles, qui n'y so^t d'ailleurs
qu'un excédent de nos promesses, ne gros-
sissent point le- volume Nous avons trouvé
au-delà de l'espace qu'ils occupent, en
employant un plus petit caractère que
celui que nous avions donné pour modèle
dans notre prospectus.
C'a été aussi en faveur des jeunes élèves,
et seulement pour eux que nous avons
donné à chaque faute le nom grammatical
qui lui convient.
Ouvrage/ parait par livraisoh.de
48 Il jén formera six ou sept.
PÏUX:Ti)E ÏA LIVRAISON
i t ̃ Souscripteurs,
e 7 -personnes qui n'auront
•̃ pas souscrit.
? S'ADRESSER
A MARSEILLE chez l'Auteur, rue de la Loubiérc, ne a3,
accède Notre-Dame du Mont;
A TOULON, chtz LAURENT, Libraire sur le Port;
A LYON î chèa GUTPOT, Libraire;
A AVIGNON, cheiSEGUIN, Libraire;
A PARIS, chez GAUTHIEIR frères, Libraires, rue et
HÔtel-Serpentc n° 16;
Et tSana les autres villes, chez les principaux Libraires.
L'auteur, voulant s'efforcer de rendre de' plus en plus son
ouvrage digne de Papprobation publique, recevra avec recon-
naissance qui lui seront adressées.
Les lettres, demandes et envois devront être
CORRECTIONS RÂ1S0NNÉES
DES FAUTES
DE LANGAGE ET DE PRONONCIATION.
A bonne HEURE. Pf^ençalisme On dit en
françaisp^onne heure. C'est là une phrase faite,
une expression consacrée pour désigner tout temps
qui précède celui où une chose a lieu ordinaire-
ment. Il est de bonne heure], c'çst-à-dire ce n'est
pas. encore tftut-à-fait l'heure de, etc.; cet enfant
marche (Je bonne 7ie«re, c'est-à-dire un peu avant
le temps ordinaire.
METTRE DE l'eau A CHAUFFER, DU litige A SÉ-
cher, DES POIS A TREMPER, etc., sorit^ des pro\en-
çalismes Il faut dire: Mettra chauffer de Veau
mettre sécher du linge, etc., sans préposition,
et en plaçant après l'infinitif l'objet qui doit chauf-
fer, sécher, etc.
Cependant on dit mettre à avec un infinitif, quand
l'action est faite et non soufferte par l'objet qu'on
donne pour régime au verbe mettre: Je mets mes
soins à réparer mes fautes, je me mets :ci tra-
vailler, elle.,se met à rire.
Nous nommons PRpVENÇALlSMK toute expression non
française, imitée ou empruntée du provençal; comme on
appelle latinisme, anglicisme, etc., les façW fc pariu un-
pruntées du latin, de l'anglais, etc., ou particulière» à ces
Ces verbes pronominaux s'analysent ainsi
-le mets moi à met toi à rire.
LE fils A M. Un tel LE uvre A votre père, etc.,
à ne saurait servir a dé terminer un substantif /à
en montrer la nature, la l'auteur, le pro-
priétaire, etc; c'est la valeur de la préposition
de ( voyez avancer de'. )
II itut donc livre è&.
Qunnd oa dit cette maison* est un tel, la
maison, puis*
qu'elle n'a avec ce mot aucun
tical; elle se rapporte ait verbe et, montre
M. an td\ comme
appartenant, car appartenir ne diffère de fen/r,
son simple, que par une plus grande force
montre que son
régime est Tobjet auquel un autre tient, ou doit
dire
dît homme de génie,
«ou* ici considérés comme constituant la nature
de ces hommes ( voyè& l'article précédent. )
tout- verbe qui a pour un de set
sujet on
DES FAUTES DE LANGAGE*
J* SUIS AISÉ A vous ET CADET A MONSIEUR. So!é-
cisme II faut Je j»£& votre aîné et fe eadet de
Monsieur»
Aine et é<ufe* doivent être ici employés comme
substantifs et par conséqùert précédés d'un ad-
jectif déterminatif + Dès-lors qu'ils sont snbstan-
tifs^ s'ils sont suivis d'un autre substantif -qui les
détermine, ce dernier doit être complément de
Cet deux mots ne sont employés réellement
comme adjectifs qu'après un substantifimmédia-
tement exprimé avant, eux Fils aîné fille.
cadette j–r sœur aûiée^– frère cadet, branche
Ces ejvfajjt sekt A LA aosE, ce ragoût SENT AU
brûlé, etc. Provcnçalrsme et par résultat solé-
cisme1. Il ne faut, pas la préposition sentir est
i ou jours transitif Quelle que soit sa significa-
tion, on doit touj ours dire Sentir quelque chose,
et jamais quelques, chose. Disons donc Usent
la rose,, -il sent le brûlé etc,, pour signifier
il exhale l'odeur de la rose, l'odeur du brûlé fttc.
exactement comme nous dirions, dans le sens de
respirer une odeur 11 sent la rosé que vous lui avez
donnée i il sent volontiers le brûlé de la soupe,
etc.,
Tout mot qui sans elrc>erbe, dépend toujours d'un subs-
nous désignons sous le
nom n'expriment propre
au-delà ) U St fiés
on autre qui la souffre quilarefoil
f 4 CORRECTIONS RAISONNÉES
Sentir ne peut s'employer, comme intransitif
que quand on ne désigne pas quelle est l'odeur
exhalée Cet enfant sent de la tête, –Je sens des
pieds, etc.; c'est-à-dire, cet enfant exhale de la tête,
–eadtale des pieds une odeur. )
On le dit encore intransitif, lorsqu'il est employé
impersonnellement Il sent bon dans cette cham-
fcre, -il sent mauvais duns cette cour, etc.
Pour mous, nous le, croyons encore ici réelle-^
ment transitif. Nousr voyons son complément di-
rect ••; l'objet exhalé, dans bon, mauvais, qui sont
des adjectrfs pris substantivement; carc'est comme
si Iton disait quelque chose exhale une bonne odeur
dans cette chambre, une maruvaise cette
cour; etc. et que d'ailleurs on (l'irait dans la
même circonstance: il sent la rose dans celle,
chambre il sent le soufre dans cette cour.
Il y avait sept A huit personnes dans CETTB
ASSEMBLÉE. Quoique cette locution se trouve dans
le Dictionnaire de l'Académie presque tous les
grammairiens la condamnent, et l'usage général
des bons auteurs confirme leur décision, qui
d'ailleurs nous paraît ici très raisonnable. Il faut
à pour les cas seulement où l'on peut concevoir
un intermédiaire entre lesdeux nombresdésignés.
fc. transitift, parce que l'action de battre, dé prendre ne saurait
avoir lieu sans passer de l'objet battant à l'objet battu de
Les verbes TRANSITIFS sont ceux que l'on nomme ordinaire-
DES l ACTES DE .LANGAGE. 15
Ainsi on dira bien Cette assemblée a duié sept
huit lieures, il y a eu sept'A huit cents hommes de
tués, parce qu'on peut concevoir un intermédiaire
entre sept et huit heures sept heures et vingt.
minutes, par exempte, etc. et qu'il a pu y avoir
un nombre d'hommes tués compris entre sept cents
et huit cents ^toaisxon ne pourra pas dire quatre A
cinq enfants, sept a Jiuitrdtevaux parce qu'il est
impossible de concevoir un intermédiaire entre
quatre et cinq enfants, sept et huit chevaux.
J'ai VU MONSIEUR A LA RUE SI Louis. Il faut
DANS la rue. On n'emploie ainsi la préposition à
que quand le mot rue est pris dans un sens géné-
raf^comme: Cet enfant est toujours à -la rue,
il ne se plaît qiiàja rue, nous sommes à là
rue], c'£|î-à-dire sans maison.
}Awrs%fâ0%k A LA poche. 11 y a deux fautes dans
il faut dire DANS votre poche.
La préposition à présente un autre sens on a
une poche ce qui y tient extérieurement, un
etc., et l'adjectif la rend
on a droit de demander
dans quelle^ poche. Cet adjectif, dit article, ayant
pour valeur fondamentale d'annoncer un objet dé-
terminé, ne doit jamais accompagner un subs-
tantif, que celui-ci ne soit entièrement déterminé
ou par lui-même, comme Venfer%
etc. ou dans à. qui on parle,
comme dans une famille quand on dit la cave, le
jardin, mots
qui suivent
votre redingote, etc.; ou enfin
ces qui
dit II â
îû CORRECTIONS
bouche, à la tète, etc. parce que tout le monde
««tend bien que c'est à la bouche, à la tète de
guère possible d'avoir mai
à la bouche, à la tête d'un autre.
A L'AVANCE employé pour d'cvance, nous pa*
rait être une locution vicieuse. Nos bons auteurs,
Voltaire excepté, ne s'en sont jamais servi ils ont
Ion jours dit't payer d'avancé, s'y prendre d'avance,
etc. elle est d'ailleurs entièrement inutile, puis-
que d'avance Ait tour autant; et rien ne motive
l'adjectif déterminatif la qui entre dans sa for-
ACCIDENT. Ce mot signifie événement inarttendu
et non convulsion, comme on lui fait signifier en
l'employant pour le provençal oouciden Cet enfant
a des convulsions!, cet homme est sujet aux con-
vulsions, etc.
M™ SW ACCOUCHÉE ou a accouch! pour
a irais un enfant au Monde, sont deux contre-sens.
Niant dite Est accouchée.
S' accouchée signifie avoir accouché soi,
c'est-à-dire S'être tenu lieu d'accoucheuse, et
Avoir accouché signifie avoir fait lis fonctions
d'accoucheuse..
Accoucher, dans le sens de mettre un enfant au
monde, forme ses temps composés au moyen du
verbe être, £|, comme intransitif, ne peut pgint se
DES FAUTES DE LANGAGE.
ADIEU est une expression elliptique dort on
ne se sert qu'en prenant congé de quelqu'un
qu'en se séparant de lui. C'est alors seulement
qu'on le recommande à Dieu Adieu, mon ami,
ménage ta saMé, adieu, je ne puis demeurer plus
long-temps avec toi.
C'est donc parler abusivement que de dire adieu
aux personnes que l'on aborde; il semblerait qu'on
les congédie, qu'on ne veut point leur parler.
AD VERSION est un barbarisme-,7. Le mot est
aversion, du latin a, sans d, qui marque éloigne-
ment, tandis qu'avec un d, il indiquerait tout. le
contraire, et de vert ère tourner pousser, etc.,
l'aversion étant en eiFet un sentiment qui nous
poussé loin, qui nous éloigne de l'objet qui le fait
Barbarisme 7. On dit Af-
d'une lettre,
VaJfiuiMsihisdement é^Wh^esekive, ^c.
IL AIME jctoer rire, CAUSER, etc. Solécisme 6.
J\ f&utt rire^ etc. Aimer veut toujours,
la proposition à avant rioûaitif <rni le suit.
AIGUISER, AIGUILLON, et leurs dérivés doi-
*!&a 'nomme EùLiPSB du grec tlteipsis manquement)' la sup-
pressioâd'unou ée plusieurs motsqui seraient nécessaires pour
la construction de la phrase. ->
le-, JBARifAJEUSîHE est Une expression entièrement étrangère
et que J'on considère in-
elle peut appartenir, car ai
c'est un néologisme et s'il appar-
tient réellement à quelque langue et qu'on y ait égard, c'est un
latinisme un, p/vvençalisme, etc. Barbare, chez les Grecs et.
les Latins, était synonyme d'étranger; ils appelaient barbare tous
ce,qui n'appartenait pomt à leur nation.
f 8 CORRECTIONS RAISONNÉE3
vent se prononcer comme aiguille en faisant
sonner IV
LesàIRSdblaplaiiïe, de ce quartier, etc.* son?
très vifs, etc. Provençalisme Ilfaut L'Air de
laplaine,dece quartier, etc. Ce pluriel n'est point
autorisé par l'usage, et'la raison le désapprouve. Il
n'y a partout qu'un seul air. Il varie à la vérité
selon les lieux, les jours, les saisons; il peut avoir
plusieurs qualités en même temps, être froid et
humide, humide et chaud, froid et sec, etc.
mais cela ne fait- jamais qu'un seul air; c'est eu-
AIX. On prononce Ais en faisant sonner Vsx
comme si c'était une s sifflante.
L'x finale a encore cette prononciation simpte
de suivis de l'objet nom-
bre aci six, etc.
et
Elle a celle de es dans Astianax, Palafox, Poi-
lu» et tout autre nom propre de cette terminaison
et dans Index, Phénix Sphinx et tout autte nom
Hors de là elle est entièrement nulle pour le
termine mais elle se lie toujours
avec celui qui la suit, s'il commence par une
voyelle ou
Ne croyant
«W
DES FAUTES DE LANGAGE.
même manière qu'on y lierait unes ou x ainsi
deux à deux, quant à la liaison du premier mot
au second, se prononce exactement comme trois
à trois, nezà nez etc..
AJOUT. Barbarisme ?. Le mot proven calque l'on
francise ainsi doit toujours se rendre par allonge
Mettez tes allonges cette table, mettez. une «
allonge à ce rideq^t, à cette robe, etc.
ALCÔYRE PROFOND. Il faut Alcôve profonde.
Ce mot est féminin et n'a point d'r'. Nous n'avons
point de substantif en ovre\ et le petit nombre de
ceux qui se terminent en ove sont féminins sans
exception.
ALENTOUR DE la table, dufeu, etc. Expression
tout-à-fait surannée, On dit aujourd'hui Autour
de la table, du feu, etc. Alentour ne s'emploie plus
que comme adverbe, c'est-à-dire sans complément,
sans suite Aller alentour, tourner alentour.
J'ALLAS JE DONNAS. Solécisme Le sujet est
de la première personne, et le verbe à la seconde.
II fant J'allai je donnai.
Lés verbes en er n'ont point comme les autres,
au prétérit, la' première personne du singulier
semblable à la seconde. Dans ces verbes cette
première personne prend toujours uni au lieu de
l's qui termine la seconde tu allas falla-i
tu donnas, je, donjta-i, etc.
Outre l'analqgie^dës-autres conjugaisons, ce qui
porte encore à commettre ta faute que nous signa-
lons. ici, c'est l'habitude que donne le provençal
de prononcer tous les e comme s'ils étaient fermés.
Dès-lors, ces prétérits sonnant comme des impar-
faits, on croirait^ en disant j'allai, je donnai, etc.,
traduire l'imparfait anavi, dounavi, et non le
prétérit aneri douneri, etc.
20 CORRECTIONS RAISOKNÉES
ALLER AU TAILLEUR AU CORDONNIER etc.
Locution impropre. n faut\- Chez le tailleur, chez
le cordonnier, etc. Aller àquelqu*un,ce n'est point
proprement aller chez lui c'est aller* vers lui avec
résolution Il veut me battre, hé tien je vais à lui;
auprès d'une personne dans
l'intention d'en obtenir quelque chose ainsi on va
au roi, au ministre, au commissaire, dans l'inten-
lion d'obtenir d'eux une réparation d'offense, une
^râcévùtie faveur, etc.
N'AILLE pas nous tkahiA, NE VIENNE PAS NOUS
troubler, etc., sont des solécismes Le verbe
est à rimpératif pour le sens, et par la manière
dont il est employé, sans sujet. exprimé et il est
au subjonctif par la forme. Il faut Ne va
viens pas etc:
Toft. CE QtJE j'Ai A NE PEUT ALLER DANS
CE NE PEUT ALLER DANS-CE
vase et autre* OÙ aller est employé pour entrer,
vicieuses aller
n'a jamais ce sens.
Nôtre avons plusieurs endroits à ALLER. Sole-
peutavoirlieu
pîusieurè
etc., parce qu'alors seulement le
complément sous-entendu après ces infinitifs est
exactement le même que celui du verbe avoir qui
précède, tandis que dans la locution que nous
condamnons ici ces mots plusieurs endroits, pla-*
ces comme complément après nous avons,
sous-entendus comme tels après
aller qui est intransitif et qui exige nécessairement
donc dire nous
DES. FAUTES DE LANGAGE. 21
avons à aller à plusieurs e.ndroits, comme on dit
nous avons à parler à plusieurs personnes, 1, etc
ou mieux, pour éviter l'hiatus 9, il nous faut aller
à plusieurs endroits, etc.,
Avoir été ou ÊTRE ALLÉ. Demander sil'on peut
employer indifféremment l'une ou l'autre de ces
deux expressions, comme paraissent l'avoir fait
quelques-uns de nos auteurs, c'est demander,
selon nous, si l'on peut dire indifféremment je
suis on je vais ^onx exprimer la même idée.
J'ai été à Rome et je suis allé à Rome ne nous
paraissent différer de je suis Rome et je vais à
Rome, que parce quàils indiquent un passé, au
lieu que je suis Rome et je vais à Rome expri-
ment un présent; autrement c'est toujours la
même idée fondamentale: d'un côté, celle de se
trouver à Rome; je suis à Rome, c'est-à-dire je
me trouve à Rome* j'ai été Rome, c'est-à-dire
je me. suis trouvé à Rome; de l'autre, celle de se
transporter à Rome je vais Rome c'est-à-dire
je me transporte à Rome, je suis allé à Rome,
c'est-à-dire je me suis transporté à Rome. Ainsi
selon que nous voudrons exprimer l'une ou l'autre
4e ces deux idées, celle de s'être trouvé dans un
lieu, ou,celle d'y être allé, nous emploierons avoir
été ou être allé.
Je ne dirais donc j'ai été, j'avais été que quand
je voudrais exprimer comme passé ce que j'aurais
exprimé au présent par je suis. Tai été au sermon
» HiATDS, mot latin qui signifie bâillement, se dit du son
désagréable, de l'espèce de bâillement qui résulte de ta reu~
coptre de deux voyelles dont et l'antre
52 CORRECTIONS RAISONNÉES
signifie, selon nous je me me suis trouvé dans un
état, uree situation où j'aurais pu dire Je suis au
sermon ,et je suis allé au sermon signifie: j'ai fait
t 'action que j'aurais exprimée au présent par: je vais
aU sermon c'est-à-dire que je suis allé au sermon
signifie '.je me suis transporté au lieu où l'on devait
précfieri pour entendre le sermon ce qui n'est pas la
même chose que d'avoir été au sermon, car pour
employert cette expression, il faut qu'il y ait eu réel-
lement un sermon, tandis qu'avec l'autre il peut se
faire qu'il n'ait pas eu lieu Je suis allé au sermon,
mais c'a été une course inutile, le prédicateur était
malade. Par la même raison je dirais avec être allé
MonsieuriquevowvoyèzîàiE&TAXiàtroisfoisàParis
dans moins d'un mois;-Nous sommes allés deux
fois à la campagne aujourd'hui malgré la pluie
et avec avoir été Monsieur un tel A été trois/ois
cl Paris sans voir le roi, espérons qu'il sera plus
heureux cette fois-ci; –Nous avons été deux heures
d la campagne, parcourir les champs malgré
Vardeur du soleil. Dans le premier cas, je n'ai en
vue que le transport, dans le second, que la station..
La règle qu'ont donnée les grammairiens, d'em-
ployer avoir été lorsqu'on plus dans le lieu r
tt-être allé dans le cas contraire, nous paraît venir
d'une mauvaise, observation. Ils n'ont pas fait
attention, ce nous semble, qu'il s'agit presque
toujours d'une idée d'état, de station, dans les
ont
si dans ces passages cette dernière idée est réel-
induction, que parce qu'il est difficile de s'être
trouvé dans an lieu sans y être allé auparavant
DES FAUTES DE LANGAGE.-
mais une preuve que ce n'est point elle .quia dé-
terminé l'emploi du verbe titre; c'est que dans
tous les cas où il ne pouvait pas y avoir idée de
station, nos auteurs, de l'aveu même-du plus grand
défenseur de l'opinion que $ous combattons, l'abbé
Girard, nos auteurs, dis-je, ont toujours employé
être allé dans les circonstances mêmes où il n'y
avait pas eu' de retour.
en re-
connaissant la règle des grammairiens, disent que
cet emploi de. j'ai été pour Je suis allé ne doit
avoir lieu que dans la conversation, et l'Académie
ajoute qu'on dit 'indifféremment (c'est-à-dire
sans avoir égard à la règle) j'aurais été ou je
serai. allé vous, voir je fus ou j'allai àVopèra.
Nouvelle preuve, selon nous, que l'inattention
seule a confondu ces deux expressions, et qu e si on
veut les distinguer, ce n'est qu'à leur sens res-
peçtif qu'il faut avoir recours.
Voltaire a fait justice de je fus au lieu de j'allai;
et je fus; dans cette acception, est depuis lors
regardé comme une faute. Je ne vois pas pourquoi
o ne pourrait pas en faire autant de j'ai été, j'au-
rdû été, etc. qui ne diffèrent de je fus que parce
que ce sont des temps composés et que je fus est
un temps simple; autrement dit, parce qu'ils
n'expriment pas, le même temps.
Je Mauvaise locution; n faut dire
simplement: Jj^aii. L'expression en est plus vive
et le go^t n'est pas choqué de cette rencontre
défectueuse de deux formes du même verbe.
amadou. Ce substaptif, féminin en provençal,
24
est masculin en français*
E lie faut j»fc*3i ^}W
autre, lora. mime
car l'usée ne respecte pas
•« II n> a
point à*altoi4e ainsi appelée dit
point en français de 'mot particulier:, pour distin-r
guer les amandes cueillies avec leur enveloppe
encore verte, de celles qu'on a laissées sécher sur
l'arbre «t^à*on vend entièrement dépouillées de
cette prentière enveloppe qu'on appelle èeale* On
nomme les premières amandes fraîches et les
antres amandes sèches + ou simplement amandes.
C'est la première AMBE Qtje je gagne. Solé-
cisme. Ambe est masculin. Il faut C'est le premier
nom esta" Angora.
ainsi que Ton nomme des lapins, des chats,
des Chèvres dont le'. poil long et touffu sert à faire
ces sontdrigi-
naires d'une ancienne ville de l'Asie' mineure,
DES FAUTES DE LANGAGE. 25
̃•̃ s ̃
Anoblir signifie élever à la dignité de noble, et
Fnnoblir ( qu'on doit prononcer an-noblir )
signifie relever, donner de t importante de la
considération, etc. Ennoblis tes actions par la
manière de les faire, que la vertu ^ennoblisse,
et le roi £ ANOBLIRA.
ANTICHAMBRE est féminin comme chambre:
ha première atitichambre, une grande anticham-
bre, etc., et non le premier antichambre, un
grand, etc.
Tous les autres mots en bre où cette terminai-
son est précédée d'une voyelle nasale autrement'
dit d'une m, sont masculins; excepté Ambre et
Sambre, rivière.
APPOINTER, pour signifier diriger la boule vers
le but, est un provençalisme ':Il faut dire: Pointer.
Appointer n'a jamais d'autres sens que ceux de
donner desappointements et, en termes de palais,
de régler sur les rap-
ports écrits des parties.
APPARUTION. Barbarisme 7. Le mot est: Âppa-
̃ RITION.
APPARTEMENT. Il ne faut pas le confondre avec
chambre.. Celle ci n'est qu'une seule, pièce et
Yappartement en contient toujours plusieurs,
dont chacune a son usage particulier c'est une
chambre, un cabinet, une antichambre etc*
ÀPPESEZ-vous, APPESEZ cET homme, etc.
Barbarisme ?. Le mot est': Apaiser, avec ai que
que l'on doit prononcer fortement en è ouvert.
Voyelle nasale, tlae voyelle dont le son est modifie' par
26 CORRECTIONS RAISONNÉES
̃. Apaiser vient de paix et non de p*ser, comme
semblent le, croire ceux qui disent appeler, avec
un e. muet.
Ai* toujours cette prononciation de Vè grave
c'est-à-dire très ouvert, lorsqu'il est surmonté
d'un accent circonflexe, ou suivi de x, s, e, re, ve;
excepté Aix où il est moyen, et je sais où il est
fermé. ( On écrivait autrefois je sai ).
Q .11 'prend, le son dqe Vè fermé toutes les ibis qu'il
termine un verbe à la première personne #hif
j'aurai, j'aimai, etc.
Hors les cas ci-dessus, il sonne comme un
è moyen c'est-à-dire tenant ie milieu -entre
l'è grave et l'é fermé; excepté l'aine et la haine
que l'on prononce entièrement avec le son grave.
UNE grande APPETIT. Il faut Un GRAND appétit.
Ce mot est masculin et l'é en est fermé. ( il n'y a
de féminins terminés par le son i que fourmi
)ierdriX) souris; nuit et merci ne signifiant point
remercîmenï).
On commet la première faute, guidé par le
provençal où il est féminin,, et on lui donne un
ê muet dans la crainte de parler cette langue si
on ne le prononçait pas différemment en français'.
C'est ainsi. que le provençal est une double
cause de fautes. ( ^oy. Amadou).
i.tï, Â elle, etc. Provénçà-
n'est français que dans le sens passif, réfléçbi ou
et signifie comme lui ^m"
fiction. «t employé daa» u«
D'ES FAUTES DE 27
grec Rapprend facilement Pierre s'apprend
lui-même les mathématiques il*
réçipro(juement ce quils savent.
crisr moi
sein. QUi US MONTRE sont des locutions viciew-
ses Apprendre et Montrer y sont employés dans
un sens qui n'est pas le, leur,' Il faut: ^'ejnsewtwe
moh«ême, etc. c'bst moi-même qui ees>ewseigm:eu
Apprendre signifie proprement prendre vers soi,
5 ^owr 5oi,e'est-à-dife acqjbtêrir"^ il s'emploie aussi
Uaas le. sens Refaire acquérir mais on ne le- dit,
jamais que de ce qu'on prend, que de ce qu'on
.acquieit par l'intelligence son régime le ne sau-
rait donc être un nom dt personne. On apprend
les matïiémaiiques l'histoire, etc. quand on ac-
quiert ces connaissances, et on les apprend quel-
qu'un quand on-les lui fait acquérir Je lui ap-
prends chaque jour quelque çhose de nouveau.
Montrer signifie seulement indiquer faire voir,
sens passif quand son suietsonffre, reçoit l'action Pierr^ est
puni. ( PiaN souffre, reçoit l'action de punir ).
dû latm r<«!Wi KecowW, sigaàÈ* qui est répète,
renvoyé sur F objet, vers l'objet d'où il vient» Un verb« est
employé dans un'sens.réfléchi, lorsque son sujet fait et reçoit
l'action Pierre se punît. ( L'action sort de Pierre et revient
sur Pieire ).
RÉciPROQoè en latin recipri)Cùsi qui signifie renvoyé,
qui est rendu également. Un verbe est employé dons un
sens réciproque lorsque son sujet exprime plusieurs objets- qui
font la même [de l'dutrft: Ces deux enfants
c'est-à-dire lorsque Pîerrc trouve Paul'en trouvent punit er,
a son tour, Paulimpose une pénitence
eommettre une faute.. -J. *̃.̃̃̃̃
28 CORRECTIONS RÀISOHNÉES
faire connaître: Monlrez-lui le chemin t mon-
vos litres montrez lui les mathé-
matiques.
ÀPPRENTTF, ÏVE ( m« «eïon Riclielet ), ne
«ont plus usités. On dit aujourd'hui Apprenti
'IL ,EST APRÈS dÎwer, DÉJEUNER, SOUPER, goûter
et boire. Solécisme K Après dîner, défeéner;etc^
et boire, ne signifie jamais autre chose qu'après le
dîner le goûter le boire, c'est-à-dire après avoir
bto: rend après boire sont
I
Il faut dire IL n. dîme il DÉJEUNE, if
goûte, il ftoif; on bien, avec ellipse du participe
occupe: etc. Peut-être
pourrait-on dire aussi:: Il, est après à âinêr à sou-
après à étudier à
écrin, étciti'ëistià^ii moins îa seule manière de
joindre à la nn infinitif autre
que avoir ou. être. On employait autrefois, dans
ces locutions du style familier, indifféremment'.
à ou de Je les ache-
produire dé
ARAIGNÉE. Bien des personnes prononcent
qu'il faut prononcer,
de
ce son mouillé (*). On doit regarder ces deux
DES FAUTES DE LANGAGE. v
lettres comme un caractère particulier, une seule
consonne, et par conséquent ne lier j'amaisle 8
avec la voyelle précédente. Campagne peigne
ligne, etc., doivent se diviser ainsi par la pronon-
ciation Campagne pei-gne li-gne, 'etc,
ARBORISTE ne signifie point un vendeur de
plantes médicinales. Celui-ci s'appelle herboriste,
nom dérivé de' herbe; tandis qu'arboriste qui
d'ailleurs est peu usité, yient à'arbor arbre, et
signifie un cultivateur d'arbres.
ARDEMMENT, SAVAMMENT, etc. On prononce
arâà~man, sava-man avec le son de/a sans nasil-
ler, sans faire sentir la première m et ainsi tous
les autres mots en entment et en animent.
ARGEOLET. Barbarisme C'est Orgeolet ou*
or gelh qu'on nomme cette petite tumeur qui vient
sur le bord des paupières, parce qu'elle a à peu
près la forme d'un grain d'orge. L'Académie lui
donne encore le. nom d'orgueilleux.
Le bel ARMOIRE. Il faut La belle armoire, Ce
mot est féminin. ( Voy. Amadou).
ARRENTER ET LOUER ne sauraient être pris
indifféremment l'un pour l'autre.
On ne doit se servir du mot arrenter que quand
l'objet cédé produit une rente, c'est-à-dire un
revenu annuel, est qu'on lé considère sous ce
rapport V aise J'ai tous
Utias
conséquent le £ fosse
de rit; mec le Vo et Vu tit*
30 coajUBcnoss
cette ;terré rend plus qu'on ne Va
n* ,'̃• ̃ ̃-̃̃
Toutes les fois que ces deux conditions ae sont
louer.
'qui,
pouvait présenter quelque sens, c* exprîme-
opposé à celui de Bisaïeul,
petit-JUs signifie^ $ arrière-neveu,
la marque
de
qjeiq.ue chose après.
ARROSAGE pour arrôsemtnt CSt «M firme
action d'arroser 'mais' tanau»
:̃̃<̃̃
n'est pas
tl faat dire Fille ou
assassinat, terme impropre.
Le premier est le second
cûm-
des barba-
rismes et ce ne sont pas les seuls que l'on fasse
les
DES FAUTES »E MLXGkGK»
Nous avons rapprochées temps qui, dans tous
lesa"vérbes ont toujours le, même radical.
PRÉSENT iSDÏCATtF.
j' assieds, Nom.astsey-ons
Tu assied- Vôtfs. assey-ez, ̃•
11. assied; Ils.assei-eni ».
IMPÉRATIF.
.Àssied-s assey-ons
PRÊ6EST 'DU
Que f .assei-t Que notts.Hàsefy-îèns,
voûs.assey-iez,
Qu' il assei-e, Qu* ils.assei-ent.
IMPARFAIT INDICATIF.
J? .assey-ais Nous. assey-ions
Tu .assey-ais, Vous assey-iez
JK assey-ait, Ils assey-aient.
Participe actif.
.À*sey-ant.
futur Indicatif..
J' assei-erai, Nous.assci-erons,
Tu assei-eras, Vous. assei-erez,
II assei-era, Us assei-eront
PRÉSENT CONDITIONNEL.
J' asset-erais. Nous assei-e ri on s
Tu.assei-erais, Vous .assei-eriez,
II.assei-erait, Ils.assei-eraient(*)
PRÉTÉRIT DE VINDICATIF
J' assi-s Nous assi-mes
Tu. ..âssi-s, Vous.assî-tes,
âssM ïls. a^si-rent.
IMPARFAIT SOBJOtCtlF.
S\ assi-sse Nous. assi-ssions
II assî-t Us assï-ssent
PARTICIPE PASSIF.
il se cBanjpe en
32 CORRECTIONS RAISONNÉES
A'ITACHER ET ATTACHE sont deux mots que
i'on emploie souvent improprement, comme
ATTACHEZ les ArrAÇHES de vos souliers etc.
• au lieu de NOUEZ les cordons, etc.
Âttacher c'est.fixer avec quoi que ce soit un
objet contre un autre, ou l'arrêter dans un lieu
particulier. On attache uncriminel à un poteau,
nu moyen d'une corde ou autre objet une ta-
pinserie la: muraille avec de la colle, une
planche un mur avec des clous un chien
dans une cour avec une chatne, un cheval
dans l'écurie avec sa bride etc.; mais on lie
un fagot, -on NOUE des rubans, une corde etc.
Les attacher présenterait un autre sens. Attacher
.un fagot, par exemple, ne serait point lier en-
semble/les parties qui le composent, mais .fixer
le tout à un antre objet, à une muraille, à un
arbre etc., co m me attacher des rubans serait les
poser. quelque chose.
'Attache ne signifie point ruban, bout de fil,
de ficelle, etc., mais seulement ce qui sert, ou
ce qui est consndéré comme ayant servi ou devant
servir à attacher, de quelque nature qu'il soit
Voulez-vous que je Jixe cet objet sur ce marbre,
donnez moi une attache, c'est -à -dire' quelque
chose qui puisse l'y attacher, Voilà l'attache
qui m'a retenue un quart d'heure Jixèe contre le
mur, une épingle dont un polisson avait attaché
mon voile à la tapisserie. L'attache qui le retierit
n'est qurun bout de;fil et il n'a pas la force de le
fa ire casser.
J'arriverai AUPARAVANT mon père, AUPA-
RAVANT* QU'il y soit, etc. Solécisme Il faut
Avawt qu'iJ y soit.
DES FAUTES DE. LANGAGE. 33
a*
Auparavant est nn adverbe, il ne peut donc
point avoir un substantif pour complément, et il
n'est jamais antécédent d'aucune conjonction.
AU PLUS ON LE LUI DÉFEND AU PLUS IL LE FAIT.
Pléonasme vicieux Il. Il faut simplement Plus on
le lui défend plus il h' fait, '̃– pluc il mange, plus
il maigrit etc.' Au p'us n'a jamais «le corrélatif,
et il termine toujcurs la phrase où il est cmployé
Il ri a que mille f 'runes de rente au plus,-il ne
vous coûtera que six francs, au plus.
C'est Un bon augure. Joignons à ce* mot co/ufe,
parjure, mercur •, et nous aurons tous les substan-
tifs masculins en ure.
AVANCER DE QUELQU'UN OU DE QUELQUE chose
n'est pas correct. Il faut absolument: VERS quel-
qu'un, YEnS (-uelque chose.
La proposition de n'exprime jamais qu'un point
de départ d'origine, etc. plus oû moins déter-
miné, et si" on l'emploie avec le verbe approcher,
(j'approche de lui ) c'est je crois à ca uje du subs-
tantif apf. roche dont ce verbe est composé. Appro-
cher de fjuidiju'uh, c'est aller procJie de quelqu'un
où le mot quelqu'un est déterminatif de proche, et'
par conséquent comm-a l'origine de cette proximité.
13 Pléonasme ( du grec ptéonazo j'abonde) signifie sur-,
abondance de mots. Cette surabondance est vicieuse lors-
qu'elle nV$l point autorisée par l'usage elle est nécessaire lorsque
cite est utile lorsqu'elle ajoute à l'expression :4
Moi qui suis /e plus maltraite JE ne dis rien etc., (/Vplo-
nasme PROPRES YEUX, ( mes
propre yeux pléonasme utiles il ajoute de la force à l'ex-
pression. )
34 CORRECTIONS HÀJ8ONNÉES
AVANT PARTIS, allez toits recommander a
D»u. Solécisme J. Il &ut î Avant DE partir, de
faine. »*^f(*h etc. Toujours la préposition de
doit construit avec amnt
excepté seulement 4*W, £oti*;r «oqper, déjeuner
et quelquefois boire, dans-certaines locution du
-style familier (<*o/. Après dîner). Mais ces infi-
nijifs sont alors de vrais substantifs.
AVANT-HBER. LJAde ce moî n'étant pas aspirée,
on doit faire sonner le t et prononcer avantier.
Compter AVEC tas doigts. Provençalisme •. Il
faut BmiUsdoigiSi on c'est-à-dire
en allant d'un doigt à l'autre.
Avec ne convient point ici; il n'y a aucune si-
multanéité d'action, les doigts ne font rien. Ce
n'est pas comme quand on dit Je coupe avec un
couteau, –je lave avec une éponge etc., où le
couteau, V éponge concourent à mon action; l'un
coupe l'antre; lave. en même temps que je fais
les mouvements qu'exige chacune de ces actions.
TEMPS ÈTBS-VOUS VENU .PAME!, etc.
». On M Pu ,-quel temps, c^est-^à-
et non avec, qui
indiquerait que le temps aussi est venu, parti,
toujours le sens de la préposition
ûvec, d'indiquer l'union, l'accompagnement, etc.
transitif dès
Leui.
-DES 35
qu'on a, on a quelque chose, et ce quelque chose
doit toujours être exprimé. H faudrait donc dire,
si l'on voulait se servir du verbe avoir, quel est
l'objet que l'on' a comme celui avec qui sè fait
la comparaison J'ai comme lui, de la propension
la colère, l'habitude défaire telle chose etc.
QU'AVEZ-vous PEUR? Solécisme On n'a pas
peur quelque chose, mais de quelque chose. Il
faut donc exprimer le de et aire De quoi avez-
vous peu,- c'est-à-dire yous avez peur de quoi,
la préposition de étant ici nécessaire pour déter-
miner l'origine, la cause de cette penr. (Voy,
Avancer de
NQUS sommes BIEN AVOISINÉS, pour nous som-
mes bien en voisins, est une expression impropre.
Il faut Envoisihés.
Avojsirier ne se dit que des lieux On est avoi-
siné d'une forêt, d'un champ etc., quand on a une
forêt, un champ, etc. auprès de sa demeure.
^BAILLER aux corneilles. Mot impropre. Il faut
Bayeb gge l'on prononce bai-ièr comme payer
ruyert. Ce ver])e signifie regarder la bouche ou-
verte, quelque chose que l'où désire; ce qui est
bien lepropre des badauds (*) au lieu que pailler
exprime une action commune à tout monde,,
puisqu'elle est involontaire.
BALIER n'est pas français. Le Mot est Bai^yer
où 1'y a, comme a l'ordinaire, le son de deux i".
BAULOtTE ne se dit en français que des.petites
se donner les suffrages
ou pour Ur«c au*ort. Qa norome boulettes les pe-
dtMit ftr.
36 CORRECTIONS RAISONNÉES
Htcs boules de viande et pilule du latin pilula
,petite boulé les médicaments qui en ont la
forme.
BANQUE ou 3ANC DES MARGUILLIERS. La
première expression renferme un mot tout-à-fait
impropre banque ne désignant jamais en français,
du moins dans le langage usuel, auc-une espéce
de Banc et la seconde est une périphrase ̃♦ inu-
tile, puisque nous avons le mot œuvre qui dit tout
Ce assis à tœyrax.
BANDÉ DE lard. Mot impropre. Le terme est
Barde si l'on veut parler des tranches qu'on appli-
que sur les volailles au lieu de les larder etflèche,
s'il. est question de toute la, longue pièce de lard
qu'on tire de I'nn rdes côtés d'un cochon.
Faire un BAPTÊME. Provençal jsrae Celte ex-
jamais lieu en français. Le prêtre ad-
ministre] confère le baptême, ou, plus simplement,
et la maiTaine TIËNNENT
V enfant sur les fonts baptismaux Ce prêtre A
BAPTISÉ monjils, Vu tel une telle ATKNV
avec, moi deux, trois, quatre enfants sur les fonts
BARAQUE. Quoique la signification que nous
donnons à ce mot en l'employant pour désigner
les boutiques de planches qu'on dresse sur le Cours
DES FAUTES DE LANGAGE. 57
à Marseille, lors de la foire St.-Lazare, ne soit
point exactement la sienne, nous l'en croyons
cependant assez rapprochée, pour qu'il n'y ait
pas une faute à les nommer ainsi.
Le terme à' échoppe, qui serait le seul que nous
poumons leur donner, ne conviendrait pas mieux
les véritables échoppes sont toutes ou portatives
ou adossées contre une muraille, et les boutiques
de notre foire ne sont ni l'un ni l'autre; tandis
qu'elles ressemblent parfaitement par leur
position et leur structure, aux baraques qu'on
dresse dans lcs grands chantiers pour servir, aux
ouvriers, de magasin et de retraite.
BARBE D'ARTICHAUT. Le mot propre est Foin
Cet artichaut a un long FOIN,
JOUER A BARRE. Il faut Aux barres. Dans cette
acception 15 le mot ba'rfîsost toujours au pluriel.
BARIL. On prononce bàri. VI 8 finale est encore
nulle dans chenil, coutil, cul .fournil fusil gril,
nombril, outil ^persil .soûl, sourcil; mais elle
sonne dans tous les autres mots.
IL FAIT BEAUCOUP chaud, BEAUCOUP FROID,
etc. solécisme.. Il faut Bien chaud, etc.
Beaucoup ne s'emploie avec un adjectif que lors-
qu'il y à comparaison. Il fait beaucoup plus froid
aujourd'hui qu'hier, le talent est beaucoup
moins désirable que la vertu, etc. Il est alors ré-
On nomme ACCEI*TION du latiu accipere recevoir, le»
différents scus dans lesquels un mot esl reçu. La première accep-
tion de Bouillon par exemple est d'indiquer les petites boules
qui se forment sur l'eau lorsqu'elle bout, et la seconde d'indi-
qoer une eau dans laquelle on., fait bouillir de la viande.
1 4,SA
girae
sition que l'on exprime quand on veut appuyer
sur II fait de beaucoup plus froid aujour-
d'hui quHiér -le talent est QE beaucoup moins
Vx
LARRON ou BARREAU DE chaise. On dit Bas»*
de ckhUe. Barron est un 7 un
une ter minaison française et
bureau est,,ici un terme impropre, il ne se dit
4'une barre, que lorsqu'elle est carrée tandis
point leur nom de chaise.
YcaLA vm «elle BATISSE. Mot impropre. Le
terme est BATIMENT. Bâtisse ne se dit que de la
partie d'une construction qui comprend la maçon-
nerie et non de la construction, tout entière
à tant, -etc.' ̃ ̃ '/̃
BÉAL est un barbarisme. C'est Biez qu'on
appellë le canal qui conduit les eaux sur la roue
d'un moulin Le BIU est plein.
BÊCHE ET PIOCHE sont employés impropre-
ment, quand on veut désigner cet instrument
large et recourba qui se termine en pointe, et
avec lequel on labouré en tirant la terre vers soi.
Son nom est Houx.
La bêche est l'instrument droit et à long manche
terre avec le pied.
dont on se force de tes; mais dlè a deux
lames, opposées lame de dfivanf,
DES FAUTES DE LANGUE. 30
qui est plus igrosse forme deux branches re-
courbées.
Labourer avec la pioche c'est piocher avec la
c*ést bêcher avec la houe, c'est itouer.
UNE BEC-FIGUE. Solécisme Il faut Un Bec-
figue. Ce mot est masculin il conserve en français
le genre de foc, tandis qu'il a en provençal celui
de figue.
MES BELLES GENS. Provençalisme. Nous n'a-
vons point d'expression collective pour désigner
en même temps le beau-père et la belle-mère, il
nous faut les nommer tous les deux et dire Mon
Beau-père et ma. Belle-mère.
JE VAIS PRENDRE LA BÉNÉDICTION, JE vais a
LA BÉNÉDICTION sont des expressions vicieuses.
On ne prend pas la bénédiction, on la reçoit et
quoiqu'on dise fort bien aller à vêpres, à la
messe\ etc., on ne peut pas dire: aller à la
bénédiction, parce qu'il ne peut point y avoir ici
l'ellipse 6 du verbe assister qui a lieu avec le mot
vêpres, messe, etc,, la benédiction étant un acte
auquel les fidèles n'ont attcune part. Ils en sont
seulement les objets passifs c'est le prêtre seul
qui l'exerce car le mot bénédiction ne signifie
absolument que l'action de bénir et non là partie de
Si on voulait désigner le
employer Je mot salut, et alors
on éiwiitèien, comme on le fait à Paris et dans
4 plusieurs antres vais an salut.
Jire cela, etc:
Fo»e
de Beurré, un
Beurré gris, un
40 CORRECTIONS RAISONNÉES
Un objet beurré est un objet enduit de beurre,
frotté de beurre, trempé dans du beurre,, etc.
D'où, par ellipse fi, une. beurrée, qui signifie une
tranche de pain sur laquelle on a étendu du beurre.
BIGUE. Ce mot dont l'acception provençale
renferme celle de perche, gaule, poutre et poteau,
ne se dit en français que des soutiens de bois d'une
machine à mater, et d'une grosse pièce de bois'
dont on se sert pour soulever les navires, quand
il y a quelque chose affaire..
Une perche est un brin de bois de trois à quatre
mètres de long. Au-delà de cette dimension, c'est
une gaule) ou un poteau, s'il est planté en terre
quel que soit d'ailleurs son usage.
BIEN S'EN FAUT présente deux fautes une in-
version l6 vicieuse, l'adverbe doit toujours être
après le verbe et une omission très importante
celle du mot il; nominatif ou sujet de tout verbe
impersonnel 17. On dit Il s en faut bien, il l'en
est' bien fallu, etc.
BLANCHISSAGE ne doit se dire que de l'action
16 Inversion signifie renversement, du latin invertére ren-
verser intervertir. H y a inversion dans une phrase toutes les
fois que les mots n'y sont point places dans Tordre logique
toutes les fois que
le mot qui complète ne vient point après le mot complété.
à une seule personne ) les verbes qui n'ont que la troisième
ne sont proprement
personne leur sujet, est toujours ne rappe-
neige, etc. Quand en dit tant s'en faut peu s'en faut, etc.
DES FAUTES DE LANGAGE. 41
de rendre net le linge Je paie tant par mois pour le
blanchissage de mon linge: C'est Blakchimekt
qu'on appelle l'action de blanchir, de rendre blanc
un objet quelconque Le blan çhiment des toiles,
d'une muraille, delà cire, etc. "̃̃*
POIRE BLÈDE. Il faut Blette, féminin de Blet,
adjectif inusité au masculin, attendu qu'il ne se,
dit plus que des poires, pour indiquer qu'elles
sont trop mûries.
BLEDIER n'est pas français. Blatier, qui pour-
rait paraître le mot correspondant, ne se dit guère
que des petits marchands qui transportent du blé
d'un marché à un autre. Il faut donc appeler mar-.
chands de blé ceux qui sont stationnaires, établis,
fixés dans une ville et qu'on ne veut point ravaler,
CETTE DAME s'est BLESSÉE. provençalisme. On
dit en français A/ait une fausse couche, ou bien
a avorté.
UNE BOLE. Il faut dire et écrire UN BoL ( de
l'anglais bowl ), sans e muet, et ce mot
masculin comme tous les autres en ârr
BOISER UNECHAMBRE ne signifie point en couvrir
le sol avec des planches jointes ençemble. Cela
s'appelle plakchéier, ou PARQUETER, si l'on y met
un assemblage de bois en compartiment.
Une salle est boisée lorsque les murs sont revêtus
d'une boiserie, ce qui ne suppose nullement qu'elle
soit ou parquetée.
BOMBER ne signifid jamais/aiVé des bonds, mais
seulement rendre ou être convexe Un verre de
montre en bombé, il bombe; mais une balle, un
corps élastique quelconque bondit, rebondit,
lorsqu'il tombe ou qu'on le jette.
Plus BON n'est une locution correcte que dans
4à RÀÏ5OWNÉES
te sens et plus simple, plus crédule Vous êtes
bien bon de croire cela vous êtes bien plus BON
êe &*ué irhaginer que je le croie.
Hwrs ce cas, on plus bon est la seule expres-
sion convenable, il faut toujours dire meilletoi:
HÊén le vôtre, etc
Ifotrs vOUs levez, vous vEHEz,etc. BON MATIN
«rj GRAND MATIN, sont deux solécismes. il faut,
Da bon matin, DE grand matin, avec la préposi-
lié. de exprimée quoiqu'on dise et qn*on doive
dî re sans elle Vous vous levez, vous penez, etc.,
C'est que dans ce dernier cas, bien fait de matin
vit adverbe, et que bien matin signifie bien matina-
tandis que dans le premier, bon et grand
J^tet tes ad jectifs, matin est nécessairement subs_ *|
par conséquent régime «• d'une prépo-
sition ne pouvant l'être du verbe, et cette $ré-
position l'usage ne permet point de la sons-enten-
dre ici.
on 'nomme %iéalÈtf dalatm regimen çoùverntmmt
un mot gouTemé, tcxhgé par un autre. Aimons
Dieu Dieu est ici régime de aimons, puce qu'il est le mot
exigé par ce verbe; on ne saurait aimer, sans aimer quelque
chose. Les mots ainsi considérés sont aussi appela complément
iniis â y à où ces mots ne
point devoir «Ire synonymes. Le mot d*. complément a bien
plus d'extension que celui de rt^wne. il convient à tout mot ou
à qui ajoute une idée complète ( c'est
cette qui le constitue) à un autre mot soit que
dans ïésus souffrant pour nous,
.209 *»Un mûthen-
reux, Jésus souffrant pour non»; tandis qu'il n'a que deux
Ce ion les
DÉS* FAUTES DU LANGAGE. 43
Le BON Du jour est un provehçalisme Il faut
dire le milieu du jour Je Sortirai au MILIEU du
jour. cela se fera au milieu dujour^ etc., et
non au bon.
D'ailleurs, cette expression ne nous paraît pas
toujours juste. En été, par exemple, ce serait le
matin au le soir qu'on devrait appeler Bon du jour
plutôt que le temps compris entre dix heures du
matin et deux heures de l'après-midi environ.
Me» BON, MA BONNE. Provençalisraé On dit
Mon ami,, mon amie, mon bon ami ma bonne
amie, etc. i
L'adjectif bon ne s'emploie substantivement que
dans les locutions suivantes: Un bon de fr.,
il a du bon dans ce livre, le bon et le beau ne
vont pas toujours ensemble le bon de l'histoirt,
te bon Je rostre, et quelques autres entière-
ment analogues. Au féminin, bonne n'est substantif
que quand il signifie la gouvernante d'un petit
enfant Voilà la bonne de mon jils.
Acheter, vendre, etc., BON MARCHÉ renferme
une ellipse vicieuse, l'usage ne l'autbrise point.
Il faut absolument dire À bon marché.
idE VIN SE BONIFIE EN VIEILLISSANT. Il faut
Abonnit où s'abonnit; ces deux expressions di-
sent la même chose.
Bonifier n'est jamais pronominal et né signifie
point mais rendre comme
l'indiqué sa terminaison Jhr (*) On bonifie les
terres Ce verbe est
peu usité; tar s'il s'agit dfe ttmt autre clhose que
(♦) 0 est à rertanjurt kpie toüx- tes Vert** fa fier ont le i*p* actif
Wfca %à*iH paniiueBt itmr 4a kttimjh fui oe l'« janii.
44 CORRECTIONS RÀISOfflféES
des terres comme lui
signifie
Uire BONNE, pour signifier mie friandise éPen-
fant, est encore un provençalisme. Le mot est:
Bgœibon dont ta signification est aussi étendue que
celle que l'on donne à bonne. C'est à tort que
que pour exprimer des sncre-
tout ce qu'nn
enfant dit êtte très bon.
Une bonne, comme nous -lavons déjà dit, ne
signifie jamais antre chose qu'une gouvernante
d'enfant.
.-il faut dire: BRANDADE, comme nous
le disons en provençal, à la seule exception de la
voyelle finale. C'est sous ce terme de brandade
seulement que ce mets provençal est connu a
Paris, et que le désignent dans leurs dictionnaires
toits tes nouveaux Lexicographies, les seuls qui en
il BOUGE les doigts, etc.
1. H faut IL remue
Bouger signifie se mouvoir du lieu où rpn est.
ne saurait par conséquent
tu bouges delà, malheur
d'ici, etc.
H faut
Il faut dire:
Bkaas* Un Mbasiem de
désigner cette espèce de réchaud où
BRAVE
DES FAUTES DE LANGAGE. 45
ekfant, .sont deux provençalismes M fait un
uaasd froid un froid cdisaht c'est un gentil
enfant., un aimable enfant. Telles sont les expres-
sions françaises équivalentes. Brave ne signifie
jamais autre chose que,
la Vaillant C'est un brave capitaine^
z° Honnête qui a de la probité Cest un brave
homme»
Enfin/ bien ajusté bien mis Vous le faites aller
trop brave, c'e&t-à-dire trop bien ajusté, trop
bien mis Vous êtes bien brave aujourâ hui, c'est-
à-dire bien mis bien ajusté etc. Nous ne con-
naissons guèi£ en Provence cette dernière accep-
tion ,'5 du moi brave, qui est cependant très ordi-
naire dans le discours familier.
BRÉCHER est un barbarisme 7. Il faut dire
Ébrêcher Ebrdclier un couteau, un rasoir, etc.
BROUILLON ET BROUILLARD sont loin d'être
synonymes. Le premier est le seul véritablement
français; il ne peut être permis de se servir de
l'autre qu'en terme de commcrce, pour désigne
un livre, brouillon de toutes les affaires journal-
Hères, dont le terme propre est, je crois, livre
journal.
BROUTURE. Barbarisme 7. Le mot est: Bouture,
qui doit venir de l'ancien verbe jouter, mettre.
En effet la bouture est la partie d'un arbre ou
d'une plante qu'il faut mettre en terre pour ob-
tenir un nouvel individu de la même espèce.
dit
TU aire du bruit.
46
strrA, Autsan^, poissante etc.. !,joute!: à ces mots
reu* que, doju* avons donnés à l'article aiV, et
roua aurez ou l'a; ne sonne sim-
plement que comme une 5 sifflante.
Au moyjmi stop BUJET d'une chambre on EN 4
r*rr dotx. IL faut dire Au moyen d'une Cloison
Bujet est un provençalisme. Mais, d ira-t-on, Cloi-
son ne rend pas toute Fidée c'est un terme géné-
rique et B«/>* désigne une cloisoR particulière
une cloiaoa de briques. Cela.,est. vrai, mais tout son
mérite ne saurait le rendre français, ni intelligible
aqx Français qui ignorent aotre ancien idiome.
nous pensions en français ( car
le seul moyen de Hen parler une langue c'est
de penser dons cette langue ), songerions-nous
au comme s'il en, était
ainsi expliquons la nature de la cloison lorsque
tes circonstances ne te feront pas assez, disons
Une cloison •
qui d'ailleurs ne vaut guère là peine, Te muet
n'étant presque pas sensible dans le corps des
mots. If faut absolument écrire et prononcer
cela Prenez cela, cela va bien, etc.
parce qu'ici
le verbe a; ce qui
DES FAUTES DE LANGAGE.
à l'étyraologie qui exige un
o au lien de l'a. Ce mot vient du grec cacos mau-
vais et de. p/w5r?e son.
CACHEMAILLE n'est pas français, quoique
composé de deux mets qui le sont. ( Maille était
une petite monnaie au-dessous du denier ). C'est
twe-lire qu'on appelle ces espèces de petits cônes.
CACHET, HOSTIE* PAIN ENCHANTÉ PAIN A
CHANTIER, sont des. termes entièrement impro-
pres, qu'on emploie quelquefois pour paiw, a ca-
CHETER.
Cacliel, c'est l'instrument avec lequel on ap-
pôse une empreinte de lettres initiales, d'at-
moirie; etc. sur un papier sur une lettre cache-
tée ou c'est cette empreinte elle-même.
Hostie signifie victime; il se dit du pain con-
sacré et par anticipation de celui qui doit l'être.
Pain enchanté ne signifie rien, il n'est point
là d'enchantement et pain à chanter ne se dit
que des hosties non consacrées, soit parce qu'on
les fesâit en chantant des priéres soit parce
qu'elles sont nécessaires à la messe, qui
vcmerit étaient toutes chantées. =
Un grand nombré de mots provençaux en aou,
ayant leurs correspondants français en al, l'ana-
logie fait supposer cette terminaison à cadenas,
où I'a- r ne sonne point*.
En général, qa'îl y ait entre
faut il ne faut jamais conclure de
ce qu'il y a dans l'une pour ce qui doit être
dans l'autre parce que ces rapports ne sont pas