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Lettre de Dom Jean-Louis Pech, bénédictin à l'abbaye de Mozac, faisant part à l'intendant des guérisons qu'il a obtenues au moyen de l'électricité

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Lettre de Dom Jean-Louis Pech, bénédictin àl'abbaye de Mozac, faisant part à l'intendant desguérisons qu'il a obtenues au moyen de l'électricitéCourrier envoyé à l'intendant d'Auvergnele 23 février 1788Archives départementales du Puy-de-Dôme, cote : 1 C 7044,retranscrit par Matthieu PeronaMonseigneur,Permettez que j’ai l’honneur de vous faire part des résultats que j’ai eu le ...
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Lettre de Dom Jean-Louis Pech, bénédictin à l'abbaye de Mozac, faisant part à l'intendant des guérisons qu'il a obtenues au moyen de l'électricité
Courrier envoyé à l'intendant d'Auvergne le 23 février 1788
Archives départementales du Puy-de-Dôme, cote : 1 C 7044, retranscrit par Matthieu Perona
Monseigneur, Permettez que j’ai l’honneur de vous faire part des résultats que j’ai eu le bonheur d’obtenir par l’électricité. Le 29 janvier [1788], les personnes les plus distinguées de la ville s’étant assemblées pour être témoins du rapport que j’ai coutume de faire à la fin de l’année ; après un discours analogue à la circonstance, j’ai fait part au public des moyens que j’ai employés pour parvenir à la guérison de plusieurs maladies regardées comme incurables. Dans le grand nombre, on a daigné distinguer quelques-unes de ces opérations dont je vais avoir l’honneur de vous faire part. 1) On a vu avec plaisir que la guérison de Madame Mallet, de Riom, dont j’ai eu l’honneur de vous faire part, l’année dernière, ainsi que de son état affligeant rapporté dans un précis historique, s’était soutenue, et qu’à peine on pouvait soupçonner son état passé. 2) Le nommé Villedieux, de Vinzel [Vinzelles], guéri d’une ankylose au genou droit, ayant en outre des humeurs froides à cette partie. Il était condamné à perdre la jambe, et faisait usage de béquilles depuis dix mois. 3) Antoine Mosat, paroisse de Blanzat, ankylose depuis un an, et usant de béquilles, guéri. 4) Monsieur Barse, de Riom, atrophie ou desséchement au bras gauche depuis sept à huit ans. Son bras a repris nourriture et même de l’embonpoint. 5) Catherine Beaumont, de Pontgibaud, ankylose depuis vingt-neuf ans, boitant beaucoup, sa jambe s’était retirée de deux pouces [environ 5 cm], maintenant elle s’est allongée d’un pouce [environ 2,5 cm], et Monsieur le médecin et moi pensons qu’elle guérira parfaitement avec de l’assiduité. 6) François Gros, de Champmallet [Chamalet], paroisse de La Roué [Saint-Hilaire-la-Croix], attaqué depuis sept ans d’une ophtalmie qui lui passait d’un œil à l’autre : bien guéri. 7) Benoît Brégère, de Riom, affligé de cécité depuis environ cinq ans. La petite vérole avait laissé sur ses yeux des boutons, et ensuite des cataractes ; maintenant les cataractes sont diminuées, et il distingue bien les objets. 8) M. de Riom, affligé d’un lumbago, guéri. 9) M. de Riom, affligé du mal caduc [épilepsie] : soulagé, les maux sont beaucoup plus rares. 10) Amable Valeix, de Riom, guéri d’une fièvre tierce invétérée. 11) Et plusieurs autres de même espèce de maladies ont été guéries, d’autres soulagées plus ou moins. Telles ont été les guérisons les plus remarquables. L’état des malades ci-dessus désignés et d’une infinité d’autres a été constaté avant et après le traitement par M. Bertin médecin, qui a bien voulu se prêter au bien général. Mon but en rendant publiques et authentiques ces guérisons est de faire connaître l’utilité de ce moyen physique que l’on a trop négligé, et dont on craint encore, mal à propos, les effets. Il est de notoriété publique qu’aucun des trois cents environ qui ont été traités, aucun n’a ressenti le moindre mal. Vous voudrez bien remarquer, Monseigneur, que le rapport a été fait longtemps après les guérisons, et deux mois après le commencement de l’hiver, afin que l’on sût que loin de retomber dans leur état primitif, ils ont acquis des forces, et quelques-uns de l’embonpoint. Daignez agréer, Monseigneur, mes remerciements (messieurs de l’hôtel-de-ville n’ont pas jugé à propos de m’accorder vos appartements) et l’hommage que je vous fais de mes faibles talents. Tout ce qui intéresse le bien de l’humanité est conforme à vos sentiments et vous accueillez avec bonté ceux qui ont le bonheur d’en être les auteurs. Puis-je mériter votre approbation et votre estime !
J’ai l’honneur d’être, avec un profond respect, Monseigneur.
Riom, 23 février 1788. Votre très humble et très obéissant serviteur [Jean-Louis] Pech.