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Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis Hachette, 1862(pp. 424-425).
Je vous assure, Monsieur le Comte, que j’aimerois mille fois mieux la grâce dont vous me parlez que celle de Sa Majesté. Je crois que vous êtes de mon avis, et que vous comprenez aussi l’envie que j’ai de voir Madame votre femme. Sans être [1] le maître chez vous comme le charbonnier, je trouve que, par un style tout opposé, vous l’êtes plus que tous les autrescharbonniersdu monde. Rien ne se préfère à vous, en quelque état que l’on puisse être ; mais soyez généreux, et quand on aura fait encore quelque temps la bonne femme, amenez-la vous-même par la main faire [2] la bonne fille. C’est ainsi qu’on s’acquitte de tous ses devoirs, et le seul moyende me redonner la vie, et de me persuader que vous m’aimez autant que je vous aime.
Mon Dieu, que vous êtes plaisants, vous autres, de parler encore de Cambrai ! nous aurons pris une autre ville avant que vous sachiez la prise de Condé. Que [3] dites-vous de notre bonheur, qui fait venir notre ami le Turc en Hongrie? Voilà Corbinelli trop aise, nous allons bienpantoufler.
1. ↑Voyez la lettre du 8 avril précédent, p. 396. 2. ↑C’est la leçon de toutes les éditions, hormis celle de 1754, où on lit : « et c’est le seul moyen. » 3. ↑Les Turcs n’entrèrent point en Hongrie ; mais l’année suivante ils soutinrent l’insurrection des Hongrois.