Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Coup d'oeil sur l'établissement de collèges municipaux, pour les sciences, arts et métiers, en faveur de la jeunesse ([Reprod.]) / par M. Dupain-Triel,...

De
37 pages
chez Fournier (Paris). 1790. Collèges -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW, UK
CO UP-D'<E Mi
SUR L'ETABLISSEMEttî
DE COLLÈGES MUNICIPAUX,
POt'R LES SCIENCES, ARTS ET MItiFRS,"
EN FAVEUR DE LA JEUNESSE.
Par M. DcFAiN-TiuEt, Géographe du Roiji
Censeur Royal.
De la Section de
Se trouve à PARIS;
Chez L. M. Cbliot, Imprimeur -Libraire
rue des Gfands Auguslins.
Et chez Fournier, Libraire, rue NeUYe^
Î^otre-Dame.
^LAN I)E L'OUVRAGE.
Idée des Collèges Municipaux Leur
organisation. Qu'il n'y faut point attirer
la jeunesse des campagnes», Comment il
fat^t y préparer la jeunesse des tilles.
Coup-d' œil général sur les différentes sortes
d*JËsprits pour chercher à les classer.
Quelques traits de caractère auxquels les
penéhans marqués peuvent se reconnoître.,
Tableau d'un de ces collèges en activité.
Avantage de pouvoir s'y. choisir un état.
A coMbien d inconvénient parera cette li.
berté dans le choix. Soins que devront
prendre les Instituteurs pour communiquer
à chaque sujet l'Esprit de saprofession, et
pour le renfermer dan son genre. Con.
duite morale qu'ils devront aussi lui tracer
dans l'exercice de ce même talent par rap-
port à lui et par rapport à la Société.
Motifs d'encouragement au travailpourtous
Ifs états. Ressources dit travail dans tous
les Conclusion, tendant à former
dans ces Collèges l'homme habile et l'hon-
néte homme Un Inot de conseil aux
femmes..
A*
3
SUR L'ÉTABLISSEMENT
DE COLLÈGES MUNICIPAUX;
POUR L6S SCIENCES, ARTS ET MÉTIER»,
EN FAVEUR DE LA JEUNESSE*
LA Nation assemble ne cesse de $'en ex-
pliquer l'objet de ses travaux est de rendre
la génération présente et celles qui la sui-
vront sagement libres et invariablement heu-
reuses.
Dans ce dessein, Elle a, n'en doutons pas,
réuni an besoin de régénérer le Peuple
François par des loix sages et bienfaisant
tes un autre soin, non moins indispensable,"
celui de les aider à mettre en valeur les
,Cuités physiques et morales dont tous les
hommes naissent plus ou moins favorisés.
Appuyé sur ces principes, j'ai cru qu'il me
icroit permis de hasarder mon opinion sur
l'utilité dont pourroient être à cet effet les
éiablissemcm de Collèges
(4)
(1) Ces Collèges pourroient être construits 1 l'instar
de ceux qni subsistent, et être élevés à autant d'étages
qu'il y suroît de genres d'études. Chaque genre serois
lui-même divisé dans ses espèces, lefquelles auroient
chacuhe leur laboratoire particulier, avec les irtrtrumèrts
nécessaires tant pour le maure que pour ses élèves. Ces
maîtres poutroienty.êtrc logés, comme le sont les mal-
tres de quartier dans les collèges ordinaires. Des dircc-
non en faveur de l'enfance ( son éducation
primaire n'est point ici notre objet), mais
pour la jeunesse, dont il s'agit de préparer
le sort pour tous le? âges de la vie.
Le moment est favorable la Liberté en
jious rendant à la dignité de notre origine,
nous permet aujourd'hui de nous appartenir
tout entiers, et d'être tout ce que nous pour.
rÔnTâans l'ordre des talens et du mérite.
Appliquant donc l'usage de cette liberté à
faire up^thoix d'état qui nous convienne,
rester chercher dans chaque individu le
genre de talent auquel il est propre. Coin,
nient y paryiendra-t-on ? C'est, selon nous,
en formant dans nos grandes villes, nos villes
principales, d'immenses atteliers de travail,
de vastes cabinets d'études, en un mot dès
Collèges inunicipaux, pourvus de tous les
maîtres, de tous les instrumens propres aux
Sciences, aux Arts et aux Métiers (1) en
(5)
A3
torte que chacun des individus, pouvant se
classer lui-même dans la série des êtres, se
trouve toujours placé au poste que son goût
particulier lui auroit assigné.
Avant de passer au moment où ces Collè-
ges seroient en activité, deux observations
ne doivent point nous échapper. La pre-
rnièré est que, bien qu'ils doivent être établis
pour Tous, il seroit sage de n'y point attirer
teurt reconnu» également éclairés et sages surveilleroienl
la partie qui leur seroit confiée, ct tous feroient leur rap-
port, fur les progrès des talens et de bonne conduire de
leur classe par<iculié>« à un. chef ou principal toujours
nommiàla pluralité des voir par les municipalité». Co
n'est pas rous de faire entrevoir que si, vu le grand
«ombre actuel des Collèges dans Paris, on se détcrini-
noit en supprimer quelques-uns on pourroit le servir
du bâtiment tel qu'il seroit, pour y essayer partiellement
l'exécution de notre Projet
Ne deoiandon» pas aux fnrs de qui ces édifices seraient
con$truiti & entretenus ni par qui les maitres seraient
salariées. Si l'on se propose un bien général par ces éta*.
blissemens et ce projet est digne d'un grand Peuple,.
quelle que (lit pour cela la cotisation individuelle, qui
ne peut (tre que foible pour la partie aifve de la narion,
elle ne paraîtrait jamais onéreuse au père qui la pâieroit
pour son fils. C'est à cer égard que les fondations font,
toujours btnir la métnoir* des fondateurs mime par lta
UhtUrt légitime*.
( 6)
(0 Nous eq exceptans ces génies, (car ils naissent 14
comme par-tout ailleurs ) appelles pour l'aire époque et
ftoanerleuriiède qui. dévorant les obstacles et ses
çoiiarjt I« entraves des pays, ct des situations, ariiveni
enfin, sous la conduite, Je je ne sai quelle
licux ci aux {«mps où doivcnt s'opércr leurs niçivcillç*.
la jeunesse des campagnes I1 est trop im.
portant, trop manifestement essentiel de ne
jamais enlever à h terre les bras qui en fé-
condent le sein nourricier puisqu'un seul
jour d'inaction totale de leur part devien-
droit un jour de stérilité, un jour de non.
valerar.
Hé! quel motif plus puissant pour attacher
a ses foyers cette agreste jeunesse que l'as..
pect sous lequel se présente aujourd'hui son
sort futur ? Une honnête aisance va désor-
mais récompenser les lumières de l'agricul.
teur, et ne plus réduire l'infortuné laboureur
à ne manger du'un pain détreiripé de se$
sueurs et de ses larmes sûr d'être
raison de l'utilité de son travail, loin de crain*
4cs envieux disons-lui tout: appelle à l'hon-
neur d'être rangé parmi les citoyens actifs,
il vaâentir sort ame s'élever avec son nou-
veau caraçtôre:homme, devenu l'égal de tout
autre, citoyen compté seroit-il
A4
tenté de quitter un canton ou il se verra tout
ce qae l'homme peut être ? f L'asyle auquel
l'intérêt particulier et la considération publi-
que nous attachent n'est plus pour nous un
désert, c'est la terre promise.
La seconde observation a pour objet do
préparer dans les cnfans des villes une jeu-
nesse capable de recueillir les avantages do
ces établissemens. Il s'agit dônc d'abord, y
pères et mères, de ne point forcer vos enfaiis
dans le développement de leur f'oiblc intelli.'
• gence par je ne sai combien de lumiéres fric
voles qui fatiguént plutôt leur raison qu'elles
ne l'éclairent c'est user le fil avant que la
tfame soit tissue la nature bien ordonné*©
est l'institutrice légitime de cet dge. Laissez
d'abord vos enfans se livrer aux exercices
du corps, d'où résulteront en eux la crois-
sance, la souplesse, la force; a l'effet de ré-
sister àj/intempérie des saisons, aux rigueurs
de la faim au manque moins du pur néces*
saire. M£res délicates vous gémissez déjà
des risques que- peut courir leur santé Rc-
gardea-les ? Voyez comme une partie de jeu
les dédommage amplement de ces priva-
tians ? Voyet-lcs croîtro'vigourcux sveltes
bien conformés bien ignorans, sans doute
ia^is menant déjà sans le savoir, le corps
(8)
en valeur au profit d'une raison prochaine i
car les êtres débileà sont rarement capables
de fortes conceptions. Helvétius a dit que.
l'éducation adoptée de son temps n'étoit pro-
pre qu'à faire de jolis enfans et de sots hom-
mes on en a en la preuve. Aujourd'hui il
nous faut des hommes de caractère, fournis
par ce qu'on appelle. de sots enfans, des en-
fans balourds.
Vient l'article dej^alimens. Lesquels faut-
il leur permettre ?/Les p]us_,simples les plus
naturels, et qui soient aussi forts qu'ils sont
eux-mêmes robustes, mais exempts des ans-
saisonneraens meurtriers de la gourmandise,
et jamais assez légers pour ne point nourri*5
suffisamment des corps toujours en dissipa-
tion par l'exercice. La mode cruellement im-
périeuse avoit amené les mères bourgeoises
copistes des femmes de la cour à ne per-
mettre à leurs pis qu'une nourriture superfi-
cielle et sans substance cela pour les faire
arriver à une maigreur intéressante, à une
pâleur distinguée, qui pût leur donner l'air
d'enfans de qualité. L'embonpoint un teint
coloré, la force des muscles étoient l'ensei-
gne des polissons du bas peuple et ce n'étoit
pas apparemment de pareils arbrisseauxqu'on
attendoit, pour les dames, une pépinière de
(9)
petits agréables, de charmans séducteurs.?
Suivent les vêtemens Ne vous relâches
jamais sur leur simplicité. L'homme, diaaient
nos Pères, n'a qu'un corps; c'est donc assez
d'unhtbit. Que signifient en effet, jusque$
dans les enfans mêrae ces doubles parures
de chaque saison qu'elies indiquent plus
exactement que les équinoxes et les solstices?
Est-ce un magasin ambulant de soieries ou
un être pensant que vous offrez au public
Sur-tout, Pères sages gardez-vous de faire
appercevoir à votre fils qu'il est mieux vêtu
que ses camarades, ou mieux aujourd'hui
qu'il n'étoit hier. Habillez le mais ne le
parez pas que. de nouveaux vêtemens ne lui
soient même jamais donnés pour récompense
de ses devoirs mieux reinplis la vanité ac-
quitte mal tin sentiment d'honneur. Une
paille plus ou moins longue, un rond façon-
né de parchemin, donné comme marque
distinctive de gloire en présence de ses ri-
vaux voilà le triomphe Ici c'est à l'Opinion
k tout faire étendez-en l'empire, dirigez-en
l'objet qu'elle le décide; et une branche
d'épinès sera préférée à un rameau d'or.
Par-là, des enfans élevés simplement, uni.
bonnement, presque sans frais, plus sobres,
plus vigoureux, plus capables de porter le
(10)
joug du travail, pourront de tona. les point»
du royaume entrer tout disposés. dans la car-
rière où s'exercera la jeunesse pour donner
d'utiles citoyens à la Patrie,
Portons actuellement un coup- d'oeil gêné*-»
rai sur les diverses classes d'Individus que
rasserableroient ces Collèges l'architecte,
dans ses projets d'édifice, a besoin de con-
nottre la nature et l'abondance des matériaux
sur- -lesquels il veut le fonder.
Il est des, Individus, qui indiquent dès le
premier âge le genre de talent ou d'étude
auquel les appelle la nature ils ne voudroient
ni ne pourroient être autre chose que ce
qu'ils, sont l'âme sort chez eux par tous lea,
sens. Gardons-nous de les contrarier dans
leur développement encourageons leur es-
sor;;ne le détournons jamais. Ils n'iront point
au terme s'ils n'y, dirigent eux. mêmes leur
vol.
Il est d'autres j.eunes sujets, indifférens
sans volonté déterminée sans sptitMe pro-
laoncée pour aucun genre, et semblant non-
clzalanxnnent attendre- qu'on leur épargne
même la fatigue du choix. Faisons-le doua
pour eux leur indolence même nous répond
qu'une fois mis en place, ils s'y trouveront
bien n'en bougeront plus. Qu'ils y restent
-( il ).
le bon ordre de différentes professions a be-
soin de ces esprits d'habitude, de ces routi-
niers du bon sens.
Certains autres eafans ne se développent
qu'avec le temps. La nature semble leur ca-
cher les dons qu'elle veut leur faire, et attend
souvent jusqu'au jour où l'homme prend un.
caractère de virilité. Mais comme si les élé-
mens du rnérite avoient été amassés dans le
secret sous la mate de cet individu, à ce jour
marqué par la nature, il sera tel qu'un athlète*
léger à la course; qui n'entre tard dans la
carrière que' pour mettre moins de temps à'
toucher -lé But.
D'autreè àujèts n'ont en apparence qu'une
existence passive bu toute Intérieure. En eux
l'être moral semble embarrassé de l'être phy-
sique, ou l'ame de la machine qu'elle fait
mouvoir'; 'ils ont eh quelque sorte besoin de
se heurter contre d'autres corps pour être
certains qu'ils eri ont aussi un. Ce sont les
enfans de la raison et comme la raison n'est
ni bruyante ni précipitée dans ses opéra-*
tions, long-temps le vulgaire, qu'éblouit tou-
jours le brillant coloris des surfaces, deman-
de, avec inquiétude, à quoi sera propre cette
%pèce d'adolescens ? Attendons les circons-
tances; des hommes se mootreront à la tête
(i) Si, en effet, les Journaliers ne se dévouoient pas
pour vous, gens de la classe aisée à tant de soins al*
j«C(S| qui naturellement vous regardent s'il* es tw-
d'une vaste administration dans le système
politique dans la conduite des affaires pu-
bliques, dans la régie des trésors d'un grand
État et ces hommes essentiels où auront-ils
été trouvés ? Le plus souvent parmi ces Indi.
dus à tête calme, rassise sans pesanteur
comme sans fougue, et où la pensée mise au
large, par l'absence des sens, tient en sou»
veraine ses tranquilles assises.
Enfin, il est d'autres êtres malheureuse-
ment privés de toute action de l'esprit sur le,
corps, qui ont des yeux sans voir, des oreilles
sans entendre, en qui l'ame apparemment
enveloppée d'une muraille toute terrestre où
s'éteignent émoussés les rayons de l'intelU»
gence, semble n'avoir qu'une allure unifor-
me, un mouvement d'instinct imprimé à toute
lamasse.Mais ces êtres, qu'on ne croit dignes
que de pitié, notre propre, intérêt nous dit
encore qu'ils doivent être non seulement
supportés, mais même ménagés parce que
la société a, comme à nous, tous, des em-
plois à leur distribuer. Ces emplois quels sont.
ils ? Tous ceux que nous ne pouvons, ni ne
voudrions remplir. Jugez du nombre F
<i3J
passent à quelques observations de détail sur
les différens traits auxquels les penchants ca.
ractérires peuvent se recohnoître je leur
offre d'abord un jeune homme doué en nais-
sant de la vertu militaire. Ne la confondrons
point, cette vertu avec l'impulsion de cou-
rage ou de témérité que peut donner la cha-
leur du sang, l'énergie corporelle ou la tur-
bulence d'une jeunesse qui ne sait ni ce qu'elle
veut ni ce qu'elle hasarde. Le vrai brave
l'est de sang-froid son intrépidité a son siège
dans Tarne dévoué aux fatigues avec le sol-
dat, et à l'étude avec les grands Capitaines
faisant de son devoir sa passion unique; loyal
dans ses procédés, magnanime dans ses sa-
crifices se promettant d'être plutôt pour
fa Patrie, le martyr de la Liberté que ié
n'en être pas le défensèur, au jour où soil
héroïsme brillera dans toute sa plénitude, il
geoient pas leurs épaules robustes du poids de tant de
travaux qui écraseroit les vôtres où seroit pour vous le
temps de vous livrer des méditations profondes aut
élans du génie, aux recherches des hautes vérités ? Ils
sont, ces hommes, dans le cas des plantes obscures sut
lesquelles marche, sans y penser, le voyageur ignorant,
mais dont le Médecin éclairé emploie le baume salutaire
pour conserver la vie de ceux cxéme qui les foutent au*
pieds.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin