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Coup d'oeil sur l'exposition de la loterie nationale, au profit des victimes de la guerre / par William Reymond

De
8 pages
impr. de A. Chaix et Cie (Paris). 1871. 8 p. ; in-8.
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EXPOSITION
Vv- '■ / / UE LA
LO$^.IE NATIONALE
AU PROFIT DES VICTIMES DE LA GUERRE
La Société de Secours aux Blessés et les Ambulances
de la Presse ont voulu, après avoir accompli leur oeuvre
pendant laguerre, poursuivre leur tâche de bienfaisance pen-
dant la paix, en faisant appel à de nouveaux dévouements au
profit des victimes qu'elles avaient soulagées ou secourues.
Sous forme de Loterie autorisée par le Gouvernement, la
Commission est parvenue à réunir dans les salles du Nouvel
Opéra une immense quantité de produits de l'art, de l'in-
dustrie ou du commerce. Ces produits ont été libéralement
envoyés par leurs auteurs ou par leurs fabricants, à titre
de dons patriotiques. Au sentiment généreux qui avait
inspiré l'oeuvre, le sentiment national a répondu. L'exposi-
tion, déjà riche, s'enrichit de jour en jour davantage. La
foule y afflue, attirée en partie par le même mobile patrio-
tique, en partie par la curiosité de visiter les vastes locaux
du Nouvel Opéra, cette débauche d'architecture de Charles
Garnier, et enfin pour se rendre compte des chefs-d'oeuvre
de l'Exposition elle-même.
Au moment de la réouverture de l'Exposition de la
Loterie nationale, il nous suffira d'indiquer les principales
— 2 —
oeuvres d'art que nous y avons remarquées, pour donner
une idée de cette affluence de dons et de la valeur qu'ils
représentent.
Le gros lot du moment, sans être indiqué, s'impose du
premier coup d'oeil à l'admiration de tous. C'est une de ces
grandes toiles, comme Corot n'en a exécuté qu'un petit nom-
bre, magnifiques compositions dans lesquelles le sentiment
d'intense poésie, qui caractérise ce maître, revêt les formes
du plus haut style de paysage historique. C'est noble
comme Poussin, vaste et profond comme Claude Lorrain,
sans cesser de porter le cachet original et puissant du
maître. Ce paysage grandiose, conçu dans la note sombre,
au moment où le soleil s'abaisse sur l'horizon, correspond
à l'action douloureuse éloquemment exprimée au premier
plan. Saint-Sébastien, percé de flèches, succombe entre
les mains des deux Saintes qui le soulagent.
Evidemment M. Corot, en choisissant ce sujet, a voulu
caractériser, au moyen d'une poétique légende, l'oeuvre
même qui a pris l'initiative de la Loterie, cette Société
de Secours aux Blessés militaires qui a accompli tant de
prodiges de charité pendant les jours néfastes que notre
malheureuse France vient de traverser.
Dans cette oeuvre éminente de Corot, il y a donc en
même temps un symbole et une touchante expression de
la charité et de la souffrance. Au moment où Saint-Sébas-
tien souffre et meurt, la nature végétale semble partager
ses douleurs et pleurer sa perte, tout en s'élevant dans les
espaces d'un ciel mélancolique. A.droite, de longs peupliers
s'étagent sur un coteau au sommet duquel les dernières
lueurs du jour jettent un rayon consolateur. En face et
derrière le- groupe principal, un chemin s'élève et s'en-
fonce au bout d'une cinquantaine de pas, et l'on aperçoit
sur le versant opposé les assassins,
Dont le groupe décroît derrière le coteau,