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Coups d'éperons, poésies patriotiques, par P. Cottard

De
9 pages
impr. de T. Leclerc (Havre). 1872. In-8° , 8 p..
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DÉDIÉ AU COMITÉ HAVRAIS
de la Souscription en faveur des Emigrés Alsaciens-Lorrains
COUPS D'ÉPERONS
POÉSIES PATRIOTIQUES
PAR
P. COTTARD
SOMMAIRE :
- 1. AU LECTEUR.
2. SONNET.
3. L'ALSACIENNE.
4 L'OBUS.
5. CEUX QUI RESTENT.
6. L'ARBRE.
7. LE COUCOU ET LES PASSEREAUX.
H. LA BALLE.
9. L'ÉCHELLE.
1U. A M. THIERS.
PRIX : 30 C. -
Au Profit des Émigrés Alsaciens et Lorrains
HAVRE
Imprimerie T. LECLERC, Cours de la République, 174.
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AU LECTEUR
Dans ta bourse, ma main te prend trente centimes;
De crier: au voleur ! ne sois pas trop pressé,
Car c'est pour soulager des misères sublimes
Qu'à ce larcin, lecteur, je me suis vu forcé.
D'avoir commis ces vers, ne me fais pas de crimes :
A les donner pour bons je n'ai jamais pensé.
Oh ! je n'ignore pas que plates sont mes rimes
Et, par moi, de les lire. ami, sois dispensé ;
Vieillards aux cheveux blancs, enfants aux têtes blondes,
Ont vu se raviver leurs blessures profondes ;
Ils quittent leur foyer, mais ils restent Français ;
Ils ont froid, ils ont faim; si cette obole apporte
Quelque soulagement à leurs maux, que m'importe
t, ce que je voulais.
l«r NOVKMHKK 187:?. (iiie, j e v~)tt l ai,,.
SONNET
Déposons aujourd'hui le fouet de la satire :
Ce ne sont pas des traits qu'il me faut acérer ;
Mais pour plaire au lecteur je dois mordre ou sourire :
Que faire ? mon sujet 11e prête qu'à pleurer;
De nos frères meurtris que le malheur déchire,
Je voudrais en ces vers, la misère montrer ;
Auront-ils la clarté nécessaire pour dire
Les actes généreux qu'elle doit inspirer ?
- 2 -
Sauront-ils mettre au jour, succombant à la peine,
Les enfants émigrés d'Alsace et de Lorraine
Qui, pour fuir le pouvoir de vainqueurs inhumains.
Ont vu tous les degrés de l'infortune amère?
Et, sur le sein tari de l'angélique mère,
Le petit affamé qui vers nous tend ses mains ?
t'T .XoVKMBRK 1872.
L'ALSACIENNE
Le père, en combattant, eut la tête brisée ;
La maison fut, hélas ! en une heure embrasée
Quand le bombardement incendia Strasbourg ;
La mère, avant le terme, au fils donna le jour ;
Le pauvre petit être encor dans ses entrailles
Partageait les émois causés par les batailles ;
La mort planait cruelle et l'horrible destin,
Isolant son berceau, le fit naître orphelin ;
Le singulier instant pour arriver au monde
Que prit ce corps débile, aujourd'hui tète blonde !
Il faut à tout enfant l'enfantine chanson ;
Lui, pour berceuse, il eut les éclats du canon.
Les sanglots de sa mère ; il eut la Marseillaise
Et les pétillements de la ville fournaise.
Des lueurs d'incendie au lieu d'un beau soleil
Frappaient sur le front pur de l'ange au teint vermeil :
Oh ! que d'angoisses eut sa mère, que de fièvres
Eut-elle en épiant le rire sur ses lèvres !
A quel enfant jamais donna-t-on tant d'amour ?
Elle se demandait ce qu'il serait un jour :
Souvent dans l'avenir l'œil de la mère plonge.
Et, pleine d'épouvante elle vit dans un songe.