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Cours complet de langue française. La Ponctuation enseignée par la pratique... par Mme Charrier-Boblet,...

De
163 pages
Mme Vve Maire-Nyon (Paris). 1855. In-12, 159 p..
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LA PONCTUATION
ENSEIGNÉE PAR LA PRATIQUE.
I
, .-,
1 -
Paris. — Imprimé par E. TaUNOT et Cc, rue Racine, 26.
(
OlVRAGE§ DE 11111£5 CHARRIER ET BUBLET.
COURS COMPLET D'ORTHOGRAPHE.
Recueils de dictées graduées, et classées méthodiquement, pour finira- dans lu
mémoire les principes de l'orthographe et de la grammaire frallçaise.
L'Orthographe enseignée par la pratique aux enfants de
cinq à sept ans; exercices et dictées très-élémentaires, où l'or-
thographe de chaque son est méthodiquement enseignée. Nouvelle
, édition. In-12, cartonné. 1 fr. 50 c.
Eléments d'orthographe d'usage, pour les enfants de 5 à 7 ans.
L'Orthographe enseignée par la pratique aux enfants de sept
à neuf ans. Nouvelle édition. In-12, cartonné. 1 fr. 50 c.
Recueil de 300 dictées graduées AUTORISÉ PAR L'(J!U\'F.ftSITÉ,-AUTORISÉ
ET EMPLOYÉ DANS LES MAISONS D'ÉDUCATION DE LA LÉGION D'HON-
NEUR; honoré d'une MENTION HONORABLE de la Société pour l'Instruction
élémentaire; enfin qualifié par la Société grammaticale de livre excellent, qui
, doit contribuer puissamment à faciliter l'étude de la langue française.
Eléments de grammaire pratique pour les enfants de sept à neuf
ans. In-12, cartonné. 75 c.
L'Orthographe du participe enseignée par la pratique; 140 dic-
tées graduées, où la cacographie est remplacée avec avantage. 1 fr. 50 c.
Corrigé raisonné du même ouvrage, avec remarques, notes expli-
catives, etc., etc. (Partie du maître). ln-12, cartonné. 1 fr. 50 c.
Traité complet de l'accord du participe passé, avec de nombreux
exemples raisonnés, etc. 4c édition. 60 c.
La Ponctuation enseignée par la pratique; 150 dictées puisées
dans les chefs-d'œuvre de notre littérature, et régulièrement ponc-
tuées. Un vol. in-12, cart. 1 fr. 50 c.
Principes logiques de ponctuation, arec de Qqmbreux exemples
raisonnés. 60 c.
Analyse grammaticale simplifiée et raisonnée. avec modèles
d'analyses et exercices. Ouvrage dont l'Académie française a ordonné
le dépôt dans la bibliothèque de l'Institut. In-12, cartonné. 2 fr.
L'Analyse logique enseignée par la pratique ; théorie, — modèles
d'analyses, — et exercices gradués.
Feuilles préparées pour l'Analyse logique. 10 feuilles. 1 fr. 25 c.
Traité complet de l'emploi de la majuscule, de l'accent, du
tiret, etc., etc. 90 c. — Formation du pluriel dans les substan-
tifs, renfermant tous les pluriels irréguliers. 30 c. - Formation du
féminin dans les adjectifs, exposant la manière de former le fé-
minin des adjectifs en eur, et renfermant tous les adjectifs irrégu-
liers. 40 c.— Formation du pluriel dans les adjectifs, renfermant
la manière de former le pluriel de tous les adjectifs en al. 30 c.
Chronologie des rois de France, présentant en 15 tableaux d'un
siècle chacun, la date d'avènement et de mort des rois de France, leur
filiation, et un aperçu de leurs règnes. In-8°, NOUVELLE ÉDITION. 50 c.
Aperçu chronologique de l'histoire d'Angleterre, comparée à la
chronologie des rois de France, présentant, outre la date d'avènement
et de mort des rois d'Angleterre, le nom de leurs femmes, et un
abrégé Succinct de leurs règnes, etc. In-8". 1 fr. 25 c.
Tableau de l'Histoire politique des Juifs, siècle par siècle, d'après
l'Art de vérifier les dates. Une feuille colombier, coloriée. 1 fr. 50 c.
SOUS PRESSE:
Suite du Cours complet d'orthographe et de Langue française.
Aperçu chronologique de l'histoire d'Allemagne.
COURS COMPLET DE LANGUE FRANÇAISE
LA PONCTUATION
ENSEIGNÉE PAR LA PRATIQUE
RECUEIL
de 150 dictées extraites des chefs-d'œuvre de notre littérature,
MÉTHODIQUEMENT CLASSÉES
ET PONCTUÉES RÉGULIÈREMENT.
PAR
M CHARRIER-BOBLET,
L'UNE DES FONDATRICES DU COURS D'ÉMULATION ;
A I'ORTHOGRAPHE MSEIGMÉE PAR LA PRATIQUE,
^aja&ls iSlVtées méthodiques pour les différents âges et sur toutes les
diâBftés ; — Principes logiques de Ponctuation, etc., etc.;
b1Â «ïwL&#nolo2ique de l'histoire d'Angleterre, — Chronologie des
rois de France, etc., etc.
Nous (hommes du XI Xe siècle) sommes appelés à faire
marcher ensemble la théorie et la pratique. GUIZOT.
PARIS.
A LA LIBRAIRIE CLASSIQUE
DE MME Ve MAIRE-NYON, QUAI CONTI, 13.
QUELQUES MOTS.
S'il est une partie de la grammaire qui ait été
abandonnée aux systèmes, à l'arbitraire, et dont l'é-
tude soit négligée entre toutes, c'est sans contredit
la Ponctuation; et cependant quelle autre peut
être réputée plus utile ! — Sans une ponctuation cor-
recte nulle clarté dans le discours écrit, et de là
souvent nulle sûreté dans les rapports sociaux; - sans
une ponctuation correcte les hauts enseignements de
la chaire évangélique, les leçons du savant professeur
ne nous arrivent qu'obscurcis et dénaturés même
parfois ; — sans une ponctuation correcte les nobles
inspirations du poète, les émotions fortes et tendres
qui ont ébranlé son âme ardente, les finesses d'un
esprit délicat, les richesses d'une imagination vive
et puissante sont perdues pour nous : = mais que les
œuvres de ces âmes privilégiées nous soient trans-
mises régulièrement ponctuées, nous nous initions à
leurs nobles pensées, nous nous éclairons de leurs
lumières, leurs sentiments passent dans nos âmes;
nous nous grandissons enfin de la grandeur qui leur
est propre.
Et cependant une étude qui touche de si près à
tout ce qu'il y a de positif dans la vie matérielle, à
tout ce qu'il y a d'élevé dans la vie de l'âme est presque
généralement négligée, elle est livrée à des systèmes
contradictoires; ne serait-ce pas, parce qu'on a
perdu de vue que le but unique de la ponctuation est
de donner au discours écrit toute la clarté dont il est
susceptible? -
Dans la pensée qu'un moyen efficace de ramener
vers une étude dont l'importance nous semble évi-
dente était d'en asseoir les principe sur leur véri-
table base, le raisonnement, nous avons publié nos
Principes logique. de ponctuation.
Mais comme l'étude de la théorie seule est pour
l'ordinaire infructueuse autant qu'elle est aride, nous
avons composé et nous publions à l'appui de nos
règles ce recueil de dictées puisées dans ce que notre
littérature a produit de plus remarquable.
Par leur choix et leur variété, nos matières de
dictées auront le double avantage et de rendre
familiers les principes de la ponctuation, et d'être
un commencement d'initiation à l'étude de notre litté-
rature.
Nous avons ponctué nos dictées avec un soin mi-
nutieux; mais il est bien des circonstances où la
ponctuation par nous indiquée n'est pas exclusivement
la seule qu'on puisse employer ; nous laissons à la sa-
gacité des instituteurs et des institutrices le soin de
modifier les parties qui leur sembleront réclamer quel-
ques modifications.
Enfin, et quoique nous ayons apporté la plus scru-
puleuse attention à la correction des épreuves, plu-
sieurs fautes de ponctuation nous ont échappé sans
doute ; — nous demandons avec instances aux per-
sonnes qui se serviront de ce livre de vouloir bien
nous les signaler, et nous les remercions par avance
de leurs bienveillantes observations.
PREnÈRE SECTION.
PREMIÈRE PARTIE.
PONCTUATION.
DICTÉES MÉTHODIQUES ET GRADUÉES,
1111 SE TROUVENT PRÉSENTÉES SUCCESSIVEMENT DE NOMBREUSES APPLICATIONS
(avec des récapitulations fréquentes)
de toutes tes règles et de toutes les remarques
des
Principes logiques de Ponctuatioll.
1
LA
PONCTUATIOMNSEIGNEE
PAR LA PRATIQUE.
PONCTUATION GRADUELLE.
PREMIÈRE SECTION.
NOTA. Dans les CENT PREMIÈRES DICTÉES de cet ouvrage -
nous Indiquerons toujours le numéro de la règle, ou de la
remarque, des Principes logiques de ponctuation, dont la
dictée est une application spéciale.
LRE DICTÉE:.
(Sur la pe règle, page 10, des Principes logiques de Ponctuation.)
LA PERSONNE A LA MODE ET LA PERSONNE DE MÉRITE.
Une personne à la mode ressemble à une fleur bleue
qui croît de soi-même (*) dans les sillons, où elle étouffe
les épis, diminue la moisson, et tient la place de quelque
chose de meilleur; qui n'a de prix et de beauté que ce
qu'elle emprunte d'un caprice léger; qui naît et qui
tombe presque dans le même instant : aujourd'hui elle
est courue, les femmes s'en parent; demain elle est né-
gligée et rendue au peuple.
Une personne de mérite, au contraire, est une fleur
(*) Il eût fallu : qui croît d'elle-même.
POCTUA TION GRADUELLE
qu'on ne désigne pas par sa couleur,, o~e que l'on
nomme par son nom, que l'on cultive poir sa boulé eu
pour son odeur; l'une des grâces de la nature ;.rurie de
ces choses qui embellissent le monde; qui est de tous
les temps et d'une vogue ancienne et populaire; que nos
pères ont estimée, et que nous estimons après nos pères;
à qui le dégoût ou l'antipathie de quelques-uns ne sau-
rait nuire : un lis, une rose. LA BRUYÈRE. Caractères,
2. DICTÉE.
( i" règle, page 10.)
ARTISTES CÉLÈBRES DE LA GRMeE ANCIENNE.
Phidias s'immortalisa par ses ouvrages: la statue de
Minèrve fit sa gloire et ses malheurs, son Jupiter Olym-
pien, haut de soixante pieds, fut mis au nombre des
sept Merveilles du monde ; il excellait aussi dans la
peinture.
Myron acquit, comme sculpteur, beaucoup de gloire;
sa vache en cuivre fut son chef-d'œuvre.
Zeuxis, peintre fameux, se distinguait par la vivacité
de son coloris ; on dit que les oiseaux venaient becqueter
les raisins de ses tableaux.
Parrhasius, peintre d'Éphèse, fit illusion à Zeuxis
lui-même par un rideau si bien peint que celui-ci lui
dit de le tirer pour découvrir le tableau.
Timante de Sicyone était célèbre par l'esprit de ses
compositions ; dans le tableau qui représentait le sacri-
lice d'Iphigénie, sentant que le génie même ne pouvait
exprimer la douleur d'un père qui voit immoler sa fille, il
peignit Agamemnon se couvrant la tête de son manteau.
DE SÉGUR, Hid. cene. Grèce.
-1
■ ALINÉA. 5
Se DICTÉE. ------------
(1re règle, page 10.)
Je voudrais voir un homme sobre, modéré, chaste,
équitable, prononcer qu'il n'y a point de Dieu ; il parle-
rait du moins sans intérêt : mais cet homme ne se
trouve point.
J'aurais une extrême curiosité de voir celui qui serait
persuadé que Dieu n'est point, il me dirait du moins la
raison invincible qui a su le convaincre.
L'impossibilité où je suis de prouver que Dieu n'est
pas me découvre son existence.
Je sens qu'il y a un Dieu, et je ne sens pas qu'il n'y
en ait point; cela me suffit, tout le raisonnement du
monde m'est inutile; je conclus que Dieu existe : cette
conclusion est dans ma nature ; j'en ai reçu les prin-
cipes trop aisément dans mon enfance, et je les ai
conservés depuis trop naturellemement dans un âge
plus avancé, pour les soupçonner de fausseté.
LA BRUYÈRE. Caractères.
4E DUJTÉE.
(l" dictée supplémentaire, 1™ remarque, page 8.)
NOTA. Ces huit dictées supplémentaires ne devront être
faites que plus tard; — après la 3e dictée on devra faire faire
la M', la 13e, etc.
Quelque étrangère que paraisse d'abord la qualité de l'écrivain au
mérite de son ouvrage, elle n'en a pas moins sur son succès une in-
fluence très-active, dont on pourrait estimer et classer tous les cas
4 PONCTUATION GRADUELLE.
avec précision. Dût un livre en rester au prospect, on saurait
quelle mesure de suffrage lui appartient d'avance :
Si l'auteur est membre d'une académie, demi-académie, tiers d'aca-
démie, ou autre moindre fraction littéraire;
S'il est propriétaire, fournisseur, ou commensal d'une feuille pério-
dique;
Si une broderie officielle encadre les pans de son habit;
Si, sous le nom de souscriptions, le trésor public lui a d'avance
acheté un fonds de lecteurs;
S'il a une bonne maison, une table délicate, ou bien de l'argent à
prêter ;
S'il a la tête haute, le front ferme, et une longue habitude de se
louer lui-même;
S'il est prédicant, ou nouveau converti, dans quelque secte de po-
litique, de médecine, de religion, ou de musique.
Vous voyez quelle vaste carrière offre aux calculateurs une seule
branche de cette science.
LEMONTEY. Introduction-
= Qu'est-ce que l'on fait à Trouville
= Mais beaucoup de choses :
On fait trois toilettes par jour,
On fait la conversation,
On fait de l'esprit,
On fait cercle au Casino,
On fait des histoires,
On fait des contes,
On fait des caquets,
On fait de la tapisserie,
On fait de la photographie Eugène GUINOT.
5e DICTÉE.
(2e dictée supplémentaire, 2e remarque, page 9.)
PENSÉES EXTRAITES DE SHAKSPEARE.
Sois pour toi-même ce que tu voudrais être pour ton ami.
Tous les nuages n'engendrent pas des tempêtes.
II vaut mieux tomber devant le lion que devant le loup.
REMARQUES SUR L'ALINÉA. 5
Il y en a qui vendent leur pâturage potrF-açheter un cheval.
Que celui qui ne sait pas commander sache obéir.
La douce charité sait passer à travers les portes de fer.
Une bonne conscience vaut mille épées.
Ne trouble pas la source qui t'a désaltéré.
Honte à celui dont l'âme ne peut pas s'élever plus haut que le vol
d'un oiseau.
L'alouette joyeuse est l'horloge du laboureur.
Il y a des sourires qui blessent comme des poignards.
Les puissantes raisons font les actions puissantes.
Nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas ce que
nous pouvons être.
6e DICTÉE.
(3e dictée. supplémentaire, se remarque, page 9.)
(Les Seize venaient d'entendre le beau discours de Potier.)
A ce hardi discours aucun n'osait répondre,
Par des traits trop puissants ils se sentaient confondre;
Ils repoussaient en vain, dans leur cœur irrité,
Cet effroi qu'aux méchants donne la vérité :
Le dépit et la crainte agitaient leurs pensées,
Quand soudain mille voix, jusqu'au ciel élancées,
Font partout retentir avec un bruit confus :
"Aux armes! citoyens, ou nous sommes perdus! n
Les nuages épais que formait la poussière
Du soleil dans les champs dérobaient la lumière.
Des tambours, des clairons le son rempli d'horreur
De la mort qui les suit était l'avant-coureur :
Tels, des antres du Nord, échappés sur la terre,
Précédés par les vents et suivis du tonnerre,
D'un tourbillon de poudre obscurcissant les airs,
Les orages fougueux parcourent l'univers.
H PONCTUATION GRADUELLE.
C'était du grand Henri la redoutable armée
Qui, lasse du repos et de sang affamée,
Faisait entendre au loin ses formidables cris,
Remplissait la campagne, et marchait vers Paris.:
Bourbon n'employait point ces moments salutaires
A rendre au dernier roi les honneurs ordinaires,
A parer son tombeau.;
Il voulait à Valois, dans la demeure sombre,
Envoyer des tributs plus dignes de son ombre,
Punir ses assassins, vaincre ses ennemis,
Et rendre heureux son peuple après l'avoir soumis.
VOLTAIRE. La Henriade.
70 DICTÉE.
(4* dictée supplémentaire, 4? remarque, page 9.)
Ma chère enfant, viens, écoute ta mère,
De ses leçons garde le souvenir;
De la raison si le flambeau t'éclaire
Tu fixeras ton sort pour l'avenir.
Que la pudeur soit ta seule parure,
Redoute l'art et la frivolité ;
La vérité convient à la nature,
Le talent seul ajoute à la beauté.
Quand le matin tu vois briller la rose
Songe qu'au soir elle n'existe plus ;
Un seul moment de la beauté dispose,
On est toujours belle avec des vertus.
Si le malheur te suit dans ta carrière
Arme ton cœur d'une noble fierté;
On est timide alors qu'on désespère,
Un front serein brave l'adversité;
Mais si le Ciel t'accordait l'opulence
Et des jours purs par les plaisirs tracés,
Ouvre ton âme à l'honnête indigence,
Et que ses pleurs par toi soient effacés.
REMARQUES SUR L'ALINÉA. 7
Sois toujours douce, honnête, affable et sage ;
D'une coquette évite l'art trompeur;
Que la candeur peinte sur ton visage
Fasse juger des vertus de ton cœur.
Puissé-je dire, à mon heure dernière:
De tout péril j'ai sauvé mon enfant!
Je finirai sans regret ma carrière
Si)e te laisse heureuse en expirant.
Madame PERRIEK.
8' DUJTÉE.
(5e dictée supplémentaire, 5e remarque, page to.
Écoutez! — Jéhovah s'élance
Du sein de son éternité ;
Le chaos endormi s'éveille en sa présence,
Sa vertu le féconde, et sa toute-puissance
Repose sur l'immensité.
Dieu dit, et le jour fut; Dieu dit, et les étoiles
De la nuit éternelle éclaircirent les voiles:
Tous les éléments divers
A sa voix se séparèrent;
Les eaux soudain s'écoulèrent
Dans le lit creusé des mers,
Les montagnes s'élevèrent,
Et les aquilons volèrent
Dans les libres champs des airs.
Sept fois de Jéhovah la parole féconde
Se fit entendre au monde,
Et sept fois le néant à sa voix répondit;
Et Dieu dit : Faisons l'homme à ma vivante image:
Il dit, l'homme naquit : —à ce dernier ouvrage
Le Verbe créateur s'arrête et s'applaudit.
A. de LAMARTINE. Méditations poétiques.
PONCTUATION GRADUELLE.
9e DICTÉE.
(68 dictée supplémentaire, 6e remarque, page ti.)
La (nymphe la) plus heureuse en sa pêche obtenait quelque faveur
de notre héroïne (Psyché); ta plus malheureuse était condamnée à
quelque peine, comme de faire un bouquet ou une guirlande à cha-
cune de ses compagnes : ces spectacles se terminaient par le coucher
du soleil:
Il était témoin de la fête,
Paré d'un magnifique atour ;
Et, caché le reste du jour,
Sur le soir il montrait sa tête :
mais comment la monlrait-il ? environnée d'un diadème d'or et de
pourpre, et avec toute la magnificence et la pompe qu'un roi des
astres peut étaler. LA FONTAINE. Amours de Psyché.
AUTRE EXEMPLE.
J'ai entendu souvent demander si dans nos meilleures tragédies on
n'avait pas trop souvent admis le style familier, qui est si voisin du
style simple et naïf?
Par exemple, dans Mithridale :
Seigneur, vous changez de visage.
Cela est simple, et même naïf: ce demi-vers, placé où il est, fait un
effet terrible, il tient du sublime; au lieu que les mêmes paroles de
Bérénice à Antiochus :
Prince, vous vous troublez, et changez de visage.
ne sont que très-ordinaires, c'est une transition plutôt qu'une situa-
lion.
Rien de si simple que ce vers :
Madame, j'ai reçu des lettres de l'armée.
mais le moment où Roxane prononce ces paroles fait trembler.
VOLTAIRE. Commentaires.
HEMÀRQLES S L'ALINÉA. 9
1.
10e DICTÉE. - - -
(7a dictëe supplémentaire, 7e remarque, page 11.)
M. GRICHARD.
Bourreau, me feras-tu toujours frapper deux heures? Que ne
laisses-tu la porte ouverte ?
L'OLIVE.
Hé! monsieur, vous me grondâtes hier à cause qu'elle (*) l'était :
quand elle est ouverte, vous vous fâchez; quand elle est fermée, vous
vous fâchez aussi. Je ne sais plus comment faire.
M. GRICHARD.
Comment faire !
ARISTE.
Mon frère, voulez-vous bien.
M. GRICHARD.
Oh ! donnez-vous patience. Comment faire, coquin !
ARISTE.
Hé, mon frère, laissez là ce valet, et souffrez que je vous parle
de.
M. GRICHARD.
Monsieur mon frère, quand vous grondez vos valets, on vous les
laisse gronder en repos.
ARISTE.
Il faut lui laisser passer sa fougue.
M. GRICHARD.
Comment faire, infâme;
L'OLIVE.
Ob çà l monsieur, quand vous serez sorti, voulez-vous que je laisse
la porte ouverte?
M. GRICHARD.
Non.
L'OLIVE.
Voulez-vous que je la tienne fermée?
(*) Il eût fallu : vous me grondâtes hier parce qu'elle l'était.
10 PONCTUATION GRADUELLE.
Non.
Si, faut-il.
IL. GRICHARD.
L'OLIVE.
Monsieur, je me ferais hacher ; il faut qu'une porte soit ouverte
ou fermée
BRUEYS et PALAPRAT. Le Grondeur.
IIe DICTÉE.
(8e dictée supplémentaire, 8e remarque, page 12.)
DANDIN,
Çà, qu'êtes-vous ici?
LÊANDRE.
Ce sont les avacats.
DANDIN au souffleur.
Vous?
LE SOUFFLEUR.
Je viens secourir leur mémoire troublée.
DANDIN.
Je vous entends. Et vous?
LÉANDRE.
Moi? je suis l'assemblée.
DANDIN.
Commencez donc.
LE SOUFFLEUR.
Messieurs,
PETITJEAN.
Ho, prenez-le plus bas;
Si vous soufflez si haut, l'on ne m'entendra pas.
Messieurs.
DANDIN.
Couvrez-vous.
PETITJEAN.
Oh! mess.
CAUSES D'EI.CLUS\ON DU POINT. 1I
DANDtN.
Gouvrez-vous, vous dis-je.
PETITJEAN.
Oh, monsieur, je sais bien à quoi l'honneur m'oblige.
DANPIN.
Ne te couvre donc pas.
PETITJEAN.
Messieurs. (Au souffleur.)
Vous, doucement.
Ce que je saie le mieux c'est mon commencement.
Messieurs, quand je regarde.
RACINE. Les Plaideurs.
118e DICTÉE.
(2e règle, page 13, — to A de ses développements, page 14.)
Telle qu'une bergère au plus beau jour de fête
De superbes rubis ne charge point sa tête,
Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants,
Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements;
Telle aimable en son air, mais humble dans son style,
Doit éclater sans pompe une élégante IDYLLE.
BOILEAU. Art poétique.
Les HOMMES éblouis de leurs honneurs frivoles,
Et de leurs vains flatteurs écoutant les paroles,
Ont de ces vérités perdu le souvenir;
Pareils aux animaux farouches et stupides,
Les lois de leur instinct sont leurs uniques guides,
Et pour eux le présent parait sans avenir.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
MATHAN, d'ailleurs, Mathan (apposition), ce prêtre sa-
Plus méchant qu'Athalie à toute heure l'assiège; [crilège,
Mathan, de nos autels infâme déserteur,
Et de toute vertu zélé persécuteur.
RACINE. Athalie.
J 2 PONCTUATION GRADUELLE.
Une île t'a recu.
Et le PÊCHEUR le soir s'y repose en chemin ;
.Reprenant ses filets, qu'avec peine il soulève,
Il s'éloigne à pas lents, foule ta cendre, et rêve
A ses travaux du lendemain.
Casimir DELAYIGNE. Messêniennes.
Les SUÈDOIS sont bien faits, robustes, agiles, capables
, de soutenir les plus grands travaux, la faim et la misère;
nés guerrier, pleins de fierté, plus braves qu'industrieux,
ayant longtemps négligé, et cultivant mal aujourd'hui
le commerce, qui seul pourrait leur donner ce qui
manque à leur pays.
VOLTAIRE. Histoire de Charles XII.
13' QICTÉE.
(2e règle, — 1°, B, C de ses développements, page 14.)
Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant
Il FAIT JAILLIR un feu qui pétille en sortant,
Et bientôt au brasier d'une mèche enflammée v
MONTRE, à l'aide du soufre, une cire ALLUMÉE.
BOILEAU. Le Lutrin.
En retranchant de notre vie
Les façons, la cérémonie,
Et tout populaire fardeau,
Loin de l'humaine comédie,
Et comme en un monde nouveau,
Dans une charmante pratique
Nous RÉALISERONS enfin
Cette petite république
Si longtemps projetée en vain.
GRESSET. La Chartreuse.
Tandis que je me perds en ces rêves profonds,
Peut-être un habitant de Vénus, de Mercure,
EXCLUSION DU POINT. 15
De ce globe voisin qui blanchit l'ombre obscure,
Se LIVRE à des transports aussi doux que les miens.
DE FONTANES. Estai sur l'Astronomie.
A l'avènement au trône de Pierre Alexiowitz, les Mos-
covites étaient moins CIVILISÉS que les Mexicains quand
ils furent découverts par Cortez; nés tous esclaves de
maitres aussi barbares qu'eux, ils CROUPISSAIENT dans
l'ignorance, dans le besoin de tous les arts, et dans l'in-
sensibilité de ces besoins qui étouflàit toute industrie.
VOLTAIRE. Histoire de Charles XII.
14e DICTÉE.
(2e règle, — 2°, D, E, F, G de ses développements, page 14.)
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel, en sa fureur,
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
FAISAIT aux animaux la guerre.
LA FONTAINE. Fables.
Et vous, peuples heureux, CHANTEZ
Les démons dispersés par-ses flèches rapides ;
Et vous, peuples heureux, CHANTEZ
L'astre victorieux qui vous rend ses clartés.
Casimir DELAVIGNE. Le Paria.
S'immoler sans espoir pour l'homme qu'on méprise;
SACRIFIER son or, ses voluptés, ses jours,
A ce rêve trompeur. mais qui trompe toujours,
A cette liberté que l'homme qui l'adore
Ne rachète un moment que pour la vendre encore ;.
Est-ce assez de vertu?.
AI. de LAMARTINE. Dernier Chant du pèlerinage d'Harold.
14 PONCTUATION GRADUELLE.
Deux jeunes bacheliers logés chez un docteur
Y TRAVAILLAIENT avec ardeur
A se mettre en état de prendre leurs licences.
FLORIAN. Fables.
Et tandis que mes sœurs à de nouvelles fêtes
Vont peut-être se préparer,
Que des fleurs dont ma mère aimait à me parer
Elles ont couronné leurs têtes,
Moi, je VEILLE et je prie. et ne dois point pleurer.
Al. GUIRAUD. La Sœur grise.
15e DICTÉE.
(2e règle, — 3n, H de ses développements, page 14.) ,
On accompagne souvent la miséricorde de tant de
dureté envers les malheureux, en leur tendant une main
secourable, on leur montre un visage si dur et si sévère
qu'un simple refus E-ÛT ÉTÉ moins accablant pour eux
qu'une charité si sèche et si farouche ; car la pitié, qui
paraît touchée de leurs maux, les console presque autant
que la libéralité, qui les soulage : on leur reproche leur
force, leur paresse, leurs mœurs errantes et vagabondes ;
on s'en prend à eux de leur indigence et de leur misère;
et, en les secourant, on ACHÈTE le droit de les insul-
ter : mais s'il était permis à ce malheureux que vous
outragez de vous répondre : Que me reprochez-vous ?
vous dirait-il.
MASSILLON.
Antagoras plaide depuis quarante ans : il n'y a pas
eu au palais, depuis tout ce temps, de causes célèbres
ou de procédures longues et embrouillées où il n'AIT du
moins INTERVENU; aussi a-t-il un nom fait pour remplir
la bouche de l'avocat.
LA BRUYÈRE. Caractères.
Voyez dans l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre
EXCLUSION BU POINT. i5
comme Bossuet annonce avec chaleur qu'il va instruire
les rois; comme il se jette ensuite à traversées divisions
et les orages de cette île; comme il peint le débordement
des sectes, le fanatisme des Indépendants, la Reine lut-
tant contre le malheur et la révolte, voyant son époux
dans les fers, ses amis sur l'échafaud, ses troupes vain-
cues, elle-même OBLIGÉE DE CÉDER; mais dans la chute
de l'état, restant ferme parmi ses ruines.
Cependant (*) l'orateur, à travers ce grand spectacle
qu'il déploie sur la terre, nous montre toujours Dieu
présent au haut des cieux, secouant et brisant les trônes,
précipitant la révolution, et, par sa force invincible, en-
chaînant ou domptant tout ce qui lui résiste.
THOMAS. Essai sur les Eloges.
16E DICTÉE.
(2" régie, — 3°, I, J de ses développements, page 14.)
La MORT a des rigueurs à nulle autre pareilles;
On a beau la prier,
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles.
MALHERBE. Odes.
La CHÈVRE a, de sa nature, plus de sentiment et de
ressource que la brebis : elle vient à l'homme volontiers,
elle se familiarise aisément, elle est sensible aux ca-
resses, et capable d'attachement ; elle est aussi plus forte,
plus légère, plus agile, et moins timide que la brebis;
ce n'est qu'avec peine qu'on la conduit et qu'on peut la
réduire en troupeau; elle est aisée à nourrir, presque
(*) Ici, l'on a employé non-seulementlf point mais encore l'alinéa avant
la conjonction cependant, parce que le mot qne cette conjonction modifin
est sons-entendu, et que si on le rétablissait il pourrait être isolé du reste
de la phrase par le point et l'alinéa ; — en effet, le sens complet est :
Bossuet- nous prétente un tableau fort Iristc de l'état du noyaumc.
CEPENDANT il nous montre, etc.
16 fONCTUA.TION GRADUELLE.
toutes les herbes lui sont bonnes, il y en a peu qui l'in-
çpmmodent.
BUFFON. Histoire naturelle.
Le chien est le modèle, le vrai prototype de l'amitié :
chaque ESPÈCE se distingue par un attribut particulier,
qui est, pour ainsi dire, un hommage rendu à ce noble
et généreux sentiment ; l'une est spécialement vouée à la
garde des trqupeaux, l'autre veille autour de notre de-
meure.
ALIBERT. Physiologie des Passions.
Par une échelle, nous nous guindons à un SIXIÈME
(étage), qui était un CABINET ouvert aux quatre vents,
dans lequel il n'y avait que deux ou trois douzaines de
bassins de terre remplis de diverses liqueurs.
MONTESQUIEU.
Une MAIN redoutable appesantie sur ces races (sauvages)
efface en elles les deux CARACTÈRES de notre grandeur (*) :
la prévoyance et la perfectibilité.
Joseph DE MAISTRE. Soirées de Saint-Pétersbourg.
f 9e DICTÉE.
(2e règle, — 3°, K de ses développements; page 14.)
HENRI DE GUISE, CHEF DE LA LIGUE.
Tout ce que HENRI DE GUISE avait de brillantes qualités.
et même de vices, concourait à en faire un puissant chef
de parti : sa taille était haute, sa démarche aussi aisée
C) On ne pourrait mettre ici le point ni après main redoutable ni après
grandeur, parce que dans l'un et l'autre cas ce qui suit ces mots y est joint
par un pronom relatif sous-entendu; le sens complet de ces phrases étant :
une main redoutable , (jui est appesantie sur, etc. : — les deux caractères
de notre grandeur, qui sont la prévoyance et, etc.
EXCLUSION DU POINT.. 17
qu'imposante; ses traits réguliers brillaient dès sa pre-
mière jeunesse d'une beauté virile; il déployait autant
de vigueur que d'adresse dans tous les exercices : quoi-
qu'il fût consommé dans l'art de feindre, ses yeux pleins
de feu semblaient déclarer avec franchise ou la haine, ou
l'amitié; lors même qu'il excitait des discordes, il avait
le maintien d'un conciliateur, la supériorité d'un arbitre;
il se faisait pardonner son orgueil par un enjouement
plein de grâces; il s'avouait vindicatif, et préconisait la
vengeance comme l'attribut des belles âmes (*) : ce MEUR-
TRIER de Coligny portait légèrement le poids de son
crime, il n'était plus de sommeil pour celui qui avait
offensé le duc de Guise; sa mémoire paraissait aussi
grande pour les services que pour les injures; ses dons,
quoique semés par une ambition savante, paraissaient
toujours versés par une bonté facile; son élocution avait
de l'éclat et de la force ; la profondeur de ses passions,
la vivacité de ses pensées, lui faisaient rejeter soit les
ornements pédantesques, soit les puérils jeux d'esprit
qui corrompaient alors toute éloquence.
Ch. LACRETELLE. Histoire de France.
(Pécheur) Tu respirais le caractère
Du voleur que tu fréquentais;
Ta bouche abondait en malice;
Et ton cœur, pétri d'artifice,
Contre ton frère encouragé,
S'applaudissait du précipice
Où ta fraude l'avait plongé.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
18e DICTÉE.
(2e règle, — 3°, L de ses développements, page 15.)
La CURIOSITÉ n'est pas un goût pour ce qui est bon ou
(') Le point se pourrait également placer ici.
18 PONCTUATION GRADUELLE.
ce qui est beau, mais pour ce qui est rare, unique; pour
ce qu'on a et que les autres n'ont point : ce n'est pas un
attachement à ce qui est parfait, mais à ce qui a cours,
à ce qui est à la mode: ce n'est pas un amusement, mais
une passion : ce n'est pas une passion qu'on a générale-
ment pour les choses rares, et qui ont cours ; mais qu'on
a seulement pour une certaine chose qui est rare, et
pourtant à la mode.
LA BRUYÈRE. Caractères.
1
On ne peut douter que cette foule de grands hommes
qui parurent sous le règne de Louis, xiv ne fût le fruit
d'un gouvernement attentif et éclairé: on doit savoir
gré à ce prince d'avoir répandu l'éclat sur les talents et
sur les arts ; d'avoir su apprécier ces hommes que leur
fortune rend obscurs, mais que leur génie rend célèbres.
THOMAS. Essai sur les Éloges.
Ni L'OR NI LA GRANDEUR ne nous rendent heureux:
Ces deux divinités n'accordent à nos vœux
Que des biens peu certains, qu'un plaisir peu tranquille;
Des soucis dévorants c'est l'éternel asile;
Véritables vautours que le fils de Japet
Représente, enchaîné sur son triste sommet
LA FONTAINE. PMlêmon et Bamds.
C'est une grande misère que de n'avoir PAS ASSEZ
D'ESPRIT pour bien parler, NI ASSEZ DE JUGEMENT pour se
taire: voilà le principe de toute impertinence.
LA BRUYÈRE. Caractères.
Cher Andrieux ( ami sincère de Collin cTHarleville )
Je te vois près de lui, ton crayon rouge en main,
NOTANT un manuscrit qui te supplie en vain ;
De ta vocation j'y reconnais la marque.
Ducis. Épître à Andrieux.
Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n'enfan-
EXCLUSION DU POINT. 1 «
tons que des atomes au prix de la réalité des choses (*) ;
c'est une sphère infinie dont le centre est partout, la cir-
conférence nulle part. Enfin, c'est un des plus grands
caractères sensibles de la toute-puissance de Dieu que
notre imagination se perde dans cette pensée.
PASCAL. Pensées.
19e DICTÉE.
(2e régie, — 4°, et 3° L, page 15.)
Il ne faut pas qu'il y ait trop d'imagination dans nos
conversations ni dans nos écrits; elle ne produit souvent
que des idées vaines et puériles, qui ne servent point à
perfectionner le goût, et à nous rendre meilleurs (**):
nos pensées doivent être un effet de notre jugement.
LA BRUYÈRE. Caractères.
»
SUR LA MORT D'UNE JEUNE FILLE.
Son âge échappait à l'enfance ;
Riante comme l'innocence
Elle avait les traits de l'Amour :
Quelques mois, quelques jours encore,
Dans ce cœur pur et sans détour
Le sentiment allait éclore ;
Mais le Ciel avait au trépas
Condamné ses jeunes appas :
Au Ciel elle a rendu sa vie,
Et doucement s'est endormie
Sans murmurer contre ses lois:
Ainsi le sourire s'efface,
(*) Le premier c'est ayant rapport à ce qui précède ne peut être précédé
du point, ce point couperait un tout ; — mais on peut fort correctement
placer le point devant le second c'est, puisque ce à quoi il a rapport est
énoncé après lui.
(**) Souvent le de m-points remplace le point qu'une grande convenance
de sujet défend d'employer; — souvent aussi c'est la virgule ; voir règle 3<-.
20 PONCTUATION GRADUELLE.
Ainsi meurt, sans laisser de trace,
Le chant des oiseaux dans les bois.
Évariste P ARn.
Ce qui est vrai l'est malgré nous, mais ce que nous
rêvons est notre ouvrage ; aussi l'on s'endort sur la vé-
rité , et l'on meurt sur ses rêves.
LEMONTEY. Les Courtisans.
Ne compter pour rien les travaux de l'enfance, et com-
mencer les sérieuses, les véritables études dans le temps
où nous les finissons; regarder la jeunesse non comme
un âge destiné par la nature au plaisir, mais comme
un temps que la vertu consacre au travail et à l'appli-
cation ; devenir invisible pour un temps ; se réduire
soi-même dans une captivité volontaire, et s'ensevelir
tout vivant -dans une profonde retraite pour y préparer
de loin des armes, toujours victorieuses : voilà ce qu'ont
fait les Démosthène et les Cicéron.
D'AGUESSEAU.
20" DIfyrÉE.
(2e règle avec tous ses développements, pages 13, 14, 15.)
LES FLEURS.
Quelquefois m'égarant sous un riant ombrage,
Tandis que les oiseaux cachés dans le feuillage
Charmeront les échos ranimés à leur voix,
J'observerai les fleurs, peuple muet des bois.
Charme de l'amitié, délice du poète,
De nos plus doux penchants la fleur est l'interprète (*).
La fleur donne le miel, annonce le printemps ;
Comme l'homme, elle passe et meurt en peu d'instants;
Et, plus heureuse, au sein du vallon solitaire
{*) On pourrait ici mettre également le delU-points après interprète, les
vers qui suivent ce mot sont un développement des deux qui le précèdent.
j re RÉCAPITULATION : LOT DU POINT. 21
Elle rend doucement ses feuilles at terre :
Mais son frêle destin n'est pas sans avenir;
Son parfum lui survit comme un doux souvenir ;
Elle couronne encor, selon l'antique usage,
La coupe du banquet, les cheveux blancs du sage ;
Et souvent accompagne à son dernier séjour
La vierge qui sommeille » et n'a brillé qu'un jour.
MICBAUD. Le Printemps d'un Proscrit.
Ce vieillard qui d'un vol agile
Fuit sans jamais être arrêté,
Le Temps, cette image mobile
De l'immobile éternité,
A peine du sein des ténèbres
Fait éclore les faits célèbres
Qu'il les replonge dans la nuit ;
Auteur de tout ce qui doit être,
Il détruit tout ce qu'il fait naître,
A mesure qu'il le produit.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
81e DICTÉE.
(2e règle, et tous ses développements.)
DE LA VÉRITÉ.
La vérité a des charmes dont un bon cœur a peine à se
défendre; elle est pleine de noblesse et d'équité, elle
force en sa faveur une raison saine et épurée , elle met
tôt ou tard un esprit sage et élevé dans ses intérêts. Les
passions peuvent éblouir pendant quelque temps, l'âge
peut séduire, les exemples peuvent entraîner, les dis-
cours de l'impiété et du libertinage peuvent étourdir;
mais enfin la vérité perce le nuage. Le grand, le solide
prend (*) la place, dans un bon esprit, de tout le frivole
(*) n eût fallu construire ainsi : Prend dans un bon esprit la place de tout
le frivole, etc.
22 PONCTUATION GRADUELLE.
qui l'avait amusé. Lassé d'avoir couru longtemps après
le songe et la chimère, on veut quelque chose de sûr et
de réel, et on ne le trouve que dans la vérité. Il n'y a
qu'un esprit faux et superficiel qui puisse demeurer jusi-
qu'à la fin dans l'illusion. Le monde ne peut séduire
pour toujours que des hommes sans réflexion et sans
caractère. Le goût même du frivole, qui nous avait fait
d'abord applaudir, dès que l'âge ne l'excuse plus, nous
rend à la fin misérables.
MASSILLON. Petit Carême.
L'ESPÉRANCE.
11 est dans le ciel une puissance divine, compagne
assidue de la Religion et de la Vertu : elle nous aide à
supporter la vie, s'embarque avec nous pour nous mon-
trer le port dans les tempêtes, également douce et secou-
rable aux voyageurs célèbres, aux passagers inconnus ;
quoique ses yeux soient couverts d'un bandeau, ses re-
gards pénètrent l'avenir; quelquefois elle tient des fleurs
naissantes dans sa main, quelquefois une coupe pleine
d'une liqueur enchanteresse; rien n'approche du charme
de sa voix, de la grâce de son sourire : plus on avance
vers le tombeau, plus elle se montre pure et brillante
aux mortels consolés ; la Foi et la Charité lui disent :
« Ma sœur ! » et elle se nomme l'Espérance.
CHATEAUBRIAND. Les JUarlyrt.
22° DICTÉE.
(•2e règle, et tous ses développements.)
LES PARIAS.
11 est sur ce rivage une race flétrie,
Une race étrangère au sein de sa patrie,
Sans abri protecteur, sans temple hospitalier,
Abominable, impie, horrible au peuple entier,
1 re RÉCAPITULATION : EMPLOI DU POINT. 25
Les Parias : — le jour à regret les éclaire,
La terre sur son sein les porte avec colère,
Et Dieu les retrancha du nombre des humains
Quand l'univers créé s'échappa de ses mains :
L'Indien, sous les feux d'un soleil sans nuage,
Fuit la source limpide où se peint leur image,
Les doux fruits que leur main de l'arbre a détachés,
Ou que d'un souffle impur leur haleine a touchés;
D'un seul de leurs regards a-t-il reçu l'atteinte,
Il se plonge neuf fois dans les tlots d'une eau sainte ;
Il dispose à son gré de leur sang odieux :
Trop au-dessous des lois, leurs jours sont à ses yeux
Comme ceux du reptile, ou des monstres immondes
Que le limon du Gange enfante sous ses ondes;
Profanant la beauté, si jamais leur amour
Arrache à sa faiblesse un coupable retour,
Anathème sur elle, infamie et misère!
Morte pour sa tribu, maudite par son père,
Promise après la vie au céleste courroux,
Un exil éternel la livre à son époux.
C. DELAVIGNE. Le Paria.
23' DICTÉE.
(2e règle, — 9e remarque, note, page 14.)
PIERRE L'ERMITE.
La gloire de délivrer Jérusalem appartenait à un sim-
ple pèlerin, qui ne tenait sa mission que de son zèle, et
n'avait d'autre puissance que la force de son caractère
et de son génie. Quelques-uns donnent à Pierre l'Ermite
une origine obscure, d'autres le font descendre d'une
famille noble de Picardie, tous s'accordent à dire qu'il
avait un extérieur ignoble et grossier; né avec un esprit
actif et inquiet, il chercha dans toutes les conditions de
la vie un bonheur qu'il ne put trouver : l'étude des lettres,
le métier des armes, le célibat, le mariage, l'état ecclé-
24 PONCTUATION GRADUELLE.
siastique, ne lui avaient rien offert qui pût remplir son
cœur et satisfaire son âme ardente. Dégoûté du monde
et des hommes, il se retira parmi les cénobites les plus
austères: le jeûne, la prière, la méditation, le silence
de la solitude, exaltèrent son imagination; dans ses
visions, il entretenait un commerce habituel avec le
Ciel, et se croyait l'instrument de ses desseins, le dépo-
sitaire de ses volontés; il avait la ferveur d'un apôtre,
le courage d'un martyr ; son zèle ne connaissait point
d'obstacle, et tout ce qu'il désirait lui semblait facile;
lorsqu'il parlait, les passions dont il était agité ani-
maient ses gestes et ses paroles, et se communiquaient à
ses auditeurs; rien ne résistait ni à la force de son élo-
quence, ni à la puissance de sa volonté : tel fut l'homme
extraordinaire qui donna le signal des Croisades, et qui,
sans fortune et sans renommée, par le seul ascendant
de ses prières, parvint à ébranler l'Occident pour le pré-
cipiter tout entier sur l'Asie.
MICHAUD. Histoire des Croisades.
»4E DICTÉE. 1
(2e régie, — ioe remarque, note, page 15.)
ËROSTRATE ET DÉMÉTRIUS DE PHALÈRE.
ÉROSTRATE. Trois cent soixante statues étaient élevées
dans Athènes à votre honneur! c'est beaucoup.
DÉMÉTRIUS. Je m'étais saisi du gouvernement; et,
après cela, il était assez aisé d'obtenir du peuple des
statues.
ÉROSTRATE. Vous étiez bien content de vous être
ainsi multiplié vous-même trois cent soixante fois, et
de ne rencontrer que vous dans cette ville?
DÉMÉTRIUS. Je l'avoue, mais, hélas! cette joie ne fut
pas de longue durée. La face des affaires changea du
2e RÉCAPITULATION : POINT ET ALINÉA. 2*>
2
jour au lendemain : il ne resta pas une seule de mes
statues; on les abattit, on les brisa.
ÉROSTRATE. Voilà un terrible revers! et qui fut celui
qui fit cette belle expédition?
DtMtTRIUS. Ce fut Démétrius Poliorcète, fils d'Anti-
gonus.
ÉROSTRATE. Démétrius Poliorcète! j'aurais bien voulu
être en sa place 1 Il y avait beaucoup de plaisir à abattre un
si grand nombre de statues faites pour un même homme.
DÉMÉTRIUS. Un pareil souhait n'est digne que de celui
qui a brûlé le temple d'Éphèse. Vous conservez encore
votre ancien caractère.
EROSTRATE. On m'a bien reproché cet embrasement
du temple d'Éphèse; toute la Grèce en a fait beaucoup
de bruit, mais en vérité cela est pitoyable.
DtMÉTRIUS. Je suis d'avis que vous vous plaigniez.
FONTENELLE. Dialogues depllorts.
Sa DICTÉE.
( 1" règle, page 10 ; et 2" règle, page 13.)
On dit que c'est principalement de la Suède, dont une
partie se nomme encore Gothie, que se débordèrent ces
multitudes de Goths qui inondèrent l'Europe, et l'arra-
chèrent à l'Empire romain.
Les pays septentrionaux étaient alors beaucoup plus
peuplés qu'ils ne le sont de nos jours, parce que la reli-
gion laissait aux habitants la liberté de donner plus de
citoyens à l'Etat par la pluralité de leurs femmes, et que
ces femmes elles-mêmes ne connaissaient d'opprobre
que la stérilité et l'oisiveté; mais la Suède, avec ce qui
lui reste aujourd'hui de la Finlande, n'a pas plus de
quatre millions d'habitants. Le pays est stérile et pauvre,
la Scanie est sa seule province qui porte du froment. Il
n'y a pas plus de neuf millions de nos livres en argent
monnayé dans tout le pays; la banque publique, qui y
est la plus ancienne, y fut introduite par nécessité,
:W PONCTUATION GRADUELLE.
parce que les paiements se faisant en monnaie ie cuivre
et de fer, le transport était trop difficile.
La Suède fut toujours libre, jusqu'au milieu w.ulla-
torzième siècle; dans ce long espace de temps le gou-
vernement changea plus d'une fois (suivent quelques
détails assez longs sur le gouvernement).
Environ l'an 1592, cette nation si jalouse de sa libellé,
et qui est encore ilère aujourd'hui d'avoir subjugué
Rome il y a treize siècles, fut mise sous le joug par une
femme, et par un peuple moins puissant que les Suédois.
Marguerite de Waldemar, la Sémiramis du Nord, reine
de Danemark et de Norwège, conquit la Suède par force
et par adresse, et fit un seul royaume de ses trois vastes
états.
VOLTAIRE. Histoire de Charles XII.
26e DICTÉE.
(irc règle, page 10; el 2e règle, page 13.)
Paris est aussi grand qu'Ispahan, les maisons y sont
si hautes qu'on jugerait. qu'elles ne sont habitées que
par des astrologues. Tu juges bien qu'une ville bâtie en
l'air, qui a six ou sept maisons les unes sur les autres,
est extrêmement peuplée; et que, quand tout le monde
est descendu dans la rue, il s'y fait un bel embarras.
Tu ne le croirais pas peut-être, depuis un mois que
je suis à Paris je n'y ai encore vu marcher personne. Il
n'y a point de gens au monde qui tirent mieux parti de
leur machine que les Français; ils courent, ils volent :
les voitures lentes d'Asie, le pas réglé de nos chameaux,
les feraient tomber en syncope: pour moi, qui ne suis
point fait à ce train et qui vais souvent à pied sans diaar
ger d'allure, j'enrage quelquefois.; car, encore jpasse
qu'on m'éclabousse depuis les pieds jusqu'à.la tête, tuais
je ne puis pardonner les coups de coude que je reçois
régulièrement et périodiquement. Un homme qui rient
après moi et qui me passe me fait faire un demi-4our,
2e RÉCAPITULATION : ÂLIÉA ET IJOIT. 27
et un autre qui me croise de l'autre côté me remet sou-
dain où le premier m'avait pris; je n'ai pas fait cent
pas que je suis plus brisé que si j'avais fait dix lieues.
MONTESQUIEU.
8Ï' DICTÉE.
( lrc règle et 21.)
L'AMITIÉ.
Noble et tendre Amitié, je te chante en mes vers :
Du poids de tant de maux semés dans l'univers
Par tes soins consolants c'est toi qui nous soulages ;
Trésor de tous les lieux, bonheur de tous les âges,
Le Ciel te fit pour l'homme, et tes charmes touchants
Sont nos derniers plaisirs, sont nos premiers penchants.
Qui de nous, lorsque l'àme encor naïve et pure
Commence à s'émouvoir, et s'ouvre à la nature,
N'a pas senti d'abord, par un instinct heureux,
Le besoin enchanteur, ce besoin d'être deux,
De dire à son ami ses plaisirs et ses peines?
D'un zéphyr indulgent si les douces haleines
Ont conduit mon vaisseau sur des bords enchantés,
Sur ce théâtre heureux de mes prospérités,
Brillant d'un vain éclat, et vivant pour moi-même,
Sans épancher mon cœur, sans un ami qui m'aime,
Porterai-je, moi seul, de mon ennui chargé,
Tout le poids d'un bonheur qui n'est point partagé?
Qu'un ami sur mes bords soit jeté par l'orage,
Ciel, avec quel transport je l'embrasse au rivage!
Moi-même entre ses bras si le flot m'a jeté
Je ris de mon naufrage et du flot irrité.
Oui, contre deux amis la fortune est sans armes, <
Ce nom répare tout : sais-je, grâce à ses charmes,
Si je donne ou j'accepte? il efface à jamais
Ce mot de bienfaiteur, et ce mot de bienfaits.
Si dans l'été brûlant d'une vive jeunesse
28 PONCTUATION GRADUELLE.
Je saisis du plaisir la coupe enchanteresse,
Je veux, le front ouvert, de la feinte ennemi,
Voir briller mon bonheur dans les yeux d'un ami ;
D'un ami ! ce nom seul me charme et me rassure.
C'est avec mon ami que ma raison s'épure,
Que je cherche la paix, des conseils, un appui;
Je me soutiens, m'éclaire, et me calme avec lui :
Dans des piéges trompeurs si ma vertu sommeille ,
J'embrasse, en le suivant, sa vertu qui m'éveille.
Ducis. Épître sur l'Amitié.
2S. DICTÉE.
( lre règle et 2e.)
Régulus conduit prisonnier à Carthage éprouva les
traitements les plus inhumains. Ceux qui traînaient avec
tant d'orgueil des rois tombés du trône, des femmes,
des enfants en pleurs, pouvaient-ils espérer que l'on
respectât dans les fers un citoyen de Rome?
La fortune redevint favorable aux Romains. Carthage
demandant une seconde fois la paix envoya en Italie
des ambassadeurs, Régulus les accompagnait.
Régulus arrivé aux portes de Rome refusa d'entrer
dans la ville. Il y avait une ancienne loi qui défendait à
tout étranger d'introduire dans le sénat les ambassa-
deurs d'un peuple ennemi : Régulus, se regardant comme
un envoyé des Carthaginois, lit revivre en cette occasion
l'antique usage, les sénateurs furent donc obligés de
s'assembler hors des murs de la cité; Régulus leur dé-
clara qu'il venait de la part de ses maîtres demander aux
Romains la paix, ou l'échange des prisonniers.
Pressé de dire son avis, Régulus représenta fortement
toutes les raisons que Rome avait de continuer la guerre
contre Carthage; les sénateurs admirant sa fermeté dé-
siraient sauver un tel citoyen (*), le grand pontife sou-
(') Cette dernière phrase n'a pas dû être isolée par le point, bien qu'aucun
2e RÉCAPITULATION : ALINÉA ET POINT. 29
tenait qu'on pouvait dégager l'illustre prisonnier des
serments qu'il avait faits.
CHATEAUBRIAND (avec quelques changements).
29e DICTÉE.
( ire règle et 2e.)
PRÉCEPTES SUR L'ART DE FAIRE DES VERS.
Heureux qui dans ses vers sait, d'une voix légère,
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère;
Son livre, aimé du ciel et chéri des lecteurs,
Est souvent chez Barbin entouré d'acheteurs.
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse :
Le style le moins noble a pourtant sa noblesse.
Au mépris du bon sens, le burlesque effronté
Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté;.
Que ce style jamais ne souille votre ouvrage.
Imitons de Marot l'élégant badinage,
Et laissons le burlesque aux plaisants du Pont-Neuf.
Mais n'allez point aussi, sur les pas de Brébeuf,
Même en une Pharsale, entasser sur les rives
De morts et de mourants cent montagnes plaintives.
Prenez mieux votre ton; soyez simple avec art,
Sublime sans orgueil, agréable sans faro.
N'offrez rien au lecteur que ce qui peut lui plaire.
Ayez pour la cadence une oreille sévère.
Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots
Suspende l'hémistiche, en marque le repos.
Gardez qu'une voyelle, à courir trop hâtée,
Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée.
Il est un heureux choix de mots harmonieux,
Fuyez des mauvais sons le concours odieux.
lien grammatical ne l'enchaine à la précédente, — parce qu'une grande
convenance de su jet l'unit à ce qui la précède, et qu'elle pourrait même y
être liée par la conjonction et.
50 PONCTUATION GRADUELLE.
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée,
Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée-.
Durant les premiers ans du Parnasse français,
Le caprice tout seul faisait toutes les lois.
Enfin Malherbe vint.
BOILEAU. Art poétique.
30' DICTÉE.
( Iro règle et 2".)
LA MORT DU CHRFITÏEK.
Venez voir le plus beau spectacle que puisse présenter
la terre, venez voir mourir le fidèle : cet homme n'est
plus l'homme du monde, il n'appartient plus à son pays,
toutes ses relations avec la société cessent; pour lui le
calcul par le temps finit, et il ne date plus que de la
grande ère de l'éternité : un prêtre assis à son chevet le
console; ce ministre saint s'entretient avec l'agonisant
de l'immortalité de son âme, et la scène sublime que
l'antiquité entière n'a présentée qu'une fois, dans le pre-
mier de ses philosophes, mourant, cette scène se renou-
velle chaque jour sur l'humble' grabat du dernier des
chrétiens qui expire.
Enfin le moment suprême est arrivé : un sacrement a
ouvert à ce juste les portes du monde, un sacrement va
les clore ; la religion le balança dans le berceau de la
vie, ses beaux chants et sa main maternelle l'endormi-
ront encore dans le berceau de la mort : elle prépare le-
baptême de cette seconde naissance; mais ce n'est plus
l'eau qu'elle choisit, c'est l'huile, emblème de l'incor-
ruptibilité céleste. Le sacrement libérateur rompt peu à
peu les attaches du fidèle; sont âme, à moitié échappée
de son corps, devient presque visible sur son visage;
déjà il entend les concerts des séraphins, déjà il est prêt
a s'envoler vers les régions, où, l'invite cette Espérance
divine, fille de la Vertu et de la Mort : cependant l'Ange
ALINÉA. KT POINT. — STYI.E COUPK. jl
de la paix descendant vers ce juste touche de son sceptre
d'or ses yeux fatigués, et les ferme délicieusement à la
lumière : il meurt, et l'on n'a point entendu son dernier
soupir; il meurt, et, longtemps après qu'il n'est plus.
ses amis font silence autour de sa couche, car ils croient
qu'il sommeille encore, tant ce chrétien a passé avec
douceur !
CHATEAUBRIAND. Génie du Christianisme.
ale DICTÉE.
(Exemple du style coupé, note page 16.)
PASCAL A LA REINE CHRISTINE
en lui dédiant son ouvrage sur la Roulette.
Je sais que Votre Majesté est aussi éclairée et savante q ue
puissante et magnanime, voilà la raison qui m'a déter-
miné à m'adresser plutôt à Votre Majesté qu'à tout autre
prince. J'ai une vénération bien plus grande pour les
personnes d'un mérite sublime que pour celles qui n'ont
que des titres pompeux, un nom célèbre, des aïeux
illustres, et une fortune brillante; les premiers sont les
vrais souverains de la terre. Il me semble que le pou-
voir des rois sur leurs sujets n'est qu'une image impar-
faite et grossière du pouvoir de l'esprit fort sur les esprits
faibles. Le droit de persuader et d'instruire est parmi les
philosophes ce que le droit de commander est dans le
gouvernement politique. Quelque puissant, quelque re-
doutable que soit un monarque, tout manque à sa gloire
s'il n'a pas l'esprit éminent. Un citoyen obscur, sans
biens, qui fait de sa vertu tout son appui, est au-dessus
du conquérant du monde.
Régnez donc, incomparable princesse, puisque votre
génie est supérieur à votre rang : régnez sur l'univers,
il est votre domaine ; les savants et les gens de bien
sont vos sujets. Que les souverains apprennent avec ad-
miration que la fille de Gustave est l'âme des savants,
et le modèle des rois.
52 PONCTUATION GRADUELLE.
39e DICTÉE.
(Exemple du -style périodique, note page 16.)
La vérité, cette lumière du ciel, est la seule chose
ici-bas qui soit digne des soins et des recherches de
l'homme; elle seule est la lumière de notre esprit, la
règle de notre cœur, la source des vrais plaisirs, le fon-
dement de nos espérances, la consolation de nos craintes,
l'adoucissement de nos maux, le remède de toutes nos
peines; elle seule est la source de la bonne conscience,
la terreur de la mauvaise, la peiné secrète du vice, la
récompense intérieure de la vertu; elle seule immorta-
lise ceux qui l'ont aimée, illustre les chaînes de ceux
qui souffrent pour elle, attire les honneurs publics aux
cendres de ses martyrs et de ses défenseurs, et rend
respectables l'abjection et la pauvreté dé ceux qui ont tout
quitté pour la suivre; enfin elle seule inspire des pensées
magnanimes, forme des âmes héroïques, des âmes dont
Je monde n'est pas digne, des sages seuls dignes de cïô
nom : tous nos soins devraient donc se borner à la con-
naître , tous nos talents à la manifester, tout notre zèle
à la défendre; nous ne devrions donc chercher dans les
hommes que la vérité, et ne souffrir qu'ils voulussent
nous plaire que par elle : en un mot, il semble qu'il de-
vrait suffire qu'elle se montrât à nous pour se faire
aimer, et qu'elle nous montrât à nous-mêmes pour nous
apprendre à nous connaître.
MASSJLLOS.
33e DICTÉE.
( 3e règle, page 16.)
L'ennui vient du sentiment de notre vide, la paresse
naît d'impuissance, la langueur est un témoignage de
notre faiblesse.
VAUVENARGUES. De l'Esprit humain.
1
EXCLUSION DE TOUT SIGNE DE PONCTUATION. 35
2.
Chaque arbre a son mouvem le chêne au tronc
raide ne courbe que ses branches, l'élastique sapin ba-
lance sa haute pyramide, le peuplier robuste agite son
feuillage mobile, et le bouleau laisse flotter le sien dans
les airs comme une longue chevelure.
Bernardin de SAINT-PIERRE. Harmonies.
Les rois sont les maîtres du monde,
Les dieux sont les maîtres des rois.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
(Le ma?-échal de Catinat arrivait aux Invalides.) La
garde se range sous les armes, les tambours se font en-
tendre, les cours se remplissent, on répète de tous
côtés : Voilà le père La Pensée!
LA HARPE. Eloge de Catinat.
La conscience est la voix de l'àme, les passions sont
la voix du corps.
J.-J. ROUSSEAU. La Conscience.
L'effort d'une vertu commune
Suffit pour faire un conquérant,
Celui qui dompte la fortune
Mérite seul le nom de Grand.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
34° DICTÉE.
(4e règle, page 17.)
Il faut avoir pour ses anciens amis les mêmes égards
que dans l'amitié commençante.
CoNFUCtcs. Pensées.
Je préfère le témoignage de ma conscience à tous les
discours qu'on peut tenir de moi.
CICÉRO. (Trad. par l'abbé d'Olivet.)
M PONCTUATION GRADUEMJI.
Celui qui sait le mieux supporter les biens eL les
maux de cette vie est à mon gré le mieux élevée
Réminiscence.
Je préfère aux parfums qu'on brûle en ces lambris
Le souffle embaumé du zéphyre.
V. HUGo. Odes et Ballades.
Il sert peu d'avoir de l'esprit lorsque l'on n'a point
d'âme.
VAUVENARGUES. Fragments.
Rome n'égala point au brave capitaine
Le vil gladiateur triomphant sur l'arène.
DESHAHIS. EHotadte homme.
Chaque connaissance ne se développe qu'après qu'un
certain nombre de connaissances se sont développées.
FONTENELLE.
Tout ce qui reste en cor de fidèles Hébreux
Lui viendront aujourd'hui renouveler leurs vœux.
RACINE. Athalie.
La gloire des grands hommes se doit toujours mesurer
aux moyens dont ils se sont servis pour l'acquérir.
LA ROCHEFOUCAULD. Pensées.
0 bienheureux celui qui peut de sa mémoire
Effacer pour jamais ce vain espoir de gloire
Dont l'inutile soin traverse nos plaisirs.
RACAN. Discours de la Vie champêtre.
Je chercherai la place où sa touche expirante
Exhala sur tes pieds l'irrévocable adieu.
A. de LAMARTINE. Le Crucifix.
Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su
éviter une sottise.
LA BRUYÈRE.
VÏRGttLK. 7.71
Touloir tromper le Ciel c'est folie à la terre.
» LATFaHTAiirE. Fables.
SS" V1CTKOB.
( 5e régIe, page 19.)
FONTENELLE n'aurait pas avancé, ou reculé. sa chaise,
il ne sentait pas l'avantage des commodités.
Madame NECKF.U.
Vainement la PHILOSOPHIE
Reprocha aux hommes ses travers,
Elle y perd sa prose et ses vers.
FL<JRIA,X. Fables.
Quelques RAYONS de miel sans maître se trouvèrent,
Des frelons les réclamèrent.
LA FONTAINE. Fables.
Deux taureaux combattaient à qui posséderait
Une génisse avec l'empire,
Une grenouille en soupirait [soupirait à cause de cela].
LA FONTAINE. Fables.
Le vase qui d'abord d'une pure liqueur
A rempli son argile encor vierge et nouvelle
A son premier parfum reste longtemps fidèle,
Et l'homme dont l'étude eut d'abord les amours
De son premier penchant se ressouvient toujours.
P. LEBRUN. Discours.
Au palais de mon père on voit briller les arts.
Mais ces bords pleins de fleurs charment plus mes re-
Qu'un bassin d'or ou de porphyre. [gards
V. HUGo. Odes et Ballades.
Les hommes sont toujours hardis à juger les autres.
56 PONCTUATION GRADUELLE.
car on n'épargne que soi-même dans ses jugements.
BOSSOET (Imité de).
Nul n'est content de sa fortune,
Ni mécontent de son esprit.
Madame DESHOULIÈRES. Stances.
Compère le renard se mit un jour en frais,
Et (il) retint à dîner commère la cigogne.
LA FONTAINE. Fables.
Ce ne sont point les louanges,
[Mais] C'est la vertu que tu chéris.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
Rien ne présente les hommes si petits à l'imagination,
[et] rien ne les fait paraître si faibles que la vanité.
VAUYENAP.GCES. Fragments.
36e DICTÉE.
(5e règle, page 19.)
Jupiter-Ammon est pauvre, son temple est pur, il
garde inviolablement la simplicité de son premier culte,
et depuis tant de siècles il se défend encore du luxe de
l'Asie et de l'or des Romains.
MARMONTEL,
Li vient une nouvelle, on en rapporte les circonstances
les plus marquées, elle passe dans la bouche de tout le
monde, ceux qui en doivent être le mieux instruits la
(Toient et la répandent, j'agis sur cela.
BEAUZÉE. Encyclopédie.
Mérovée contemplait les cadavres dont il avait jonché
la plaine; ainsi se repose un lion de Numidie après avoir
déchiré un troupeau de brebis : sa faim est apaisée, sa
VIRGULE. 57
poitrine, exhale l'odeur du carnages il ouvre et ferme
tour à tour sa gueule fatiguée qu'embarrassent des
flocons de laine, enfin il se couche au milieu des agneaux
égorgés, sa crinière humectée d'une rosée de sang re-
tombe des deux côtés de son cou, il croise ses griffes
puissantes, il allonge sa tête sur ses ongles, et il lèche
les molles toisons étendues autour de lui.
CHATEAUBRIAND. Les Martyrs.
Leur souffle mutiné (des vents)
Tient les fleuves chargés de chaînes,
Et soulève contre eux l'Océan déchaîné.
L'orme est brisé, le cèdre tombe,
Le chêne le plus dur succombe
Sous leurs efforts impétueux.
J.-B. ROUSSEAU. L'Hiver.
37e DICTÉE.
(6e règle, page 21.)
Sillons, sentiers, buissons, tout se mêle et s'efface.
Le vieux pâtre, le vent aux brèches de la tour,
Les étangs, les troupeaux avec leur voix cassée,
Tout souffre et tout se plaint
V. HUGO. La Prière pour tous.
Les mouches que j'avais observées (un jour d'été sur
mon fraisier) étaient toutes distinguées les unes des
autres par leurs couleurs, leurs formes et leurs allures;
il y en avait de dorées, d'argentées, de bronzées, de
tigrées, de rayées, de bleues, de vertes, de rembrunies,
de chatoyantes; les unes avaient la tête arrondie comme
un turban, d'autres allongée en pointe de clou. Je
dédaignai comme suffisamment connues toutes les tribus
des autres insectes qui étaient attirées sur mon fraisier,
telles que les limaçons qui nichaient sur ses feuilles, les
papillons qui voltigeaient autour, les scarabées qui en
18 PONCTUATION GRADUELLE.
labouraient les racines, les petits vers qui trouvaient les
moyens de vivre dams le parenchyme, c'est-à-dire dans
la seule épaisseur d'une feuille, les guêpes et les mou-
ches à miel qui bourdonnaient autour de ses fleurs, les
pucerons qui en suçaient les tiges, les fourmis qui lé-
chaient les pucerons, enfin les araignées qui, pour at-
traper ces différentes proies, tendaient leurs filets dans
le voisinage.
J'ignorais quels étaient les insectes qui fréquentaient
mon fraisier pendant les autres saisons de l'année, et le
reste de ses relations avec les reptiles, les amphibies, les
poissons, les oiseaux, les quadrupèdes, et les hommes
surtout.
Bernardin de SAINT-PIERRE. Étude, de la Nature.
38e DICTÉE.
(Récapitulation de la 38 règle, page 16, à la 6e, page 21.)
S'occuper c'est savoir jouir,
L'oisiveté pèse et tourmente.
Réminiscence.
Il (L'Amour) regarde si la pluie
N'a point gâté quelque peu
Un arc dont je me méfie.
LA FONTAINE. Imitation d'Anacréon.
Rien n'est si décisif que l'ignorance, et le doute est
aussi rare parmi le peuple que l'affirmation chez les vrais
philosophes.
J.-J. ROUSSEAU.
L'univers est rempli de ces âmes glacées,
Mortes à la vertu, sans bonté, sans défauts,
Qui, dans un cercle étroit servilement pressées,
Ne savent que ramper, ne font que ce qu'il faut,
Et vers le beau jamais ne se sont élancées.
LÉONARD. Épître d un ami.
3e RÉCAPITULATION : ALtNA, 1'00T, VIRGULE. 3!»
Les Macchabées étaient vaillants, et néanmoins il est
écrit qu'ils combattaient par leurs prières plus que par
leurs armes.
MASSILLON.
Il n'est rien ici-bas qui ne trouve sa pente :
Le fleuve jusqu'aux mers dans les plaines serpente,
L'abeille sait la fleur qui recèle le miel,
Toute aile vers son but incessamment retombe,
L'aigle vole au soleil, le vautour à la tombe,
L'hirondelle au printemps, et la prière au ciel.
V. HUGo. La Prière pour tous.
Les dieux du ciel et de l'onde,
Le soleil, la terre, et l'air,
Tout travaille dans le monde
Au triomphe de l'Hiver.
J.-B. ROUSSEAU. Cantates.
39e DICTÉE.
( Récapitulation, de la iie règle à la 6e.
Aristide avait été juste avant que Socrate eût dit ce
que c'était que la justice (*). Léonidas était mort pour son
pays avant que Socrate eût fait un devoir d'aimer la
patrie {*). Sparte était sobre avant que Socrate eût loué la
sobriété , avant qu'il eût loué la vertu la Grèce abondait
en hommes vertueux.
J.-J. ROUSSEAI.
Les enfants n'ont l'àme occupée
Que du continuel souci
Qu'on ne fâche point leur poupée.
LA FONTAINE. Fables.
Avant donc
La naissance du monde et sa création,
("1 Le point-virgule pourrait régulièrement figurer après juslire et pétrir.
40 PONCTUATION GRADUELLE.
he monde, l'univers, tout, la nature entière
Était ensevelie au fond de la matière.
Les éléments, le feu, l'air, et la terre, et l'eau,
Enfoncés, entassés, ne faisaient qu'un monceau,
Une confusion, une masse sans forme,
Un désordre, un chaos, une cohue énorme.
RACINE. Les Plaideurs.
Qui fait toujours ce qu'il veut fait rarement ce qu'il
doit.
,
Un grand homme est celui qui sait dompter sa v olonté
et qui ne veut jamais que ce qu'il peut.
Le sage étant exempt de désirs irraisonnables peut
faire tout ce qu'il veut.
Le comte OXENSTIERN. Pensées.
Parler beaucoup et bien c'est le talent du bel esprit,
parler peu et bien c'est le caractère du sage (*), parler
beaucoup et mal c'est le vice du fat, parler peu et mal
c'est le défaut du sot.
L'abbé TERRASSON.
Quiconque s'accoutume à être dur et féroce envers
lui-même le devient à l'égard des autres.
CASTILHON.
Le peuple arabe est un peuple conteur,
J'aime ces Nuits dont il est l'inventeur.
LA HARPE. Tangu et Félime.
40e DICTIÉE.
( Récapitulation, de la ire règle à la 6e.)
Un insensé furieux qui s'arracherait lui-même les
\') On pourrait employer régulièrement le point-virgule après sage, mais
rions préférons la virgule.
je RÉCAPITULATION : ALINÉA^ POINT, VIRGULE., 4-1
yeux serait encore plus digne de compassion qu'un autre
aveugle. �""- — ------
FÉNELON. Dialogues des Morls.
STRATONICE à Pauline.
Ce courage si grand (Polyeucte), cette àme si divine,
N'est plus digne du jour, ni digne de Pauline.
C'est l'ennemi commun de l'État et des dieux,
Un méchant, un infâme, un rebelle, un perfide,
Un traître, un scélérat, un lâche, un parricide,
Une peste exécrable à tous les gens de bien,
Un sacrilège impie,
CORNEILLE. Polyeucte.
PENSÉES DU COMTE OXENSTIERN.
Il n'est rien qui fasse mieux connaître la fureur bru-
tale de l'athée que de lui voir faire parade du néantisme,
qui fait l'objet de l'horreur de toutes les autres créatures.
Les passions commencent par nous aveugler avant
que de nous accabler et de nous précipiter dans les der-
niers malheurs.
La critique fait honneur aux ouvrages auxquels elle
s'attache, et n'est pas toujours une marque infaillible de
la supériorité du censeur; il est plus aisé de relever les
fautes d'autrui que de composer un ouvragé qui en soit
exempt, ou du moins qui mérite qu'on prenne la peine
de les relever.
Le pauvre qui emprunte.
Le comte OXENSTIERN. Penséei.
(Consulter la 6e remarque, page tt.j
L'art de rendre la morale aimable existait à peine
parmi nous. L'ouvrage de Montaigne semble plutôt une
peinture fidèle des inconséquences de l'esprit humain
qu'un traité de philosophie pratique. Il nous fallait un
livre d'une morale douce, aimable, facile, applicable à
toutes les circonstances, faite pour tous les états, pour
lot PONCTUATION GRADUELLE.
tous les âges, et qui pût remplacer enfin dans l'éducation
de la jeunesse
Les quatrains de Pibrac, et les doctes sentences
Du conseiller Mathieu.
MOLIÈRE.
car c'étaient là les livres de l'éducation ordinaire. La
Fontaine cherche ou rencontre le genre de la fable, que
Quintilien regardait comme consacré à l'instruction de
l'ignorance.
CHAMFORT. Éloge de La Fontaine.
41e DICTÉE.
(13. remarque, page 23.)
1 n Un tyran cruel et sauvage,
Dans les feux et dans le ravage,
N'acquiert qu'un bonheur criminel.
J.-B. ROUSSEAU. Odet.
La terre est ronde ou sphérique.
DARBOIS.
Opprobre désormais d'une illustre famille,
Et qu'importe à ton père ou ta vie ou la mort?
CUÉBILLON. Xercàt.
2° Les anachorètes ou ermites ne se nourrissaient que
de sauterelles, et de légumes cuits à l'eau :
Je me fais moine, ou gris, ou blanc, ou noir.
VOLTAIRE.
Nul à Paris ne se tient dans sa sphère,
Dans son métier, ni dans son caractère.
VOLTAIRE.
VIRGULE. J :,",
38 Quel carnage de toutes parts !
On égorge à la fois les enfants, les vieillards,
Et la sœur, et le frère.
RACINE. Etiher.
Il parle de ce qu'il ne sait point ou de ce qu'il sait
mal.
Il faut donc tromper les hommes, ou être trompé par
eux.
Napoléon CAILLOT. Grammaire.
Ni ceux que j'ai invités, ni ceux que j'ai priés ne s'y
sont trouvés.
DARBOIS.
Tout travaille et se meut dans la nature entière.
DA RBOIS.
L'Église n'a jamais regardé comme purement inspiré
de Dieu que ce que les Apôtres ont écrit, ou ce qu'ils ont
confirmé par leur autorité.
BOSSUET. Histoire universelle.
tl2e DICTÉE.
( 14e remarque, et 15e, page 24.
Une hermine, un castor, un jeune sanglier,
Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier.
FLORIAN. Fables.
Le regret du passé, le chagrin du présent, l'inquitiludc
sur l'avenir, sont les fléaux qui affligent le plus le genre
humain.
Cité par Boisre.
D'anciennes mœurs, un certain usage de la pauvreté,
rendaient à Rome les fortunes à peu près égales.
Cité par BOISTR.
44 PONCTUATION GRADUELLE.
Les plaisirs de l'esprit, la tranquillité de l'âme, la
joie, la satisfaction intérieure, se trouvent aussi souvent
à la suite d'une médiocre fortune que dans le cortège
des rois
Le Rhin, le Pô, l'Èbre, la Meuse,
Tour à tour ont vu ses exploits.
J.-B. ROUSSEAU. Odes.
Saint Jean Chrysostôme, saint Basile, saint Grégoire
de Nazianze, saint Athanase; les Clément d'Alexandrie,
les Cyrille, les Origène, les Pantène, les Irénée, conser-
vèrent la gloire des lettres grecques.
Monseigneur DUPANLOUP. Discours.
La cage et le panier avaient mêmes pénates.
FLORIAN.
La mort d'un homme sensible qui expire au milieu de
sestfimis, et celle d'un papillon que l'air froid du matin
fait périr dans le calice d'une fleur, sont deux époques
semblables dans le cours de la nature.
Xavier de MAISTRE. Voyage autour de ma chambre.
[Entre lui) Vous et moi, jurons, jurons, ma belle,
Une ardeur éternelle.
MOLIÈRE.
Les tiens et toi, pouvez vaquer
Sans nulle crainte à vos affaires.
FLonIAN. Fables.
43e DICTÉE.
(Récapitulation sur les six premières règles et les quinze premières
remarques. )
La vraie piété nous rend bons, indulgents, charita-
bles pour les autres; la rigidité, la vertu sauvage, la