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Cours de dessin classique-élémentaire des cartes géographiques... par A. Le Béalle,...

De
25 pages
J. Delalain (Paris). 1851. In-4° , 16 p. et pl. en coul..
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TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
4 NOTIONS PRÉLIMINAIRES : Définitions de quelques termes
géométriques.
5 BUT ET DISPOSITION DES CARTES GÉOGRAPHIQUES : Cartes
dressées pour l'enseignement — Cartes générales. —
Cartes partielles. — Cartes spéciales : physiques, - po-
litiques, — administratives, — historiques, — agri-
coles, commerciales et industrielles, — itinéraires. —
Cartes murales. — Définition des cercles géographiques.
6 NOTIONS GÉNÉRALES DU DESSIN DES CARTES : Ordre des opé-
rations.— Esquisse. — Trait. — Cadre. — Lignes géo-
graphiques. — Mers. — Fleuves. — Rivières. — Divi-
sions politiques. — Villes. — Écriture. — Nettoyage. —
- Lavis.
7 PRÉPARATION DU PAPIER : Collage sur planche. — Cartes
en plusieurs feuilles. — Colle à bouche, son emploi, sa
préparation. — Qualités et formats de papier. — Règles
à dessiner.
8 ESQUISSE DANS LES MÊMES DIMENSIONS : Procédés pratiques :
Calquer au carreau de vitre ;—calquer sur place ; — pi-
quer. — Procédés géométriques : Ensemble des opéra-
tions.
9 et Planche 1" : DIVERS TRACÉS GÉOMÉTRIQUES : Instruments
de mathématiques, leurs usages. - Tracé du cadre. -
Positions déterminées au compas. — Emploi du treillis.
10 et Planche 2 : RÉDUCTIONS, ÉCHELLES : Rapports linéaires et
rapports superficiels; leur définition, leur différence. —
Échelles : Construction d'après les rapports linéaires et
d'après les rapports superficiels ; usages.
Pages.
il et Planche 3 : RÉDUCTIONS (suite): Réduction au treillis. —
Compas de réduction : Description, usages. — Panto-
graphe : Description, usages.
12 et Planche 4 : DIVISION ET TRACÉ DES CERCLES GÉOGRAPHI-
QUES : Disposition d'une mappemonde. — Diviser une
droite en parties égales. — Élever une perpendiculaire
au milieu d'une droite. — Planisphère. — Cercles géo-
graphiques : leurs dispositions mutuelles ou particu-
lières ; leur nombre. — Division du cercle en parties
égales : avec le rapporteur; avec l'échelle des cordes. —
Par trois points donnés faire passer un arc ou une cir-
conférence; application de cette opération au tracé des
méridiens et des parallèles.
13 et Planche 5 : PROJECTIONS GÉOGRAPHIQUES : Projections en
général. — Projection de Mercator. - Projection des
équidistances. — Projection de Flamsteed. — Projection
de Flamsteed modifiée par les équidistances.
14 et Planche 6 : ÉCRITURE DES CARTES : Divers genres d'écri-
ture; formes et usages. — Tracé des courbes pour l'écri-
ture des cartes géographiques.
15 et Planche 7 : LAVIS : Lavis des mers : à teintes plates; à
teintes fondues. — Lavis des montagnes. — Dessin à la
plume des mers et des montagnes.
16 et Planche 8 : LAVIS (suite) : Emploi et mélange des couleurs;
leur préparation. Pinceaux; choix et entretien. -
Lavis des divisions politiques ou naturelles ; teintes
plates; liserés fondus; liserés unis. — Ornements de
cadres,
( 3 )
INTRODUCTION.
Si l'étude de la géographie est parfois aride, et si ses ré-
sultats sont souvent éphémères, cela tient, il faut l'avouer,
au mode d'enseignement bien plus qu'à l'inintelligence ou
au mauvais vouloir des élèves. Pour le commençant, qui
n'a pas l'histoire comme complément et comme application
de la géographie, cette science n'est qu'un assemblage de
noms incohérents, surtout s'il l'acquiert sans le secours des
cartes. Ce dernier cas est heureusement fort rare, depuis
quelques années surtout que les cartes murales ornent si uti-
lement les classes même les plus humbles.
Il est nécessaire de faire voir a l'élève la position respec-
tive des lieux dont il apprend les noms; mais il est utile
aussi qu'il s'accoutume a retracer les contours, à disposer
entre eux les différents points, en un mot, à dessiner les
cartes géographiques qu'il étudie. Le travail de la mémoire
est moins pénible et plus fructueux, lorsque l'œil et la main,
ces deux puissants auxiliaires de l'intelligence, lui prêtent
leur concours. Le dessin des cartes est, pour ainsi dire, la
pratique de l'étude géographique dont les livres et les cartes
sont la théorie. Cela est si bien senti que l'on fait dessiner des
cartes partout où l'on enseigne la géographie.
Comment le plus souvent fait-on dessiner les cartes ? Il est
dit à l'élève : Voici une carte, copiez-la de votre mieux.
Ces instructions laconiques suffisent-elles? non. L'élève a
besoin de savoir pourquoi et comment il doit agir. Sans cela,
se mettant au travail avec ardeur et plaisir, il se décourage
dès qu'il fait mal, dès qu'il rencontre des obstacles qu'il con-
sidère comme insurmontables, et qui cependant s'aplani-
raient devant quelques préceptes.
L'usage est, dans la presque totalité des maisons d'édu-
cation, de faire dessiner des cartes pour les distributions de
prix. Si, pendant l'année, les élèves n'ont pas été préparés
à ce genre de travail, le dessin de leurs cartes se ressent de
leur inexpérience. Comment les y préparer d'une manière
utile comme dessin et comme étude géographique?
Pour préparer graduellement l'élève au dessin des cartes,
et pour lui enseigner la géographie d'une manière durable, il
n'est rien de mieux, a notre avis, que de lui faire dessiner
le contenu de chaque leçon qu'il apprend. Ce dessin s'effectue
sur de simples carrés de papier écolier, à vue d'œil, et en
modifiant suivant le besoin, les dimensions de la carte sur
laquelle il étudie.
Si, par exemple, l'élève étudie la France physique : -
A la lre leçon, il trace par masses les contours de cette contrée,
sans se préoccuper des sinuosités inutiles, mais en indiquant
avec soin les golfes, les caps et les îles, les montagnes, les
fleuves et les contrées limitrophes; il écrit ensuite les noms
de ces diverses parties ; puis il lave les mers et les montagnes,
et enfin il donne une teinte générale sur toute la surface de
la France. — A la 2e leçon, il trace de nouveau les limites,
puis il divise la surface par bassins, en indiquant au crayon
la direction des chaînes de montagnes et des collines qui
forment la ceinture de chaque bassin; il écrit les noms des
bassins, des chaînes de montagnes et des collines; il lave
les mers et les montagnes, et passe sur chaque bassin une
teinte de couleur spéciale. — A la 3e leçon, s'il apprend le
bassin de la Seine, il trace seulement la ceinture de ce bas-
sin , le cours de la Seine et ceux de ses affluents ; puis il écrit
les noms et effectue le lavis, etc.
On ne peut exiger beaucoup d'exactitude dans l'exécution
des premières copies ; mais peu a peu l'élève se perfectionne,
et lorsqu'il veut exécuter avec soin le dessin d'une carte
entière, il est familiarisé avec les diverses opérations néces-
saires.
Pour rendre les premiers pas plus faciles, on pourrait
encore avoir recours à l'emploi de cartes muettes sur les-
quelles seraient tracés : les cercles géographiques, les con-
tours des mers et le cours des fleuves principaux. Il resterait
à exécuter par l'élève : le tracé des cours d'eau secondaires
et celui des divisions naturelles ou politiques, la position
des villes, l'écriture et le lavis. — L'élève terminerait ces
cartes en exécutant au fur et à mesure le contenu de chaque
leçon qu'il apprendrait, après avoir préalablement étudié les
principes nécessaires à la bonne exécution de chaque espèce
d'opérations ; il serait même avantageux de lui faire lire
d'abord tous les préceptes du dessin des cartes, afin de lui en
donner une idée générale et de le mettre à même de retrou-
ver plus facilementceux dont il aurait besoin plus tard.
De savants auteurs, sur le terrain desquels nous n'ambi-
tionnons pas ici de porter un pied profane, ont traité le
dessin des cartes géographiques; mais ils l'ont considéré
d'un point de vue trop élevé, trop scientifique, pour que leurs
ouvrages puissent être mis entre les mains des commençants.
Ils s'adressent à ceux qui, sachant déjà, veulent étendre le
cercle de leurs connaissances. C'est aux commençants que
nous nous adressons.
LE BUT DE CET OUVRAGE est donc simplement : d'enseigner
aux élèves des classes élémentaires, les procédés les plus
faciles et les plus prompts pour le dessin des cartes ; de leur
rendre plus attrayant encore un travail pour lequel ils ont
déjà de l'affection, en les mettant à même de faire vite et bien
suivant leurs facultés et leur désir.
A. LE BÉALLE.
(4)
NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
L'emploi de quelques termes géométriques étant indispensable pour le dessin des cartes géographiques, nous avons réuni toutes leurs définitions et nous les
avons classées par ordre alphabétique pour en rendre la recherche prompte et facile chaque fois que l'élève aura besoin de les consulter. Nous n'avons
donné, d'ailleurs, que ce qui est strictement nécessaire pour l'intelligence des termes employés.
1. - ANGLE : Espace compris entre deux lignes qui se ren-
contrent. — Les lignes qui forment un angle se nomment côtés
de l'angle, et le point de rencontre sommet de l'angle. — La
grandeur d'un angle dépend de l'écartement de ses côtés et non
de leur longueur. — Un angle se désigne : soit par une lettre
placée à son sommet; soit par trois lettres, dont celle placée au
sommet s'énonce entre les deux autres qui désignent chacune
l'extrémité d'un côté ou d'un point pris sur ce côté.
2. — ANGLE DROIT : Angle dont les côtés sont perpendiculaires
l'un à l'autre. — Lorsque deux lignes se coupent de manière à
former quatre angles égaux, chacun de ces quatre angles est
droit; le point où les deux lignes se coupent est le sommet com-
mun à ces quatre angles et les deux lignes sont perpendiculaires
entre elles.
3. — Anc : Ligne courbe décrite avec un compas; - c'est une
partie de circonférence. — Deux arcs sont raccordés lorsque,
sans être décrits d'un même centre, ils sont le prolongement l'un
de l'autre; le point de raccord ne doit pas être sensible à l'œil.
4. — CARRÉ: Surface plane entourée par quatre lignes droites
égales entre elles, parallèles et perpendiculaires deux à deux. —
Les quatre angles d'un carié sont droits. — On dit le côté d'un
carré, pour désigner n'importe lequel, puisqu'ils sont tous égaux.
- Le carré d'une ligne s'entend du carré dont cette ligne est le
côté.
J: CENTRE : Point où l'on place la pointe sèche du compas
pour décrire avec l'autre pointe un arc ou une circonférence.
6. - CEBCLE : Surface entourée par une circonférence. — En
géographie on donne le nom de cercles aux circonférences que
l'on suppose tracées à la surface de la terre.
7. — CIRCONFÉRENCE: Ligne courbe dont les deux extrémités
se confondent, et dont tous les points sont à égale distance d'un
point intérieur nommé centre. — Les circonférences se décrivent
au compas. -
8. —' CoRDE : Ligne droite menée dans un cercle, ne passant
pas par le centre, et ayant ses deux extrémités en deux points de
la circonférence. — Toute corde divise la circonférence en deux
parties inégales, dont la plus petite est l'arc de cette corde, et réci-
proquement. — Pour désigner une corde, on nomme les deux
lettres placées à ses extrémités; il en est de même pour toute
autre droite. — Pour désigner un arc, on nomme en plus une
troisième lettre située vers le milieu de sa courbe entre deux
autres lettres placées une à chaque extrémité.
9. — DIAGONALE : Ligne droite menée dans un carré, partant
d'un angle et se terminant à celui qui lui est opposé. — Les deux
diagonales d'un carré sont égales; elles se coupent à angle droit
et se divisent mutuellement en deux parties égales.
10. - DiAmÈTRE : Ligne droite menée dans un cercle, passant
par le centre et ayant ses deux extrémités en deux points de la
circonférence. — Tout diamètre divise le cercle et sa circonférence
en deux parties égales. — Tous les diamètres d'un même cercle
sont égaux entre eux.
11. - HOIRIZOIITALE : Ligne droite supposée parallèle à l'eau
dormante. — Dans un dessin, les lignes des côtés du cadre qui
vont de droite à gauche sont, ainsi que leurs parallèles, consi-
dérées comme étant des horizontales.
12. - HYPOTÉNUSE: Côté d'un triangle rectangle opposé À
l'angle droit, c'est-à-dire qui ne concourt pas à la formation de
l'angle droit. - Une diagonale divise un carré en deux triangles
rectangles, et elle est l'hypoténuse de chacun de ces triangles.
13. — INTERSECTION : Point où deux lignes se coupent.
14. — PARALLÈLES : Lignes droites ou surfaces planes qui sont
sur tous leurs points à égales distances entre elles, et qui ne
peuvent se rencontrer, quelle que soit leur étendue. — En géo-
graphie, on a donné le nom de parallèles aux circonférences des
cercles dont toutes les surfaces sont parallèles entre elles et à celle
du cercle entouré par l'équateur.
15. — PERPENDICULAIRES : Lignes qui, en se coupant ou en se
rencontrant, forment des angles égaux entre eux, et par consé-
quent droits. — Les deux côtés parallèles d'un cadre bien fait
sont perpendiculaires aux deux autres côtés. —La verticale est
perpendiculaire à l'horizontale; de là vient que l'on emploie sou-
vent à faux le nom de verticale pour désigner une ligne droite
perpendiculaire à une autre, car deux lignes peuvent être perpen-
diculaires entre elles sans être l'une verticale et l'autre hori-
zontale.
16. — QUADRILATÈRE : Surface entourée par quatre lignes qui,
en se rencontrant deux à deux, forment quatre angles. — QUA-
DRILATÈRE RECTANGLE : Quadrilatère dont les quatre angles sont
droits. — Le CARRÉ est un quadrilatère rectangle régulier, parce
que ses quatre côtés sont égaux entre eux, ainsi que ses quatre
angles.
17. — RAYON: Ligne droite menée dans un cercle, du centre
à la circonférence; c'est un demi-diamètre. — On donne le nom
de rayon à la distance qui sépare les deux pointes du compas lors-
qu'on l'ouvre pour prendre une mesure ou pour tracer un arc ou
une circonférence.
18. — SURFACE*: Objet dont on considère l'ensemble de la
longueur et de la largeur, sans se préoccuper de l'épaisseur. -
SURFACE PLANE : Surface sur laquelle on peut faire toucher tous
les points d'une règle droite en l'appliquant n'importe dans quel
sens.
19. — SEGMENT : Partie de ligne. — On dit le segment d'un arc
tout comme on dit le segment d'une ligne droite.
20. — TANGENTE : Ligne qui en touche une autre en un seul
point, sans pouvoir la couper quel que soit leur prolongement.
21. — TRIANGLE : Surface entourée par trois lignes qui, en se
rencontrant deux à deux, forment trois angles. — La somme
des trois angles d'un triangle équivaut à deux angles droits.
22. — TRIANGLE RECTANGLE : Triangle dont l'un des angles
est droit. — Dans un triangle il ne peut y avoir qu'un angle
droit.
23. — VERTICALE : Ligne droite qui est dans la direction du -
fil-à-plomb. — La verticale est perpendiculaire à l'horizontale.
— Dans un dessin, les lignes des côtés du cadre qui vont de bas
en haut, sont, ainsi que leurs parallèles, considérées comme
verticales. — En dessin comme en géométrie, toutes les verticales
sont considérées comme étant parallèles entre elles.
� (5 )
BUT ET DISPOSITION DES CARTES GEOGRAPHIQUES.
24. — Les cartes géographiques ont pour but de représenter
.la forme de la terre et les divisions naturelles ou politiques de sa
surface; de faire connaître la situation des lieux remarquables
par leur importance, par leurs produits ou par les faits qui s'y
sont accomplis; de déterminer les distances et les positions re-
spectives des différents points géographiques.
: JG. - Pour être véritablement utile, une carte doit être
construite suivant sa destination, et n'être pas chargée de détails
inutiles. C'est encore d'après sa destination que l'on doit déter-
miner la grandeur de son échelle, ainsi que l'étendue de pays
qu'elle doit représenter.
26. — Les cartes dressées, pour l'enseignement élémentaire
surtout, doivent être dessinées avec la plus grande clarté, et n'of-
frir que les détails nécessaires aux traités de géographie ou d'his-
toire dont elles sont destinées à faciliter l'étude ; celles qui en
renferment trop ne les présentent que d'une manière confuse,
nuisible à la rapidité des recherches et décourageante pour de
jeunes intelligences.
27. — Une carte est générale ou partielle, suivant l'étendue de
pays qu'elle représente. — Une carte générale embrasse soit le
monde entier, soit l'une de ses grandes parties, soit l'ensemble
de plusieurs autres cartes qu'elle accompagne et résume. — Une
carte partielle ne représente qu'une portion de carte générale.
28. — La multiplicité des détails que doit renfermer une carte
dépend principalement de la grandeur de son échelle. Une carte
générale ne doit donc mentionner que les choses les plus impor-
tantes : les limites des contrées, les grands cours d'eau, les lieux
essentiellement remarquables, les chaînes de montagnes considé-
rables. - Une carte partielle présente en outre: les subdivisions
territoriales, les villes de second ordre, les mers, les cours d'eau,
les montagnes secondaires et quelquefois même les collines et les
ruisseaux, ainsi que les plus humbles centres de population;
mais nous répéterons que l'abondance de ces détails est subor-
donnée au but de la carte.
CARTES SPÉCIALES.
29. - Pour éviter la confusion, comme aussi pour donner
tous les détails nécessaires, on a recours à des CARTES SPÉCIALES.
Les principales cartes spéciales sont : les cartes physiques, les
cartes politiques, les cartes administratives, les cartes historiques,
les cartes agricoles, commerciales ou industrielles, les cartes
itinéraires.
30. — Une CARTE PHYSIQUE présente la forme naturelle du
globe: les mouvements de terrain, tels que montagnes, collines,
plateaux, vallées, bassins; les grandes étendues d'eau, telles que
mers, lacs, étangs ; les cours d'eau, fleuves, rivières, ruisseaux ;
en un mot, ce qui existe naturellement et suivant le but de la
carte. Les divisions territoriales, les grands centres de popula-
tion, n'y sont indiqués qu'en très-petit nombre et parfois même
en sont entièrement bannis.
31. — Une CARTE POLITIQUE offre les divisions et sous-divisions
territoriales; la position des villes, en déterminant, à l'aide de
signes conventionnels, le rang qu'elles occupent dans la hiérarchie
gouvernementale. - Elle ne doit indiquer de géographie physique
que ce qui sert à déterminer les limites territoriales, à donner des
noms aux diverses provinces, à déterminer la position des villes.
Le tracé d'un ruisseau qui sépare deux États, d'une rivière qui
arrose une grande ville ou donne son nom à une province, est
alors bien plus important que celui d'un fleuve qui ne remplit
aucune de ces conditions.
32. — Une CARTE ADMINISTRATIVE est une variété des cartes
politiques ; elle entre dans plus de détails : elle donne les subdivi-
sions politiques, les résidences des autorités de l'administration
dont elle présente l'ensemble; en un mot, elle sert à faire con-
naître la hiérarchie administrative dans tous ses détails. — Il peut
y avoir autant de sortes de cartes administratives qu'il y a de
branches d'administration, telles que l'administration politique,
l'administration militaire, l'administration ecclésiastique, l'admi-
nistration judiciaire, etc.
33. - Une CARTE HISTORIQUE mentionne tout ce qui a trait
aux événements qui se sont passés à l'époque dont elle doit
éclairer l'histoire: les divisions territoriales d'alors, les lieux té-
moins des faits historiques, les accidents de terrain dont il est
question dans cette histoire ; quelquefois aussi l'itinéraire des
armées ou des migrations de peuples. — Il est bon d'indiquer
sur ces cartes les divisions territoriales ou les villes actuellement
remarquables, pour mieux déterminer les situations géogra-
phiques, mais de manière toutefois à n'apporter aucune confusion.
34. — Une CARTE AGRICOLE, COMMERCIALE ou INDUSTRIELLE
fait connaître : les productions naturelles de chaque région, les
diverses branches de commerce de chaque ville, les objets fabri-
qués dans les différentes localités. — Les villes n'y sont mention-
nées qu'autant qu'elles sont importantes par leur industrie, leur
commerce ou le produit de leurs campagnes. Les accidents de
terrain n'y sont représentés que s'ils influent sur le commerce,
l'agriculture ou l'industrie des localités où ils sont situés.
35. — Une CARTE ITINÉBAIRE représente le parcouri des voles
de communication, routes, chemins de fer, canaux, cours d'eau
navigables ; elle mentionne la distance exacte des différents points
entre eux. C'est surtout pour ces cartes qu'il faut proportionner
les détails à là dimension de l'échelle: si elle est petite, il faut se
borner aux routes importantes par leurs communications ou par
leur grande étendue; si elle est grande, au contraire, on peut
mentionner les routes de second ordre et même les chemins vici-
naux ; mais il faut alors, pour éviter toute confusion, représenter
chaque genre de voies de communication par des lignes spéciales.
— On n'indique sur ces cartes que les villes qui se trouvent sur
le parcours des routes, mais surtout les lieux où il y a des-em-
branchements importants. Les divisions politiques et les accidents
de terrain ne sont qu'accessoires et doivent être très-sobrement
représentés.
36. — Nous ne parlerons point ici des cartes dont il n'est pas
fait usage dans l'enseignement, telles que : les cartes marines, les
cartes hydrographiques, les cartes militaires, etc.
37. — Les cartes murales, qui prennent actuellement une si
juste place dans toutes les maisons d'éducation, ont pour but,
par leur présence incessante sous les yeux des élèves, de graver
profondément dans leur mémoire l'ensemble des études géogra-
phiques. Le premier mérite de ces cartes est donc d'être intelli-
gibles au premier coup d'œil et lisibles à une certaine distance:
aussi ne peuvent-elles présenter que peu de détails.
CERCLES GÉOGRAPHIQUES.
38. — Les CERCLES GÉOGRAPHIQUES sont des circonférences que
l'on suppose tracées à la surface de la terre et que l'on trace sur
les cartes géographiques pour déterminer l'étendue et la forme des
différentes parties de terre ou d'eau et des divisions politiques,
ainsi que les distances et les dispositions respectives des points
géographiques.
39. — Dans le dessin des cartes géographiques, il y a deux
sortes de cercles : les méridiens et les parallèles.
40. — Les MÉRIDIENS sont des cercles égaux entre eux, qui se
rencontrent tous aux deux pôles. — Sur les cartes générales , ils
sont représentés par des arcs de cercle et sur les cartes partielles
par des lignes droites qui parcourent la carte dans le sens de sa
hauteur.
41. — Les PARALLÈLES sont des cercles inégaux et parallèles
entre eux; le plus grand d'entre eux, qui se nomme équateur, a
tous ses points à égale distance des deux pôles. — L'équateur est
toujours représenté par une droite horizontale; et les autres pa-
rallèles, par des arcs de cercle qui parcourent la carte dans le sens
de sa largeur, et qui sont d'autant plus courbes que la carte
représente une plus grande étendue.
Nous reviendrons sur les cercles géographiques (N0Ï144 à 179).
(0 )
NOTIONS GÉNÉRALES DU DESSIN DES CARTES.
42. — Les différentes opérations dont se compose le dessin d'une
carte géographique s'effectuent dans l'ordre suivant :
1° du cadre;
l 2° des lignes géographiques;
T BACÉ 3° des mers, des lies, des lacs, des cours d'eau ;
1 4° des divisions politiques;
r 5° de l'emplacement des villes;
6° des écritures;
7° NETTOYAGE au caoutchouc ou à l'éponge;
8° des mers;
LAVIS 90 des montagnes;
10° des contrées. -
43. - Chacune des six premières opérations s'effectue d'abord
au crayon (esquisser), puis à l'encre de Chine (passer au trait),
avant de commencer la suivante.
ESQUISSE.
44. — ESQUISSE : Se servir d'un crayon ni trop dur ni trop
mou, taillé très-fin ; appuyer peu, et surtout éviter de mouiller la
mine, sans quoi le crayon ne s'effacerait que difficilement. —
L'esquisse d'une carte s'effectue soit par des procédés géomé-
triques, soit par des moyens pratiques. L'emploi de la première
de ces deux méthodes est incontestablementpréférableàlaseconde,
en ce qu'elle est plus instructive comme étude géométrique et
comme dessin; les difficultés qu'elle présente aux commençants,
disparaissent promptement devant l'habitude.
TRAIT.
45. — TRAIT : Employer de l'encre de Chine peu foncée pour
qu'elle ne déteigne pas au lavis, surtout pour les cours d'eau qui
doivent être apparents et pour les grandes écritures. Après le
lavis, l'on repasse de l'encre foncée sur les traits les plus impor- ,
tants et qui doivent être les plus forts.
46. — Cadre : N'esquisser d'abord et ne passer au trait que les
lignes intérieures, les autres lignes ainsi que les ornements que
l'on peut disposer entre elles ne se font que lorsque toutes les
autres opérations sont terminées. — Les cadres le plus simple-
ment ornés sont préférables en ce qu'ils demandent moins de
temps; car il ne faut pas oublier que le dessin des cartes a pour
but principal l'étude de la géographie; de plus, il arrive souvent
qu'en voulant faire un cadre trop orné, l'élève gâte une carte bien
faite jusque-là. — Dans les modèles de cadre (fig. 6 et 7 flanche 8),
les espaces alternativement gris et blancs servent à faire recon-
naître à première vue, soit le nombre de degrés ou de grades
compris entre deux lignes géographiques, soit certaines de leurs
subdivisions.
47. — Lignes géographiques : Le trait des lignes géogra-
phiques doit être très-fin et fait avec de l'encre peu foncée. Il est
inutile de les esquisser au crayon, puisqu'il suffit pour les déter-
miner dé marquer deux ou trois des points par lesquels elles
doivent passer.
48. - Mers : Ne pas trop multiplier les sinuosités, mais éviter
les lignes droites ou les angles. Pour les mains peu exercées, ne
passer au trait les contours des mers et des lies qu'après avoir lavé
les mers à l'encre de Chine, ce qui permet, en cas de débords
peu considérables, de passer au trait de manière à les faire
disparaître.
49. — Fleuves : Suivre de l'œil les contours des côtes de chaque
mer, et esquisser le cours de chaque fleuve en partant de son em-
bouchure. Passer au trait en appuyant de moins en moins sur la
plume en approchant de la source, où le trait doit être pour ainsi
dire imperceptible. Le trait doit être tremblé sans angles, et
d'une grosseur qui décroisse insensiblement et sans brusque tran-
sition. — Le trait doit être d'autant plus gros à l'embouchure
que le fleuve est plus considérable. Lorsqu'un fleuve est repré-
senté par deux traits dans une partie de son parcours*, celui de
ces deux traits qui est le plus au nord ou à l'ouest doit être un,
peu plus fort que l'autre. — On peut au besoin employer les deux
traits pour représenter la partie navigable, et un simple trait
pour celle qui ne l'est pas.
50. — Rivières ou affluents : Remonter le cours de chaque
fleuve, en les prenant successivement dans l'ordre de leur tracé;
esquisser d'abord les affluents d'une rive, à partir de leurs
confluents, puis les affluents de l'autre rive. — Passer au trait
de même que pour les fleuves, mais plus légèrement. '., ,-
51. — Divisions politiques : Indiquer ces divisions par des
lignes composées de petites croix, de petits traits ou de points,
etc., en employant toujours la même espèce de signes pour les
divisions les plus importantes. Lorsqu'une division politique suit
le cours d'un fleuve, on peut se dispenser de l'Indiquer autrement
qu'au coloris. ,'.:
52. — Villes : Employer des signes différents suivant les
différents ordres de villes, et choisir les plus apparents pour dé-
terminer les positions les plus importantes.
63. — Écritures : Indiquer les pleins des grandes capitales
noires par un double trait dont on remplit l'intervalle après le
lavis.
NmOYAGE.
54. — NETTOYAGE : Pour effacer le crayon, employer du
caoutchouc bien souple, ce qui s'obtient en l'échauffant douce-
ment, soit dans la main, soit dans la poche; éviter de le frotter
trop souvent et trop fort sur le papier qu'il rend gras et qu'il
empêche de bien prendre la couleur; comme aussi, ne plus le
passer après le coloris, son frottement éraillant les liserés ainsi
que les teintes plates qu'il rend nuageuses.
55. — Pour enlever les traits inutiles, les taches ou les
débords : Passer sur la partie à faire disparaître un pinceau
légèrement humide; frotter légèrement avec le caoutchouc; réi-
térer ces deux opérations jusqu'à disparition complète ; frotter
avec du canepin ou dolage (raclure de peau d'agneau), ou avec
l'envers d'un morceau de peau blanche bien propre ; imbiber
avec de l'eau pure et laisser parfaitement sécher avant de repasser
la plume ou le pinceau, s'il est besoin.
56. - Lorsque les teintes sont nuageuses, ou que l'encre de
Chine déteint au coloris, ou encore lorsque la couleur ne prend
pas bien, parce que le papier est gras : laver en entier et à grande
eau la feuille de papier avec une éponge bien douce, en allant
très-rapidement, d'abord dans un sens, puis dans l'autre.
57. - Lavis : Pour que le lavis soit proprement fait, et que
le papier ne soit pas froissé, il est nécessaire de coller sur
planche. Cette opération peut n'être faite qu'après le tracé entiè-
rement terminé. Les meilleures planches à dessin sont composées
de petites bandes de bois de saule ou de poirier, bien sec, larges
de 6 à 10 centimètres, épaisses de 12 à 15 millimètres, assemblées
entre elles et emboîtées aux deux extrémités dans deux petites
bandes de chêne.
58. — Lç tracé d'une carte a lieu soit dans les mêmes dimen-
sions que le modèle, soit en l'augmentant ou le diminuant;
l'esquisse s'effectue par des procédés géométriques ou par des
moyens pratiques.
59. — Nous nous occuperons :
1° de la préparation du papier;
2° de l'esquisse dans les mêmes dimensions;
8° de l'emploi des instruments et de divers tracés géomé-
triques;
4° des réductions;
50 de la division et du tracé des cercles géographiques;
6° des projections géographiques;
7° de la forme et du choix des genres d'écriture ;
8° du lavis des mers et des montagnes;
9° du lavis des divisions naturelles ou politiques.
( g )
PREPARATION DU PAPIER.
CAR lES D'UNE SEULE FEUILLE,
60. — Collage sur planche : 1° Mouiller la feuille de papier
du côté opposé au dessin, en passant une éponge très-douce à
plusieurs reprises et successivement dans les deux sens, afin de
la mouiller également partout, sauf sur les bords qui doivent
l'être moins que le reste; — 2° Attendre que le papier soit bien
imbibé pour le retourner, et appliquer le côté mouillé sur la
planche; — 3° Poser la main bien à plat sur le centre de la
feuille, et la promener de là d'abord dans la largeur, puis dans
la hauteur, puis vers chacun des angles, en appuyant légèrement
sur le papier pour le tendre uniformément; — 4° Poser une règle
plate sur la feuille en laissant dépasser de 6 à 8 millimètres l'un
de ses bords que l'on relève; passer la colle à bouche sur la partie
relevée, en maintenant la feuille avec la règle sur laquelle on
appuie de la main gauche; — 5° Rabattre le bord enduit de colle
en poussant dessus la règle sur laquelle on exerce une forte pres-
sion dans toute sa longueur; enlever la règle, la remplacer par
une bande de papier fort, sur laquelle on frotte avec l'ongle du
pouce ou un objet bien poli et arrondi, à autant de reprises qu'il
est besoin pour que l'adhérence soit complète; — 6° Coller de
même le bord parallèle au premier, puis successivement chacun
des deux autres ; agir rapidement pour ne pas laisser sécher le
papier avant qu'il ne soit collé des quatre côtés; — 7° Poser la
planche à plat pour faire sécher et tendre la feuille; ne pas la
perdre de vue afin d'être prêt à recoller les parties qui viendraient
à se décoller. — Ne pas faire sécher au soleil ou près du feu.
Cl. — Entre les séances consacrées au dessin d'une même
carte, mettre la planche dans un endroit bien sec pour qu'elle ne
se décolle pas; ne pas l'exposer au soleil ou à une température
trop élevée, ce qui ferait fendre le papier.
62. — La carte étant terminée, couper la feuille à environ un
centimètre de chaque bord, au moyen d'une règle et d'un canif,
en commençant par deux côtés parallèles.
63. — Pour éviter de coller, on peut fixer la feuille sur la
planche, en enfonçant à chacun de ses angles de petites pointes
d'acier surmontées de boutons en cuivre, que l'on nomme pu-
naises. Le bouton doit être arrondi en dessus (voir planche lre),
afin de ne pas faire trop d'obstacle aux mouvements de la règle.
CARTES EN PLUSIEURS FEUILLES.
Disposition du dessin. — 1° Diviser l'ensemble de la carte en
compartiments égaux et pouvant être dessinés chacun sur une
feuille séparée, en conservant autour du cadre de chacun une
marge blanche de 2 à 3 centimètres ; — 2° Opérer le dessin de
chaque compartiment, ne tracer son cadre qu'au crayon, et
arrêter le tracé des contours ou des cours d'eau à quelques
millimètres des côtés du cadre, afin de les raccorder avec préci-
sion lorsque la carte est assemblée. — Le lavis ne doit être ef-
fectué qu'après l'assemblage afin d'obtenir des teintes uniformes.
64. — Assemblage. — 1° Poser une règle plate sur la ligne
de cadre d'une feuille à coller sur la marge blanche d'une autre
feuille; passer légèrement la pointe du canif sur cette ligne, de
manière à ne couper le papier qu'à moitié de son épaisseur;
— 2° Replier en dessous de la feuille la marge ainsi coupée à
mi-épaisseur; prendre d'une main le bord supérieur de la feuille,
de l'autre le bord supérieur de la marge et déchirer cette marge
de manière à enlever une certaine épaisseur de papier sous le
bord de la feuille; — 3° Au cas où la partie enlevée sous la feuille
ne le serait pas uniformément, égaliser son épaisseur avec un
grattoir; — 4° Appliquer le bord de la feuille ainsi amincie sur
la marge blanche de l'autre feuille, en faisant correspondre exac-
tement les côtés des deux cadres; — 5° Poser une règle plate sur
la feuille amincie, à 6 ou 8 millimètres du bord; relever ce bord
et coller comme sur planche; — 6° Laisser sécher, puis retourner
ces deux feuilles et coller le bord de la marge blanche au dos de
l'autre feuille. Au cas où le bord du papier serait épais et inégal,
couper une partie de la marge pour la dresser, et égaliser son
épaisseur avec le grattoir.
COLLE A BOUCHE, M.
65. — Emploi de la colle à bouche : La colle à bouche colle
d'autant mieux et d'autant plus vite qu'elle s'est plus échauffée
dans la bouche et qu'elle est moins surchargée de salive. Si l'on
veut se servir d'eau, il faut qu'elle soit chaude.
66. — Composition : La colle à bouche est composée de colle
de Flandre et de sucre; pour la préparer soi-même : 1° Prendre
une certaine quantité, soit 50 grammes de colle, la plus blanche
et la plus transparente, et la mettre dans de l'eau pendant une
journée; — 2° La retirer de l'eau, la mettre dans un vase de terre
bien propre, ajouter une égale quantité de sucre blanc et mettre
le tout à fondre sur de la cendre chaude; — 3° Lorsque le tout
est bien fondu et bien mélangé, le verser dans une assiette que
l'on pose bien à plat pour laisser refroidir; — 4° Au bout d'une
heure, enlever de l'assiette et couper en bandes d'environ 3 cen-
timètres de largeur sur 10 de long. — Pour donner un goût agréa-
ble : verser dans le mélange, avant de le faire refroidir, quelques
gouttes de fleur d'oranger.
67. — Gomme arabique : On peut, au lieu de colle à bouche,
employer une dissolution très-épaisse de gomme arabique bien
blanche. Il faut un jour au moins à la gomme pour qu'elle soit
bien fondue. On l'emploie avec un pinceau que l'on passe à plu-
sieurs reprises entre les deux parties à coller, en ayant soin de
l'étendre en très-petite quantité et bien uniformément. Lorsque
l'on veut la conserver dans une petite bouteille, il est bon de la
faire fondre en la faisant bouillir, ce qui l'empêche d'aigrir trop
promptement
PAPIER.
68. — Le choix du papier est très-important pour la bonne
exécution des cartes. Le papier mécanique ou de coton doit être
rejeté parce qu'il devient plucheux lorsqu'on le frotte avec le
caoutchouc. Il faut donc prendre du papier de fil ou à la forme;
il est de deux sortes : le vergé, qui est sillonné de petites lignes,
et le vélin, qui est d'un grain uniforme. Ce dernier est préférable
à tout autre lorsqu'il est épais et bien collé.
69. — Voici les différents formats de papier les plus habituel-
lement employés :
Grand aigle., 0m07 de largeur sur 0m07 de hauteur.
Colombier 0, 85 0, 57
Jésus. 0, 69 0, 53
Grand raisin. 0, 65 0, 48
Carré ou coquille.. 0, 53 0, 42.
70. — Le grand raisin est le papier dont le format est le
plus convenable. Une feuille de grand aigle, coupée en deux,
forme deux feuilles un peu plus grandes que le grand raisin.
RÈGLES,
71. — Pour tracer les lignes à l'encre, on se sert de règles
plates en poirier bien sec; elles doivent avoir 4 à 5 centimètres de
largeur sur 2 à 3 millimètres d'épaisseur. Il faut les tenir très-
propres , ainsi que la planche à dessin ; éviter surtout les taches
d'encre ordinaire, qui déteignent sur le papier lors du collage sur
planche ou du lavis.
72. — Pour couper la feuille, lorsque le dessin est terminé, il
est bon d'avoir une règle plate spéciale, épaisse de 5 à 6 millimètres.
L'usage des règles à tracer les lignes est nuisible dans ce cas, en
ce qu'on s'expose soit à se couper, vu leur peu d'épaisseur qui
permet au canif de passer facilement par-dessus, soit à couper le
bord de la règle, ce qui la rend impropre à tout travail deman-
dant quelque régularité.
1. La colle forte liquide, préparation nouvellement inventée, nous
paraît appelée à rendre de grands services dans le collage sur planche ou
l'assemblage des diverses feuilles d'une même carte; elle colle mieux et plus
facilement que la colle à bouche ou que la gomme arabique.
( 8 )
ESQUISSE DANS LES MÊMES DIMENSIONS.
73. — L'esquisse d'une carte s'obtient soit par des procédés
géométriques, soit par des procédés pratiques.
74. — Les procédés pratiques ne sont applicables qu'aux copies
dans les mêmes dimensions que les modèles donnes. 11 y a deux
manières de procéder pratiquement : calquer ou piquer.
75. — Calquer est le moyen le plus facile, le plus expéditif et
le plus exact pour obtenir une esquisse; mais c'est en même temps
le moins instructif sous tous les rapports. Il y a deux sortes de
calque : le calque au carreau et le calque sur table.
76. — CALQUE AU CARREAU DE VITRE. Pour employer ce pro-
cédé, le modèle doit être sur une feuille volante. S'il fait partie
d'un atlas, on l'en détache en mouillant l'onglet qui le retient,
avec un pinceau et à plusieurs reprises, jusqu'à ce que, la colle
étant détrempée, on puisse enlever la carte sans déchirer l'onglet.
77. — Le modèle étant isolé, pour obtenir le calque
1° Placer une feuille blanche sur la feuille du modèle et les fixer
ensemble aux deux angles supérieurs, soit avec de la colle à
bouche, soit avec deux épingles bien fines. — La colle à bouche
est préférable aux épingles et même aux aiguilles, en ce qu'elle
ne fait pas plisser les deux feuilles, et qu'elle laisse moins de traces
si l'on décolle en mouillant avec soin. — Lorsque la carte est de
grande dimension, on colle encore le milieu de la partie supérieure ;
mais il ne faut jamais coller en bas ou sur les côtés, afin de pou-
voir soulever la copie pour regarder le modèle dans les endroits
difficiles à distinguer au travers du papier;
20 Appliquer le dos de la carte sur un carreau de fenêtre, et
esquisser toute la carte dans l'ordre indiqué pour le tracé (nO 42).
— Pour les lignes droites, il suffit d'indiquer leurs extrémités
par deux petits traits; pour les arcs de cercle, il faut en outre
tracer un autre petit trait vers leur milieu. — Vérifier souvent,
pendant le cours des opérations, si les points marqués aux angles
de la copie coïncident exactement avec les angles du modèle.
78% — CALQUE SUR TABLE. Lorsque le modèle ne peut être isolé,
ou que l'on craint de le froisser en calquant sur un carreau trop
petit, on est obligé d'avoir recours à un double tracé. Dans ce
cas, pour obtenir une copie :
10 Fixer sur le modèle une feuille de papier calque, soit avec de
la colle, soit avec des épingles ou des épingles à calquer, soit avec
de petits instruments appelés pinces à coulants. — Le papier que
l'on doit choisir pour ce genre de calque est du papier végétal,
ou du papier pelure, ou encore du papier huilé. Ce dernier, moins
convenable dans tous les cas que les deux autres, doit être pré-
paré très-longtemps à l'avance, et être bien sec pour ne pas tacher.
2° Estomper, avec de la mine-de-plomb ou de la sanguine, l'un
des côtés d'une feuille de papier mince ; placer le côté estompé sur
la feuille de papier blanc ; superposer la feuille de papier calque
sur laquelle est l'esquisse, et fixer ensemble ces trois feuilles, bien
à plat sur une table, à l'aide d'épingles à calquer. — La prépa-
ration de la feuille estompée doit se faire de manière à étendre
la mine-de-plomb ou la sanguine bien uniformément, mais en
petite quantité; il faut, avant de l'employer, passer dessus une
barbe de plume, et la secouer fortement pour faire tomber toutes les
parties de mine de plomb ou de sanguine non adhérentes au papier.
3° Repasser à l'encre, avec une plume métallique un peu dure,
et en appuyant, sur tous les traits du calque. — Cette pression
fait marquer la mine de plomb ou la sanguine sur la feuille
blanche, partout où passe la plume, et l'esquisse se trouve ainsi
décalquée. — Le calque doit être fait au crayon, afin qu'en
repassant à la plume, lors du décalque, il soit facile de distinguer
les traits repassés de ceux qui ne le sont pas, pour éviter les omis-
sions ou les doubles tracés. — Une feuille estompée peut servir plu-
sieurs fois; il suffit à chaque fois de repasser dessus et en tout sens
l'extrémité du doigt, pour égaliser la mine ou la sanguine, et en
remettre là où il n'y en a plus par suite du décalque précédent.
79. — Si le modèle est une feuille volante, on peut éviter
le calque sur papier calque, en fixant le modèle sur la feuille
estompée placée sur la feuille blanche, et en repassant sur tous les
traits avec une pointe d'ivoire au lieu de plume, comme dans
l'opération précédente. — Une pointe d'ivoire est préférable à
une pointe de bois ou d'acier, parce qu'elle peut avoir la finesse
nécessaire sans pour cela écorcher le papier.
80. — PIQUER. Ce procédé est principalement utile lorsque l'on
veut effectuer promptement plusieurs copies d'une même carte.
Il est utile surtout pour la copie des cartes qui renferment beau-
coup de lignes droites, telles que les cartes itinéraires.
Io Placer les unes sur les autres, sur une table de bois bien unie,
autant de feuilles que l'on veut avoir de copies; superposer le
modèle et maintenir le tout ensemble, soit en fixant des épingles
à calquer aux angles, soit en les chargeant avec des plombs ;
2° Avec une aiguille qui se trouve ordinairement fixée au
manche du tireligne, piquer les points nécessaires pour déter-
miner le tracé du cadre et des lignes géographiques, ainsi que les
emplacements de villes, les sources, les embouchures ou les con-
fluents de cours d'eau.
81. — Cette méthode laisse beaucoup plus à faire que le calque,
et de plus elle a pour inconvénient de faire un grand nombre de
piqûres au modèle ainsi qu'à la copie,
PROCÉDÉS GÉOMÉTRIQUES.
82. — L'esquisse géométrique demande une certaine habitude,
mais elle est de beaucoup préférable comme étude géographique
et comme étude de dessin aux procédés pratiques. Elle permet,
en outre, de conserver ou de changer, suivant le besoin, les
dimensions du modèle à reproduire.
83. — Pour le tracé géométrique dans les mêmes dimensions :
1° Tracer le cadre en lui donnant exactement les dimensions
de celui du modèle (voir le tracé du cadre, n" 95 et 96) ;
2° Placer le long d'un côté du cadre du modèle une bande de
papier bien droite, ce qui s'obtient en la pliant en deux dans
toute sa longueur; marquer dessus, avec un crayon, les points
extrêmes des lignes géographiques, ainsi que les extrémités de
ce côté du cadre ; reporter cette bande de papier le long du côté
correspondant du cadre de la copie, en faisant coïncider les extré-
mités du côté du modèle avec celles du côté de la copie ; reporter
au crayon, sur le côté de la copie, les points extrêmes des lignes
géographiques marqués sur la bande de papier.
3° Opérer de même pour chacun des autres côtés du cadre,
puis tracer la ligne géographique le plus au milieu de la carte
dans le sens de la hauteur; placer la bande de papier le long de
cette ligne sur le modèle; prendre les intersections des parallèles
avec cette ligne et les reporter sur la ligne de la copie.
Ces trois premières opérations peuvent s'effectuer au compas.
40 Tracer les lignes géographiques (voir n° 93).
60 Prendre au compas sur le modèle les intersections des divers
tracés de contours avec les cercles géographiques et les reporter
sur la copie.
6° Prendre au compas la position des villes (voir n° 97).