Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Cri de détresse d'un père

14 pages
tous les libraires (Paris). 1828. 15 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

(Cxt
Hic Détreeer brUn Perir.
Parvuli petierunt panem, nec erat
qui frangeret illis. JEREM.
Jpri* : 50 Centime.
titkS fcs ieraires.
Ier AOUT 1828.
A MON ÉDITEUR.
Vous voulez que j'espère. La reconnaissance peut encore
pénétrer mon âme, mais l'espérance que les plus grands revers
ne peuvent chasser du cœur de l'homme, qui le soutient même
au milieu des ruines, qui l'accompagne à la tombe, pour lui en
voiler tout ce qu'elle a d'horrible , cette aimable bienfaitrice
me refuse même ses douces illusions.
Vous publiez les faibles chants de mon infortune : peut-être
que les généreux échos de la France , toujours empressés à
crier au secours, vont faire retentir au sein de ma patrie les
douloureux accens de mon désespoir. De quel droit révéler ma
honte ? De quel droit m'exposer au dédain de l'égoïsme ? N'ai-
je pas assez à souffrir? De quel droit, enfin , affliger par l'es-
quisse de mes malheurs , les âmes bonnes et compatissantes.
Qu'espérez-vous ?. Ne voyez-vous pas que l'Océan politi-
que soulève de toute part ses flots tumultueux , et que leur
voix puissante couvrira les cris de l'obscur naufragé , qui lutte
contre les vagues homicides.
J'inspirerai quelqu'intérêt, dites-vous. Des grands hommes,
des génies, frappés du honteux fléau qui m'accable, sont morts
victimes de l'indifférence publique. Jugez si l'espoir le plus
léger peut faire battre le cœur de ma jeune famille.
Je n'offre aucun attrait à l'ostentation : les arts , les lettres,
les sciences , ne me connaissent pas ; non , pas un droit, pas
un titre , pas même un prétexte.
Il est vrai qu'en m'acheminant, sans m'en apercevoir ,
( IV )
vers ma ruine , je méditais le bonheur de mes semblables ;
mais ces méditations ne sont que des rêves.
Si , par impossible , cette publicité devient un principe de
salut, placé dans une cruelle alternative , j'aurai préféré la
honte à la mort. 0 ma fille ! je te devais ce sacrifice ! puisse-
t-il t'être profitable ! Fuyez de mon cœur , noirs pressenti-
mens , ne m'empêchez pas de bénir la main qui dévoile mes
malheurs : peut-être, sans elle, dans le délire de mon effroi ,
aurais-je traîné des pas mendians vers le seuil de l'opulence.
Mais arrivé là , aurais-je eu le courage de. Sort barbare 1
De quelle source faire jaillir un faible rayon d'espérance ?
Les chagrins, les larmes, la douleur , le désespoir , s'achètent-
ils ? Il faut donc qu'il se trouve des âmes assez fortes pour
joindre au sentiment de leurs peines domestiques, celui de
peines étrangères. Quelle heureuse spéculation ! comme elle
sympathise avec cette répugnance invincible du cœur humain
pour toute sensation pénible , avec les efforts même involon-
taires qu'il fait pour repousser loin de lui les objets qui l'affli-
gent , avec ses désirs toujours renaissans de bonheur, avec sa
soif ardente de jouissance.
Le soldat qui, pressé de tout côté , par des ennemis nom-
breux , se jette à travers , pour ne point mourir sans se dé-
battre , et qui, tout-à-coup , se voit hors de danger , que
fera-t-il? Il rendra grâces au ciel, qui seul a pu le sauver.
DE DETRESSE D'UN PERE.
DE trop cruels malheurs trop constante victime, -
Un horizon sinistre environne mes jours ;
Et, pour les doux objets de mes dignes amours,
Je ne vois qu'un abîme.
Qu'importe au monde entier mes obscures douleurs?
Que lui font les dangers de ma fille et sa mère ? - -
Que je recueille au moins à leurs jeunes malheurs
- Une plainte légère ! - - ,
( 6 )
Trop long-temps j'ai voilé la honte de mon sort -
L'effroi seul me fait rompre un criminel silence :
Oui, j'appelle à grands cris la noble bienfaisance
Pour éloigner la mort.
Ce cri de ma détresse est un long cri d'alarmes :
Je vois de mon épouse évanouir les charmes,
Et de ma jeune enfant l'angélique berceau
Tout près de son tombeau.
De revers désastreux un injuste assemblage
A fait de notre asile un aride désert ;
Et, dans son sein hideux, a doté le jeune âge
De cent maux en concert.
La douleur à feux lents consume ma famille :
Mes maux trop prolongés vont combler ses malheurs ;
Déjà ma jeune épouse, au soutien de sa fille,
Hélas ! n'a que des pleurs.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin