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Cuisery / [signé C. H.]

De
10 pages
impr. de Sardet-Montalan (Chalon). 1868. 10 p. ; in-8.
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J.
PFJWT-
Quelle esylà-bas, non loin d'un moderne château,
Cette>me étagée aux flancs d'un vert coteau?
A son point culminant, dans la nue embrasée,
Sa vieille église lance une flèche ardoisée ;
Une tour, — souvenir des âges écoulés, —
Dresse ses vastes murs en partie écroulés ;
Près du champ du repos, granitiques momies,
Vous faites sentinelle aux races endormies.
Au couchant de l'église un grand fief restauré
Abrite une Beauté, de tous ange adoré.
Splendide Enfant du Nord, reine des châtelaines,
Je suis un barde ami, vassal en vos domaines.
Aux emblêmes brillants d'un écu mérité,
Nobles gens, ajoutez ceux de la Charité :
Pauvre, tu les bénis, et je sais que tu donnes
Les plus riches fleurons des terrestres couronnes,
En attendant que Dieu choisissant ses élus,
Leur sculpte des blasons qui ne tomberont plus !
©
2
Au-dessous de la tour des clos pleins de verdure
Enserrent la cité d'une verte ceinture;
Jardins délicieux où j'allais au printemps,
Cueillir en maraudeur, les vers de mes vingt ans.
Dans ces bosquets ombreux, sous le buis et le lierrè,
On trouve les remparts de la ville guerrière ;
Riche butin, vingt fois pris, repris, saccagé :
Savoyard, Bourguignon, calviniste enragé
Lui firent tour à tour subir les catastrophes
Des postes avancés, des cités limitrophes.
Naguère les boulets des deux invasions
Ont encore meurtri le front des bastions.
En déclinant à l'est, et d'étage en étage,
La ville vient finir vers une verte plage.
Dans l'azur des flots bleus, la coquette aux pieds nus
Se mire gracieuse, en fille de Vénus.
Ce n'est pas un ruisseau jouant dans la prairie,
Ce n'est pas un grand fleuve aux ondes en furie,
Non, c'est une rivière aux contours gracieux,
C'est la Seille paisible aux cours silencieux,
Elle s'en va tranquille et sa rive odorante
Rappelle au voyageur les plages de Sorente.
La multiple industrie a conquis tous ses bords ;
Partout c'est le travail et ses rudes efforts,
Les fours à chaux, à brique, et la turbine active
Jétant son sourd murmure à l'une et l'autre rive.
Quelle est vers le moulin, tournée à l'Orient,
Cette blanche maison à l'aspect souriant ?
3
Des parents, des amis en feront leur demeure,
0 Montponnais, pour moi, douce sera cette heure.
Au midi de la ville, au sommet d'un plateau,
Admirons à loisir un superbe château.
Ses tours, ses clochetons, sa sculpture murale
Rappellent les castels de l'ère féodale.
Le maître de céans dirigea les travaux.
Seigneur du Petit-Pont, comte de Montrevaux,
Vos ancêtres étaient aux premières croisades,
Vous êtes digne d'eux : mêlez sur vos façades
Les palmes de Crimée aux lauriers du passé.
L'étoile de l'honneur vous a récompensé.
Puis, changeant de carrière, aux modernes idées
Vous vous êtes voué. Vers le progrès guidées,
Vous poussez à grands pas nos populations
Qui vous ont entouré de leurs affections.
Dirai-je vos bontés, dirai-je vos largesses,
Votre cœur d'or ouvert à toutes les détresses?
Non, vous êtes modeste, et je dois respecter
Des actes que mes vers ici voudraient chanter.
Nobles époux, ma muse en gardant le silence
Vous prédit cependant la juste récompense.
Mais, quels sont ces accords venus de la cité ?
Ce sont les mille bruits d'une franche gaîté.
Douce est la vie à tous, dans cette ville en fête,
Pour un bonheur sans fin elle me semble faite.
Aux jours des grands dangers les basses passions
Ne tendent pas la main aux révolutions.