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De l'Action des alcalins dans le traitement des calculs biliaires et vésicaux, à l'occasion d'une communication récente de M. le Dr Durand-Fardel sur le même sujet, par M. le Dr Mialhe,...

De
13 pages
impr. de E. Martinet (Paris). 1867. In-8° , 12 p..
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DE
L'ACTION DES ALCALINS
DANS LE TRAITEMENT
DES CALCULS BILIAIRES ET VÉSICAUX
A L'OCCASION
D'UNE COMMUNICATION RÉCENTE DE M. LE DOCTEUR DURAND-FARDEL
SUR LE MÊME SUJET
« L'histoire de la médecine est le commentaire '
des erreurs provenant d'observations ou de résultats
accomplis avec une idée préconçue. »
(GOLDIKe BIRD.)
PAR
M. le docteur MI AL HE
Professeur agrégé à la Faculté de médecine,
Président de la Société d'hydrologie médicale de Paris, etc.
PARIS
IMPRIMERIE DE E. MARTINET
RUE MIGNON, 2,.
1867
DE
L'ACTION DES ALCALINS
DANS LE TRAITEMENT
DES CALCULS BILIAIRES ET VÉSICAUX
A L'OCCASION
D'UNE COMMUNICATION RÉCENTE DE M. LE DOCTEUR DURAND -*FARDEL
y^Tfîl 1. V 7X. SUR LE MÊME SUJET ! . •» •> l
« L'histoire de la médecine esV-Je-e«mm«Btaiiuî—
des erreurs provenant d'observations ou de résultats
accomplis avec une idée préconçue. »
(GOLDING BlRD.)
M. le docteur MIALHE
Professeur agrégé à Faculté de médecine,
Président de la Société d'hydrologie médicale de Paris, etc.
La dissolution des calculs biliaires et vésicaux, par
l'administration de médicaments spéciaux de nature al-
caline, les lithontriptiques, est une illusion thérapeutique
que nous avons partagée bien longtemps : une étude
approfondie des phénomènes physiques, chimiques et phy-
siologiques qui ont lieu dans l'économie animale, pen-
dant l'administration de l'eau de Vichy, nous a conduit
à modifier nos convictions à ce sujet ; nous croyons main-
tenant, avec M. Durand-Fardel et Goldihg Bird, que les
recherches de chimie physiologique doivent avoir pour but
de faire connaître à la médecine des agents propres à em-
pêcher la formation de dépôts morbides, plutôt que de
2
trouver le moyen d'opérer leur dissolution dans les cavités
organiques qui les recèlent.
M. Durand-Fardel ne pense pas que les alcalins, et en
particulier les principes alcalins contenus dans l'eau de
Vichy, pénètrent dans la vésicule biliaire et dans la vessie,
en proportion assez considérable pour agir efficacement
sur les concrétions calculeuses à titre de dissolvant ; nos
recherches confirment cette manière de voir; par des-
essais alcalimétriques souvent répétés, nous nous sommes
assuré que l'urine excrétée pendant l'administration des
eaux de Vichy à dose thérapeutique contient, en général,
plus de moitié moins de bicarbonate alcalin que l'eau mi-
nérale elle-même. Est-il présumable qu'un liquide aussi
faiblement alcalisé puisse opérer la dissolution des calculs?
On a avancé, il est vrai, que les urines des buveurs d'eau
de Vichy ne renfermaient pas de bicarbonates, qu'elles
ne contenaient que des carbonates neutres, c'est-à-dire
des sels beaucoup plus alcalins, et par conséquent plus
propres à attaquer ce genre de concrétions; mais c'est là
une assertion dénuée de fondement : les urines alcalisées-
pendant l'administration de l'eau de Vichy offrent des
caractères chimiques en tout semblables à ceux que pré-
sente un mélange d'urine normale additionnée d'un quart
environ d'eau de Vichy; dans ces deux sortes d'urines, les
phosphates insolubles de chaux et de magnésie sont tenus
en dissolution à l'aide d'un excès d'acide carbonique :
aussi, lorsqu'on les soumet à Tébullition, elles se troublent
immédiatement, parce que la chaleur chasse l'excès d'acide
carbonique qui tenait la chaux et la magnésie en dissolu-
tion et balançait l'affinité de l'acide phosphorique pour
ces deux bases terreuses.
Bien plus, l'urine rendue alcaline pendant l'ingestion
dans l'économie des carbonates neutres de potasse et de
— 3 —
soude, contient aussi des bicarbonates, et cela parce que
l'acide carbonique, produit incessant de la combustion
physiologique du carbone, qui est en dissolution dans le
sang, opère cette transformation chimique (1).
Aucun fait acquis à la science n'autorise donc à pouvoir
compter sur la dissolution des calculs pendant l'adminis-
tration des préparations alcalines, même pour les calculs
qui sont le plus accessibles à l'action dissolvante des alca-
lis ; à plus forte raison ne faut-il pas compter sur la disso-
lution des calculs constitués par des substances sur les-
quelles les bicarbonates alcalins sont sans action, telle est
la chplestérine.
Toutefois, s'il nous paraît démontré que les eaux de
Vichy ne sauraient avoir, sur les calculs en général., une
action dissolvante proprement dite, on ne peut pourtant
nier que ces eaux ne soient aptes à opérer sur certains cal-
culs uriques, de formation récente, un commencement de
dissolution, ou tout au moins de ramollissement et qu'elles
ne puissent même, en dissolvant le mucus qui d'ordinaire
(1) Quelques personnes pensent que nous avons eu tort d'avancer
que l'acide carbonique est l'agent indispensable des phénomènes'dé
dissolution et de circulation des éléments calcaires'et magnésiens dans
les liquides animaux ; la remarque suivante, que nous empruntons à
l'un des savants qui ont le plus contribué aux progrès de la chimie
physiologique, le professeur Lehmann, prouve que ce reproche est loin
d'être fondé :
« Le plus faible de tous les acides, dit-il, l'acide carbonique, est ap-
pelé, dans certaines circonstances, à remplir ie même but que l'un des
acides les plus énergiques, l'acide pliosphorique. Le phosphate de soude,
de son côté, tantôt fonctionne comme base puissante, tantôt avec le
courant d'acide carbunique, joue lui-même le rôle d'un acide. 11 faut
admirer combien est petite la force que dépense la nature pour faire
servir des principes si peu nombreux aux fins si variées qu'elle veut
atteindre. » (Lehmann, Précis de chimie physiologique animale, p. 303
et Û01.)