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De l'éducation publique (Reprod.)

62 pages
1790. Éducation -- France -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche acétate de 49 images, diazoïque ; 105 * 148 mm.
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Mû*
.DE
L'ÉDUCATION
PUBLIQUES
• Cic. Lih,
Au mois d'Août i7cio^
( 1 )
A-
D E
L'ÉDUCATION
PUBLIQUE.
Niccffiic ctune Education Publique.
SI LES PREMIERES IMPRESSIONS
éprouve, inclinent tellement fon que rien fouvea
ne peut altérer & encore moins détruire les habitudes
qu'il contracte en conléquence la Société verroit-clle
avec indifférence refpece d* afleôions qui frappent rea-
fance ? Lorsque, en guidant elle-même les, idées & les
fen&tions qui, dans le premier infant de notre exif-
tente, Ce (aifiuent de notre étre, elle a un moyen sûr
d'accoutumer Ses membresàunemime manière de voir,
déjuger, de Sentir, conforme à Ces intérêts; &, par
confisquent de faire maître en eux ce Sentiment vif
& généreux qu'on nomme PatriotHme plus fort que
tous les obâades parce quel pointe tous les efprits
& toutes les volontés vers un but commun, le bien
général ;ibunnra-t-elle que l'arbitraire s'en empare,
afin qu'il ne regae dans fon fein ni ordre ni. Har-
Ce moyen eft inévitablement tout entier dans
l'Education Publique qui en agiflânt fur tous le|*
1 )
individus «Tune Nation, fait q j'ils prennent une teinte
uniforme, Telon que Ls principes qui la meuvent, !ont
conftans ou variable'. Mais, pour cela, quelle s'affure
des perfonnes entre les mains ticfquelles elle remettra
le loin important d'élever fes enfans; qu'elle veille
son-feulement à cc que l'arbitraire ne le mêle pas à la
mWiere de les inftruire mais encore qu'elle préf-
crive un ordre de matières, qu'il ne (bit permis aux
Mitres, ni ni de changer; enfin., qu'elle
environne fes Écoles Publiques d'une forte barrière,
qu'il ne foit pas poifible de franchir à quiconque ne
fauroit, fans péril pour la Patrie, fe livrer aux travaux
de Mprit.
TOUTE Éducation'Pubiique ,doit être Nationale
^eft-à-dirc appropriée aux befoins & au génie des
Teuples appelles à en recueillir les fruits. LA FRANCF,
vaifon de la fertilité de ion fol a plus de denrées
"que fa population quoiquMmmenfe, ne peut en con-
sommer. Son intérêt demande donc que ion Education
favorifele commerce fans négliger te produit de Ces
champs à raifon de la multitude de fes Habitans;
elle en a beaucour' plus qu'elle ne fauroit en appliquer
â l'Agriculture & au Commerce elle doit donc aider
le développement de îïnduftrïe; 'c'eft-à-dire, encou-
rager la -culture des Arts & 'des Lettres.
'-Quel que foit'le mode fur lequel on ordonne PËdu-"
cation Publique, il faut qu'à la qualité de Nationale,
elle joigne les conditions d'unité d*uni£bnnité9 & de
lie,
o>
POUR QUE L'ÉDUCATION soit une il efl nécef&ire
que la inafle d'intrusions que les Maîtres enfeignert
a-leurs Élevés bit la même par-tout çe qui fuppofe*
que la Nation Va déterminée & qu'elle en ûiweillfl
rexecunon. Les Éducations Particulières qur n'ont
pour témoins que les perfonnes compo&nt une fa-
mille; les penfons privées, qui Ce fouftraient aux,
regards du Public, contredifent cette furveillance*^
L'ÉDUCATION NE SERA uniforme, qu'autant, quit.
n'y aura qu'une feulé méthode fuivie dans toute
retendue du Royaume ce n'eft que de cette luanierë
que réfprit.dè tous les Enfans de la Patrie peut
également,. & en même. temps, êtrçfhppé des mémei
vérités, .des mêmes maximes & des mêmes
& qu'il prendra dans tous les individus une tendance
vers .un centre commun..
L'uniformité, peut-elle exifter dans renfeign^ment;
iaafï une feule force, continuellement en ailion, q^
dirige tous les inûrumens employés à l'Éducation
L'Education Publique doit lire générale;
51 LA Nation établit ttnc Éducation Publique, il,
faut qu'elle la mette à portée de tous. L'ÉducatJom
doit donc être non-feulement la même j>ar->tqufi> 6q
quant à Ia matière, & quant au mode.;t-.mais encore,,
cHe doit être répandue partout..
Les CoHégesàPrivUéges
(4)
ce bien, que «ont Citoyen el en droit -de trouver due
la fréquentation des Écoles, auprès desquelles Ia. Pro-
vidence l'a fait nattée. Quand bien même il feroit vrai
que l'on ne fcuroit ¡muer, ailleurs que dans les Unie
vcrûtés les coimoinances néceûaires pour bien rem.
plir une Profeffion de Science les Univerfités font
donc un mal potitique » en ce quelles ifolent l'Édu-
cation a prérogatives. tndifpenfeble dans l'ordre aâuel
des choies pour embrafler i\stat de Prêtre d'Avocat
& de Médecin
Dans quel fins F Education Publique
doit elle étre générale ?
Ne pouvant» ni ne devant trop multiplier les Col-
lèges, parce que l'entretien en feroit trop difpendieux,
& quef rémulation dans la plupart, ieroit uns effet
faute d'un nombre fuffifant d'Écoliers, la Nation, pour
tendre générale l'Éducation Publique doit fournir
des fecours à ceux des enfans qui » nés loin des
Maifous d'Éducation, {croient. par défaut de fortune
forcds de renoncer aux, avantages d'un esprit cultivé.
Tout ficrifice emporte avec foi ridée d'un- intérêt,
eu gom celui qui le reçoit ou pour celui qui le Eut.
Ici » Pun ne ûuroit ejdfter fans l'autre; parce que tout
bien individuel qui ne Te rapporte point au bien géncV
rai, cfl un mal dans Tordre de la Société. La Nation,
en (fifpenfint indiftinâenient aux Jeunes Geas des
fecours, tendants à les mettre a même de profiter dit
bien&t de- agttoit par conséquent en
aveugle 1 fi eue rfavott la certitude d'être payé demies
frais par leurs fuccès: ce qui indique qu'elle ne doit
get fccou» «tfi cettr qui sont nés avec dès tffpoû-
lions heurenfis pour les Sciences le» lettres &
Jes Ara.
Ce tfeft qu'à l'épreuve qu'on diffingue les ralcns.
Avant de &ire participer à Ces grâces les Jeunes Gens,
eUe travaillera donc A s'attirer sTl eft utile qu'elles
tombent fur tel individu, ou qu'il en fait exclu.
De ceux qui doivent avoir part
Publique.
EN soumettant après un temps donné d'étude
tous les Enâns à un examen de capacité, la Nation
pourra indubitablement, & ans crainte de méprife.pro-
noncer <ur ceux dont elle doit fevorher les études, &
fur ceux qu'eUe doit en détourner. La liberté que
l1 Assemblé Nationale vient de conquérir pour tout
Citoyenne permet pas de Penfer que finfiitutionde cet
examen puUTe ,en aucune maniere^géner les parens fin-
le choix des moyens qu'ils croiront propres à rendre
leurs enâns utiles à la Patrie, lorsqu'ils trouveront
dans leur fortune des richefles, capables de leur aire
iuivre le cours entier de PÉducation Publique. n'ne
peut, par conséquent, leur être interdit de feim
étudier leurs etuans, quelque privée de talens quili
Ment, pourvu toutefois que leur fréquentation aux
Écoles, ne nuîfe point aux progrès des autres. Cet
examen ne regardera donc que ceux qui réclameront
des recours pécuniaires pour rentier achèvement de
leurs Études.
.Deux efpeces d'Education Publique.
à ceux qui peuventsy livrer a/ec fiiccès on ûa*
(<>
fuccè*, dfvife les Enfans de la Patrie «rdetr\ Gaffés r
en ceux que l'intérêt de la Nation appelle à la culture.
des Lettres & en ceux que la fortune de ejneert
avec les talcns, en tient éloignés. Il faut donc deux
efpeces cTEducatioir: celle des gens ailés, &' celle 'det
indigens ceux-c:, étant de deux Canes, raifon du
lieu qu'ils habitent la Ville &, Ia Campagne & du
genre drroiluftrie qu'ils font obliges de faire 1 les.
Arts & l'Agriculture ih faut auffi pour, eux deux
efpeces-d'Education ,.telies cependant qu'dles.puul«nt
leur Servir d'acheminement à rÉducationperfeàionnée^
fuppofé que leurs talens tes y conduifent & qu'elies.
les difpofcnt une Profeffion d'Artiôe, ou à la culture:
des Champs s'ils fdnt forcés de fe vouer à un dd
ces états».
De Gens
UN homme fera un. excellent. Cultivateur, lorfqnU
{aura juger .avec certitude de, li valeur ^,de la nature
de la différence des terres i^qù'U connoierdja,
njeilleure manière de Ies^iUtiver^de les enferaencer^r
V? ne guipera point fur la qualité. la variété
remploi des engrais >ofuc. la. tonte & la taille des»,
moyeas dç hâter ou de. retarder la\
les foins, pronVes i fécondez les trou-
à. obtenir, des vaches. lait &
des & Scellent,
fromage; fur les maladies auxquelles peuvent être.
fujets lea^piinaux en tout .genre qui font Ia"richeffe*
ces* efpecesr de -maladies adonnez-lui encore la » con-
( Il )
de la vie apprenez-lui la Géométrie pratique;
pour que au bcfoin il nivelle fes terrcs aligne fes
filions, donne à fes eaux, le cours convcnaUe, afin
quelles ne foient point Gagnâmes, & qu'enfin il cir-
confcrive fes pognons, pour les mettre hors des
entreprises de Ces voifins; faites qu'aucune des plantes
auxquelles la Providence a attaché de fi précieufes
vertus ne croire, à (on infçu fous fa pas & vous
Feinpêcherez fouvent d'aller chez le devin chercher
des remèdes à fes maux ou à ceux de fes btftumx Il
en les lui montrant fous fa mains ̃ Enfin ne lui. biffez
ignorer aucune partie de l'économie ruûique la jurif.
prudence habituelle, Tordre des tribunaux les pre-
mières formes à obferver pour obtenir juftice; &.
tranquille auprès de fes foyers, il fera heureux de
n'avoir à redouter aucun des maux de l'ignorance^
Je n'ai pas befoins de dire qu'avant de donner toutes
ces connoiûances aux Enfans de la Campagne il
faut leur apprendre à lire & à écrire; car, qufeft-ce
qu'un homme privé du talent de transmettre fe$.
penses par l'écriture, & de Ce Tendre propres celles
d*autrui par la leâure ?
De F Éducation des
"L'homme vivant dans le feln des Villes du
produit de. Con induftrie., n'a aucun befoin. des'connoiA.
£uices néceflaires à rHabitant des Campagnes. de
celles dis-je qui peuvent lui être utiles à tirer
parti des terres & des fceffiaux. Mzis en vainvil:
cherchera à cultiver les Arts avec fuccès sïl ne
tell auparavant exercé à manier la plume & le crayon j*
Aï aes'eft accoutumé à eavifager* les gradations ^e*!
nombre» à mefurer les grandeurs i effimer la
rapports des chofes avec nos befbins réels ou hGàces.
Ainfi;, outre la Mure, récriture & les diffirentes
branches de l'économie domeftique on lui enfègnera
le deûeui on lui apprendra dans un certain détail,
T. Arithmétique on étendra (es connoinances Marné*
foie$, juTqii'à l'application des courbes aux arts
cnfin on lui donnera quelques 'principes du Com-
merce, &uf à cdui qui fe deûinera à cette utile
profeffion de les approfondir.
Etudes communes aux Gens de la
Campagne 6 aux Haiitans des filles.
Mais le Citoyen que nous laUTons qnaché à U
charrue & celui que nous n'arrachons point à l'atelier
qui ra vu mitre feront-Us réduits. à fe regardee
comme étrangers à la Patrie ? QueUe qu'en ait été
la gloire cu la honte rignoreront-ils
Quoique Ies-enâns, d'ordinaire, mettent leur am-
bition à ne pas s'écarter des tracer de leurs noble*
Ancêtres eux feuls feroient-ils forcés de s'abandonner
à rincertitude fur les évéaemens antérieurs à l'état
aâuel des choies uns que perfonne leur monture la
voie des fuccàs dans laquelle a honorablement marché
le Peuple dont ils font partie ? Bien loin que je croie
devoir dérober aux regards du Peuple foit Agricole,,
knt Artd-an fHifioire de fon Pays je penCe, au
contraire, que Je moyenleplus propres de nméreûer
k la prospérité de rÉtat eft de lui apprendre par
quelles révolutions il a pafle pour arriver au poiat
où il fe trouve de même qu'immanquablement on.
lui fera bénir les. efforts de ceux qui
(9)
B
fouation actuelle de l'Empire en présentant a fort
esprit le tableau de tous les excès commis dans le
tems du defpodme ministériel & dont la bonté du
cœur Paternel de notre Roi n'a pas pu garantir ces
malheureux Sujets.
L'Étude de THiftoire de France fera donc partie
de l'Éducation des Gens de la Campagne & dea
Habitans des Villes voués* à des travaux pénibles
mais fi ron veut que cetté Étude leur foit pronV
table, que le Livre d'Hiftoire qu'on leur mettra
entre les mains, ne foit ni trop long ni trop court
trop court, il ne leur apprendroit rien; trop long*
il finirait par les rebuter. Que les faits y [oient en-
core racontes avec fimplicité & fans métaphores,
parce que les idées métaphyfiques ne fauroient faire
aucuae impreffion fur l'écrit d'hommes qui ne font
point accoutumés aux façons de parler obliques
enfin qu'on n' y laide pénétrer aucunes de ces plat-
lanteries fi fréquentes dans nos Écrits qui femWent
attaquer.la Religion. Car le Peuple les prenant
Couvent. aú pied de la lettre pourrroit fe Êire à
ridée de ne point avoir de Religion ce qui eu le
plus grand mal dontpuiffe être atteint un Empire.
De F Education perfectionnée..
LA SECONDE espèce d'éducation que la France
doit à fes Peuples r a pour but l'entier développement
des acuités 'de Tefprit, & la direâion ^u bien des
qualités du cœur. Ceux-là Ceuls doivent y avoir
Part qui, nés avec des difpofitions heureufes pour
les. Sciences promettent à la 'Nation de la dédom-
( 10 1
•wager de tous les frais qu'elle fera pour la leur
procurer.
Que ceux qui gémiflent des abus fous lefquels
fdnt enchaînés dans rendement aûuel les progrès
des Ecoliers rendent, au gré de leur caprice. les
anches des connoiflances claffiqi:es; qu'ils multi-
plient les. matières de-kurs travaux; que, fans autre
guide que IVfpoir d'éblouir, ils amalgament les Arts
aux Sciences, comme s`ils pouvoient oui lier que les
Eludes auxquelles *1 convient d' tfujetrir les Enfans
me doivent fe prepofer tjuc d'en faire de hors Ci-
toyens Un Plan d'Education Nationale n'admer au-
<unc des connoiilinces,qui .ne font .que d'agrément.
il fera tems que Je jeune homme les acquierre Iorf-
"pTil fera hors 4u Collège .néceffité & utilité /voUà
les dcux bornes qu'il ae lui en pas permis de déwfTer
fans dégénérer de fes hautes devinées. DaiUeurs
q.u-.4 eft le point auquel doit tendre l'Education Pu-
Wtquci.A préparer les enfons à devenir favans', Se
mon à ;les rendre' tels. Lorfqu'un homme fait peut
•peine le ûifir de toutes- Jes connoiflànces d'uBe.feule
Science. on Ment
iia-&is excdlens littérateurs, -profonds Métaphyfi-
-ciens, rigides Détens, exaâs Cslculateurs
JVÎithematiciens accomplis, ^vans Hiftoriens en un
-»ot, irudits en .tous Jes .genres.
.En effet que faut- il apprendre -aux enfensr Ce
^uals.doiv«nt faire lorfquMs feront hommes, répond
Anflipe^. La jeuneffe île l'homme qu'eft- eîe >
Sinon PapprenHflage de Citoyen.. Si, pour exercer, ik
f t) OhZèzc de Uërce Vie ^Ari%e Uy. U$ Ckap^
( M )
Art iffcut lorsque les organes font encore foibles^
en prendre les premières leçons; il faut de même» avant
de jouer un rôle dans la Société, s'être formé. aux
devoirs que cette même Société impofe il eu certair
nement des devoirs communs à tous les individus
d'une même famiIle il en cft donc auffi de communs
tous les Membres d'une même Nation. Car, une
Nation n'eft qu'une.grande Famille, chez laquelle (ont
confondus le titre de Chef & celui.de Pere. Ocft donc
Teiifemble de tous ces devoirs, que l'Education doit
envi&ger d'abord; &, fi elle s'.étend fur d'autres objets
que ce ne foit que comme accefloire. Or peut-on dire
que la Science foit d'obligation pour tous les Citoyens?1
Quoiqu'elle contribue à relever l'éclat de: liiomme-
qui la cultive &• par contre coup dû Peuple, dent
cet homme ait partie, elle ne peut & ne doit jamais ète-
le partage que du petit nombre; & cela parce qi/ùne-
5o:iété a plus befoin- de bras en aâi vite,
en exercice. Quelle République, quel empire que-
celui où tous les individus, au lieu d'une houe &
d'une bêche, n'auroient en main, que la plume ouïe-
compas? Un afiêmblage. d'hommes peut .vivre heu.-
reux ians fcience mais il ne le fauroit iâns travail.
fans la pratique des vertus-, & fans Ja conhoiiïance
de tous les principes qui forment les mœurs. &. des
individus & des Sociétés.
Vous v qui êtes%, chargés de Pàugufie: fooâion de
v former les hommes, voilà- le fublimé emploi que la
Patrie vous confié! Voilà la feule 'route qu'il vous
eft permis de iuivre -pour atteindre au\but que. vous.
̃wuspropofez: dans vpsTwvaux JCeû irendreineil-
(
leurs vos Eleves que vous devez vifer. Cefi de
les diriger par le !entier du vrai & du bon que vous
devez vous occuper périflê plutôt mille fois it fruit
de vos foins de vos peines que de vous voir entre-
prendre de les rendre plus fàvans uns irur donner
de préférence, plus de goût pour les maximes (aimés,
dont la pratique eft la hale du bonheur.
Et vous, que le choix de vos Concitoycns a ap-
pelles à Taugufte tâche de les conduire au bonheur,
par la liberté & l'égalité, ne perdez pas de vue
quelque chofe que puiflènt vous dire des hommes
trop amateurs des Lettres, que vous manqueriez à
votre deffiaée, que vous tromperiez les espérances de
ceux qui fe confiant à vos lum;eres & en votre fc-
gefle, attendent de vos nobles eflbts, la Régénéra-
tiota de rEmpire, fi, dans le plan que vous allez adop-
ter, vous ne Subordonnez le {avoir aux vertus les
connoiflances utiles aux connoïflknccs nécefiâires.
Mducation, telle que je viens de le dire ren-
ferme deux objets la culture de TeTprit, & la for-
mation du cœur. Les Langues la Géographie, 1W-
tbire, la Philolbphie les Mathématiques l'Eloquence
& l'Hiftoire Naturelle complettent ce qui regarde le
premier; la Morale & la Religion, ce qui regarde
le fecond.
1» fait de Languis la Françoife eft incontefta-
bîemént celle qu'il importe le plus à un François de
fiivoij*; & parmi les Langues mortes la Latine lui
eft en quelque façon néceflaire, & la Grecque tout
au. plus utile. La bafe de renfeignement fera donc :lE-
<»3)
tndc de la Grammaire Françoife en y fotfpmt néaii*
moins les principes généraux: appliquantes à toutes
les Langues vivantes, afin qu'au befoia on puiffe ap-
prendre l'Anglois, ne= &c
En quoi conoc la connoinance d'unt Langue ? A
favoir tous les mots en ufage & à les employer de
la même manière que pourroit faire l'homme du monde
le plus verfé dans cette Langue. Cette dernière partie
constitue ce que nous appellons le génie d'une Langue.
Mais comment apprécier l'ordre dans lequel doivent
être placés les mots, fi on en ignore la valeur ? La
mémoire des enfans fera donc d'abord chargée de tous
les fignes repréfentatifs des idées fimples quelque fait
ridiome qu'on voudra leur apprendre, & on n'exigea
d'eux qu'ils forment de Cens complet dans cet idiome
que lorsqu'on les aura accoutumés à l'arrangement des
mots qui lui eft propre, pour énoncer des idées com-
poses. ces: donc à dire que les explications & les
verrons feront les premiers travaux des Écoliers, &
que les thèmes ne feront partie de leurs occupations
que lorsque, par un exercice long & foutenu des pre-
mières il fera facile de présumer qu'ils auront acquis
l'habitude de difeerner les tournures ufitées dans les
Langues qu'on voudra leur enfeigner.
En exigeant. que tout Écolier lorfqu'U fe préfentera
au Collège, iache d'abord tous les mots fait latins
{oit grecs fi on juge à propos de joindre l*Étu3e de
la Langue Grecque à la Latine qu'il ache enfuite
décliner & conjuguer dans ces deux Langues afin
̃qu'ilfoit en état de prononcer à quelle partie cToraifoo
fe rapporte le mot qui est fous fes yeux; qu'il !ache!
(
enfin les premiers principes qui dirigent la conftruffiorr
de leurs phrafes tels que l'accord de lf AdjeÔif & du
Subftantif des Verbes & de leurs Personnes des
Verbes & de leurs Régimes, du Relatif & de l' Anté-
cédent en exigeant, dis-je, ce peu de chofes d'un
Ëcolier, l'Étude de ces deux Langues ne' me paraît
pas devoir occuper les jeunes gens plus de trois ans
non pour qu'iIs les tachent parfaitement mais de ma-
nière que, dans le temps de la maturité de leur raifon
ils puiffent les approfondir, fi leur goût les y porte.
Le nombre des baffes Claffes, c'eft-à-dire de celles
deffinées à erifeigner les Elémens des Langue, peut
donc fe réduire à trois; la première, pour les Ver-
fions la féconde pour les Thèmes la troifieme t
pour les Vers. Je les nomme ainfi, fans que je pré-
tende, de chacune de ces occupations, faire privative-
ment celle de l'année correfpondante.
VHiftoirc & la Géographie.
Jamais ON NE SAURA l'Histoirï fi on ne rapporte
les faits aux lieux où ils fc font paffés de même
jamais on ne diftioguera clairement les lieux remar-
quables du globe û on ne les lie aux traits hiftori-
ques dont ils ont été le théâtre. Ainfi., la Géographie
fe fortifie par THiftoire, & ITEftoire par la Géo-
graphie. Le meilleur moyen d'apprendre celle-ci, eft
de lire avec fruit les Quvrages qui claoentles Evéne-
mens, foit qu'on y fuive Tordre chronologique, ou
Tordre des cames' & des effets. Un Profëfîeur tfHif-
toire, un Profefleur de GéograpBe, font les être
les plus inutiles que je conaoiffe. Car que peut ap-
prendre le premier qui ne Ce- trouve. dans les Ouvrages
e
Imprimés ? Comment le fécond parviendra-t-il à don-
ner la connoûlance des lieux remarquables du globe
lorsqu'ils n'ont entr'eux aucune conaexité ? Quelque
foit le Tableau d'un Royaume & de fes Provinces
il relleca toujours dans refprit d'un jeune homme une
incertitude, au fujet de la fixation des Villes de leur
pofition refpeâive, & de leur imrortance. Mais,
en étudiant THuloire d'un Peuple il aura fous Ces
yeux tous les points du globe qu'il aura rendu cé-
lebres ou par fes victoires ou par fes défaites &
ne pouvant en même tems conferver le fouvenir de
ces Evénemens fans fe rappeuer, le Pays qui a été
le Berceau de ce Peuple les Contrées fucceflîves
qu'il a parcourues, avant de jetter les fondemens de
fon Empire', fon efprit fera plein tout-à-la-fois de
Connoiûances Géographiques & Hiftoriques. Lorique
i vous interrogerez un enFant fur l'Hiftoire faites-le
fuivre, avec une baguette fur une Carte, les lieux qui
y ont rapport demandez lui fur ces lieux tous les
détails que vous croirez propres à lui en donner une
connoiflànce parfaite & vous lui apprendrez fure-.
ment la Géographie.
J'ai par-levers mot trop de preuves du peu de
Succès de la mémoire appliquée feule à l'Etude de la
Science des faits & des lieux pour ne pas demander
que déformais on profcrive dans les Cofléges le perni
!cieux uiage de faire apprendre par coeur rHGftoire & la
Géographie. En général, employer dans les travaux de
Xefprit le plus qu'on peut-de Ces facultés, c'eft le moyen
.de hâter &s progrès, & de lui attirer des connoîf-
ûaces.-Que pourroit-on-d'aiUeuis apprendre en on au,
( i6)
par l'exercice £aû de la mémoire ? Un Volume tout
au plus & qu'eu -ce que FHiûoire Ancienne Ro-
maine Françoifc renfermée chacun dans un Vo-
lume ? Mais en unifiant l'exercice du jugement à
celui de la mémoire on aura la facilité d'étendre
beaucoup plus les matières, & de pouvoir présenter
aux enfans une maire de faits allez cohfidérables pour
qu'ils connouTent les difierens Peuples que ces faits
regardent, & les lieux qu'ils ont illuftrés. En ûiivant
la méthode que j'indique, outre les travaux ordinaires
à chaque Gaffe chaque Profedeur peut faire voir
fes Elevés- une Hifloire de cinq à fix Volumes, &
dans les quatre premières années, de l'Education Pu-
blique un jeune homme aurait vu l'Hiftoire An-
cienne, y compris lTMoire Sainte, l'Hiftoire Romaine,
l'Hiftoire du. Bas -Empire, HMoirc Moderne & l*Hif-
toire de France»
La Rhétorique,
LA Rhétorique dont le but eu de former le
goût, & tfenfeigner à tirer de la parole le plus grand
effet, eft comme la perfection de l'enfeignement, en
fait de Langues. Lorfque les jeunes gens fe feront
habitués à la mariiere d'écrire des Anciens, tant en
Latin qu'en Grec & François elle fe chargera d'épu-
rer leur flyle par la compatauon des grands Ecri-
vains Anciens & Modernes. Le rapprochement des
Diicours compoies'fur le même fujet, par dinerens
,Auteurs Eanalyfe des Chefe-cToeuvres dans ces trois
Langues, font plus capables de faite Sentir le vrai
beau, que tous les précepte difçutés dans les Traités
travail a le mérîte de
fi-
d'a fournir rout-à-la.fois la règle & le modelé & dd
fortifier le jugement, en apprenant aux jeunes gcn
quelles font les parties effentielles dans un
celles qui ne s'y ttouvent que comme lie*,
La Philofophiè.
ON peut dire que le jeune homme qui a paflS
par les trois daffes inférieures & par la Rhétorique, n'a
encore appris qu'à parler & à écrire. Il eft temps dé
lui apprendre à agir, I* vie d'un citoyen eft plui Cxt
adion qu'en parole c'eft donc à proprement parler
maintenant que va commencer l'éducation National^
Il Ce perd beaucoup plus de perfonnes par Împru-J
^ence, que par intrépidité; comme il en en beaucoup
plus qui s'égarent en fuivant les fentiers du vice, par
défaut de principes^ que par débauche. Alors le premier:
pas une fois fait rien n'arrête dans la carrière OH mal '̃
parce que c'eft. toujours faute d'appui que l'on tombe*
Que ces réflexions triftes pour le genre humai. mab
vraies ouyrent reprit de la nation de ce« fur-tout
qui font «barges de pourvoir au bonheur de rcnfemble •*•'
furifimpot6uiced'une fainemorale jettée de bonne heure
dans le coeur de&'en&ns! Mâîs^, parce- que fi on ne!
préparoit morale, en
muniûant contre le malheureux talent que certams0
hommes ont dç.vdonner à l'erreur l'apparence de te
vérité^ au mal les 'dehors. duiien, il ne màiqûcU;-
roit pas d'arriver quils feroient le jouer des paffionsi
contraires il faut pour empêcher
̃ prenneenenx age ferme aux prini
opes aire précéder Fétudc de la Morale par celle des
idences qui, à julte droit, paient pour ajouter aux
forces que la raifon a reçues de la nature. Ces Ccien.
ces font la Logique, la Métaphysique, la Phyùque &
Ics Mathématiques.
La Morale, pour être traitée avec toute l'étendue
convenable a l'importance &au nombre des matières
demande au moins un an d'étude & les autres parties
de la Philosophie croient informes fi on ne leur ac-
cordoit pour toutes le double de tems. En conséquence
la Philofopbie que Gcéron appelle la mère des Arts,
un 'bienfait & une découverte des Dieux CI) occJ
pesât elle; feule les jeunes gens pendant trois années.
Ceft auûl celle de toutes les fciences qui embrafle le plus
d'objets t & dont Futilité eft la plus générale. Car quel
cft fou but ? de former l'efprit & le coeur de l'homme
d'aguerrir le premier contre les attaques de la fraude &
des ibphumes, de le remplir de principes de jufteiTe
& d'ordre qui le mettent à même de donner fon atten-
tion a des questions purement xntelleâuelles dé lui
apprendre par quelles loix le regiflent les corps & les
dfprits y k quelles caufes doivent être attribués les effets
furpreuans qui fe panent fous nos yeux, de le mettre
fur la voye des fecrets.de la nature de tracer au fé-
cond des réales qui, pour la conduite des moeurs & des
adions,, tient également & les individus & les fodé-
tés de le contraindre la pratique de la vertu par
{| i ) Philofophît omnium mater r
dooum & inventum décriai. 1. de orat;
19
J'empire du devoir & par la force des menaces fie des
peines, de le détourner du vice. Ceft la Pbi1ofophic qui
enseigne & démontre qui n'y a & qu'il ne peut y
avoir qu'un Dieu, que tout eft Ton ouvrage » & quH
n'eft pas plus au pouvoir des Vînmes de fe fouftraire
à fon influence de le dérober 1 Ces regards. qu'il ne
l'eft aux corps de méconnoltre la vertu de la gravité
que fi tout bien&it. impofe à celui qui le reçoit lln-
difpen&ble devoir de la reconnoifiance, il n'eft point
de borne à celle dont nous fouîmes redevables envers
le créateur puifque c'eft de lui que nous tenons
l'être qu'il nous conferve & que tons fa généreufe
libéralité nous «'éprouverions aucun plaifir, pas même
celui de Uxiilencc.
Par ce que je viens de dire on a dù voir que
la Morale feroit dans mou plan la véritable Science
du Citoyen, & qu'a bon droit elle feroit le complément
de tantes les études, Nationales. Traitée comme je
m'en forme Vidée, elle devtendroit une espèce d'école
qui auroit cuuru la jçsrdcrc des Lettres/, feroit tenu de
iefoumettre au moins une fois^ &
volonté, engage
dans, les liens du mariage. Comment peut-on envifa-
ger l'homme & comme ln£vxdù. & comme membre
de la iodété fiuulefcojD£aérar dans ion être, dans fon
vos, dans fes droits les', efpétances & fe$ moyens
-âans (es joniflâncfts, fes prétentions^ iâ liberté & &
force Et cette inaflc -dé queftions ne fonne-t-clle pas
id
SB ountfgê complet de droit public? A ce que H initie
doit à Dieu, à Tes Semblables, à lui-méme à ce qu'il
doit aimer craindre & espérer, joignez ce que les
Nations font entre-elles les fecours qu'elles ne peuvent
le retuiêr -fans inhumanité les facrifices qu'elles ne
peuvent Ce .difpenfcr de fiurc fans injufiioe, à quel
prix il faut qu'elles achètent la. paix, quand il leur Ca
permis de la troubler & le Citoyen François qui
aura paffî par cette école fera inflruit de tout ce
.qu'il doit {avoir pour a&rcr la paix & le. bonheur
public car il faura quelle eft la conffitmion Franr
çoiiê, & quels font fes droits au gouvernement de
la cbofe. publique,
Les Mathématiques.
iê&ons coniques, Qt de 1^ pllcafion de ces courbes aux
diffirentes queffipns de Phjrfi^ne font pas d*une n'é-
cette
donc
Equations <fo
premier^ de
tiques qui regardent tranfeendafites
le cakùl^dnieifiaticl & intégral,
peuvent être très-utiles dans la recherche des vérités
applicables aux arts & à des branches des renées il
fift donc juilc qu'il y ait des ProfciTeurs des hautes
Mathématiques, chargés de les montrer à ceux qui les
voudront étudier de bonne volonté. Si on dlfire au"-
menter l'utilité de cette claffe il n'eft néecflâirc pour
cela, que d'en arranger l'ouverture de rapière qu'elle
corresponde à la (ortie des autres.
Langue dans laquelle on doit traiter les
différentes parties de la Philofophie.
JE N'AI point dit dans quelle Langue doit être trai-
tée la Philofophie & cependant d'après l'importance
que certaines personnes mettent à la ablution de cette
queitton il eft bon' que je m'explique. Pour la Logi-
que & la non feulement rien n'env
pêche qu'on ne les donne en Latin; mais encore la
forme qu'on cft obligé d'obfervtr pour en rendre Té-
tude facile aux jeunes gens en fiait une cfpèce de né-
ceffité outre que ces deux Sciences affermiflent la rai-
'{on. qu'elles fortifient le jugement par la nature des
vérités qu'elles enfeignent elles exercent rcfprit en le
forçant de trouver fur le champ des raifons propres à
faire valoir une opinion, ou à en fapper les fondemens.
Obligé de détruire un raifonnement captieux il faut
ou le lahTerfubûfter avec tout fon Spécieux, ou lui
oppofer des motifs puifTans qui' le renversent. Dans
ce combat d'efprit qu'y gagnera l'homme ? De la pé-
çétradon & de la vivacité, de même que l'agilité cft
fouvent lç fruit <\cs efforts qu'il fait pour éviter le
«bnçerç. Ce rfeft donc que par rargumentation que
la Logique & la Métaphyfique peuvent être foU£_
ment appnfe, & enfeignées. Car leur deftinée n'ta
pas feulement de faire connoître la vérité mais en.
core de erronés avec
pfofcms phUofophei font obfcurcie. L'argumentation
en ftanço» ne {croie-elle pas dégoût»^ & pour,les
auditeurs & pour les a^mentat^ eux-m&ncs? Je
fi»hen ,« un. toute langue on peut difeourir avec
«rfrft mais pour cela il faut que la difpute te
«««des peribnne, infcuite, & norfi Jnft^ entre
des peribnnes formées & non à former,
Certaiaemcat fi on veut être de bonne foi *mlle
Langue ne parbît plus faire pour la Phyû^e, la
Irfjrfi oueeffi tellement neuve, queles latins
j l'avoir ignorée. Ce n'eft que depuis Bacoo otfelles'eft
«onrte la-
^Ueon pumefeprometBedicouerirde, conno^u,.
ces fflres dans cette partie.. Ce que les aaciens nous
ont font de
là vient que dans les ouvrage, qui «“ 4te compofe
pour les Colléges lesautheurs, pour exprimer la
pFns part de leurs idées, font obliges Zpellerl
tors feconrs leur langue naturelle, par U^
de, ne pas tee entendu, ou pour éviter des
locutions longues & fatigantes.
La Morale ne doit être nullement en conteflatkai
toute m préceptes. Il ne doit pas plus etrepel^