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De l'Existence des fièvres, mémoire lu à la Société de l'École de médecine, par A.-F. Chomel,...

De
15 pages
Crochard (Paris). 1820. In-8° , 16 p..
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DE L'EXISTENCE
DES
FIÈVRES,
MEMOIRE LU A LA. SOCIETE DE L ECOLE DE
MÉDECINE.
VJN s'accorde à comprendre sous la dénomination
de fièvres, fièvres icliopath.iqu.es, toutes les maladies
caractérisées par une marche aiguë, un trouble gé-
néral dans les fonctions, indépendant de ton te. affec-
tion locale primitive: l'élévation de la chaleur et la
fréquence du pouls sont aussi deux de leurs phé-
nomènes les plus remarquables, et l'absence de
toute lésion dans le cadavre des individus qui suc-
combent est un de leurs traits essentiels. Or, se ren-
contre-t-il des sujets qui ayant offert un tel concours
de phénomènes morbides , ne présentent après la
mort dans leurs organes aucune altération appré-
ciable ? ou bien ce trouble de toutes lés fonctions
est-il constamment dû. à une inflammation locale,
dont les. traces soient manifestes dans les cadavres?
voilà la question que j'examine et dans laquelle je
me renfermerai strictement. Je m'abstiendrai en con-
(O
séquence de toute discussion relative à la distinction,
des divers genres de fièvres, aux dénominations sous
lesquelles on les a désignées , aux moyens thérapeu-
tiques qu'on leur oppose. Je ferai seulement re-
marquer que considérer les fièvres comme des ma-
ladies , n'est point en faire des êtres particuliers :
les maladies ne sont que des modifications de la vie,
et l'existence des fièvres comme celle des inflam-
mations ne peut être admise que dans cette ac-
ception.
Si la question qui nous occupe se fût présentée
dans un des siècles qui ont précédé le nôtre, la dis-
cussion aurait eu une forme bien différente. On eût de
part et d'autre accumulé les passages des auteurs,
interprété leurs opinions, sans penser peut-être à
interroger la nature, à rassembler de nouveaux faits
et à en déduire des conséquences rigoureuses. Les
autorités étant alors d'un trop grand poids, peut-
être aujourd'hui n'en tient-on pas assez compte. Je
sûià loin de prétendre que l'assentiment des mé-
decins de tous les temps et de tous les lieux sur
l'existence des fièvres, doive décider la question;
mais-je pense qu'un homme sage ne se déterminera
pas légèrement à rejeter une opinion long-temps et
généralement admise', et que jusqu'au moment ou
elle sera jugée, il conservera pour elle une pré-
vention favorable.
C'est sur-tout dans l'observation des malades ,
dans l'ouverture des cadavres qu'on doit chercher
la solution désirée; le i?aisonnenaeat peut fournir
(3)
aussi quelques lumières. Nous examinerons succes-
sivement la question sous ces divers points de vue.
I. Si l'on considère avec attention les diverses causes
qui agissent sur le corps humain, soit dans la pro-
duction des maladies, soit dans leur traitement, on
est conduit à admettre que quelques-unes d'entre-
elles agissent spécialement ou même exclusivement
sur telle ou telle partie, tandis que d'autres, parmi
lesquelles se rangent les substances nutritives, tendent
à modifier peu-à-peu l'économie toute entière.
Personne ne prétendra que les alimeus végétaux et
animaux, que ceux qui sont riches en matières as-
similables et ceux qui en contiennent peu_, soient
iudiCTérens pour la nutrition et que les qualités de
l'air qu'on respire n'aient aucune influence sur les
modifications qu'éprouve le sang qui traverse le?
poumons. Ces causes agissent d'une manière in-
connue, mais'elles agissent nécessairement sur toute
l'économie ; ceux même qui ont nié l'existence des
fièvres, le reconnaissent et désignent ces causes
morhifiques sous le nom de causes générales.
Par une singulière contradiction , après avoir pré-
tendu qu'une maladie aiguè' devait toujours être une
maladie locale, et que le trouble général des fonctions
était constamment.le résultat d'une inflammation,
ils ont considéré le scorbut comme une maladie de
tout le système, comme une altération du sang et
par suite de toutes les parties auxquelles il distribue
les matériaux de la nutrition. Cette contradiction
(4)
est d'autant plus remarquable qu'ils admettent un
scorbut aigu, qui offre, comme on sait, une grande
analogie avec les fièvres les plus graves. Enfin nous
voyons ailleurs ceux qui regardent toute fièvre in-
flammatoire comme due aune pblegmasie locale,
admettre une excitation du SYSTEME sanguin par
la trop grande richesse DE L'APPAREIL chargé de
conserver et de présenter aux organes les matériaux
de leur nutrition.
Or pourra-t-on considérer comme locale une af-
fection qui sera due à un état particulier du sang et
qui portera sur les vaisseaux capillaires de tous les
organes? Je ne vois pas qu'on puisse raisonnablement
soutenir une telle proposition.
II. Je me bâte de quitter cette fastidieuse dialec-
tique , pour arriver aux preuves que fournit en
faveur de l'existence des fièvres, l'observation cli-
nique.
Il n'est aucun praticien, dégagé de préven-
tion , qui n'ait fréquemment occasion de voir des
malades chez lesquels toutes les fonctions offrent un
trouble médiocre, sans qu'aucun organe paraisse
plusspécialementaffecté.La physionomie etl'attitude
expriment le mal-aise , les mouvemens sont faibles,
les sensations peu précises, les facultés intellec-
tuelles et affectives sont obscurcies , la digestion, la
respiration sont dérangées, le pouls est fréquent,
La chaleur et les sécrétions altérées. Cet état est
survenu rapidement, il dure un certain nombre de
( 5 )
jours et cesse par degrés ou presque tout à coup.
Tout porte à croire qu'aucun organe n'a été parti"-
culièrement atteint ; mais comme l'individu survit,
il est impossible de le démontrer. Aussi les auteurs
de la nouvelle doctrine ont-ils prétendu que dans
tous ces cas, il existait une inflammation locale,
et qu'elle pouvait être reconnue à des signes
qui avaient échappé à leurs prédécesseurs. Toute
douleur, fût-elle obscure, passagère, mobile; tout
changement dans la sécrétion d'un organe, sont
devenus des signes presque pathoguomoniques d'une
phlegmasie. Toutefois, la nature offrant encore des
cas assez nombreux dans lesquels ces phénomènes
fébriles ne sont accompagnés ni de douleur ni dé*-
coulement quelconque , il a-fallu recourir à d'autres
signes plus incertains encore : la rougeur des bords
de la langue est devenue un signe de gastrite, la
chaleur acre delà peau, de l'entérite,.et pour couper
court à toute objection nouvelle, on vient de pro-
clamer que la fréquence du pouls ne peut avoir
lieu chez l'homme malade sans inflammation pri-
mitive ou sympathique de l'estomac, que ce viscère
est nécessairement affecté dans tous les cas 011 ce
phénomène se présente, lors même que l'affection
première serait un phlegmon, un panaris, une plaie-,
que la gastrite et l'entérite enfin compliquent toutes
les maladies aiguës : une telle assertion n'a pas be-
soin d'être réfutée.
L'observation clinique présente encore assez fré-
quemment un phénomène qui peut être de queiqtre

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